Qualifiés !

Real Esteli FC - Impact Montréal 0-0 – Match de Ligue des champions joué le 02/09/2008

ESTELI : Mendieta, Lanuza, Chacon, Norales, Vega (76e Calero), Wilson, Mejia, Rodriguez, Lopez, Molina, Santos (62e Martinez)

MONTRÉAL : Jordan, Gatti, Pizzolitto, Pesoli, Joqueviel (84e Donatelli), Di Lorenzo, Grande, Brillant (90e Gregory), Testo, Gjertsen (80e Ribeiro), Brown

ARBITRE : M. Cerdas (CRC)

AVERTISSEMENTS : Lopez, Testo, Lanuza, Grande

EXCLUSION : 87e Chacon (2j.)


90 minutes de souffrance. C’est ce qui attendait, peut-être, les Montréalais dans le stade Carlos Miranda, situé au sud du Honduras. Mais les supporters en tous genres de l’équipe, restés au Québec et rivés devant leur petit écran, s’apprêtaient à vivre la même épreuve, si épreuve il y avait. Car avec le succès 1-0 au match aller, si la qualification n’était pas assurée, le fameux but à l’extérieur aurait été synonyme de but libérateur.

Mais bon, en face, ne l’oublions pas, il y avait une équipe qui croyait plus que jamais en ses chances. Elle était passée proche de l’égalisation il y a une semaine au stade Saputo, et n’avait que faire de la différence de qualité de jeu que tous les observateurs d’ici avaient soulignée. Un but à rattraper, la mission était loin d’être impossible.

Après 5 minutes d’observation (qui ne valurent que par un coup franc de Lopez beaucoup trop haut), Montréal décida résolument de forcer l’équipe locale à jouer profondément dans son camp. Et si les joueurs d’Esteli avaient souvent le ballon, ils étaient aussi souvent dans leur moitié de terrain. Le pressing haut, du milieu comme de l’attaque (soulignons encore l’excellent travail de Gjertsen en première mi-temps à ce niveau) permit de récupérer beaucoup de ballons que, forcément, l’adversaire ne pouvait utiliser à bon escient.

Néanmoins, il fallait aussi faire bonne usage de ces ballons récupérés. Pas forcément en marquant un but, même si c’était bien entendu l’idéal, mais à tout le moins en faisant peur aux Nicaraguayens, ce qui aurait encore rétréci la taille de leurs souliers. Mais, alors qu’ils perdaient la balle pour la troisième fois en quelques minutes, ils voyaient Gjertsen, bien placé sur la gauche du rectangle, tomber dans son péché mignon de la tergiversation. Et sur les autres ballons gagnés, il y eut souvent une passe soit ratée soit trop difficile.

Le mot d’ordre devait être : jouer simple, et ne prendre aucun risque. Risque zéro, quelque chose de facile à dire, mais moins facile à appliquer quand on est impressionné. Et, à voir certains visages en première mi-temps, quelques joueurs de l’Impact n’avaient pas la maîtrise complète de leurs nerfs. Puisque les adversaires étaient toujours sur le point de perdre un ballon chaud, eux non plus n’étaient pas dans la meilleure disposition nerveuse. Mais l’un de leurs allait les y aider.

Celui-là n’était pas réellement sur le terrain, puisqu’il s’agit du fameux douzième homme : le public. Voyant que même à 40m de leur but, c’était difficile, les Nicaraguayens reculèrent encore et commencèrent à se passer le ballon, entre défenseurs, sans gagner la moindre parcelle de terrain mais en exécutant proprement des gestes faciles. Une série de passes consécutives que Testo et les siens pouvaient regarder de loin tant elles n’amenaient aucun danger. Mais, voyant que leurs joueurs réussissaient enfin quelques gestes de suite, les supporters rouge et blanc lancèrent une série de “ole” à chaque passe. D’habitude, on ne le fait que quand on humilie l’adversaire tel le taureau dans une corrida. C’était très loin d’être le cas. Je ne sais pas l’effet que ça a eu sur les joueurs de l’Impact (ça peut frustrer) mais pour ceux d’Esteli, ce fut bénéfique : soudain, la confiance s’installait. Il suffit parfois de peu de choses…

Retrouvant la foi en leurs moyens, les hommes d’Otoniel Rivas se mirent de nouveau à chercher l’ouverture. Cela faillit se produire pour la première fois quand Vega déborda sur la droite et entra en contact avec Pesoli, qui chuta sans qu’il n’y ait de faute. En position de tir, il préféra toutefois centrer mais sa passe n’avait rien de génial et Joqueviel put renvoyer le ballon… à l’expéditeur, qui cette fois tira, à côté.

La rencontre se disputait sur un rythme très lent et Esteli tentait de construire le jeu de très loin du but de Jordan. Une sorte de fausse pression à laquelle Testo et Grande éprouvaient beaucoup de mal à s’adapter. Difficile pour eux de savoir s’il fallait chasser le ballon, à partir de quand, et comment se positionner dans ce cas de figure. Gjertsen reculait beaucoup pour presser, et Di Lorenzo effectuait un excellent travail défensif sur la gauche, appuyant souvent Gatti. Devant, Brown était complètement seul, ce qu’il n’aime guère, mais il aurait été risqué de changer quelques plans en fonction de lui. Sa soirée a été très discrète.

Cette première mi-temps n’a donc pas été des plus simples pour Montréal, qui a trop tenté de s’adapter à l’adversaire, alors qu’il ne savait souvent pas comment procéder pour le contrarier au mieux. Heureusement, en face, ce n’était qu’Esteli et il n’y eut pas trop de mal. Quelques frayeurs toutefois et, comme au match aller, elles furent quand même assez grosses.

Peu avant la demi-heure, Vega s’apprêtait à filer seul face à Jordan quand un coup de sifflet l’arrêta : le juge de ligne l’avait signalé hors-jeu. En revoyant les images, on a pu se rendre compte que Pizzolitto le couvrait. Quelques minutes plus tard, une perte de balle de Brown, battu dans son duel, permit à son adversaire direct de donner immédiatement à Mejia, complètement oublié seul au milieu de la défense, et dont la reprise instantanée lécha le sommet de la transversale de Jordan. Un nouvel avertissement montrant qu’en football, la roue peut tourner vite.

Entre temps, une série de centres et de tirs montréalais contrés avaient abouti sur la gauche du rectangle à Gjertsen dont le centre au point de penalty était destiné à Brown mais, bien tenu, le Panaméen ne put que reprendre le ballon à côté. Hormis un effort personnel de Santos conclu par un tir écrasé des 25m, il n’y eut plus aucune occasion à se mettre sous la dent avant le changement de côté.

Je ne sais pas ce qui s’est dit au vestiaire pendant la mi-temps mais, contrairement à la semaine précédente où cela n’avait pas permis de hausser le rythme, cette fois, la physionomie de la rencontre a diamétralement changé, en faveur de Montréal, après le repos.

L’équipe a pris ses responsabilités et le match en mains. Le rythme était certes toujours aussi lent, mais le fait de contrôler le ballon a surtout permis à Grande de trouver sa place dans la rencontre. Et quelle place ! Aussi bien à la manœuvre qu’à la récupération, il s’est mué en réalisateur du film de la deuxième mi-temps.

Esteli n’a jamais été capable de trouver la parade. Où, plutôt, de la mettre en œuvre. On voyait bien là la différence de niveau entre les deux équipes. Malgré tout, même si c’est la énième fois qu’on en parle, la seule différence qui comptait était celle au marquoir et, sur l’ensemble des deux matches, elle n’était que d’un but. Le suspense restait entier.

Si Montréal a dominé les 45 dernières minutes, sa défense a quand même eu du travail. Les quatre arrières, même si on le voyait difficilement à la télévision, se sont acquittés de la mission difficile intitulée “le ballon ne passe pas”. Même s’il y eut l’un ou l’autre raté (qui aurait pu coûter cher), ils l’ont remplie avec brio. Concentration souvent optimale pour des joueurs qui semblaient, enfin, davantage dans le match que dans leur tête.

Même si beaucoup n’ont pas trop aimé sa prestation, car très discrète offensivement, Di Lorenzo a bien aidé Gatti derrière. Leur association régulière depuis le début de la saison a porté ses fruits car on sentait qu’ils savaient tous deux comment combler les carences défensives l’un de l’autre. Et ils n’étaient pas trop de deux pour museler Norales, certainement un des meilleurs joueurs d’Esteli, qui n’a finalement pas tellement eu l’occasion de se mettre en évidence. C’était, encore une fois, l’essentiel.

Mis à part un tir de loin de Grande, sans danger, c’est peu avant l’heure de jeu que la machine montréalaise a commencé à vraiment bien tourner. Dès cet instant, on a plus souvent espéré voir le but libérateur que craint celui risquant de mener aux prolongations. La pression se faisait plus forte et s’illustra une première fois quand Brown prolongea une passe en cloche, mais envoya le ballon au-dessus.

Plus à son aise que durant les 45 première minutes (mais ça ne dura pas), le Panaméen aurait dû se voir octroyer un penalty en milieu de deuxième mi-temps. Il venait de recevoir un long ballon et les deux défenseurs qui l’entouraient (quasiment en permanence) avaient complètement raté leur intervention respective. La seule manière de se reprendre, et d’éviter le but qui semblait devoir tomber, a été, pour Molina, de le retenir par le maillot au cœur du rectangle. L’arbitre siffla… mais pas le penalty : il prétendit avoir signalé une autre faute au préalable. Sans décision controversée, la Concacaf ne serait plus la Concacaf…

Trois minutes plus tard, on passa bien près de la catastrophe. Joqueviel marcha sur le ballon, ce qui permit à Wilson de s’en aller en contre, avec Vega qui filait à toute vitesse sur sa droite. Il lui céda le ballon dans les pieds mais c’était sans compter sur Grande qui avait enclenché le turbo pour revenir, à toute vitesse, effectuer un sauvetage extraordinaire. Le ballon retourna quand même à Wilson mais deux autres défenseurs avaient eu le temps de se replacer et l’envoi de l’attaquant était trop croisé. Ouf !

Comme une bonne partie de ses coéquipiers, Félix Brillant avait été discret en première mi-temps mais plus à son affaire après le repos. Il n’a pas ménagé ses efforts pour semer le danger sur le flanc droit et tenter de donner des ballons dangereux. Malheureusement pour lui, il manquait le plus souvent quelqu’un à la réception au centre. Son énergie a toutefois fait mal et obligé le flanc gauche (bien moins talentueux que Norales) à reculer.

60 secondes après le ouf de soulagement, le jeune médian a une fois de plus effectué un bel effort personnel sur la droite du rectangle. Malheureusement, il s’est retrouvé trop près de la ligne de but pour pouvoir tenter sa chance et a été obligé de centrer. Un beau ballon tendu comme il faut les envoyer dans ce genre de circonstances. Au cœur du petit rectangle, où un défenseur d’Esteli toucha le ballon et l’accompagna vers Medina qui s’en empara des mains. Aucune hésitation dans le chef de l’arbitre : c’était une passe volontaire, le coup franc indirect s’imposait.

De quoi semer un peu plus de problèmes dans la défense adverse et gagner du temps. D’abord, celui que le mur se mette à distance (il devait rester sur la ligne de but puisque le coup franc était botté sur celle des 6,25m). Ensuite… qu’il s’organise. Visiblement habitués à leur position les uns à côté des autres, les défenseurs d’Esteli avaient complètement oublié que leur gardien, qui a une plus grande liberté d’action vu qu’il peut utiliser tout son corps, devait prendre la place où il pouvait bouger le plus facilement. Il engueula d’ailleurs vertement certains de ses équipiers qui lui barraient le passage ! Enfin, le temps que le mur attende que le premier joueur montréalais touche au ballon…

Sur ce coup, Grande avait bien flairé l’embrouille. Quand l’arbitre siffla, il regarda, sans toucher au ballon, plusieurs joueurs nicaraguayens se précipiter sur lui. Ce n’était évidemment pas réglementaire et, en plus de gagner du temps, cela valut une carte jaune au chef de la défense d’Esteli, Chacon, déjà averti lors du match à Montréal. Grande tenta le coup une deuxième fois mais cette fois le mur ne bougea pas trop et Di Lorenzo put tirer, sur l’extérieur du poteau. Étonnant de voir un gaucher tirer un coup franc indirect de cette position, avec le premier passeur à sa droite.

Le calme revint dans les 10 minutes suivantes et la montre tournait en faveur des Montréalais qui, plus le temps passait, calmaient le jeu. Avec Brown retombé dans son invisibilité de la première mi-temps et Gjertsen épuisé par ses continuelles chasses défensives, il faut dire qu’il n’y avait vraiment plus de forces pour attaquer. Quand Ribeiro remplaça le deuxième nommé à dix minutes du terme, il obligea, d’un tir à distance, Mendieta à se coucher devant Di Lorenzo à l’affût.

Après un coup franc de loin tiré par Grande dans les mains de Mendieta, les choses se compliquèrent encore un peu plus pour Esteli. Lancé à toute vitesse sur le flanc gauche (il y a eu quelques permutations après la sortie de Joqueviel, visiblement plus en état de tenir sa place), Brillant a été fauché comme les blés par Chacon qui reçut, logiquement, sa deuxième carte jaune de la soirée.

Esteli lança quand même ses dernières forces dans la bagarre. Un tir de loin bondissant de Lopez finit dans les mains de Jordan qui dut encore sortir des poings devant Wilson, qui convoitait un long ballon de Mejia. Rien de bien méchant, mais il convenait de se méfier jusqu’au dernier instant.

Une fois celui-ci passé, l’arbitre siffla les trois coups libérateurs, envoyant Montréal en phase de groupe de Ligue des champions avec Joe Public, Olimpia et Atlante. Canada, Mexique, Honduras et Trinidad, c’est presque la même chose qu’en qualifications de la Coupe du monde ! Mais là, tous les matches à domicile se joueront au stade Saputo et impliqueront notre club qui a franchi un grand pas sportif en cette saison de ses 15 ans. Malgré le résultat étriqué contre Esteli, l’essentiel est acquis : la qualification. Ne boudons pas notre plaisir, bien au contraire : avant le match, John Limniatis disait que c’était le plus important de l’histoire du club. Le résultat l’est tout autant !

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