Un Piatti altruiste a raison des sprinters de New England

Impact Montréal - New England Revolution 4-2 – Match de championnat (phase classique) joué le 05/05/2018

 Impact Media
MONTRÉAL : Bush, Duvall, Cabrera, Raitala, Lovitz, Piette, Silva, Taïder, Edwards (85e Mancosu), Piatti (74e Petrasso), Jackson-Hamel (66e Vargas)

NEW ENGLAND : Turner, Farrell (70e Bye), Anibaba, Dielna, Somi (70e Rowe), Zahibo, Caicedo, Penilla, Fafundez, Bunbury, Agudelo (34e Nemeth)

ARBITRE : M. Toledo

AVERTISSEMENTS : Duvall, Caïcedo, Fagundez

LES BUTS : 45e Jackson-Hamel (1-0), 52e Jackson-Hamel (2-0), 65e Edwards (3-0), 68e Piatti (4-0), 78e Zahibo (4-1), 86e Zahibo (4-2)


Montréal a retrouvé le sourire en battant New England 4-2 : après 44 minutes où la vitesse des défenseurs visiteurs a coupé court à toutes les tentatives montréalaises de profiter des espaces, un Piatti des grands soirs a fait preuve d’altruisme pour annihiler la grande force de l’adversaire, transformant les batailles de vitesse pure en courses collectives contre le temps, ponctuées victorieusement par Jackson-Hamel et Edwards qui ont saisi l’occasion de prouver ce qu’ils pouvaient apporter à l’équipe.

À l’issue d’une semaine marquée par les déclarations de Rémi Garde au sujet de la façon dont certains de ses joueurs s’entraînaient, ce match a réservé ses premières surprises au moment de l’annonce de la composition des équipes : un 4-3-3 avec Edwards sur l’aile droite et Jackson-Hamel en pointe, Piatti de retour à gauche, Silva de retour dans l’axe de l’entrejeu, et un duo Cabrera - Raitala en défense centrale en l’absence de Fanni et Camacho légèrement blessés. Krolicki et Vargas retournaient sur le banc.

Après un match où il avait bien défendu pour résister durant 70 minutes à la puissance offensive d’Atlanta, Montréal faisait face à un adversaire moins impressionnant devant, mais avec quand même beaucoup de sources de danger. Et défensivement, si New England affiche des stats solides, il a surtout peiné quand son adversaire posait le jeu et s’installait dans son camp. L’Impact en serait-il capable ?

C’est en tout cas lui qui a créé les premiers dangers : un tir de loin de Piette, cadré mais sans problème pour un Turner à la bonne place, et un beau mouvement sur le flanc gauche ponctué par un centre de Lovitz repris à bout portant mais hors-cadre par Edwards.

Il a fallu une dizaine de minutes aux visiteurs pour trouver leurs marques offensives et mettre le nez à la fenêtre. Grâce d’abord à l’Impact qui, en plus de dégager moyennement un corner, a complètement oublié Dielna sur la gauche du rectangle, mais Bush a dévié son tir d’un angle fermé. Agudelo n’a ensuite rien dû à personne dans un beau mouvement individuel lui permettant d’arriver au petit rectangle mais il y avait trop d’obstacles devant lui pour qu’il puisse aller au bout.

Cela a longtemps permis de comprendre la différence entre Atlanta et New England : alors que la semaine passée, la défense montréalaise devait friser la perfection, la moindre erreur étant systématiquement punie au moins par une occasion dangereuse, ce samedi, elle n’avait pas le couteau sous la gorge en permanence. Ainsi, elle put tomber de temps à autre dans certains de ses travers, comme quelques pertes de balle stupides, sans que ça n’ait de conséquences fâcheuses (même si ça a sans doute dû mécontenter le staff technique).

Autre faiblesse récurrente qu’on vit encore longtemps aujourd’hui : l’Impact qui concédait beaucoup de situations de phases arrêtées au potentiel dangereux. Heureusement, leur conversion est tout sauf une spécialité maison de New England et s’il y eut quelques situations de fébrilité devant le but de Bush, ces actions ont longtemps pris fin sans qu’il n’y ait de possibilité de but réelle.

Par contre, ce qui est une spécialité maison à New England, c’est le sprint : on le vit notamment lors de retours on ne peut plus spectaculaires et rapides lorsque Montréal tentait de mener une contre-attaque. C’était parfois impressionnant, d’autant que plusieurs joueurs revenaient dare-dare, et si le premier ne pouvait qu’obliger le joueur de l’Impact à changer de direction, il y en avait alors un autre, revenu tout aussi promptement, qui fermait la porte et forçait la perte de balle.

On approchait de la demi-heure, et on se demandait ce qui allait débloquer le match, toujours susceptible de pencher d’un côté ou de l’autre. Ça aurait pu être un penalty. Après avoir dribblé sur la droite, Edwards est entré dans le rectangle avant de se jeter et de plonger de manière spectaculaire… après ce qui semblait quand même un contact avec Somi. L’arbitre n’a rien dit.

Cette action marquait aussi un tournant dans le match : rien à voir avec la décision arbitrale, mais bien avec le fait que Montréal commençait à varier son jeu qui, jusque-là, penchait trop sur la gauche. Pas toujours en harmonie avec ses partenaires, Silva commençait aussi à peser sur le jeu. Sur un contre, côté droit, il fit preuve d’un excellent timing pour échapper au retour de Penilla et servir Piatti, mais ce dernier s’emberlificota un peu et ne put plus rien faire de l’occasion puisque trois des sprinters adverses en avaient profité pour se retrouver autour de lui et fermer la porte.

Grosse frayeur à cinq minutes du repos, suite à un centre de Farrell repris par Nemeth d’une demi-volée qui a prolongé la course du ballon, sans toutefois suffisamment la redresser : le cuir a traversé le petit rectangle et fini sa course à côté.

Mais comme lors des deux dernières rencontres à Montréal, la fin de la première mi-temps allait pencher en faveur des joueurs locaux. Tout d’abord avec un ballon de la gauche vers Edwards dont la remise a placé Silva en position de tir intéressante à l’entrée du rectangle, mais l’envoi de l’Uruguayen était trop mou et hors-cadre.

Alors qu’on était dans les tout derniers instants des arrêts de jeu, New England, à hauteur de la ligne médiane, se disait qu’il dessinait la dernière attaque avant la pause et son bloc était haut. Très haut. Trop haut. Et ce qui ne devait pas leur arriver arriva : une perte de balle qui permit à Piatti de lancer Jackson-Hamel à la limite du hors-jeu. Le temps que les visiteurs réagissent et commencent à défendre, l’attaquant avait une avance tellement gigantesque que les sprinters adverses ne pouvaient plus le rattraper. Même Usain Bolt en aurait été incapable. Jackson-Hamel pouvait donc filer seul face à Turner, qu’il parvint à battre pour ouvrir la marque (1-0).

La deuxième mi-temps a failli recommencer dans la même veine. Lancé dans le dos de la défense par Piatti, Jackson-Hamel avait cette fois moins d’espace et moins d’avance. Il géra toutefois bien la situation et parvint à envoyer un tir, repoussé par le poteau.

L’avance était maigre, New England poussait en ce début de deuxième mi-temps et on avait vu avant la pause que miser sur le contre était quand même un pari risqué. L’Impact allait-il se contenter du 1-0 et bétonner ? La crainte fut dissipée rapidement : oui, les visiteurs avaient davantage la possession du ballon et s’installaient dans le camp local, mais Montréal ne se contentait pas de lui rendre le ballon et de reculer, ne pensait pas qu’à défendre. Avec un adversaire et des circonstances différentes, le comportement de l’équipe était aussi différent de celui à Atlanta.

On ne tarda pas à en avoir la preuve. On rejouait depuis un peu plus de cinq minutes qu’une bonne séquence de possession de balle, avec des combinaisons de passes dans l’axe, fut mise à profit par Silva qui tenta d’envoyer le ballon au-dessus de la défense pour servir Piatti. Farrell – qui a probablement connu la mi-temps la plus pénible de sa saison – a raté son intervention, et l’Argentin réagit promptement pour, avant le retour de son garde-chiourme ou d’Anibaba, glisser le ballon à un Jackson-Hamel délaissé qui ne rata pas l’occasion d’inscrire son deuxième but de la journée (2-0).

Avec deux buts de retard, New England se jeta tête baissée vers l’égalisation. Le pressing mis en place par Friedel, qui a souvent eu des bénéfices en début de saison, était toujours en vogue, mais avait pris le dessus sur l’organisation qui doit l’animer. Trop de joueurs visiteurs avaient l’air de chien fous, délaissant leurs tâches attirés par l’envie d’égaliser comme un chien par un os placé par un gardien de fourrière.

Comme la semaine dernière, la guerre de la vitesse restait néanmoins une bataille à première vue perdue pour l’Impact. Alors, il fallait être plus malin que l’adversaire. Après 70 minutes de positionnement collectivement bien géré à Atlanta, il fallait cette fois démontrer cette jugeote dans le compartiment offensif. Car si les joueurs visiteurs étaient bien moins bien placés qu’en début de match, ils ne couraient pas moins vite ! Les hommes de Rémi Garde l’ont réussi : ils ont transformé une bataille de vitesse en une bataille de temps. La vitesse de course n’était plus qu’un outil parmi d’autres, comme la vitesse et la justesse d’exécution, qui devenaient les meilleures armes. Personne, jusque-là, n’avait réussi à changer ce paradigme et à déstabiliser la défense de New England dans ce qui est a priori sa zone de confort.

C’est encore par l’axe et les combinaisons de passes, souvent au sol, que les derniers coups de grâce sont tombés. Avec, pour arriver à l’efficacité nécessaire, cette recette comme base, mais des variations dans son exécution. Parfois, juste une affaire de détails. Comme ces deux actions consécutives en une minute où Edwards fut lancé d’abord par Silva, ensuite par Piatti. Sur la première, légèrement décalé sur la droite du rectangle, il envoya un tir détourné par Turner. Sur la seconde, dans une position similaire, il avait toutefois un peu plus d’espace pour manœuvrer et où tirer – notamment en raison de mouvements différents de ses partenaires – et cette fois, il envoya le ballon au fond des filets.

Il convient de tirer un grand coup de chapeau à Piatti, qui a été le cerveau à la base de la jugeote nécessaire décrite un peu plus haut : on était loin du dribbleur attiré vers l’avant qui voulait tout faire tout seul. Au contraire, il s’était mis dans des positions permettant de trouver des passes tellement bien dosées (tout comme les mouvements de ses équipiers, qui ne doivent pas être oubliés dans les mérites) que malgré toute leur vitesse, les visiteurs ne pouvaient plus intervenir à temps. L’altruisme collectif du meilleur homme sur le terrain a ainsi permis de déjouer les forces individuelles d’un adversaire qui avait, avant aujourd’hui, toujours pris le dessus cette saison quand il était défié dans son domaine. Ce ne fut donc que justice quand, trois minutes après le 3-0, Piatti fut lancé à son tour vers le but et ponctua son excellente prestation d’une réalisation personnelle (4-0).

Comme la semaine dernière, les chiffres ne doivent pas être trompeurs. Autant il ne fallait pas tomber dans l’excès de catastrophisme après la défaite à Atlanta, autant le succès d’aujourd’hui ne doit pas causer d’excès d’enthousiasme. Il y a encore de nombreux progrès à effectuer. D’ailleurs, New England nous l’a bien aimablement rappelé, en inscrivant deux buts très similaires. Un corner et un coup franc aux allures de corner rapproché, tous deux ponctués par Zahibo : sur le premier, oublié par la défense, il devança Bush au premier poteau (4-1), sur le second, il marqua d’un rétro en reprenant un ballon mal dégagé (4-2). Cette saison, New England n’avait marqué qu’un seul but dans des circonstances similaires… contre Montréal lorsque Zahibo avait profité d’une offrande de Bush.

La dernière occasion de la rencontre fut toutefois montréalaise, mais Caïcedo détourna le tir de Mancosu, lancé par un long ballon. Comme pour dire : quand même, on court encore vite…

Mais qu’ils rentrent chez eux en courant ou en rampant, les visiteurs repartent avec quatre buts dans les dents et aucun point dans les valises. Montréal, lui, remporte sa première victoire depuis le double succès contre Toronto et Seattle, il y a plus d’un mois. Une première victoire lors de laquelle il a marqué plus d’un but. Une victoire, surtout, qui ouvre une période lors de laquelle il affrontera des adversaires à sa portée à l’occasion de matches où il aura davantage le droit à l’erreur : de quoi afficher semaine après semaine les progrès qu’il effectue, tant devant que derrière, et permettre d’attirer les regards sur des qualités qui se développent plutôt que sur les défauts à corriger.

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