Occasion(s) ratée(s)

Impact Montréal - Philadelphia Union 0-2 – Match de championnat (phase classique) joué le 12/05/2018

 Impact Média
MONTRÉAL : Bush, Petrasso (83e Oduro), Fanni, Raitala, Lovitz, Piette, Taïder, Silva, Edwards (80e Mancosu), Piatti, Jackson-Hamel

PHILADELPHIE : Blake, Rosenberry, McKenzie, Trusty, Gaddis, Medunjanin, Bedoya, Epps (75e Accam), Dockal (63e Creavalle), Picault (90e Fabinho), Burke

ARBITRE : M. Stott

AVERTISSEMENTS : Silva, McKenzie, Piette

EXCLUSIONS : 58e Burke, 70e Lovitz

LES BUTS : 43e Burke (0-1), 88e Medunjanin (0-2)


Face à une équipe de Philadelphie à sa portée, l’Impact est passé complètement à côté de son sujet, concédant des tonnes de possibilités de but et s’en créant très peu, s’inclinant finalement 0-2 en passant en outre à côté de l’occasion de revenir dans le match après une exclusion adverse.

Ce match, pour lequel Rémi Garde avait aligné le même onze qu’à Chicago, a commencé en trombe : au quart d’heure, on avait déjà recensé huit occasions ! Et si Philadelphie s’était créé la plupart d’entre elles, le reste des échanges était néanmoins équilibré.

Équipe qui aime avoir le ballon et attaquer – mais est d’une inefficacité sans nom –, l’Union n’a attendu que quelques secondes pour partir à l’assaut du but de Bush. Sa première incursion offensive s’est terminée par un centre en retrait repris par Dockal de l’extérieur du rectangle, au-dessus. Deux minutes plus tard, une perte de balle au cœur du rectangle a permis à Burke de récupérer le ballon un peu plus à droite : son centre a traversé le petit rectangle sans que personne n’y touche.

Les minutes suivantes furent deux histoires de penalty non sifflé, vraisemblablement à juste titre. Le premier aurait pu être pour Philadelphie, quand un ballon derrière la défense de l’Impact est arrivé à Burke, seul face à Bush : les deux hommes ne voyaient déjà plus le ballon quand celui-ci a touché le bras du gardien, derrière lui, alors que l’attaquant n’avait même pas réussi à l’atteindre, les deux hommes n’arrivant en fait pas vraiment à maîtriser le geste qu’ils voulaient faire.

Quelques instants plus tard, une énorme perte de balle de Bedoya plein axe permit à Piatti de filer… avec le capitaine visiteur à ses trousses, en train de le retenir par le maillot. L’Argentin résista, entra dans le rectangle, mais n’était toujours pas débarrassé de son adversaire qui cette fois mit le pied par derrière, sur le ballon à première vue. Reste que certains arbitres seraient revenus à la première faute…

Principalement dangereux par le flanc droit depuis le coup d’envoi, Philadelphie a aussi été dynamique de l’autre côté, principalement grâce à Picault qui, après trois matches de suspension en début de saison, apporte à son équipe la vivacité qu’elle recherchait en embauchant Accam à fort prix cet hiver. L’Américano-Haïtien envoya d’abord un centre qui traversa le petit rectangle et passa devant tout le monde, y compris Bush complètement déséquilibré. Il y alla ensuite d’un bel effort individuel sur la gauche du rectangle avant de tirer sur le portier local.

Il faut bien le répéter, car les occasions ont été nombreuses, mais malgré tout, les échanges étaient équilibrés en ce début de match, Philadelphie arrivant cependant beaucoup mieux à trouver le chemin du but adverse… jusqu’au dernier geste, imprécis. Pour Montréal, il a fallu un effort individuel de Piatti sur la gauche : il a réussi à se mettre en position de tir, l’angle était fermé, la frappe travaillée mais trop croisée.

Même si c’est tout sauf dans son ADN, Philadelphie, mis en confiance par son bon début de rencontre, essayait aussi de contrer de temps en temps. Notamment via son côté gauche, davantage à l’aise dans ce domaine. Ainsi, Gaddis a effectué un très bon travail sur son flanc avant d’envoyer un tir qui a obligé Bush à réaliser une détente spectaculaire bien que pas si difficile que ce que laissent croire les apparences. Et là, on était au quart d’heure. Oui, au quart d’heure, et on avait déjà vu autant de possibilités de but dans ce match qu’en 90 minutes mercredi dernier à Chicago…

Le quart d’heure suivant fut, heureusement pour les cardiaques, et votre serviteur qui tente de ne vous faire échapper aucun détail du match, bien moins animé. Et, dans l’ensemble, mieux maîtrisé par Montréal, qui pendant de longs moments a bien fait circuler le ballon. Ou plutôt, l’a bien conservé car le jeu, lui, n’avançait guère.

Il faut dire que l’axe de l’entrejeu a été complètement dominé dans tous les compartiments. Offensivement, il n’avait que trop rarement un apport, personne n’avait de valeur ajoutée et chaque joueur de Philadelphie savait qu’il devait se contenter de remplir sa mission défensive de base pour arriver à ses fins. Défensivement, c’était bien pire : Philadelphie y passait comme dans du beurre, a, pendant de longs pans du match, récupéré trop facilement trop de ballons, les pertes de balle à environ 30 mètres du but de Bush se multipliaient tout comme les trous béants. Parfois on a presque eu l’impression qu’on avait tellement envie de voir l’Impact récupérer agressivement le ballon que pour ça… il faut que l’adversaire l’ait…

Je ne vous égrainerai pas toute la liste des insuffisances, mais il faut aussi ajouter le fait que Bedoya n’était absolument pas pris en charge et a pu se retrouver à plusieurs reprises en position de marquer. Comme lors de cette action construite plein axe lors de laquelle Epps lui a glissé le ballon et, suivi par personne, le capitaine visiteur a pu se présenter face à Bush qui, fort heureusement, avait réduit son angle, raison pour laquelle le tir lui arriva droit dessus.

Peut-être inspiré par certains de ses adversaires du jour la semaine dernière, Burke s’est mis en évidence en l’absence de Sapong. Après un nouvel effort sur la droite du rectangle, l’attaquant visiteur est rentré dans le jeu pour se mettre en position d’envoyer un bon tir, que Bush a dévié en corner.

Même endroit, mais autre camp cette fois, avec Edwards dans la même position, et avec aussi un bel effort individuel plein de technique du joueur au ballon. Sauf qu’au bout de celui-ci, il y avait trop de monde entre lui et ses équipiers, et son centre a été repoussé. Deux actions d’apparence anodine, qui illustrent pourtant bien les différences de qualités offensives entre les deux équipes – car il ne faut pas se fier à la seule action individuelle qui a attiré l’œil, mais bien aux mouvements d’ensemble qu’il y avait autour.

Puisqu’il ne se passait pas grand-chose dans l’axe, ni au milieu ni devant, Montréal semblait condamné à profiter d’une erreur adverse ou à compter sur un exploit de ses ailiers, irréguliers (ne parlons pas des arrières latéraux, invisibles). On eut presque les deux quand Trusty, distrait sur la gauche de la défense, s’est fait subtiliser le ballon par Edwards qui a pu foncer seul au but mais dont le tir a été repoussé par Blake.

Les approximations avaient commencé à se multiplier à nouveau. Partout, y compris derrière où une relance à la main ratée de Bush permit à Picault de devancer Petrasso et, après un une-deux avec Medunjanin, de se retrouver en position de tir. Trop croisé.

Certains joueurs locaux semblaient attendre la mi-temps. Ou étaient trop attentistes dans l’optique de partir en contre en balançant un ballon désespéré devant. Toujours est-il qu’à deux minutes du repos, Philadelphie a pu poser le jeu à sa guise, envoyer le ballon à gauche pour Gaddis dont le centre aérien était repris victorieusement de la tête par Burke (0-1). Enfin, se diront les supporters visiteurs, qui avaient craint que leurs favoris payent une nouvelle fois au prix fort leur kyrielle d’occasions ratées. Un but typique de l’Union, qui procède presque uniquement comme ça depuis l’arrivée de son entraîneur Jim Curtin. Le problème, c’est que quand ça ne marche pas, il n’y pas de plan B et ça peut tourner à la déroute comme on l’avait vu ici-même il y a deux ans.

Si au retour des vestiaires, Montréal cherchait évidemment à égaliser, c’est une nouvelle fois Philadelphie qui a créé le premier danger, à nouveau assez rapidement : menant un contre côté gauche, Picault a glissé le ballon vers Dockal plein axe à hauteur du petit rectangle, contré par un beau retour de Raitala.

Edwards fut une nouvelle fois à l’origine de la réplique : après un effort sur la droite, il a réussi à donner le ballon à Silva, en bonne position mais dans l’impossibilité de tirer car il était sur son mauvais pied. L’Uruguayen a bien vu Jackson-Hamel devant lui, et sa passe lui a offert une très belle occasion, mais la frappe a été détournée par Blake, dernier rempart toujours aussi solide.

Peu avant l’heure de jeu, on a espéré assister au tournant du match. Auteur d’un tackle pour le moins enthousiaste, Burke a terminé en coinçant la jambe de Piette entre ses deux cuisses. Probablement pas intentionnel de la part d’attaquant, mais un geste très dangereux heureusement sans conséquence pour la victime, mais qui a valu l’exclusion du fautif. Un geste différent mais qui rappelait un peu celui de Taïder à New England.

Montréal s’en tirerait-il aussi bien en supériorité numérique ? ll s’est en tout cas rapidement créé une de ses meilleures occasions : après s’être décalé sur la droite, Silva a envoyé un très beau centre au deuxième poteau, repris par Taïder d’une tête piquée qui a rebondi au sol avant de passer au-dessus.

Sauf que les espoirs ont été de courte durée. Moins de dix minutes après l’exclusion, un duel entre Picault et Lovitz a été gagné par le premier nommé, ce qui lui aurait permis de partir seul face à Bush. Avant même qu’il n’allonge sa foulée, le défenseur, dans la continuité du geste qu’il avait effectué pour aller au ballon, a coupé la course de son adversaire, l’envoyant au sol. Une faute indiscutable. Sur le coup, beaucoup de monde s’attendait à voir l’arbitre l’exclure. Mais M. Stott le punit d’un carton jaune… avant d’aller recourir à la vidéo. Sur les images qu’on a revues à la télévision (et donc, celles à la disposition de l’arbitre), il n’était pas si évident que ça que Lovitz avait l’intention de jouer l’homme (honnêtement, la maladresse peut aussi être plaidée, ou simplement l’élan du premier geste raté). Si l’arbitre l’avait exclu immédiatement, il n’y aurait rien eu à redire. Mais il faut rappeler qu’après vidéo, il faut l’évidence d’une erreur claire et nette pour revenir sur sa décision. Entre les éléments précédents et vu l’endroit où l’arbitre et son juge de ligne étaient placés pendant l’action, il est vraiment difficile de comprendre qu’ils aient mieux vu sur un écran que juste devant leurs yeux… Alors pour l’évidence, on repassera…

Bon, à égalité numérique, Montréal avait évidemment encore de sérieuses choses de revenir à la marque et, pourquoi pas, de gagner. Mais ce nouveau match commença une nouvelle fois par un premier coup assené par Philadelphie : un effort personne de Creavalle devant le rectangle, ponctué d’un tir trop enlevé.

La créativité montréalaise était trop souvent aux abonnés absents. On a compris depuis longtemps qu’elle ne viendrait pas des pieds de Taïder. Son apport offensif, c’est son volume de jeu, sa disponibilité et le fait qu’il offre des solutions à la finition et pour aider son équipe à être en supériorité dans le rectangle. Il faut arrêter de croire que c’est un clone de Dzemaili. Silva ? Pour le moment, il y a des hauts et des bas, un manque d’automatismes criant. Il faut lui donner le temps, sauf qu’en attendant, il ne peut pas avoir l’apport escompté durant 90 minutes. Sur les côtés, on en a déjà parlé (quoique Garde aurait peut-être été inspiré de demander à Piatti et Edwards de permuter par moments). Reste alors soit à demander à Jackson-Hamel de décrocher (et aux autres de s’infiltrer pour prendre sa place), soit avoir au milieu défensif un Bradley qui fait non seulement un boulot de récupération équivalent à celui de Piette, est capable comme lui de prêter main forte derrière lorsque nécessaire, mais a davantage de capacités à la construction et en création. Sauf que bon, ça ne court pas les rues (et ça fera hurler dans certaines chaumières)… Dernière option : changer de dispositif, pour chercher une autre animation. Et si le 5-3-2 n’était finalement pas si mal ? Voilà de magnifiques sujets de débats pour les jours à venir !

Alors, avec les moyens du bord de ce samedi, on a dû se contenter de nombreux cafouillages dans le rectangle adverse, de ballons bien remis mais pas repris ensuite, de bonnes intentions mais pas d’exécution suffisante pour empêcher un joueur de Philadelphie d’intervenir avant même que l’action ne devienne une occasion. Seule exception, un coup franc repris de la tête par Jackson-Hamel, au-dessus.

Alors qu’il restait deux minutes au temps réglementaire, Picault, haut sur son flanc gauche, a tenté de temporiser dans un beau duel avec Fanni, gagné à l’expérience par le défenseur français, qui a ensuite confié à Raitala la mission de relancer. Sauf que son compère a raté son contrôle : Accam en a profité pour glisser le ballon à Medunjanin, qui n’a pas raté l’occasion de faire 2-0 face à un Bush quelque peu spectateur.

On notera encore un tir à distance de Taïder, servi par Piatti, que Blake a capté en deux temps : une rare occasion d’au moins sauver l’honneur durant six interminables minutes d’arrêts de jeu, d’autant plus longues que de nombreux spectateurs sifflaient leurs favoris, attendant le coup de sifflet final pour marquer leur courroux.

On peut les comprendre : une semaine après le 4-2 contre New England, l’Impact n’a plus le moral au beau fixe. S’était-il cru trop beau après un succès qui demandait à être confirmé ? Quoi qu’il en soit, l’indigence offensive dont il vient de faire preuve durant 180 minutes est on ne peut plus inquiétante pour la suite des opérations. Et si on regarde secteur par secteur, c’est l’entrejeu qui pose le plus de questions actuellement, car il est le seul où tout le monde est là, les autres étant minés par les blessures.

Au tiers de la saison, une chose est sûre : l’effectif actuel est capable d’exploits, a le potentiel pour réaliser de bons matches et offrir des résultats enthousiasmants, mais il est beaucoup trop court pour tenir la distance sur la durée, offrir des prestations régulières et résister aux adversaires qui savent comment lui faire mal. Dans ces circonstances, il ne faut gâcher aucune occasion de s’imposer contre les équipes à sa portée. C’est pourtant bel et bien ce à quoi on a assisté ce samedi. Après avoir longtemps cru que ce match serait (encore) celui des occasions ratées de Philadelphie, il a finalement été une occasion ratée pour l’Impact.

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