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New York City avait ses ratés, Montréal avait Bernier

New York City FC - Montreal Impact 1-1 – League game (regular season) played on 18/03/2017

NEW YORK CITY : Johnson, White, Chanot, Callens, Matarrita, Pirlo, Ring, Moralez, Harrison (79e Lewis), Wallace (84e McNamara), Villa

MONTRÉAL : Bush, Duvall, Ciman, Camara, Oyongo, Mallace (72e Arregui), Bernardello, Bernier, Oduro, Piatti (90e Jackson-Hamel), Mancosu (89e Lovitz)

ARBITRE : M. Geiger

AVERTISSEMENTS : Bernardello, Chanot

LES BUTS : 44e Wallace (1-0), 67e Oduro (1-1)


New York City et Montréal ont partagé l’enjeu 1-1 lors d’une rencontre marquée par les nombreuses occasions ratées par l’équipe locale, et des visiteurs, emmenés par un Bernier des grands soirs, qui ont été mieux dans leur fin de match après l’égalisation d’Oduro en milieu de deuxième mi-temps.

Pour ce match à New York City, Mauro Biello devait faire des choix dans sa défense, avec deux places convoitées par trois joueurs. Duvall a été confirmé sur la droite, et Cabrera a pris place dans l’axe aux côtés de Ciman, ce qui a fait que Camara se retrouvait sur le banc. Il a quand même fallu composer avec une défection, puisque Donadel a ressenti des douleurs à l’échauffement et a dû être remplacé à la dernière minute par Mallace. Du côté de New York City, Patrick Vieira alignait ce qui semble son équipe-type de début de saison, à l’exception d’Allen, remplacé par White au poste d’arrière droit.

L’équipe locale a commencé sur les chapeaux de roue, puisqu’on jouait depuis deux minutes à peine que Villa dribblait sur la gauche du rectangle et se jouait de Cabrera avant de donner en retrait à Harrison, oublié, qui a tiré à bout pourtant mais a complètement raté sa frappe qu’il a envoyée dans les nuages.

On pouvait donc s’attendre à voir New York City prendre les choses en mains, mais le début de rencontre fut très équilibré. Le jeu, lui, était peu académique. Il y avait à la fois beaucoup de rythme de part et d’autre, mais aussi de nombreuses pertes de balle. Les occasions se faisaient rares, et on alternait entre moments divertissants et ennuyeux. Il y avait du potentiel… restait à ce qu’il se dévoile.

Restait aussi à attendre la première occasion montréalaise. Oduro a eu la première possibilité réelle de menacer Johnson. Lancé, il s’était glissé dans le petit espace entre Chanot et Matarrita pour arriver dans le rectangle. Dépassé, le Luxembourgeois a tacklé au moment opportun pour quand même arriver à dévier le ballon en corner sans être en retard.

La deuxième occasion locale a presque été une copie conforme de la première, de l’autre côté. Cette fois, Harrison a effacé Oduro sur la droite avant de glisser le ballon en direction de Ring qui était juste devant le but et a envoyé une frappe au-dessus. Avec le ballon un peu derrière lui, sa frappe était quand même techniquement plus difficile à effectuer.

Les équipes trouvaient leurs marques, New York City montait en régime et Montréal se mettait mieux en place. Avec, dans un premier temps, des occasions de part et d’autre. D’abord une combinaison dans l’axe entre Wallace et Villa, voyant l’espagnol passer à travers la défense centrale adverse et envoyer une pichenette qui a fini dans le filet latéral. Ensuite, une tentative de Piatti depuis la gauche du rectangle, repoussée vers Oduro qui a tenté de reprendre le ballon en un temps mais est passé à côté.

Le dernier quart d’heure de la première période a cependant été tout è l’avantage des joueurs locaux. Ils combinaient de mieux en mieux. Passes courtes, passes longues, la défense de l’Impact était mise à rude contribution, mais s’en tirait avec les honneurs. Malgré cela, Wallace lui en faisait parfois voir de toutes les couleurs. Recevant une pichenette de Pirlo, il s’est joué difficilement de Cabrera mais est quand même parvenu à envoyer un tir, sans problème pour Bush. Quelques minutes plus tard, le Costaricien a encore tiré sur le portier montréalais, après avoir reçu une passe d’Harrison et surpris la défense en train de remonter.

La pression s’intensifiait, les situations chaudes se multipliaient, et le repos allait être le bienvenu même si, en toute franchise, Bush n’était pas rudement mis à contribution. L’Impact n’allait toutefois pas réussir à arriver à bon port.

À un peu plus d’une minute de la pause, Chanot a envoyé une superbe passe en direction d’Harrison, dont le contrôle était du même niveau. Ça lui a permis de poursuivre l’action rapidement et de centrer. Le ballon a été dévié mais Wallace a pu y arriver : très mal placé pour tenter sa chance, il a intelligemment talonné en direction de Ring, qui a eu tout le loisir de contrôler et de tirer. Une frappe que Bush a repoussée mais le gardien ne put rien quand Wallace, qui avait parfaitement suivi, fut le premier au rebond et fit 1-0.

Après ce but, New York City a eu le tort de déjà rentrer au vestiaire mentalement. Un relâchement qui aurait pu profiter à Montréal : Bernier a permis à Piatti de partir plein axe. Le tir des 20 mètres de l’Argentin a été repoussé par le poteau. Oduro a récupéré le ballon et envoyé une frappe de loin d’un angle difficile obligeant Johnson à intervenir.

La deuxième mi-temps s’est longtemps résumée à la quête d’un deuxième but par New York City, toujours aussi dominateur même si Montréal avait plus souvent le ballon dans les pieds. Parfois pour le perdre, comme quand Piatti se l’est fait subtiliser sur la gauche de la défense par Harrison, qui a tenté sa chance d’un angle difficile, arrivant quand même à envoyer le ballon non loin du but de Bush.

Trois minutes plus tard, sur une reconversion rapide, le ballon à peine récupéré est immédiatement allé à Wallace légèrement décalé sur la gauche : voyant que les chances du succès d’un tir étaient limitées, il a centré en direction de Ring, lancé dans l’axe, mais Ciman a dévié le ballon. Ce dernier est arrivé devant Villa qui a tenté une reprise de volée, dans les nuages.

L’hiver à New York City a vu les retraites de Lampard et Iraola, et l’intersaison a été sous le signe du changement dans la continuité, l’équipe conservant quand même ses bases de la saison dernière, tout en attirant plusieurs renforts intéressants. Restent à ce qu’ils s’intègrent à l’équipe et au style de jeu de la MLS. Il a fallu deux rencontres à Wallace (qui connaissait déjà la compétition après plusieurs années à Portland) pour y parvenir. Ce samedi, ce fut au tour de Ring de montrer qu’il commençait à maîtriser les préceptes de Vieira. Reste à Moralez, le plus prometteur des nouveaux, à se fondre dans le collectif. Élément le plus discret d’un entrejeu, il faut le dire, très actif, il a quand même vu beaucoup de ballons transiter par lui. Mais il s’est souvent contenté d’être un simple relais, faute d’être souvent décisif au terme des actions. Sur l’une des rares occasions l’impliquant, il a envoyé un tir de loin que Bush a arrêté en deux temps, sans grosses difficultés.

On sentait la défense de l’Impact plier, comme en fin de première mi-temps. Le danger se précisait de plus en plus. Harrison donnait à Ring, plein axe, disposant de beaucoup d’espace pour tirer de loin : sorti de sa défense, Cabrera a mis le pied devant le ballon et a contré la frappe de son adversaire, qui partait très dangereusement.

Montréal voulait aller dans le camp adverse, mais ne parvenait pas à y construire grand-chose. New York City aurait dû en profiter sur une contre-attaque provoquée par un contrôle raté de Piatti à l’entrée du rectangle. À l’autre bout du terrain, Villa a lancé Wallace sur la gauche. Le centre du Costaricien a trouvé Moralez, face au but, qui n’avait plus qu’à conclure, mais l’Argentin a lamentablement raté la chance de doubler l’avance de ses couleurs.

Un coup sur la tête des new-yorkais, suite auquel ils se sont quelque peu relâchés. Ils n’auraient pas dû ! Bernier, auteur d’un tout grand match dans un entrejeu pourtant surpeuplé de talent et largement dominé par les adversaires, a envoyé une superbe ouverture en direction d’Oduro, à la limite du hors-jeu auquel il avait parfaitement échappé : d’un très beau contrôle orienté suivi d’une frappe qui n’a laissé aucune chance à Johnson, le Ghanéen a rétabli l’égalité (1-1).

Par la suite, New York City n’a jamais été en mesure de retrouver son niveau des troisième et quatrième quarts d’heure. Au contraire, Montréal a la plupart du temps été mieux dans sa fin de match. Avec la possibilité de prendre l’avance à un quart d’heure du terme quand Oduro a donné à droite vers Duvall dont le centre en un temps au premier poteau a été repris par Mancosu, qui avait bien plongé mais a envoyé sa reprise peu à côté.

Si le match pouvait dès lors basculer d’un bord comme de l’autre, on avait d’un côté une équipe ne semblant plus avoir assez de ressources offensives, et de l’autre des joueurs qui voulaient éviter de commettre les mêmes erreurs qu’une semaine plus tôt. Volontaires, oui. Téméraires, non. Dès lors, les occasions se sont raréfiées, jusqu’à ce que New York City tente un dernier baroud dans les arrêts de jeu. Cela résulta principalement sur un coup franc de Pirlo côté droit prolongé de la tête par Chanot en direction de McNamara dont la reprise de la tête a échoué au-dessus.

Comme la semaine dernière, dans les rangs montréalais, il y a un verre à moitié vide et à moitié plein (s’il est l’un, il est forcément l’autre). Avec moins de maladresse devant le but de la part de New York City, il est évident que le sort du match aurait été scellé bien plus tôt, en défaveur de l’Impact. Mais au bout du compte, Montréal remporte un point précieux à l’extérieur, sur le terrain d’un bon adversaire, et peut aussi se réjouir de la prestation cinq étoiles de Bernier, impliqué dans ses trois buts cette saison. Certains verront aussi le fait que Piatti n’avait pas le pied dans le but égalisateur : pas une mauvaise nouvelle non plus, car on a souvent eu la sensation en 270 minutes qu’on comptait trop sur lui – voir l’impression de Piatti-dépendance diminuer n’a rien de mal.

Ce bon point donnera aussi le moral aux troupes avant d’aller la semaine prochaine à Chicago, équipe qui a effectué beaucoup de changements cet hiver : si elle est incontestablement renforcée par rapport à la saison dernière, elle n’a pas encore trouvé ses marques et son début de saison n’a rien d’extraordinaire.

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