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Ca recommence comme la saison dernière

Impact Montréal - Virginia Beach Mariners 0-0 (a.e.t.) – League game (regular season) played on 16/05/2004

 
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MONTRÉAL : Sutton, Di Tullio, Gervais, Braz (77e Fronimadis), Vincello, Grande, Ze Roberto, Biello, Leduc, Sebrango (101e Bailey), Kolic (52e Ribeiro)

VIRGINIA BEACH : Pickens, Danbusky, Knott, Aldrich, Hutchinson, Bilyk, Jones (78e Kirmse), Gomez (55e McManus), Amani-Dove, Garcia (105e Washington), Winkel

ARBITRE : M. De Piero

AVERTISSEMENTS : Hutchinson, Bilyk

EXCLUSION : 47e Grande (2j.)


On nous aurait menti à l'insu de notre plein gré ? Ils ne se sont donc pas dopés à l'attaquopoïétine pendant l'entre-saison ? On va donc encore finir le Tour de la A-League avec le maillot blanc de l'équipe qui encaisse le moins... et marque le moins ? Bob Lilley parti, les malheurs ne seraient pas finis ? Ce match a beaucoup de similitudes avec ce qu'on a connu l'an dernier, notamment lors de l'ouverture qui s'était également soldée par un partage blanc. Mais pourtant, il y a de nombreuses différences. Espérons que celles-ci soient la cause d'une amélioration future.

On recevait donc Virginia Beach, une équipe qui marque facilement et encaisse facilement. En outre, les plagistes étaient privés de leurs deux meilleurs joueurs, Washington (sur le banc) et Fenger, même pas là, tout comme N'Goran, leur dernière recrue à l'attaque qui n'avait pas fait le voyage. On s'attendait donc à un match spectaculaire, riche en buts et à une victoire des nôtres pour commencer l'année du bon pied. Certains joueurs avaient en plus tout intérêt à se mettre en évidence devant Frank Yallop, le sélectionneur fédéral.

Après avoir attendu une demi-heure devant les portes, s'être réjoui d'être de retour à la maison, avoir supporté le protocole toujours aussi con (bientôt on nous mentionnera le nom du balayeur en début de partie), enfin le coup d'envoi. Quelques surprises : Budalic n'est même pas sur le banc et c'est Kolic qui joue aux côtés de Sebrango devant, Fronimadis fait banquette et Di Tullio est replacé à droite avec Vincello à gauche (ça y est, lui aussi commence les ballottages).

Personne ne fait attention au coup d'envoi, comme d'habitude, et certains ne font même pas attention au reste, bla bla bla. Vos gueules, regardez le match, vous êtes là pour ça. Bref, au bout de presque un quart d'heure, on avait à peine remarqué que ça avait commencé et voilà que Sebrango, bien lancé sur la gauche, va nous offrir la première occasion de la saison. Kolic est isolé dans l'axe mais il préfère y aller seul et tenter sa chance : au-dessus.

On ne sait pas si c'est la pression, pas liée à l'importance de l'enjeu mais au premier match à domicile (beaucoup de monde avait l'air tendu, comme si c'était l'évènement du siècle, peut-être en allait-il de même pour les joueurs) toujours est-il que ça jouait à la baballe, et que je te la passe et que je te la repasse, comme un entraînement de préminimes. Pas de pression de la part de nos favoris, peu de possession de balle mais beaucoup d'approximations.

A la 21e, un centre venu de la droite arriva dans les pieds de Kolic, dos au but. Il se retourna et tira dans les mains du gardien. Ca faisait du bien de voir le banni de la saison dernière recevoir sa chance. Derrière Sebrango et vraisemblablement Budalic, De Santis a trois attaquants de valeur. A lui de savoir gérer leur présence sur le terrain et la préséance de l'un sur l'autre. Ce ne sera pas la plus simple des tâches.

Pour en rester à l'an dernier, on voyait qu'il manquait quelqu'un : Martin Nash. Ah, que son absence s'est fait cruellement ressentir ! Ca manquait d'idées et quand il n'y en a pas, ça se voit encore plus... Heureusement, de ce qu'il a montré lors de la préparation, Budalic ne semble pas dépourvu d'imagination. Mais c'est un soutien d'attaque, pas un meneur de jeu, et donc pas le même registre. Mais bon, la créativité a cruellement fait défaut ce dimanche.

A la demi-heure, les joueurs ont enfin décidé de se réveiller. Il était plus que temps. Dès cet instant, on a campé dans le camp adverse, et on a constaté un des gros manquements de l'équipe : elle n'est pas capable de presser en possession de balle. Un peu comme en hockey, quand une équipe joue en avantage numérique et fait courir l'adversaire. Ca, c'est une des choses à travailler en priorité. En revanche, en perte de balle, ils restaient hauts et empêchaient les visiteurs de construire. Dans de telles situations, les Montréalais semblaient suivre le diapason de Grande qui donnait le la de manière intelligente. Ce pressing se traduisit à la 34e par une belle action sur la gauche amorcée par une talonnade de Sebrango pour vincello. Le ballon termina dans les pieds de Kolic, qui l'envoya dans le filet latéral.

Mais si le jeu sans ballon se passe pour le mieux, le jeu avec ballon semble un gros point faible de l'équipe. Ou plutôt, le jeu de ceux qui n’ont pas le ballon pendant qu'il est dans les pieds d'un équipier. C'est quand même très inquiétant quand on sait que sur le terrain, on est justement censé jouer au ballon... Mais autour de celui qui le porte, ça ne bouge vraiment pas assez. Pas de démarquages, pas de bons appels de balle : déjà que l'imagination est absente, mais si en plus celui qui doit faire une passe ne reçoit pas de solutions, ça n'aide pas. Ah, Rowland aussi manque dans ce registre, lui était un maître (à l'échelle de la A-League, cela va de soi) quand il s'agissait de se démarquer. Heureusement, en deuxième période, Ribeiro a montré le très bon exemple aux autres.

A la 39e eut peut-être lieu un des tournants du match. Sur la gauche, dans le coin près de Sutton, Grande avait le ballon et un adversaire près de lui. Il voulait le dégager le plus loin possible mais rata son coup et concéda une touche près de la ligne de fond. De rage, il pris le piquet de corner et le balança à terre : cela lui valut une carte jaune logique mais très lourde de conséquences.

Une minute plus tard, une nouvelle occasion allait échoir au duo Kolic - Sebrango. A deux contre deux, le premier cité avait le ballon sur la gauche, le second était au centre et attendait la passe. Mais finalement, c'est un joueur de Virginia Beach qui reçut le ballon et l'occasion était galvaudée. Deux minutes plus tard, Grande, grand gagnant à l'applaudimètre, récupéra un ballon avant de dribbler la moitié de la défense et de centrer sur le toit du but. L'effort individuel était beau.

Juste avant la pause, Sutton allait s'employer sérieusement pour la première fois (il avait dû intervenir sur l'un au l'autre centre auparavant) quand il sortit promptement dans les pieds de Bilyk, bien lancé en profondeur, avant que celui-ci ne touche le ballon.

0-0 à la pause, on pouvait s'attendre à mieux. Mais avec un seul quart d'heure de soccer, ce n'était pas étonnant. Cependant, c'était la fin de la première mi-temps qui avait laissé la meilleure impression et on pouvait penser le match lancé. On avait vu quelques belles choses individuellement, mais en revanche, collectivement, cela laissait plus qu'à désirer... et ça ne changera pas. Autre superbe chose de la première période : le DJ sourd ne nous a pas cassé les oreilles avec de la musique. Merci à lui, qu'il poursuive sur cette bonne voie.

Le jeu avait à peine repris et les joueurs n'avaient pas encore eu le temps de mouiller quelque peu leur maillot que Grande reçut sa deuxième carte jaune, pour un tackle dangereux cette fois. A dix contre onze, la tâche des hommes de De Santis se compliquait, surtout sans celui qui déterminait la hauteur à laquelle se jouait le jeu. Mais il n'avait qu'à s'en prendre à lui-même : espérons qu'il se souvienne que le lancer de poteau de corner n'est pas un sport olympique, même sur une piste d'athlétisme (on va dire que c'est aussi la faute à la piste, c'est juste une excuse de plus pour s'en débarrasser au plus vite).

Paradoxalement, cette infériorité numérique équilibra les échanges, ce qui... eut la conséquence de donner plus d'intensité à la partie. Non, pas de la pression, oubliez ça, mais des occasions. Reste que j'aurais été l'entraîneur de Virginia Beach, j'aurais fait rentrer Washington à ce moment-là, histoire de tenter de paniquer l'adversaire...

A la 50e, un tir de Biello de l'entrée du rectangle passa de peu à côté. Trois minutes plus tard, le capitaine de l'équipe ouvrit à droite pour Sebrango dont le centre fut repoussé par le gardien adverse. Dommage : s'il avait réussi à trouver un équipier, celui-ci n'aurait plus eu qu'à pousser le ballon au fond des filets. Quatre minutes plus tard, c'est de la gauche que vint le danger, grâce à un centre de Ribeiro. Mais la reprise à bout portant de Sebrango fusa à côté.

Eh oui, je pense que rarement Sebrango n'aura raté autant d'occasions qu'aujourd'hui. Je crains, mais j'espère me tromper, qu'on n'a plus le même Sebrango que celui qu'on avait connu. Non, il n'a pas été mauvais, mais il n'a pas apporté ce petit plus qu'on lui connaît habituellement et il avait laissé son réalisme au vestiaire. Quant à sa vitesse, on se demande où elle est passée ! Peut-être aussi était-ce un jour sans mais de nombreux attaquants qui ont eu la même blessure que lui ont eu besoin de nombreux matches avant de recouvrer toutes leurs sensations.

Heureusement, cette année, avec Nick De Santis, le danger ne doit pas venir que d'un seul homme (ou de zéro dirais-je si je voulais être méchant avec son prédécesseur). Mais le danger, il faut se démener pour le créer... Ribeiro l'avait bien compris, lui qui sera un des seuls à réussir plusieurs fois à réellement complètement flouer plusieurs adversaires et à offrir de réelles solutions en terme de passes de construction et de finition à ses équipiers. La plus belle preuve vint à la 68e minute quand il piqua un sprint pour aller se démarquer dans le rectangle. Il reçut une belle ouverture sur sa tête mais malheureusement son envoi fila à côté. Quatre minutes plus tard, un centre dévié fut prolongé par Sebrango sur la tête de Ribeiro mais une nouvelle fois, le ballon fila hors-cadre.

L'homonyme du hockeyeur avait remplacé Kolic depuis qu'on jouait à dix et Sebrango était seul devant avec Biello en soutien. Avait son remplacement, Kolic s'était souvent mis tout seul en position de hors-jeu. Après la pause, le juge de ligne du côté des parkings avait une très mauvaise habitude : lever son drapeau... dès qu'il voyait un joueur de Virginia Beach lever la main ! Dans le genre influençable, on fait difficilement mieux (l'arbitre était aussi très peu sûr de lui d'ailleurs), ce qui donnait certaines décisions pour le moins contestables, dans un sens comme dans l'autre d'ailleurs, mais plus souvent dans le mauvais sens pour nous quand même...

A la 82e minute, on passa tout près de la catastrophe : Sutton était complètement battu et il fallut un sauvetage in extremis de Gervais sur sa ligne pour éviter le pire. Auteur de quelques erreurs jusque-là (tout comme Braz), notre nouvel homme fort allait ensuite bien mieux jouer et montrer des choses dignes de lui (là aussi, comme Sebrango, mis à part les approximations, il n'avait pas été mauvais mais plutôt quelconque...)

Quatre minutes plus tard, nouvelle panique dans le rectangle montréalais, avec deux tirs cadrés consécutifs des hommes de Virginie. Le premier fut contré par le pied d'un défenseur, le second sauvé par Sutton. Une minute plus tard, Sebrango allait passer Aldrich de très belle manière, sur le flanc droit, avant de filer droit au but. Mais il rata son face à face avec le gardien adverse en envoyant le ballon trop sur la gauche. On était donc parti pour des prolongations.

Après trois minutes, Biello envoya un tir du point de penalty peu au-dessus. Cinq minutes plus tard, Sebrango, sur la gauche se retourna avant de tirer au-dessus lui-aussi. Quelques instants après, c'est un superbe tir de Di Tullio des 25 m qui fut dévié de toute aussi belle manière par le gardien. Le corner ressembla à un jeu de billard ponctué par un tir de Vincello de peu à côté. Les tirs cadrés se sont vraiment faits rares ce dimanche... Faudrait peut-être mettre un truc très voyant derrière le but pour donner la direction au joueur (je suis à moitié sérieux en disant ça : je connais des entraîneurs qui demandaient au stewards en orange fluo de se mettre derrière le filet, histoire de servir de point de repère aux joueurs, et ces derniers trouvaient ça très efficace).

Après la pause, Bailey, qui avait remplacé Sebrango effectua un très beau contrôle avant de partir seul au but puis une ostie de conne (il n'y a pas d'autre mot) m'empêcha de voir la fin de l'action. Non, ne soyez pas choqués de l'expression. Le public de ce stade fait preuve d'une impolitesse monstre et aujourd'hui, j'ai bien failli donner l'un ou l'autre coup en douce. J'en ai ras la casquette de ces gens qui circulent partout pendant le match et vous empêchent de voir ce pour quoi on est venu (enfin, euh, très peu de monde apparemment des 8877 spectateurs présents). Ras-le-bol des "Excusez-moi" en plein match et en pleine action et des gens qui s'offusquent qu'on regarde le match ! Si c'est pour ça, restez chez vous bande de morons ! J'imagine le même bordel, je sais pas moi, dans une classe d'école où tout le monde circule à longueur de temps au lieu de prêter attention à ce que dit le prof. Eh oui, c'est pareil, c'est tannant pareil pour ceux qui veulent suivre !

Même s'il n'y a pas toujours grand-chose à voir, on veut le voir. Et puis merde, j'ai pas à justifier que quand on vient au match, c'est pour le regarder !

Voilà ! Donc, comme l'année dernière, ça a fini sur un 0-0 qui laisse sur notre faim. J'espère que contrairement à l'année dernière, ce ne sera pas à l'image de la saison. Il y a quand même des raisons d'être optimistes mais il faut aussi avoir conscience qu'il y a beaucoup de travail. Et quand on voit comment ils ont dominé à dix, on se demande ce que ça aurait été s'ils avaient joué pareil à onze. Mais avec des si... on met Montréal dans une bouteille et le Stade Olympique sert de bouchon.

Sinon, je ne me souvenais pas que la A-League était aussi faible, qu'il y avait aussi peu de rythme et d'imagination. C'est qu'avec la saison, on s'habitue. Mais l'hiver est long, et on oublie. Par contre, Nash, je ne l'oublie pas et il me manque déjà. Eh oui, le meilleur transfert aurait été de la garder... Mais bon, il est parti et il faut faire avec. Alors messieurs les attaquants, soyez inspirés. Maintenant que vous avec un entraîneur qui ne vous bride plus, c'est à vous de prouver ce dont vous êtes capables ! C'est ça un bon attaquant !

Quant au coach, il doit travailler son milieu, parce que c'est pas vraiment ça pour le moment... On se réjouira quand même que les joueurs regardent enfin dans la bonne direction : celle du but adverse. Ils sont peut-être aveuglés par cette chose dont ils avaient perdu l'habitude. Il faut qu'ils y aillent un peu plus franchement ! La stabilité apportera les résultats j'espère. Faudrait aussi commencer à avoir moins d'éclopés, sinon on va se faire rebaptiser Hospital Impact.

Prochain match de championnat, le 28 mai à domicile contre Toronto. Eux aussi encaissent comme ils respirent. A nous de concrétiser nos occasions cette fois. La pression sera certainement moins intense mais il faudra convaincre à domicile pour s'en débarrasser une fois pour toutes et retrouver la confiance. Et puis, malgré tout, 10 points en 4 matches, c'est un très bon bilan. Alors rendez-vous dans moins de deux semaines avec, espérons-le, un match plus réjouissant.

 
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