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Un dimanche au soccer

Impact Montréal - Toronto Lynx 1-1 (a.e.t.) – League game (regular season) played on 20/06/2004

 
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MONTRÉAL : Sutton, Barker (75e Leduc), Gervais, Pizzolitto, Vincello, Grande (94e Kolic), Ze Roberto, Williams, Ribeiro, Commodore (65e Sebrango, 103e Selaidopoulos), Bailey

TORONTO : Hancock, Titus, Mattachione, Baxter, Serioux, Bartolomeu (91e Arango), Munthali (59e Di Placido), Dodds, Hughes, Gerba, Gbeke (70e Prostrein)

ARBITRE : M. Aritle

AVERTISSEMENTS : Gervais, Pizzolitto, Baxter, Dodds, Bartolomeu, Serioux, Arango

LES BUTS : 60e Baxter (0-1), 69e Vincello (1-1)

Un match de foot à Montréal, ce n’est vraiment pas comme chez nous...

Voilà donc l’équipe de soccer de Montréal, l’Impact, en blanc, accueillant les jaunes de Toronto, les Lynx, pour le compte de la deuxième division du championnat regroupant les Etats-Unis et le Canada. Montréal est en tête du classement général mais, même si elle l’emporte, elle ne montera pas ! Par contre, il est question de la division 1 pour l’an prochain pour une équipe du milieu de classement. C’est simple : ici, pour monter, il faut... payer.

Ce qui n’est pas du tout comme chez nous, c’est l’ambiance et le rituel dans le stade. Le public tout d’abord. Ici, le spectacle est familial. Papa, maman et beaucoup d’enfants. On frôle tout de même les 10.000 spectateurs qui remplissent deux tribunes : il n’y en a pas derrière les buts où se trouvent, en fait, des... châteaux gonflables. Le terrain est entouré d’une piste d’athlétisme qu’une petite pelouse sépare des tribunes. Cette pelouse, elle, est remplie de spectateurs assis, comme s’ils allaient à un pique-nique.

A la sortie des vestiaires, des enfants en équipements font une haie jusqu’au point central du terrain. Un à un, les joueurs arrivent, présentés par le speaker. Chacun a un ballon en main et, le plus souvent, ce ballon est dégagé dans les tribunes et offert à un spectateur.

L’hymne national du Canada est joué : le match peut commencer. Sandro Grande, la vedette de Montréal, a joué jadis en coupe Intertoto avec Brescia, tandis que Frederick Commodore a évolué à Aix-la-Chapelle, en Allemagne.

10e minute : alors que les joueurs se disputent la balle, le speaker fait une première annonce... publicitaire. Le jeu continue. Il y en aura d’autres au long de la rencontre.

15e minute : la mascotte de Montréal, façon personnage de Disneyland, se balade d’un côté à l’autre de la tribune. Elle incite les gens à taper dans les mains. A l’entrée, les enfants ont reçu un colis cadeau avec des friandises et aussi deux thundersticks. Ce sont des bâtons de plastique que papa gonfle et que les enfants peuvent taper l’un contre l’autre. Cela fait un bruit d’acier. Le public tape en cadence.

21e minute : un joueur de Toronto reçoit une carte jaune. Aussitôt, le speaker le signale, donne son nom que le public de Montréal hue copieusement. Dans ce championnat, il faut collectionner cinq cartes jaunes pour avoir un match de suspension.

34e minute : revoilà la mascotte. A présent, elle se trouve sur l’anneau d’athlétisme et fait, sur un skate-board, une espèce de ski nautique, tractée par une voiturette.

40e minute : la mi-temps approche. Le speaker annonce qu’un concours du meilleur danseur sera organisé dans les tribunes, au passage d’un orchestre ambulant.

44e minute : le speaker annonce : “Moins d’une minute avant la fin de cette première demi.” La demi en question est ce que nous appelons la mi-temps. Le vocabulaire québécois du foot est aussi truculent que celui de la rue. S’ils parlent d’un grand arrêt du gardien du but, ils diront : “Le gardien a fait tout un arrêt !”

45e minute : quelques notes de rock and roll recouvrent le sifflet de l’arbitre et annoncent la fin de la première demi. La mi-temps d’un match est probablement le moment le plus surprenant pour un spectateur arrivant d’Europe. Tandis que les enfants envahissent les châteaux gonflables derrière les buts, d'autres, de 5 à 7 ans, y jouent un mini-match de mini-foot avec de mini-joueurs. Plus au centre, il y a une course de... boîtes de pizzas. De part et d’autre du terrain, deux chaises remplies de boîtes de pizzas. En face, deux autres chaises vides. Le jeu consiste à courir d’une chaise à l’autre avec, à la main, une boîte de pizza qu’il faut déposer sur la chaise vide. Pendant ce temps, dans le rond central, un spectateur tiré au sort (aujourd’hui, c’est un enfant mais, voici quelques semaines, c’était un vieillard marchant avec sa canne) est invité à la remise en touche. Plus elle sera longue et plus il gagnera des réductions pour des achats. Le repos dure quinze minutes comme chez nous. Mais ici, le chrono du stade indique le temps restant avant la reprise du match.

54e minute : on arrête le jeu pour soigner un blessé. La musique hyperrock de Born to be wild accompagne l’attente du public. C’est pareil lorsqu’il y a un coup de coin, un coup franc qui se prépare ou toute autre action pendant laquelle le jeu est interrompu pour un certain temps. Toujours des airs très rythmés: Shout, We will rock you...

59e minute : contre le sens du jeu et au désespoir du public, Toronto ouvre la marque. L’équipe est huée.

68e minute : le speaker reprend la parole : “Mesdames et Messieurs, encouragez l’Impact à marquer un but dans ce match.” Le public l’entend. Les joueurs aussi. A la 69e, c’est 1-1. Tout le monde est debout.

90e minute : cela reste 1-1, mais ce n’est pas fini. Ici, en cas de match nul, on prolonge de deux fois dix minutes en appliquant la règle du but en or : le premier qui marque gagne le match et empoche les trois points. Il n’y a match nul qu’en cas d’égalité à l’issue des prolongations.

93e minute : le speaker indique l’endroit où, après le match, auront lieu les dédicaces. C’est l’usage : après chaque rencontre, deux joueurs de l’équipe sont de corvée signatures. Au reste, un troisième viendra signer, mais le long des tribunes.

110e minute : le score n’a pas changé; le match est terminé. Aussitôt, le speaker annonce les trois étoiles : les trois meilleurs joueurs de la rencontre, selon un journaliste spécialisé. Le speaker termine par un conseil : “Et surtout, soyez très prudents pour le retour à la maison !”

Envoyé spécial au Canada, Eddy Przybylski






Hancock a éteint tous les pétards

Il y a un peu plus de trois semaines, Montréal jouait son premier match de la saison contre Toronto. Ce dimanche, les deux équipes se retrouvaient pour la troisième et dernière fois de la saison. Entre les deux, de nombreuses choses se sont passées grâce, entre autres, à la première rencontre et au score fleuve qui a libéré les joueurs. Si ce jour-là, nous avions gagné 4-1 sans le mériter vraiment, nous avons cette fois concédé le nul 1-1 au terme d'un festival offensif sans pareil qui méritait mille fois mieux.

Dans les dix premières minutes, le ton était donné. Dès la troisième, un centre de Bailey aboutit à Williams dont la reprise fut repoussée par Hancock, auteur d'un beau réflexe. Commodore, à l'affût, propulsa le ballon au-dessus. Quatre minutes plus tard, un coup franc de Grande aboutit sur la tête de Pizzolitto mais le danger fut écarté par la défense visiteuse. Et à la dixième, trois joueurs montréalais se présentaient face à deux adversaires. Commodore, en possession du ballon, traîna malheureusement trop, permettant aux Torontois de revenir.

Par la suite, le danger se fit moins présent mais les intentions offensives étaient toujours très visibles. Il fallut attendre la 22e pour vibrer à nouveau, suite à un centre de Williams sur la tête de Commodore dont la reprise manquait malheureusement de puissance. A la demi-heure, Commodore, encore lui, se retrouvait sans marquage à l'entrée du rectangle. Après avoir contrôlé le ballon de la poitrine, il tenta sa chance de là mais son tir passa au-dessus.

A une minute de la fin, Commodore, décidément intenable, tenait l'occasion du match. Seul face au gardien avancé, il tenta le lob. Une excellente idée sauf que le ballon loba aussi le but... A l'image de l'Impact, le Ghanéen était ce dimanche un, voire deux crans au-dessus du lot mais ne parvenait pas à concrétiser les nombreuses occasions qu'il avait au bout de son soulier.

Il y eut un dernier danger avant la pause, quand après avoir débordé sur la gauche, Ze Roberto centra en retrait pour Williams dont la reprise était trop enlevée.

Malgré le score et 25 minutes bien moins emballantes, la partie était très plaisante et l'ambiance assez bonne. Munis de bams bams et surtout sans distribution débile ou mascotte dérangeante pour les distraire, les 9289 spectateurs étaient bien dans le match, réagissant aux actions de leur équipe. Le départ en trombe avec trois occasions rapides n'y est certainement pas étranger non plus.

Avant cela, surprise : pas d'adolescente ni d'autre personne pour interpréter l'hymne national. Ca ne fait pas de mal, loin de là ! Si on pouvait carrément nous virer l'hymne, ce serait encore mieux. Ou alors, faisons comme un ami me l'a suggéré : employons aussi des chanteurs dans les cinémas pour interpréter la chansonnette patriotique avant chaque film... Ah oui, comme d'habitude le match a commencé bien en retard, mais ce n'est plus une surprise.

Mais revenons au sport et à un acteur qui aura marqué la partie de son empreinte : le vent. Celui-ci empêchait les longues balles hautes, notamment les centres dans le rectangle de Hancock. Un gros problème pour l'Impact qui, intelligemment, limitait ce genre d'actions. Un avantage en moins car on avait remarqué lors des deux confrontations précédentes contre Toronto que leur gardien n'était pas toujours à l'aise sur ce genre de balles. Mais là, c'était très difficile de l'envoyer à une destination précise et c'était plus du gaspillage qu'autre chose, valait donc mieux s'en passer et trouver d'autres solutions. Hancock a pour sa part eu donc plus de travail sur sa ligne et là, il a vraiment brillé de mille feux.

Après la course de boîtes de pizzas a priori vides malgré ce qu'on nous fait croire (malheureusement le vent s'était calmé et ne les a pas emportées), le festival offensif de nos joueurs a repris de plus belle. De retour depuis cinq minutes sur le terrain, Vincello centrait pour Ribeiro dont la tête plongeante fila hors cadre. Deux minutes plus tard, c'est Grande qui centra mais - on ne sait pas vraiment si c'est volontaire ou non - au lieu de filer vers ses équipiers, le ballon pris la direction du but de Hancock. Presque lobé, ce dernier sauva le danger d'une très belle claquette.

A la 59e un coup franc de Grande vit une nouvelle parade de Hancock écarter le danger. Et à l'heure de jeu, Darren Baxter, apparemment très énervé contre une équipe qui l'a testé sans le retenir, a commis le hold up parfait. Après un centre de la gauche, Gbeke, seul, remis de la tête pour l'Anglais totalement oublié qui pouvait crucifier Sutton sans le moindre problème (0-1). Dans le genre but contre le cours du jeu, on fait difficilement mieux.

Il fallait donc repartir de plus belle et c'est ce à quoi les joueurs de Montréal s'attelèrent. Dès la 65e, Ribeiro nous offrit une reprise acrobatique en ciseau qui à elle seule valait le détour... avant que Hancock ne fasse un arrêt qui était tout aussi beau ! Sur le corner qui suivit, la reprise de Bailey fut sauvée sur la ligne. Une minute plus tard, un autre corner passa devant tout le monde sans que personne ne puisse l'exploiter. Et pourtant, danger il y avait... Décidément, il y a des jours où ça ne veut pas rentrer.

A la 69e, Vincello parvint enfin à tromper la vigilance de Bryheem Hancock. D'une fulgurante volée du gauche, il logea le ballon directement dans le coin du gardien de Toronto qui cette fois ne put intervenir. Un très beau but récompensant justement les efforts de toute l'équipe. Mais c'était insuffisant : au terme d'une telle prestation, il est quasiment inimaginable de ne pas repartir avec les trois points. Et c'est ce que la bande à De Santis rechercha immédiatement après avoir ramené le score à 1-1.

Dès la 72e, Bailey chipa le ballon à un défenseur adverse et tenta sa chance seul. Sebrango, bien isolé, était une autre solution. Après un bel effort, le Trinidéen vit une nouvelle belle parade d'Hancock anéantir la énième occasion montréalaise. Cinq minutes plus tard, un débordement de Williams (très en vue pour son premier match de la saison à Montréal, et dans un rôle offensif qui lui sied bien) aboutit à un centre vers Sebrango, collé au gardien. Et, ô surprise, c'est encore une fois ce dernier qui eut le dernier mot.

A la 86e, Bailey nous offrit un très bel effort individuel avant de tirer des 25 mètres. Son envoi passa de peu à côté. A une minute de la fin du temps réglementaire, une tête piquée du même Bailey suite à un centre de Grande obligea Hancock à un beau plongeon. Et à la dernière minute, une tête trop croisée de Leduc n'amena pas non plus le but tant mérité.

Les prolongations furent plus calmes. Dans la première partie, un centre de Williams (qui, sur le coup, aurait bien mieux fait de tirer) aboutit sur la tête de Bailey qui écrasa sa reprise. Après le changement de côté, Gervais tenta sa chance de loin, au-dessus. Enfin, à deux minutes du coup de sifflet final, Bailey, oublié sur la gauche, préféra céder le ballon plutôt que de tirer alors que l'occasion était belle.

Il faut dire qu'Hancock a repoussé tellement de tentatives, qu'il n'osait peut-être plus. Car, c'est vrai, c'est le gardien de Toronto qui, a lui tout seul, a sauvé un point pour son équipe. Montréal a hérité d'une bonne vingtaine d'occasions. Du jamais vu depuis bien longtemps à Robillard. Malheureusement, une seule d'entre elle a fini au fond des filets. Il faut donc encore travailler la précision pour faire sauter la marquoir. On est sur la bonne voie et, à vrai dire, je préfère grandement concéder un nul de cette manière-là que la plupart des victoires que nous avons remportées l'an dernier.

 
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