MONTRÉAL : Olivieri, Pizzolitto, Gervais, Braz, Vincello (46
e Barker), Ribeiro (80
e Selaidopoulos), Ze Roberto, Lavrynenko (46
e Leduc), Grande, Sebrango (60
e Kolic), Commodore (74
e Cann)
CALGARY : Pfannenstiel, Auvigne, Peszneker, Castrillon, Gillespie, Brusselers, Holdt, Zuniga, Mert, Smith (69
e Zapata), Otta
ARBITRE : M. Rossetto
AVERTISSEMENTS : Brusselers, Vincello, Ribeiro
LES BUTS : 23
e Sebrango (1-0), 44
e Ze Roberto (2-0)
Ce match contre Calgary était le bonne occasion pour Montréal de se relancer et surtout de retrouver le moral après deux défaites assez sombres contre Syracuse. C'était aussi l'occasion pour moi de convertir deux partisans, puisque Carine et Wok m'avaient accompagné à cette partie.
La mission était théoriquement plus facile pour les joueurs puisque Calgary a perdu tous ses matches en déplacement. D'ailleurs, après 4 minutes, ils se procurèrent leur première occasion : Ze Roberto reprit un corner de Grande. Mais celui-ci n'était pas exactement sur sa tête et il ne put l'ajuster comme il le souhaitait. Ah ! Que Nash me manque...
Non, non, c'est une blague ! Enfin, pas que Nash me manque, mais sur ce coup, je le dis juste pour faire enrager quelques personnes qui ne lisent peut-être même pas ce texte. Car si dans le jeu, il manque un meneur, Grande a déjà démontré à plusieurs reprises ses talents sur coups de pied arrêtés.
En parlant de ça, De Santis avait osé renvoyer Biello sur le banc et c'est Ribeiro qui avait commencé le match en tant que milieu créatif. Autre titulaire habituel qui avait cédé sa place : Jean Gounelle était remplacé par John Limniatis comme consultant à RDS (déjà qu'il n'y a que six matches par an...) Mais on y reviendra plus tard.
Car là, ma mission de conviction commence à se compliquer. A cause de qui ? Oui, oui, vous l'aurez deviné, mon ami le
malade mental qui nous casse les oreilles pendant le match. Mes amis me regardent éberlués.
"Je préfère que tu gardes ton attention sur le match, me dit Carine, qui a vite compris que dès qu'il y a un truc dans les haut-parleurs, ça distrait tout le monde.
Les rentrées en touche, ça dure quoi ? Deux secondes !, rajoute-t-elle, soulignant bien l'inutilité de la chose.
Autant en hockey ça me fait rire, parce que je n'y connais rien...", voilà une conclusion qui, sortie droit du cœur, laisse peut-être croire que le stade ne connaît rien au soccer...
Revenons au jeu justement et à nos doléances après les matches contre Syracuse. La première était de voir un Ze Roberto plus offensif. Et qui a été l'auteur du premier danger ? Le Brésilien ! La deuxième était de voir à droite la même chose qu'à gauche, à savoir des montées de l'arrière latéral construites de la même manière. Et après 11 minutes, Braz (qui semble enfin avoir compris ce qu'il doit faire là) n'en était pas à son coup d'essai dans la rencontre. Celle-ci fut d'ailleurs à la base de notre seconde occasion puisque l'ancien joueur de Västerås servit Commodore dont la belle déviation arriva à Lavrynenko, idéalement placé. Mais un bon retour en catastrophe de Gillespie l'empêcha de tirer.
De l'autre côté, Olivieri, titularisé pour la première fois suite à la suspension de Sutton, eut son premier ballon chaud à la 13
e et le négocia bien en sortant dans les pieds de Smith. C'est là que l'homme qui avait envie de me faire échouer ma mission frappa à nouveau. Le toujours aussi stupide
"You're not going there" sortit des haut-parleurs, à la plus grande stupeur de mes deux voisins de droite.
"C'est quoi ça ?", demanda Carine éberluée.
"On dirait un match de campagne entre deux petits villages", répliqua Wok, du tac au tac. C'est vrai que tant qu'on y est, on pourrait enregistrer une chorale d'enfants chanter
"Et tu as raté euh, t'es qu'un gros nul euh ! Nananananèreuh ! Le plus fort c’est mon papa !", ce serait dans le même esprit et ça ferait le même effet.
Une minute plus tard, Ze Roberto (tiens, encore !) isola parfaitement Commodore qui se retrouvait seul devant le but. Mais le Ghanéen fut incapable de contrôler le ballon. Ce fut la première d'une série de maladresses rendant ce joueur qui nous a séduits à plusieurs reprises depuis le début de la saison totalement méconnaissable. Quatre minutes plus tard, un très beau coup franc de Grande fut repoussé par les poings du gardien, un homme dont on reparlera. La défense dégagea mal et le ballon put revenir dans les pieds de Commodore qui l'envoya au-dessus de l'objectif. A peine soixante seconde après, le même Commodore buta sur Pfannenstiel, bien sorti à sa rencontre.
Ah oui hein, vous trouvez ! Que ça fait longtemps que je n'ai plus parlé de notre ami à tous, l'annonceur maison dont l'intitulé de la fonction traduit où il devrait être : à télé annonces. Là, il nous sortit une des belles pubs, euh annonces (tiens, je vous le disais) dont il a le secret. Toujours à la stupeur de Carine et Wok, qui commençaient à se demander quelle serait la prochaine blague. Eh non, ce n'était pourtant pas Surprise sur Prise.
A la 21
e, Ribeiro écarta sur la droite pour Commodore qui avait là une nouvelle occasion en or. Mais au lieu de tenter sa chance, il envoya (mal, qui plus est) le ballon en direction de Sebrango, hors-jeu. Sur RDS, John Limniatis qui apparemment se retenait depuis un bon moment, lâcha d'un coup tout son mécontentement sur Commodore, qui avait raté bien trop de possibilités à son goût (et au nôtre aussi).
Il n'empêche, les occasions se multipliaient et il suffisait peut-être d'un détail pour que la balle se retrouve au fond. Ce détail, de taille, Grande nous le montra à la 23
e quand, au lieu de passer au Schtroumpf maladroit, il lança bien Sebrango sur le gauche. Le meilleur buteur de la compétition en 2002 prit la défense de vitesse et son tir croisé ne laissa aucune chance à Pfannenstiel qui cette fois dut s'avouer vaincu (1-0).
Deux minutes plus tard, Lavrynenko gagna un duel à l'entrée du rectangle avant de tirer peu au-dessus. Je m'en voudrais de ne pas parler de notre renfort ukrainien. Car, même si on ne voit pas tellement son nom dans ce texte, il a certainement disputé son meilleur match (enfin, sa meilleure mi-temps car il sera remplacé à la pause) sous nos couleurs. Il a raté peu de gestes, était très présent, a même été chercher quelques ballons en défense et a gagné la plupart de ses duels. En outre, son entente avec Braz a été bonne (espérons que ce ne soit pas un
one shot) et on a d'ailleurs bien moins vu ce dernier dans les 45 dernières minutes. Il lui manque peut-être une certaine condition physique, ce qui expliquerait son retrait prématuré surtout avant d'autres échéances plus importantes.
Juste après la demi-heure de jeu, Gervais bien monté ouvrit sur la droite pour Commodore dont le centre passe peu au-dessus de la tête de Sebrango. Il n'empêche, le centre était quand même bon et c'était la meilleure chose qu'il avait faite depuis longtemps. J'ai l'air fâché après lui, mais avec ce qu'il nous a montré jusqu'à il y a un mois, on sait qu'il a du potentiel. Et sa nonchalance et son manque de lucidité ont de quoi énerver.
Pendant le quart d'heure suivant, on ne verra plus grand-chose. C'est donc le bon moment de parler de l'adversaire, qui en vaut vraiment la peine. Malgré le score, Christian me disait
"Ils sont vraiment pas pires pour une équipe si mal classée", et il avait bien raison. Le problème de cette équipe (à part son nom et son logo, par contre les maillots étaient pas mal) est l'écart de niveau entre ses joueurs, dont beaucoup sont jeunes et/ou inexpérimentés à ce niveau.
Leurs deux meilleurs éléments sont sans conteste Brusselers et Pfannenstiel. Le premier a touché un nombre incalculable de ballons. Tout, ou presque, passait par lui. A droite, à gauche, dans l'axe, on le voyait partout. Dans un rôle similaire à celui de Grande chez nous (lui aussi a négocié de nombreux ballons lors de ce match), il a un abattage encore plus important, mais ça c'est surtout parce que ses équipiers n'ont pas le niveau des joueurs montréalais... Point de vue lenteur, il n'a cependant rien à envier à Martin Nash. Pfannenstiel, qui n'a rien d'un manche de poêle (c'est la traduction de son nom en Allemand, Bob confirmera) a réalisé quelques très beaux arrêts et des sorties tout aussi importantes. Sans lui, le score eut été beaucoup plus lourd. C'est certainement un des gardiens qui a le plus de travail en A-League et s'il joue comme ce mercredi, il est à tenir à l'œil.
Le placement des défenseurs centraux était assez bon aussi. Mais leur lenteur (il n'y a qu'à voir la manière dont Sebrango a pris tout le monde de vitesse sur son but) compliquait considérablement leur tâche. Leur relance n'était pas toujours des meilleurs non plus et les latéraux étaient capables du meilleur comme du pire. Leur point faible, ce sont leurs ailiers qui ont perdu je ne sais même pas combien de ballons, ont souvent voulu en faire trop et se sont empêtrés dans leurs tentatives techniques inutiles. Ils devraient apprendre à simplifier leur jeu.
Devant, Smith était bien seul et il pouvait être menaçant quand on lui envoyait le ballon dans les pieds. Mais contre notre défense, il était vite pris en charge. Quant à Otta, ce fut un fantôme totalement invisible. Dans l'impossibilité de lui passer le ballon, ses milieux en ont d'ailleurs perdu pas mal par sa faute, ne trouvant aucune solution devant. Il faut cependant lui laisser du crédit car il vient d'arriver. Mais comment est-il arrivé ? En voilà une bonne question !
C'est qu'en faisant des recherches sur le bon Otta, je suis tombé sur le site de
All Soccer Group, les managers américains qui s'occupent de ses intérêts et de ceux de... Zapata, également fraîchement débarqué à Calgary. Et les deux joueurs sont dans la liste des hommes disponibles. Eh oui, on peut presque les acheter via le web ! Peut-être que l'équipe de l’Alberta a fait du commerce de renforts en ligne ! En tout cas, si ça peut leur apporter quelque chose, on ne peut que le souhaiter du succès. Si vous voulez connaître les autres
bonnes affaires :
http://www.allsoccer.us/players.html.
Pour terminer avec Calgary, leur jeu n'était pas si mauvais mais leur rythme était assez lent. Beaucoup d'entre eux ne savaient souvent pas trop quoi faire du ballon, par manque d'expérience et/ou de confiance. Mais les qualités, ils semblent en avoir. Reste à les développer, et ça, ça prend de la patience, vertu rare dans le soccer et encore davantage en A-League. Ils ont aussi semblé rapidement fatigués mais difficile de savoir si c'est de leur faute ou celle du calendrier (c'était leur troisième match en cinq jours). Il n'empêche que je suis persuadé que si ce groupe reste ensemble, il pourrait atteindre un bon niveau.
Bon, il serait peut-être temps de reparler du match puisque la mi-temps approche et, comme le fait judicieusement remarquer John Limniatis, c'est le moment idéal pour marquer un but. Un très beau travail de Sebrango sur la gauche suivi d'un centre vers Ze Roberto viendra exaucer ce vœu. Le Brésilien (décidément bien présent dans le secteur offensif) a tendu le pied pour parachever l'exploit individuel de son équipier. Les équipes ont rejoint les vestiaires sur le score de 2-0 malgré encore un essai de la tête qui finira dans les mains de Pfannenstiel.
A peine les joueurs avaient-ils quitté la pelouse, que Wok se leva pour quitter le stade. Déçu par le niveau de la A-League, la musique et toutes les autres interruptions sonores auront, nous a-t-il dit, été les nombreuses gouttes d'eau qui ont fait déborder le vase. Ses yeux et ses oreilles n'en pouvaient plus, il trouvait que ça ressemblait plus à une grosse fête de village qu'à autre chose et a préféré arrêter les frais. C'est la que je repense à ce que dit souvent Daniel :
"Personne ne va revenir pour la musique, mais elle peut faire fuir du monde." En voici un bon exemple !
Un autre qui était parti, c'était le monsieur devant nous avec son petit-fils. Craignant la pluie qui, comme la semaine précédente ne tombera jamais, ils étaient allés de l'autre côté. Je m'en voudrais de ne pas saluer cet homme qui expliquait à cet enfant vierge de soccer les principes de notre beau sport. Il semble qu'il jouait il y a 35 ans et, en tout cas, la passion est toujours là. Ces explications étaient simples, directes et intéressantes. De quoi captiver le gamin qui ouvrait des yeux grands comme des ballons. Non, cet homme ne sortait pas son petit-fils pour lui faire passer le temps, comme on en voit beaucoup au stade, mais pour partager quelque chose, un amour. Monsieur, même si je pense que vous ne verrez jamais ce texte, je ne peux que vous dire simplement bravo. Je suis sûr que grâce à vous, ce garçon va devenir un passionné de soccer et reviendra. Oui, des personnes comme ça, il en faudrait davantage.
Après le coup de gueule et le coup de cœur, place aux coups de pied, et encore une fois celui de Grande qui, sur un coup franc deux minutes après le retour au jeu, en envoya un d'une puissance phénoménale en direction de Pfannenstiel, lequel écarta une fois de plus le danger des poings. Sur le corner, il plongea bien dans les pieds d'un joueur en bonne position. Deux minutes plus tard, Braz (tiens, tiens) envoya un centre vers la tête de Commodore : au-dessus. John Limniatis est dépité...
A la 50
e, les visiteurs obtiendront leur plus belle occasion. Une tête d'un joueur que je n'ai malheureusement pas identifié surpris Olivieri, pas parfaitement placé et qui du coup relâcha le ballon qu'il avait en mains. Mais il se reprit immédiatement en allant le rechercher derrière lui.
A la 54
e, Ze Roberto se retrouva seul devant Pfannenstiel. Au lieu de placer dans le petit trou, il tira en force dans le petit filet. Le consultant d'origine grecque trouve que nos joueurs privilégient trop souvent la force à la précision quand ils tirent au but.
Deux minutes plus tard, on aurait pu croire que Bernier et Matondo étaient de retour. L'action de Ribeiro était en tout cas tout à fait dans leur style : dribbler et garder le ballon tant et plus. Ce qu'il fit était très bien mais il a voulu en faire trop. En outre, ce genre d'action dans l'axe amène souvent à s'enfermer dans la défense adverse et à perdre le ballon. Sur le côté, comme c'est quand même un joueur lucide, il peut ponctuer ses dribbles par un centre car il a plus de liberté. On a vu sur cette action pourquoi il est plus efficace à droite qu'au centre...
Un peu avant l'heure de jeu, Calgary reçoit une nouvelle occasion de réduire l'écart. Partis en contre, ils se présentent à trois contre deux devant le but d'Olivieri. Mais Zuniga, qui a le ballon sur la gauche, croise trop son envoi. Peu après, Sebrango, touché à l'arcade sourcilière et saignant abondamment, dut céder sa place à Kolic.
Auteur d'un but et d'un assist, Sebrango a disputé son meilleur match avec nous depuis longtemps, certainement depuis avant sa blessure ligamentaire encourue la saison dernière. Débarrassé du carcan dans lequel le mettait Bob Lilley, il a pu dépenser cette énergie à courir dans tous les sens. Et on l'a vu ! Que ce soit à gauche, à droite ou dans l'axe du but, il a appelé le ballon dans toutes les positions et offert de nombreuses solutions à ses partenaires. Il faut dire qu'il s'est souvent débarrassé très facilement d'un Castrillon peu à son affaire.
Cinq minutes après sa montée au jeu, Kolic chipa le ballon devant deux défenseurs mais Pfannenstiel, encore, eut le dernier mot en lui plongeant dans les pieds.
Sur ce, voyant que le match est joué, Carine me pose des questions sur le fonctionnement de la A-League et de la compétition ici. Sa plus grande déception est que personne ne monte et personne ne descend. Elle trouve ça vraiment dommage. Progresser, c'est pourtant l'essence même du sport... Eh oui, ici Guy Roux n'existerait pas !
En dehors de ces considérations philosophiques, voilà que Commodore gagne son duel avec un défenseur et envoie son premier tir cadré du match ! Mais une fois de plus le gardien allemand de Calgary nous sort un bel arrêt dont il a le secret.
Un Allemand de 31 ans et un Hollandais de 34 ans, voilà les points forts de notre adversaire du jour. On a aussi vu que des joueurs en fin de carrière venaient renforcer Syracuse. Mais maintenant, les Nord-Américains procèdent intelligemment et ne vont pas chercher des vedettes impayables mais plutôt des joueurs d'expérience qui entrent dans leur budget. Très bien. Il y en a d'autres qui viennent parce qu'ils suivent leur femme américaine ou canadienne.
Je répète : il y en a d'autres qui viennent parce qu'ils suivent leur femme américaine ou canadienne. C'est à ça que j'ai pensé quand je regardais le match à la TV et c'est là que mon franc est tombé. Voilà la solution pour attirer des joueurs européens (puisque Blatter leur demande d'aller en Asie et n'en a rien à battre de nous) : les Québécoises ! Oui, les filles ici sont très jolies, alors il faut les envoyer en Europe pour une opération charmes. Elles partent séduire des joueurs de soccer. Non, pas des vedettes richissimes, car là ils n'auraient pas besoin de les suivre, mais simplement de bons joueurs qui apporteraient quelque chose à notre compétition. Puis elles feignent le mal du pays et leur beauté ne laisse pas d'autre choix à leur bien aimé conjoint que de les suivre au Québec ! En voilà une idée qu'elle est bonne, n'est-ce pas ?
Pour rester dans la plaisanterie et hors du stade, petite parenthèse sur John Limniatis. Peut-être ne maîtrise pas le français comme Jean Gounelle mais, ah !, que ce fut rafraîchissant de l'avoir à l'antenne ! Il se plaint des joueurs quand ça ne va pas, il fait des blagues, il rigole et est détendu. Ca change du duo habituel trop sérieux, limite instituteurs des années 40. En plus, ce qu'il dit est intelligent et intéressant. La répartition des rôles est aussi différente puisque Claudine est clairement commentatrice et lui clairement consultant. Pas que je préfère ça car du 50/50 c'est bien aussi, mais au soccer à RDS avec les gens qu'on y a en ce moment, c'est mieux comme ça. Merci John d'avoir amené de l'humour à cette antenne où ça en manque grandement.
Sur ce, il reste un quart d'heure à jouer et le pas drôle du stade fait encore aller sa musique (on dirait ma belle-mère qui se plaint des voisins, mais c'est pareil). Carine commence aussi à en avoir marre de cet assourdissant personnage.
"Je comprends pas comment eux, ils ne sont pas déconcentrés, dit-elle à propos des joueurs.
Ca fait un peu comme dans les séries où la musique dit qu'il faut rire." Et au stade, elle nous dit comment réagir... Prendrait-on les gens pour des cons ? Oui, ça ne fait aucun doute !
Heureusement, cette année on a une équipe qui ne se fout pas de nous sauf quand on dit que Nash nous manque mais évidemment j'en parle parce que Grande nous a encore sorti un beau coup de pied arrêté. Cette fois c'est un corner bien pris à deux mains par Pfannenstiel.
Une minute plus tard, Ribeiro nous a fait un nouveau numéro de dribbles. Sur la gauche, le long de la ligne du rectangle, il est allé jusqu'à la ligne de touche, revenu à l'entrée du rectangle, passant deux hommes deux fois et un autre une fois. Comme par hasard, cette fois il n'était pas dans l'axe mais sur un côté et il a réussi à effacer tous ses adversaires. Mais émoussé par son effort, il décida de tirer et rata son dernier geste.
Les deux dernières occasions furent encore à notre actif, d'abord un centre de Gervais monté sur la droite repoussé par l'arrière-garde adverse avant un corner repris par Ze Roberto de peu à côté.
Je ne parlerai pas du dernier fait marquant de la partie, le concours en plein match dans le plus pur irrespect des joueurs lors duquel on a demandé à un certain M. Lamotte le score du match. Il a bien répondu et a reçu une ovation alors que n'importe quel crétin dans le stade aurait pu le dire. Finalement, on n'a peut-être pas tort de prendre les spectateurs pour des cons. Pendant ce temps, les joueurs terminaient leur ouvrage victorieux dans la plus stricte indifférence.
Score final 2-0, une victoire acquise au petit trop contre un adversaire qui a de nombreuses qualités mais surtout beaucoup trop de manquements que pour nous inquiéter. Le match a été disputé sur un rythme de sénateur mais il n'en fallait pas plus pour s'imposer. Les points positifs sont que De Santis en a profité pour corriger les défauts vu lors des deux affrontements face à Syracuse et on ne peut que dire que ça a fonctionné. Il faudra évidemment voir comment ça se passe contre un adversaire plus fort. Mais un des reproches que l'on faisait à son prédécesseur était justement de ne pas travailler les points faibles de son équipe dans de matches pareil mais plutôt de procéder à des essais souvent superflus.
Calgary a finalement été un
sparring partner idéal pour de nombreuses raisons et c'est le genre d'équipe qu'on aimerait aussi rencontrer en match amical en début de saison. C'est bien pour toutes ces raisons qu'on ne peut que saluer la victoire et qualifier ce match d'un bon trot (et pas galop) d'entraînement.