Une belle maison, mais pas pour nous...

Impact Montréal - Atlanta Silverbacks 1-0 – Match de championnat (phase classique) joué le 22/08/2004

 
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MONTRÉAL : Sutton, Braz, Gervais, Pizzolitto, Vincello, Leduc, Ribeiro (66e Lemire), Biello, Lavrynenko (60e Williams), Ze Roberto, Sebrango (90e Kolic)

ATLANTA : Joe Barton, Jos. Barton (90e Quiroz), Degand, Delima, Woods, Murriagui (71e Fitzpatrick), Broder (65e Afful), Ball, Iotov, Brooks, Cozier (66e Ilarionov)

ARBITRE : M. Cahoon

AVERTISSEMENTS : Vincello, Jos. Barton, Pizzolitto

LE BUT : 24e Lavrynenko (1-0)


Une semaine après un match at home à Québec, c'est cette fois à Sherbrooke que l'Impact de MONTRÉAL se produisait à domicile. Direction donc l'Estrie - eux ils rient peut-être, mais nous pas puisque nous étions encore moins nombreux à faire le déplacement que huit jours plus tôt, alors que ce dernier était plus court et plus original.

Heureusement, de très belles surprises nous attendaient là-bas. Le stade, réalisé à l'occasion des championnats du monde juniors d'athlétisme, est très réussi même si, évidemment, destiné à l'athlétisme, avec tout ce que ça comprend (piste, etc.). Il n'empêche, on y circule bien mieux qu'à Montréal (surtout dans la tribune principale), la vue est bonne - voire meilleure, et le cadre est somptueux, le tout en plein milieu des bois ou je ne sais trop quoi.

En tout cas, c'est très vert autour du stade, et on a même une très belle vue quand on regarde derrière le marquoir. Le terrain est en gazon naturel (ça aussi, ça change du vétuste Peps) et quand on n'est pas trop près des vendeurs de nourriture, ça sent même agréablement bon. Sans oublier la sympathique petite tribune derrière le but qui m'a vraiment charmé. Ca, à Montréal, devant la piste et surtout avec la possibilité de s'y mettre debout, ce serait un rêve. Enfin, si on compte un jour rejouer à Montréal... Quoi ? Mercredi... Ah.

La surprise moins agréable qui nous attendait à notre arrivée était l'interminable file à l'entrée. Heureusement, au Québec, les gens sont disciplinés et il n'y eut guère de problème. Mais quand même, ça ne fait pas sérieux. Oui, je sais, on n'est pas à ça près... Quoi qu'il en soit, alors que je pensais que certaines personnes ne seraient pas à leur place au moment du coup d'envoi, tout ce beau monde était déjà dans le stade... à 15h45 ! A Montréal, certains ne sont même pas là à la mi-temps.

Tout le monde a apparemment vite trouvé sa place. Mais ça, ce n'était qu'une apparence, surtout vue du luxe de la tribune principale. Car de l'autre côté, les terreurs des vrais supporters (les kids entre 7 et 10 ans) faisaient encore parler d'eux. Les équipes de la région avaient en effet reçu des billets en masse et chacun était parqué dans un bloc du stade. Parfait, jusque-là, pas de problème. Ce qui était bien plus ennuyeux était que personne n'avait pensé à faire une tribune pour eux et à vraiment réserver leurs places. Et ce, afin d'en éviter l'accès au commun des spectateurs. Car ce commun des spectateurs, chaque fois qu'il voulait aller s'asseoir dans un de ces blocs (auquel, officiellement, il avait accès) se faisait rabrouer plus ou moins poliment... Mais peut-être que ces communs des spectateurs étaient tellement peu nombreux qu'on ne s'en souciait guère...

L'équipe qui organisait et se chargeait du match était aussi mixte. Alors qu'à Québec, on avait beaucoup de monde qu'on retrouve habituellement à Montréal, il y avait cette fois de nouveaux visages et de nouvelles voix (quel bonheur la nouvelle voix, surtout qu'elle parle tellement moins que l'autre...) Et de nouvelles habitudes aussi. L'une d'entre elles a surpris les quelques personnes qui n'avaient pas fait leur entrée au stade en même temps que les autres.

En effet, les vestiaires ne sont pas dans le stade mais dans un bâtiment derrière, auquel on n'a pas accès par un souterrain ou un autre moyen habituel. Non, il faut sortir pour s'y rendre, ce qui fait que les joueurs ont croisé les passants, à leur plus grand étonnement. Enfin, à celui des gens qui étaient capables de les reconnaître... et qui savaient que cette situation n'était pas normale.

La présentation était aussi un peu différente mais malheureusement, le protocole toujours aussi présent et long, et le match en retard comme d'habitude. On eut donc par exemple droit à la musique de La Guerre des étoiles à l'arrivée des joueurs sur le terrain et à des hymnes nationaux sans chanteuse (à moins que celle qui est là d'habitude - et son manager - ait un contrat d'exclusivité avec l'équipe). Ca aussi faisait du bien aux oreilles, mais la fin de ce rituel serait encore mieux...

Le speaker d'un jour nous sortit aussi une présentation de derrière les fagots puisqu'il nomma tout le monde ou presque, comme si on était au théâtre et à un concert... “à la régie et au son”, je ne sais plus qui d'ailleurs, mais je ne suis pas venu voir un spectacle de Jean-Michel Jarre mais un match de soccer. Et que les joueurs nous saluent pendant une heure avant le coup d'envoi, on s'en fout. Et dire qu'on essaye de nous faire croire que la remise d'un petit trophée pendant tout ce cinéma pourrait les déconcentrer ! Par contre, s'ils venaient nous saluer après la partie, ce serait bien apprécié...

- C'est long hein ?
- Quoi ?
- Ben oui, long avant de passer au match.
- Et alors ?
- Et alors, tu pourrais te grouiller !
- Ben oui, mais je suis le mauvais exemple de certains
- Eh bien, c'est chiant
- Ici, on ne dit pas chiant, mais tannant
- Alors, c'est tannant
- Je sais, mais on doit le subir à chaque fois, je peux aussi une fois le montrer à ceux qui ne viennent jamais
- Eh bien, ils n'ont qu'à venir !
- Ca c'est bien vrai

Tiens, voilà, c'est malin, on a raté le coup d'envoi ! Comme tout le monde d'ailleurs. Quoique, à Sherbrooke, ils étaient quand même bien plus attentifs qu'à Montréal. Difficile de comparer avec Québec tant la foule était amorphe là-bas et il est difficile de dire s'ils dormaient ou étaient concentrés sur le terrain...

Là, ce n'est plus le protocole, c'est le round d'observation. Les deux équipes se regardent. Ou plutôt, Atlanta regarde Montréal. Et reste dans son camp à attendre. Nous, on a encore quelques petits reproches à faire, mais minimes. D'abord, les lignes du terrain : elles sont jaunes, et en plus un jaune qui ne se voit pas bien. Ca devrait être interdit. Autre problème, l'architecte qui a construit le stade a mis la tribune principale face au soleil. Non seulement on l'a dans la tête, ce qui n’est pas agréable surtout que les gens censés être bien reçus s'y trouvent, mais surtout les photographes l'ont en plein dans leur objectif, ce qui ne doit pas trop leur plaire. En fait, c'est trois-quarts face... mais l'autre quart était celui vers lequel Montréal attaquait...

Et après douze minutes, nos favoris se sont enfin créé une occasion. C'est Sebrango qui isola Lavrynenko mais, hésitant entre un tir et un centre, il envoya un ballon trop croisé qui ne menaça pas Barton. Quatre minutes plus tard, un centre aboutit sur la tête de Ribeiro, ou plutôt sur le sommet de son crâne, ce qui ne lui permit pas de redresser la course du ballon. Et à la 21e, un bon tir de l'entrée du rectangle de Biello fut repoussé par un pied adverse ou le piquet, je ne sais pas trop, j'avais la vue masquée.

La domination territoriale était nette, le pressing haut même si peu intensif et on jouait quasiment dans une moitié de terrain. En outre, la défense d'Atlanta commettait de nombreuses hésitations, certaines se transformant en erreur, même si aucune d'entre elles n'eut de conséquences fâcheuses.

Au contraire, l'arrière-garde des visiteurs (enfin, des visiteurs venus de plus loin) passait proche du miracle à la 24e minute. Ribeiro avait été l'auteur d'une superbe ouverture pour Biello dont le tir à bout portant fut repoussé par Barton. Lavrynenko, qui avait très bien suivi, surgit de la deuxième ligne pour envoyer la balle au fond des filets. Mais, on ne sait trop comment, Barton parvint encore à la toucher. Mais pas suffisamment pour l'empêcher de passer la ligne de but à la vitesse d'une tortue mexico-américo-brésilienne qui vit au Canada (je vous jure que ça existe, j'en ai rencontré une).

Au passage, ce comportement de Lavrynenko est celui qu'on attend d'un milieu offensif près de ses attaquants quand on joue avec deux avants. Je parle de Biello là, évidemment, mais pas de ce dimanche puisque c'était une configuration tactique différente. Un joueur qui a normalement le sens du but doit surgir de la deuxième ligne et profiter des actions de ses attaquants pour être à l'affût de toute occasion et la mettre au fond. C'est ce qu'il n'a jamais montré cette saison. Mais maintenant que Bailey et Commodore sont hors-service, De Santis joue avec Sebrango en pointe et Biello en soutien. Comme l'an dernier en début de saison en fait, et c'est là que le numéro 20 a livré ses meilleures prestations.

Bon, il n'a pas toujours été dans son assiette, comme à Québec, mais il se sent mieux avec ces espaces devant lui. Contre Atlanta, cependant, il a joué dans un registre plus inhabituel puisqu'on l'a vu à plusieurs reprises aller chercher des ballons plus en arrière et servir de relais à Sebrango ou à un milieu de terrain très avancé. Un peu à la Bailey en quelque sorte, et il s'en est relativement bien sorti.

Dans les tribunes, le public s'en sortait aussi très bien, surtout comparé aux muettes de Québec la semaine d'avant. Il y avait une bonne petite ambiance, des gens qui tapaient dans les mains et quelques chants à droite à gauche. Bon, évidemment, il n'y avait aucune coordination (naturelle, je précise bien naturelle, il ne faut pas des chefs scouts pour s'occuper de ça) là-dedans, mais trop point en demander il n'en faut... Il y avait déjà des initiatives, chose ô combien rare même à Montréal, sauf dans le kop évidemment...

Une autre bonne surprise aurait pu être la mini-fanfare qui accompagnait la partie en musique... si on peut appeler ça comme ça. Une trompette, une grosse caisse et deux tamtams, ça faisait un peu trop de percussion et c'était pas mal répétitif. Et les airs de trompette manquaient de mélodie. Mais, à nouveau, on ne peut que saluer une belle initiative des ces musiciens qui ont fait un effort que l'on a rarement vu dans les autres stades de la province.

Peu avant la demi-heure, Sutton dut effectuer sa première intervention sérieuse en sortant dans les pieds de Broder. C'était bien le seul éclair dans la grisaille géorgienne des 45 premières minutes. Menés 1-0 et en cruel besoin de points pour ne pas finir prématurément la saison, ils se devaient pourtant de réagir mais le dernier quart d'heure de la première mi-temps fut à l'image de ce qu'on avait vu jusque-là.

Dès la 32e, un coup franc très puissant de Pizzolitto passa un peu trop haut. N'est pas Klukowski qui veut (ceux qui n'ont pas vu son but, je vous le conseille). D'ailleurs, Nevio était encore un peu en monde équipe nationale... mais seulement un peu. A la 36e, spectacle à la brésilienne avec un retourné de Ze Roberto qui plut à l'assistance. L'envoi était voué à l'échec puisque sur la reprise, le ballon était trop bas et ne pouvait que s'envoler vers le ciel, mais le geste était beau.

Le dernier danger survint à 5 minutes de la fin. Ribeiro tenta un grand pont mais ne le réussit pas. Il bénéficia cependant d'un contre favorable, ce qui lui permit d'envoyer le ballon vers la gauche. Ze Roberto, posté à l'entrée du rectangle, envoya un beau tir, malheureusement droit sur le gardien adverse.

Au repos, le discours de David Vaudreuil était clair : il fallait revenir dans la partie et au score. Pour une fois, c'était à notre adversaire de faire le jeu et de créer le danger. La réaction attendue ne se fit pas attendre. En revanche, il ne fut guère question de danger. Il y eut certes quelques situations menaçantes dans le rectangle de Sutton, mais pas de quoi paniquer non plus. On ne jouait cependant plus dans un seul camp, mais on avait... toujours la tête tournée du même côté qu'en première mi-temps. Bonjour le torticolis.

En fait, il est très difficile de juger Atlanta uniquement sur leur prestation de ce dimanche. Avec leur important besoin de points en vue d'une qualification pour les matchs de septembre, ils avaient un rencontre très importante deux jours plus tôt, à Syracuse, contre un concurrent direct. Peut-être ont-ils tout misé sur ce match-là (avec raison, puisqu'ils l'ont gagné), se disant que contre nous, ils avaient de fortes chances de revenir bredouilles et que tout ce qui serait pris à Montréal, euh pardon, à Sherbrooke, ne serait que du bonus. Clairement venus pour le 0-0, ils ont cependant pris un but rapide qui a chamboulé leurs plans.

Ce sont d'ailleurs les Montréalais qui porteront le plus souvent le danger dans les dernières minutes. A la 73e, Sebrango envoy un tri trop croisé de la droite vers la gauche. Et à la 80e, Lemire récupéra la balle et fournit un bel effort individuel, perçant la défense avant d'envoyer un tir du droit qui ne trompa pas Barton. Entre temps, un joueur d'Atlanta avait envoyé une tête lobée en direction de Sutton. Un bel essai mais face à notre gardien sur sa ligne, ce genre de ballon passe assez rarement...

On aura aussi noté la bonne circulation du ballon du côté de Montréal. L'adversaire, qui n'était apparemment pas au sommet de sa forme, nous a peut-être facilité la tâche. Mais on a vu par le passé que même contre des équipes assez mièvres, on pouvait avoir beaucoup de déchets. Le terrain n'y est pas pour rien non plus. Il faut d'ailleurs en souligner la qualité et le bon entretien. Ca a dû être un plaisir pour les joueurs, habitués aux saloperies artificielles ou à des endroits où le gazon est tellement dense que les brins d'herbe s'étouffent les uns les autres.

A trois minutes de la fin du temps réglementaire, Lemire, lancé seul sur le flanc droit lors d'un contre rapide, centra à ras de terre pour Sebrango qui avait bien suivi. Mais la passe était trop parallèle à la ligne de but et la sortie de Barton parfaite. Dans les arrêts de jeu, Williams, très remuant depuis qu'il avait pris place au milieu gauche, déjoua superbement son défenseur et lança Biello à la limite du hors-jeu. Notre chevelu international vint ternir sa prestation du jour par une séance de tricotage qui permit à un défenseur de le rattraper alors qu'il n'avait plus qu'à battre le gardien.

Le score final fut donc un score Arsenal, qui sera certainement un jour rebaptisé score Montréal, quand notre équipe aura une renommée mondiale. Là, il y a encore des efforts à faire, surtout quand deux jeunes sont sur le point de me demander un autographe, me prenant pour Ribeiro (j'aimerais bien jouer comme lui, malheureusement, je n'ai pas son talent). Et il faudra aussi qu'on ait un stade digne de ce nom (tout est important là, y compris le UN).

Sur le terrain, Montréal a rempli sa mission. Contre un adversaire qui n'a peut-être pas montré sa vraie valeur, mais qu'il fallait quand même battre. Avec un échéancier qui va devenir intenable, on ne demandait pas un feu d'artifices. Et ce que nous ont offert les hommes de Nick De Santis ne fut pas mauvais, loin de là même.

En dehors, tout le monde semblait très souriant, l'expérience a été bonne pour Sherbrooke. L'année prochaine, on reviendra s'il le faut. Mais on espère quand même qu'il n'y aura plus qu'un seul match en dehors de nos bases. Les joueurs, qui s'organisent comme si c'était un déplacement proche, sont nombreux à émettre le même vœu. Et à choisir entre Québec et Sherbrooke, je prends le deuxième. J'ai rien contre la vieille capitale, mais ils ont déjà reçu et s'ils veulent du soccer, ils ont qu'à avoir leur propre équipe. Mais si on jouait tous nos matches chez nous, ce serait quand même mieux. Après tout, c'est quand même l'Impact de MONTRÉAL !

 
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