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Un vrai match de fin de saison... pas finie

Impact Montréal - Richmond Kickers 0-2 – League game (regular season) played on 29/08/2004

 
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MONTRÉAL : Sutton, Williams, Cann, Leduc, Barker, Grande, Lemire (67e Bailey), Ribeiro, Biello, Kolic (53e Commodore), Sebrango

RICHMOND : Pascale, Fox (46e Bobo), Luzak, Knight, Simms, T. Williams, R. Williams (46e Burke), Worthen, Jeffrey (46e O'Toole), Hayes (57e Delicate), Brown (84e Cephas)

ARBITRE : M. Depiero

AVERTISSEMENTS : Brown, Sutton, Barker

LES BUTS : 45e Simms (0-1), 88e Cephas (0-2)


On ne va pas vous dire que la rencontre contre Richmond était emballante. Loin de là ! Elle était même plate au boutte, en bon québécois. Mais elle n'avait aucune utilité pour le classement général et avec les quarts de finale en vue, les deux équipes ont préféré conserver leurs forces, éviter la fatigue et les cartons. D'où un train de sénateur durant 90 minutes et une ribambelle de joueurs semblant la plupart peu concernés par les évènements. Tout cela n'a, avouons-le, rien de bien étonnant.

Côté Montréalais, on retrouvait à peine 4 joueurs parmi les 11 qui avaient commencé la rencontre du 6 juin dernier contre Richmond ! Entre Vincello et Pizzolitto suspendus (de même que Braz), Di Tullio blessé, Gervais laissé au repos, Ze Roberto épargné car sous la menace d'une suspension, Bailey pas encore à 100% et Commodore on ne sait pas trop, il ne restait que Sutton, Biello, Grande et Leduc. Et encore, ce dernier était aligné comme... arrière central aux côtés de Cann. Williams et Barker meublaient leurs flancs, Ribeiro et Lemire faisaient de même au milieu alors que Kolic et Sebrango démarraient aux avant-postes.

Avant le match, il y eut aussi deux évènements qui montrent encore une fois qu'on fait tout à l'envers. D'abord, la remise de la Coupe des Voyageurs (et de la Can Am dont on n'a même pas joué la finale et qui n'intéresse personne), à un mauvais moment, en plein milieu de la piste d'athlétisme et dans un anonymat plus que caractérisé. Comme si ça avait été fait exprès. En revanche, un cinéma pas possible pour un sponsor, à grands fracas, au milieu du terrain et à un très bon moment. Allez comprendre, c'est le sport qui nous intéresse, pas le reste... Pour ça, il y a des tas d'autres moments ! Et il est vraiment triste qu'on ne tienne pas plus que cela à faire part des vraies réussites sportives aux spectateurs... Mais bon, souvenons-nous de M. Seguin la semaine dernière et de son “un match par année”.

Il n'empêche, tout ce cinéma a prolongé encore plus le protocole qui a duré 24 minutes. C'est vrai qu'un tel match, pour une fois, peut commencer en retard, et est le bon moment pour quelques palabres supplémentaires. Mais là, faut pas déconner quand même. Plus que la moitié d'une mi-temps sans oublier les 15 minutes de la mi-temps... Oui, un tiers de votre temps au stade est pour autre chose que du sport, et en plus quelque chose de généralement pas intéressant. A moins que, comme dirait Martin alias Y, on essaye de nous cacher quelque chose...

Imaginez un peu un tiers d'une autre activité avec de telles simagrées. Je sais pas moi, au hasard... dentiste. Le patient, ce n'est pas le spectateur mais bien le joueur (pauvre joueur, ça commence mal !). Chaceux, vous allez vous mettre dans la peau d'un joueur quelques secondes. Vous voilà dans le fauteuil pour l'échauffement, pardon, pour tout un tas de bons conseils censés vous préparer à ce qui va suivre. Retour aux vestiaires : la dentiste va chercher la seringue et clac, dans la bouche... Haha, ça fait du bien hein ! Pendant qu'elle l'enfonce, elle fait durer le plaisir et donne la composition non pas des équipes, mais de chaque élément chimique présent dans la piqûre, bien en détails évidemment... C'est là qu'elle se lève et nous chante l'hymne national à la gloire du pays qui lui a permis d'arriver à un si haut staut social ! Vous en faites pas, elle fait le coup à tout le monde et à chaque fois, même à ceux qui viennent 14 fois par année... Elle a pas encore compris qu'elle chantait à chaque fois la même chose. Droit comme un i, vous tenez bon, ô courageux, mais ça devient douloureux...

C'est pas fini, malheureux ! Après avoir parlé de son professeur de chant et de son manager, elle enlève enfin l'objet de malheur de votre bouche qui, maintenant, est endormie et prête à subir les pires atrocités. Pour faire plaisir à ses enfants, aspirants dentistes eux aussi et qui ont tous un kit d'arracheur de dents à la maison, ils viennent taper dans les mains de maman (on va dire que c'est une dentiste) et de vous, malheureux patient, pendant que vous commencez à avoir du mal à comprendre ce qui se trame.

C'est là que le président de l'ordre des dentistes entre soudaiment avec trois peintures pour féliciter les hauts faits de dix ans de carrière de celle qui devient tout doucement votre bourreau. Après une séance de lèche-bottes et le départ de cet illustre inconnu, voila-t-y pas qu'elle se lance en remerciements à tous ceux grâce à qui elle est là et peut soigner votre rage de dent (qui devient une rage dedans aussi). Papa, maman, l'école primaire, le collège, l'université, la fondation qui lui a donné une bourse et évidemment tous les laboratoires et fabricants du matériel qu'elle a dans le cabinet, ce qui vous intéresse au plus haut point, n'est-il pas... Y compris une drôle de machine sur laquelle elle pousse après chaque nom et qui lance des cris bizarres, allant de Yeah Baby à des hurlements d'animal en rut.

Totalement désintéressé par ce qui est plus lassant que votre grand-mère qui radote, vous avez eu la chance de vous endormir. Oui mais voilà : votre bouche, elle, ne dort plus. Et une fois que la dentiste se met au travail, le réveil est soudain et violent, vous hurlez comme un malade, ça fait mal, il y a du sang partout, c'est un véritable massacre. Quel manque de respect pour le patient... Rappelez-vous avec qui il y avait une analogie pour le patient et vous aurez gagné le droit à mon respect pour preuve d'intelligence et non pas celui d'être appelé par la dentiste juste avant la fin de l'arrachage de dent pour vous faire demander combien un adulte à de dents (réponse qui vous aura été soigneusement préparée sur un papier) et remporter le concours des trois étoiles : un tube de dentifrice de poche haute vitesse, une brosse à dents satellitaire de voyage et du fil dentaire cellulaire sans fil (vive Fido et Videotron).

Sur ces entrefaites, le match avait commencé et c'est Richmond qui a amené le premier danger alors que Jeffrey obligeait Sutton à lui sortir dans les pieds. La réplique de l'Impact ne tarda pas avec d'abord une demi-volée de Biello de l'entrée du rectangle qui aboutit assez proche de l'ebjectif, ensuite un beau centre de Williams sur la tête de Sebrango qui passa peu au-dessus. On notera encore un mouvement Lemire-Ribeiro-Kolic dont l'envoi dans une position dangereuse fut contré en corner et un effort solitaire de Barker qui aboutit au même résultat.

On jouait depuis à peine 20 minutes et la physionomie de la rencontre était dessinée. Presque tout le monde jouait en marchant, dans le même camp, celui de Richmond. Il y en avait l'un ou l'autre qui se démenait un peu plus, notamment Lemire, apparemment motivé de montré à son entraîneur ce dont il est capable. Il a beaucoup essayé et bougé, ce ne fut pas forcément toujours efficace mais il faut apprécier ces efforts.

La deuxième partie de la première mi-temps sera tout aussi peu emballante et encore moins riche en occasions. Une première amorcée par Ribeiro qui servit bien Kolic au petit rectangle. Très entouré, ce dernier réussit brillamment à se défaire de ses adversaires, à défaut de tirer, et à passer en retrait à Sebrango. Ce dernier commit l'erreur de vouloir contrôler le ballon, laissant le loisir à un défenseur de revenir et de l'en déposséder.

A la 37e, Barker effectue une passe en retrait à Sutton qui prend le ballon en mains. Interdit, évidemment. Enfin, dans le stade, personne ne régait. Qui a vu ce qui est arrivé ? Qui a compris ? Je n'ose même pas réfléchir à la réponse.

Quatre minutes plus tard, on verra un très beau mouvement, encore amorcé par Ribeiro, cette fois auteur d'une talonnade subtile pour Williams. Le centre de celui-ci trouva Kolic qui décala Lemire sur la gauche. L'envoi de l'Albertain était trop croisé.

Enfin, stupeur dans les arrêts de jeu alors que la moitié du monde se demande quel genre de pizza il va prendre : sur un corner, Simms totalement isolé reprend de la tête dans le but de Sutton. Cann a été devancé et Grande au premier poteau a oublié de sauter. Sutton a bien tenté de colmater ces deux erreurs par une sortie en kamikaze mais Simms n'eut aucune difficulté - notamment grâce à la précision du corner de Jeffrey - à être le premier sur le ballon. 0-1 à la pause... totalement contre le cours du jeu.

Ce n'est que peu avant l'heure de jeu que le danger reviendra et Commodore, il faut le dire, a été un des animateurs de cette deuxième mi-temps. Il semble à nouveau intéressé à jouer, ce qui est une bonne nouvelle. Il était à peu près temps ! Sur une remise en retrait du Ghanéen, Ribeiro tenta sa chance des 25m : Pascale effleura la ballon, suffisamment que pour le dévier sur sa transversale. Sebrango avait bien suivi mais le gardien adverse, très alerte, était déjà le premier sur le ballon !

Deux minutes plus tard, Ribeiro tenta sa chance de loin, droit dans les mains du gardien. Il essaiera une nouvelle fois, avec le même résultat, à la 78e. De l'autre côté, on assistera à un beau tir croisé de Worthen qui finira dans le petit filet. Sutton, en outre, avait bien fermé son angle en plongeant.

A la 73e, alors que Barker - très actif dans un match convenant à son rythme - ne trouve pas de solution à gauche, de même que ses équipiers dans cette portion du terrain. Il feront donc tourner le ballon vers la droite jusqu'à Williams qui donna une passe de finition à Sebrango. Après s'être retourné, il tira d'un angle fermé et obligea Pascale à se détendre.

A un quart d'heure de la fin, un coup franc de Grande passa hors-cadre. Souvent au sol, il semblait quelque peu découragé en ce dimanche et l'envie de jouer n'était apparamment pas là. Ou, plus probablement, était submergée par la crainte de se blesser ou de prendre un carton.

A un peu moins de 10 minutes du terme, un coup franc de Richmond poctué d'une belle tête piquée obligea Sutton à effectuer un très bel arrêt. Il faut dire que sur les coups de pieds arrêtés, notre défense n'était pas très fiable. Mais hormis Cann, elle avait peu de hauteur et l'expérience et les automatismes n'étaient pas non plus au plus haut. Rien de grave n'empêche lors d'un tel match...

A la 87e, suite à un corner, Commodore isolé à hauteur du point de penalty eu tout le loisir de contrôler et de tirer en force. Malgré son plongeon, Pascale était cette fois battu mais Tony Williams, replié, sauva sur sa ligne. Certains Montréalais réclamèrent une main, possible mais très peu évidente.

Et comme on venait de passer à côté de la montre en or, c'est bien entedu l'adversaire qui assénera le coup fatal. Mois de 60 secondes plus tard, à 20m du but, Cephas vit un trou béant dans notre défense. Il montra à Delicate l'endroit exact où il fallait glisser le ballon et ce dernier s'exécuta. Après avoir complètement berné Cann et Leduc, il bénéficia d'un contre favorable qui lui permit de faire 0-2.

Dans les arrêts de jeu enfin, un coup franc de Grande aboutit sur la tête de Commodore. La puissante reprise fut repoussée par Pascale, une nouvelle fois à la parade, mais le puissant avant avait bien suivi et prolongea le ballon au fond des filets. Cependant, le juge de ligne avait levé son drapeau et l'arbitre, qui avait préalablement indiqué le rond central, annula ce but qui à première vue était valable mais de toute façon ne changeait rien à l'affaire : 1-2 ou 0-2, le coup de sifflet final était bel et bien là, de même que la défaite.

Ce match, qui n'était pas le dernier contrairement à ce qui a été répété maintes et maintes fois sur RDS, n'a pas été la répétition idéale pour notre quart de finale à Rochester. Mais, étant donné les absences, ce n'était pas son but non plus. Totalement dénué de rythme, on y a quand même vu plus d'occasions que lors de bien des rencontres la saison dernière. Une des nombreuses différences avec l'époque Lilley. Espérons maintenant que la prochaine différence que nous allons constater et que l'Impact boutera Rochester hors de la compétition !


 
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