CHARLESTON : Wiggins, Akwari, Nylen (80e Velten), Wilson, Reda, Alonso, Richardson, Williams, King (64e Alavanja), Fuller (46e Cianciarulo), Patterson
MONTRÉAL : Jordan, Braz (87e Barnett), Gatti (74e Surprenant), Pesoli, Joqueviel, Leduc (88e Aguilera), Biello (76e Ribeiro), Di Lorenzo, Testo, Gjertsen, Jefferson (45e Gbeke)
ARBITRE : M. Muschik
AVERTISSEMENT : Jordan
LE BUT : 85e Patterson (1-0)
Quatre défaites en six matches (sans tenir des prolongations qui se jouaient naguère), voilà qui n'est plus arrivé depuis la saison 2001. Et pourtant, c'est le bilan douloureux de ce début de saison, qui est pourtant celle de toutes les promesses. On a reconduit le staff technique en fin de saison dernière, pas trop modifié l'équipe pendant l'hiver, offert trois stages au soleil à tout le monde. Le tout ponctué par un nouveau stade attendu et aimé de tous, dans lequel l'équipe se produira pour la première fois ce lundi.
Peut-être les joueurs y avaient-ils déjà la tête en entamant ce match à Charleston qui, durant la première mi-temps, a été souvent insipide. L'Impact donnait l'impression de jouer pour un point et, somme toute, si tel était son objectif, se défendait plutôt bien. Le jeune duo central derrière, Joqueviel - Pesoli, qui jouait ensemble pour la première fois à ce niveau, contenait le danger que leurs équipiers, de l'autre côté, ne parvenaient pas à créer.
Il fallut attendre plus de 20 minutes pour avoir une première occasion, un corner très rentrant au deuxième poteau repris par Nylen de la tête, au-dessus. Ensuite, on a eu droit à un peu de spectacle seulement durant les cinq dernières minutes de la première mi-temps.
Entre temps, Charleston avait investi le camp de l'Impact. Dommage car lors de leurs incursions dans la moitié de terrain adverse, les Montréalais semblaient bien en jambes. Gjertsen était très mobile (malheureusement il s'est complètement éteint au fil du match), Testo très actif. Biello et Di Lorenzo occupaient bien leur flanc et ont même balancé quelques centres dangereux. Leur tâche n'était pas facilitée par la défense locale, dont la couverture était excellente. Il n'y eut aucun tir et les gardiens avaient la sainte paix. Car l'équipe locale, bien que dominatrice, ne se créait guère d'occasions.
Ce n'était pas faute d'essayer. Notamment dans le chef de Chris Williams, ancien de la maison montréalaise, encore à l'essai ici cet hiver mais qui n'a pas reçu de contrat et ne jouera donc pas régulièrement au stade Saputo. Il avait certainement envie de montrer qu'il y a sa place et a étalé les qualités offensives que nous lui avons connues lors de son passage ici quand il était aligné au milieu (car comme défenseur, c'était pas toujours ça). On l'avait vu à gauche lorsqu'il portant le maillot montréalais, cette fois c'est à droite qu'il faisait mal.
Le pauvre Gatti, qui devait faire face à un adversaire déchaîné, n'était pas au bout de ses peines car, voyant que c'était de ce côté-là que ça se passait, le virevoltant Patterson allait plus souvent qu'à son tour soutenir son coéquipier et tenter de créer le surnombre dans ce coin de terrain. Du coup, Di Lorenzo a souvent été obligé de revenir défendre. Coup double pour l'équipe locale, qui obligeait en plus le plus créatif des Montréalais à revenir loin en arrière et à dépenser de l'énergie. Malgré tout, les duels ont été serrés et Gatti a fait bien mieux que simplement s'en sortir face à cette opposition solide.
Jordan devait être très concentré car le danger pouvait surgir à tout moment devant lui mais il a dû apprécier le travail de ses défenseurs qui lui ont donné moins de travail. Il a failli pourtant être en grand péril quand King, lancé par Patterson, filait seul pour aller à sa rencontre, mais Joqueviel, revenu en catastrophe, lui a subtilisé avec beaucoup d'énergie. Quelques instants plus tard, Patterson servait King une nouvelle fois : son premier tir a été contré par Gatti, le suivant, puissant, est passé au-dessus. Dans les derniers instants de la première mi-temps, un centre venu de la droite a frôlé la tête d'un des attaquants locaux, idéalement placé à l'entrée du petit rectangle.
L'Impact s'était bien sorti de cette période de pression adverse et, au retour des vestiaires, c'est le scénario d'avant (domination stérile de Charleston) qui s'est remis en place. Il fallut attendre l'heure de jeu pour voir le premier tir, et c'était Di Lorenzo qui, après un bel effort individuel, envoyait le ballon hors-cadre. Cela illustrait l'évolution qu'était en train de connaître le match : Montréal prenait petit à petit la direction des opérations.
Il aurait aussi pu prendre l'avance lors de sa première occasion réelle (après plus d'une heure !) quand Gjertsen servit bien Biello dans l'axe. Le capitaine avait pris son défenseur de vitesse et, courant vers l'extérieur du but, parvint à se retourner et à envoyer du pied gauche un tir cadré (oui, oui, plus d'une heure pour le premier tir cadré, ça ne s'invente pas, et ce n'est pas à mettre sur le dos de la défense que certains aimeraient bien accabler de tous les maux). Cependant, Wiggins était bien placé et n'eut aucune peine à s'emparer du ballon.
Sur le contre (et en plein ralenti sur usllive), Jordan dut sortir aux abords de son domaine pour s'emparer du ballon alors que King se présentait seul face à lui. Gjertsen aurait aussi pu se présenter seul face au gardien adverse, bien lancé par Gbeke. Légèrement décalé sur la gauche, il préféra remettre le ballon à son équipier entouré par un essaim d'abeilles de Charleston. Manque de confiance, quand tu nous tiens...
Pour les habitués de la D1, non, Hudock n'était pas dans le but de Charleston. Il avait dû, en dernière instance, renoncer à jouer pour des douleurs au dos. Un peu comme Jordan à Atlanta. Wiggins a été très peu sollicité et n'a dès lors pas vraiment eu l'occasion de faire une Weber (l'Espagne a son Arconada, l'Impact a désormais sa Weber). Quand on ne tire pas, forcément, on ne marque pas...
Une des explications de la bonne période montréalaise à cet instant du match était la baisse de régime de Williams en face. Cependant, comme passer par là avait bien fonctionné en première période, Charleston insistait. Et les récupérations montréalaise sur leur flanc gauche contribuaient à lancer des attaques grâce aux élans offensifs de Gatti ou à Di Lorenzo.
Cependant, l'entraîneur adverse a sorti un atout de son banc : Alavanja. Une fois celui-ci entré dans la rencontre, les sources de danger de l'équipe locale se sont diversifiées et les deux équipes proposaient, en même temps, un jeu intéressant, qualificatif convenant bien à ce moment du match.
À un quart d'heure du terme, Alavanja envoya un petit ballon à travers quatre montréalais pour lancer Patterson, déporté sur la droite, dont le tir fut, heureusement, trop croisé. Cinq minutes plus tard, Montréal hérita de sa dernière occasion (eh non, pas de deuxième tir cadré !), un envoi de Testo à la trajectoire assez bizarre, provoquant un effet de surprise général mais échouant juste à côté de la cible.
Il restait cinq minutes à jouer et on pensait se diriger vers le premier partage cette saison pour l'Impact. Mais Charleston insistait. Jordan dut d'abord repousser un coup franc des poings. Mais il eut à peine le temps de respirer que le ballon, pourtant dégagé en milieu de terrain, revint dans son domaine. Un long ballon arrivé à l'entrée du rectangle lors duquel un duel très important de la tête a été remporté par le joueur de Charleston. Pendant ce temps, le Montréalais (désolé, je n'ai pu l'identifier sur les images) se retrouvait à terre et le ballon filait vers Alonso. Ce dernier envoya un tir puissant qui prenait la bonne direction mais Joqueviel s'est jeté pour le contrer. Deux défenseurs étaient au sol, un troisième dans le petit rectangle de Jordan. Et Patterson, seul, à la réception du ballon. Les trois (et Joqueviel plus promptement) lui ont foncé dessus mais n'ont pas eu le temps d'arriver que l'international Trinidadien canonnait dans le coin gauche du but de Jordan, qui ne pouvait pas faire grand-chose (1-0).
En toute bonne foi, sur l'ensemble du match, cette avance est largement méritée pour Charleston. En revanche, un profond sentiment d'injustice peut meurtrir les défenseurs montréalais qui ont bien tenu le coup jusqu'à cinq minutes du coup de sifflet final. Un moment où il était, certes, presque trop tard pour réagir (de toute façon, de réaction, il n'y en eut pas et Alonso, suite à un bel effort individuel, aurait même pu alourdir la marque dans les arrêts de jeu). Mais c'est surtout dès le coup d'envoi qu'il aurait fallu agir ! Et il est facile de blâmer la jeune défense alors que si les autres avaient fait trembler les filets adverses, ce seul but n'aurait pas été synonyme de défaite !
Quant à l'erreur d'inattention de fin de match, comme à Minnesota, elle m'inquiète beaucoup. Je suis cependant perplexe car il est difficile de voir sur les images où sont les distractions, et lors du match précédent, elles venaient apparemment aussi de remplaçants. Mais si inattention il y a en fin de rencontre, c'est souvent synonyme de... condition physique guère optimale. J'espère donc que ce n'est pas le cas. L'équipe s'est quand même préparée dans d'excellentes conditions durant trois mois ! Ce serait une raison d'inquiétude supplémentaire.
Cependant, il y a du positif à retirer de cette défaite. Elle concerne, vous l'aurez compris, les jeunes défenseurs. Qui, une fois de plus, ont eu une bonne occasion de se faire les dents et montré qu'une fois qu'ils auront acquis davantage d'expérience à ce niveau, on pourra compter sur eux. On peut aussi inclure Surprenant, qui disputait son premier match parmi l'élite des United Soccer Leagues (De Santis l'a fait monter à un quart d'heure du terme), et a eu quelques belles initiatives. Il faut encourager ces garçons et leur donner confiance.
Si dans quelques mois, on les voit grandis et ils nous apportent d'importants succès grâce, en partie, à ce qu'ils ont appris lors de ce match, j'accepte cette défaite sans réticence. Eux, en bons sportifs, ne devraient évidemment pas faire de même. Et les autres encore moins ! Cette équipe a du potentiel, mais est trop attentiste. On ne retrouve pas cette volonté, cet esprit conquérant qui avait permis de faire de grandes saisons en 2004 et 2005. Il manque la grinta.
Comme si la motivation avait disparu. Car le talent est là, c'est indéniable. Et pas seulement individuellement. On a vu de très beaux mouvements à Atlanta. Et même dans les bons moments de ce match, on voyait que la circulation de balle était travaillée, que l'équipe sait jouer intelligemment. Mais il manque ce coup de rein qui va déstabiliser l'adversaire. Il y a besoin d'un déclic dans cette équipe. Lundi, peut-être, avec la motivation de jouer dans son nouveau stade. Ou le 27, pour un match à enjeu contre une équipe de MLS. Il le faut ! Car sinon, c'est un choc bien plus brutal qui sera nécessaire. Si vous ne parvenez pas à être motivés pour de tels rendez-vous... c'est que c'est grave.
Allez, entre la retraite de Justine Henin et l'ouverture d'un stade pour lequel Richard Legendre a de hautes responsabilités, je vais conclure avec quelques analogies tennistiques. D'abord Justine qui, avec tout le talent qu'elle avait, éprouvait les pires difficultés à gagner dans les moments décisifs au début de sa carrière. Et pourtant, lors de son premier Roland Garros, elle avait poussé Lindsay Davenport (alors parmi les toutes meilleurs mondiales) dans ses derniers retranchement mais a sombré au moment décisif pour finalement s'incliner 7-5 au troisième set. De telles défaites sur le fil, où elle tombait en fin de match, cela lui est arrivé souvent au début de sa carrière. (Je ne vais pas raconter sa vie, si vous voulez connaître une des principales raisons du déclic, hormis le travail de Carlos Rodriguez, cherchez par vous-mêmes. Juste un indice : José). On pensait qu'elle souffrirait du syndrome Jana Novotna, autre grande championne, qui a eu ce problème durant toute sa carrière...
Ensuite, le style de jeu. Celui de l'Impact ressemble de plus en plus à celui de crocodiles de terre battue. Ces joueurs, souvent espagnols, qui disputent d'interminables échanges et finissent, après de longues heures, par gagner Roland Garros ou se faire éliminer par un autre crocodile. Sauf que les Albert Costa, Alex Corretja et autres n'offraient pas le jeu le plus chatoyant. Il manque à l'Impact ce coup qui va faire la différence. Le service de Goran Ivanisevic. Le passing d'Ivan Lendl ou Rafael Nadal. Les montées au filet de Stefan Edberg. Le revers de Justine Henin.
Calendrier
Prochain match
Cincinnati - Montréal
Dimanche 22 mars, 13h00
Dernier match
Orlando - Montréal2-1
Samedi 14 mars, 19h30
► Calendrier complet
Classement MLS
| J | Pts | | 1. Nashville | 5 | 13 |
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| 2. Los Angeles FC | 5 | 13 |
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| 3. Vancouver | 5 | 12 |
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| 4. San José | 5 | 12 |
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| 5. San Diego | 4 | 10 |
|
| 6. New York City | 4 | 10 |
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| 7. Colorado | 5 | 9 |
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| 8. Salt Lake | 4 | 9 |
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| 9. Seattle | 4 | 9 |
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| 10. Charlotte | 5 | 8 |
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| 11. Dallas | 5 | 8 |
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| 12. Chicago | 5 | 7 |
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| 13. Toronto | 5 | 7 |
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| 14. Miami | 4 | 7 |
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| 15. New York | 5 | 7 |
|
| 16. DC United | 5 | 7 |
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| 17. Houston | 4 | 6 |
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| 18. Austin | 5 | 5 |
|
| 19. LA Galaxy | 4 | 4 |
|
| 20. Atlanta | 5 | 4 |
|
| 21. Kansas City | 5 | 4 |
|
| 22. Minnesota | 4 | 4 |
|
| 23. Saint-Louis | 5 | 4 |
|
| 24. New England | 4 | 3 |
|
| 25. Portland | 4 | 3 |
|
| 26. Orlando | 5 | 3 |
|
| 27. MONTRÉAL | 4 | 3 |
|
| 28. Cincinnati | 4 | 3 |
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| 29. Columbus | 5 | 2 |
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| 30. Philadelphie | 5 | 0 |
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