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Mauvaises positions

Impact Montréal - Seattle Sounders 0-1 – League game (regular season) played on 13/07/2008

 
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SEATTLE : Eylander, Scott, Jackson, Merl, Rodriguez, Sakuda, Kante (69e Alcaraz-Cuellar), O’Brien (85e Graham), Treschuk, Gardner (77e Cascio), Le Toux

MONTRÉAL : Jordan, Braz (80e Jefferson), Pizzolitto, Joqueviel, Gatti (29e Di Lorenzo), Leduc (88e Aguilera), Gjertsen, Testo, Donatelli (78e Biello), Placentino, Brown

ARBITRE : M. Gantar

AVERTISSEMENTS : Donatelli, Kante, Treschuk, Testo, Brown

LES BUTS : 73e Le Toux (0-1)


Après un jour sans contre Porto Rico où tout le monde était passé à côté de son match (ça arrive, même si c'était tombé à un bien mauvais moment), on était en droit d'espérer voir l'équipe se reprendre et confirmer sa belle série précédant la visite des insulaires. Mais à la vue de la composition de l'équipe, on était soudain empli de craintes... qui se sont justifiées et ont même empiré en cours de match.

John Limniatis a expliqué ses choix avant le match : adepte du 4-3-3 (comme pas mal d'entraîneurs - d'ailleurs c'est ce qu'on leur apprend à l'école - mais pas seulement eux... je fais aussi partie des fans de cette disposition), il a souhaité aligner sa formation dans une configuration qui y ressemblait le plus possible. Et on s'est retrouvé avec un 4-1-4-1 digne du début de saison, quand l'équipe ne tournait pas, avec certains autres visages. Brown seul en pointe, Gjertsen et Placentino sur les ailes, Testo et Donatelli au milieu pour soutenir tout ce beau monde. Leduc avait évidemment son rôle de pare-chocs devant la défense, composée sur les côtés de Braz et Gatti, dans l'axe de Joqueviel et Pizzolitto.

Une des attractions de la rencontre était le nouveau venu Tony Donatelli. Posté comme milieu central le plus offensif, il n'a pas fait une mauvaise prestation pour sa première titularisation sous le maillot montréalais, même si beaucoup de monde n'a pas été convaincu. Il faut dire qu'il a été discret, mais quand même efficace car impliqué dans pas mal d'occasions. Enfin... en première mi-temps, car en deuxième, celles-ci étaient restées au vestiaire du côté de l'Impact.

Pour le reste, on a retrouvé pas mal de travers de la période Nick De Santis. Une formation similaire pour une prestation similaire, rien d'étonnant à cela (on n'a pas les joueurs pour évoluer en 4-3-3 ou dans une de ses variantes). Brown seul devant, souvent dos au but, faisait penser au pauvre Gbeke quand il se retrouvait dans la même situation. Le Panaméen a aussi beaucoup travaillé pour aller chercher des ballons (et il n'y avait alors plus personne devant), qu'il redistribuait à ses milieux offensifs, le plus souvent les ailiers, trop excentrés pour tirer dans une bonne position. Des angles fermés dont Eylander se délectait pour effectuer des arrêts aussi nombreux que faciles.

Le premier quart d'heure fut le plus riche en occasions. D'abord une touche de Braz déviée de la tête par Testo pour Donatelli dont l'envoi fila hors-cadre. Ensuite une passe de Placentino, qui était rentré dans le jeu, à Brown dos au but à l'entrée du rectangle ; le Panaméen céda à Testo dont le tir de loin fut capté sans problème par Eylander. Gjertsen profita aussi d'un ballon traînant à l'entrée du rectangle pour s'y faufiler mais le gardien visiteur intervint. Sur le corner, Eylander se coucha sur une reprise de la tête de Donatelli.

Les envois dans les meilleures positions étaient issus de deux phases où les ailiers étaient moins excentrés : Placentino qui était entré dans le jeu, Gjertsen qui a récupéré un ballon dans l'axe du but. Sinon, on eut des mouvements parfois jolis, comme quand un beau geste de Donatelli mit Gjertsen en position de tir, mais celui-ci était dans un de ces fameux angles fermés facilitant la tâche du portier adverse.

Les deux dangers les plus significatifs (et de loin) avaient un point commun : l'homme en position de marquer était dans l'axe du but, y faisait face et courait dans sa direction. L'homme en question était à chaque fois Brown qui avait, pour une fois, changé de rôle (il est capable de faire beaucoup de choses dans beaucoup de positions et est vraiment un joueur très utile).

Sur la première possibilité, le Panaméen n'a même pas eu à frapper le ballon puisque Scott contra le centre de Gjertsen pour l'envoyer sur le poteau. Sur la seconde, une excellente passe de Placentino trouva le crâne de Brown lancé à toute vitesse : sa puissante reprise filait sous la transversale mais une belle claquette d'Eylander l'envoya en corner.

Sur ces deux phases, on notera aussi que les centres des deux attaquants reconvertis en médians latéraux avaient apporté le danger. Mais souvent, pour des raisons diverses, ils ne trouvent pas preneur. Personne au centre, ou un seul joueur bien marqué (même si, contrairement au début de saison, plusieurs joueurs se sont présentés dans le rectangle à de nombreuses reprises), manque de précision, pas assez de temps pour envoyer une bonne passe, etc. On dirait qu'un trop grand nombre de conditions sont nécessaires pour obtenir une véritable occasion et, surtout, qu'il est très difficile de les réunir dans cette configuration d'équipe.

La mi-temps se finit par une très belle ouverture de Donatelli (en écrivant ce texte, je me rends encore plus compte qu'il fut souvent discret mais aussi très efficace) pour Placentino sur la gauche dont la passe vers Brown, de nouveau très bien lancé vers le but, manquait, vous l'aurez deviné, de précision...

On reprit comme on avait terminé : avec un centre de Placentino qui passa devant Brown et derrière Donatelli... On rejouait depuis 7 minutes quand un corner mal repoussé fut repris par Di Lorenzo (après que Leduc ait raté son tir) de l'entrée du rectangle à quelques centimètres du poteau.

120 secondes plus tard, Rodriguez reprenait de la tête un coup franc de Merl. Une belle reprise, très proche du but mais sans véritable danger pour Jordan. Sauf que c'était ce qui était passé le plus près de ses filets et qu'il fallait bien noter quelque chose des visiteurs, au cas où il n'y ait rien d'autre à en dire. À ce moment, on était bien loin de se douter qu'ils étaient en train de prendre, doucement mais sûrement, l'ascendant sur les débats.

Jusque-là, certes, Montréal avait eu les meilleures occasions. Mais je ne serais pas prêt à parier que la possession de balle était aussi déséquilibrée que ça. Et encore moins que l'Impact ait été souvent en position de menacer l'adversaire, plus en contrôle qu'il n'y paraissait. Il faut dire que si ça continue, le mot va se passer entre les autres équipes : “vous regardez l'Impact ne pas quoi savoir faire du ballon et vous frappez au bon moment”. J'ai bien dit SI ça continue, car la tendance n'est revenue que depuis deux matches et c'est bien trop peu pour paniquer. Il faudra toutefois corriger ça au plus vite, et contre Miami (face à qui l'Impact a toujours beaucoup de mal) ce serait l'idéal pour passer le message de changement.

Le bon moment (pour frapper), ce n'était pas quand Kante, qui a passé son temps à se promener au quatre coins du terrain, a envoyé un tir du gauche que Jordan, bien placé, a arrêté facilement. En fait, si, c'était le bon moment... pour sortir le tireur et le remplacer par Alcaraz-Cuellar. Mais, oups, désolé, j'ai oublié un chapitre important pour expliquer ça, et certaines autres choses.

En milieu de première période, un contact fortuit entre Kante et Gatti a vu le premier mettre le doigt dans l'œil du second. L'infortuné médian reconverti (encore un reconverti qui joue sur le côté... ça non plus ça aide pas) a dû quitter le jeu (après avoir pourtant essayé d'y revenir) et a été remplacé par... Di Lorenzo, poste pour poste ! Eh oui, le génial argentin était lui aussi devenu un reconverti.

Inutile de dire que Di Lorenzo a fait de son mieux derrière (il a eu de l'entraînement vu le nombre de fois qu'il a dû venir au secours de Gatti depuis le début de la saison) mais que défendre est loin d'être son fort et qu'il n'a strictement rien pu apporter offensivement. Surprenant n'était pas sur le banc (où il y avait 4 médians pour un défenseur et un avant - on pourra bientôt faire une équipe complète avec seulement des médians) et le coach a préféré ne pas bouger Leduc.

Ce fait de match amenait une évidence : Alcaraz-Cuellar, qui avait causé par mal de trouble sur son flanc droit lors du match à Seattle, devait à un moment monter au jeu à la place de Kante. Si ce remplacement s'inscrivait dans la logique, là où l'entraîneur visiteur Brian Schmetzer a été très fort, c'est en choisissant l’instant idéal pour l'effectuer. Il avait vu qu'une certaine instabilité (toute relative) s'était installée dans les rangs de l'Impact, et c'est là qu'il procéda au changement.

Le coup de grâce ! Quatre minutes plus tard, le latino-américain qui, suite à un coup de pied arrêté s'était retrouvé sur la gauche, envoya un centre millimétré sur la tête d'O'Brien, seul comme ce n'est pas permis. Alors que l'adversaire attaquait, les médians avaient quitté la zone dangereuse, Di Lorenzo oublié son homme et personne ne couvrait personne. Il n'en fallait pas plus pour que l'Américain place le ballon au deuxième poteau où Le Toux, lui aussi libre de tout marquage, prolongea, à même la ligne, le ballon au fond des filets de Jordan, furieux. Une action qui à elle seul illustrait bien le désordre montréalais du jour. Défensivement, il s'est payé très cher par ce but. Offensivement, ce fut le même tarif, celui des carences.

C'est vrai que si les attaquants marquaient plus, les défenseurs seraient plus à l'aise. Il faut reconnaître aussi qu'ils travaillent bien et empêchent l'adversaire de se créer des occasions. Mais quand du côté de l'Impact on se désole qu'on ne marque pas en se créant des occasions (pas si nettes si vous voulez mon avis) à la pelle alors que l'adversaire marque sur la seule qu'il obtient, ça finit par lancer un message de cruelle inefficacité défensive. Du réalisme, comme l'a dit Guillaume Dumas à la SRC (après 10 minutes - sans faire de pronostic - il a déclaré qu'avec deux équipes en 4-5-1 ce serait la plus réaliste qui l'emporterait : en y réfléchissant, c'était un mauvais présage pour les hommes de Limniatis). Et un petit mot aussi pour Claude Quenneville (faut pas faire de jaloux), l'un des rares à avoir souligné, avec raison, l'erreur de marquage sur O'Brien.

Avec ce nouveau coup d'assommoir, il fallut attendre 10 minutes pour que les Montréalais se réveillent. L'entraîneur accumula les changements et c'était un peu la course à l'échalote (finalement, c'était un oignon qui fait pleurer). Malgré le réveil, la précipitation l'emporta, Seattle s'est bien regroupé et a bouché tous les trous. Il faut d'ailleurs souligner avec insistance les qualités défensives de l'adversaire - car Montréal a mieux joué que contre Porto Rico mais les visiteurs ne laissaient rien passer. Forts dans les duels et à l'interception, ils doivent aussi à eux-mêmes de ne pas avoir encaissé (taper seulement sur la tête de l'Impact est trop facile).

La fin de match vaudra surtout par une accumulation de corners et une montée de Jordan sur le dernier d'entre eux. Sinon, ce furent des demi-occasions. Par Biello et Jefferson sur le flanc gauche, mais l'angle était trop fermé et Eylander bien placé. Par une spectaculaire volée de Placentino qui finit... en touche. Ou par une déviation de la tête d'Aguilera reprise par Jefferson du bout du pied et déviée en corner.

Zéro sur six, ça fait tache pour une équipe censée jouer la tête mais bon, ça peut arriver. Sauf que quand elle végète déjà en bas de classement, les conséquences sont fâcheuses. La dernière place, cette fois, est un fait pour une bonne semaine. La venue de Miami sera l’occasion de la quitter. Il faudra pour cela disposer d’un adversaire certes très faible mais invaincu depuis 9 rencontres, dont cinq 0-0, et contre qui le spectacle n’a jamais été au rendez-vous. Une victoire nette serait le signal idéal pour montrer que les temps ont changé et se mettre aussi en confiance avant l’importantissime déplacement à Toronto.

 
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