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1-0, c'était donc insuffisant...

Vancouver Whitecaps - Impact Montréal 2-0 – League game (playoffs) played on 05/10/2008

 
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VANCOUVER : Baldock, Martin, Clarke (74e Jarun), Charles, Kindel, Moose (75e Hirano), Gage, Nash, Valente, Gbeke (77e Addlery), Sebrango (89e Jordan)

MONTRÉAL : Jordan, Braz, Pizzolitto (70e Donatelli), Pesoli, Gatti (88e Joqueviel), Grande (64e Ribeiro), Brillant (56e Byers), Testo, Biello (46e Placentino), Gjertsen, Brown

ARBITRE : M. Gantar

AVERTISSEMENTS : Moose, Testo, Pizzolitto, Charles, Gatti, Braz, Addlery

LES BUTS : 37e Clarke (1-0), 41e Sebrango (2-0)


Il n’a fallu attendre que deux jours (même pas le temps de s’en inquiéter et de vibrer avec) pour savoir si l’avance d’un but acquise lors de la demi-finale aller à Montréal était suffisante. La réponse n’était malheureusement pas celle qu’on souhaitait mais il faut reconnaître qu’au vu de ce match retour - et aussi de l’ensemble de la saison régulière vu qu’ils y ont fini avec 11 points de plus que nous - Vancouver méritait sa place en finale.

Le début de la rencontre faisait pourtant penser au match à Olimpia, le but en moins. On s’attendait à voir l’équipe locale aller de l’avant, mais c’est Montréal qui, loin d’être timide, contrôlait le ballon et investissait le camp adverse. Bon, les occasions étaient rares et il a même fallu attendre 20 minutes pour voir un tir digne de ce nom : la défense locale avait fait avorter un beau mouvement construit sur la droite mais Grande, à l’affût, se jeta sur le ballon pour envoyer un puissant tir à distance, peu à côté.

C’était, apparemment, le réveil des troupes puisque dès cet instant, les deux gardiens ont vu beaucoup plus d’animation dans leur zone. Ce fut d’abord au tour de Jordan de voir un ballon dangereux traîner dans ses parages, venu d’un centre tendu pouvant faire des dégâts. Mais avant qu’il n’y ait du mal, Pesoli avait dégagé au loin. 60 secondes plus tard, Gbeke reprenait de la tête un centre venu de la droite, logeant le ballon peu à côté de la cible.

Le but pouvait tomber dans un sens ou dans l’autre. Gjertsen, revenu sur le terrain de ses premiers exploits, y allait d’un très bel effort technique avant de servir Biello sur sa droite. Alors qu’il avait de l’espace devant lui, le capitaine choisit de tirer plutôt que d’avancer. Au grand plaisir de Baldock, qui n’eut guère de peine avec ce ballon.

Ce fut ensuite au tour de Valente de tenter sa chance à distance : sur Jordan. Ces dix minutes extrêmement animées se terminèrent après que Sebrango eût repris un centre de la gauche d’un coup de tête aussi puissant qu’imprécis. La balance était en train de pencher de plus en plus du côté de Vancouver.

Alors que c’est leur force en ligue des champions, l’attention - ou plutôt, cette fois, le manque d’attention - a été le péché fatal aux Montréalais en cette fin de première mi-temps. Quand Clarke, qui rentrait dans le jeu, s’est enfoncé dans notre milieu de terrain comme dans du beurre, personne n’était là pour l’attaquer. Testo ? Grande ? Non, c’est Pesoli qui, sentant le danger, lui a foncé dessus de la défense, quittant son poste. Il aurait pu sauver la mise, mais c’était déjà trop tard : le puissant envoi est arrivé avant l’Italien, et Jordan pouvait aller chercher le ballon au fond de ses filets (1-0).

Après les médians axiaux, c’est le côté droit de la défense qui s’est fait berner. Braz et Pizzolitto, aux abonnés absents, laissaient Gbeke s’enfoncer profondément dans le rectangle. Serbango avait (évidemment) suivi et était à l’affût : il surgit sur le centre en retrait comme un vautour affamé, mettant Pesoli dans le vent et le ballon dans le but. Son instinct de buteur avait encore frappé, et le marquoir affichait 2-0.

La mi-temps arrivait enfin, car c’était la débandade côté montréalais. Les mines étaient basses, mais il n’y avait pas pour autant raison de se terrer au fond d’une crevasse. Il n’y avait, somme toute, qu’un but à rattraper. Autant que Vancouver au début du match. Autant que contre Seattle, une semaine plus tôt, au même moment du match, et même à un quart d’heure de la fin.

Mais pour y parvenir, il fallait mettre de la pression sur l’adversaire et dépenser beaucoup d’énergie. Le hic, c’est que l’énergie, elle n’était plus là chez tout le monde. Avec le calendrier de fou des… deux derniers mois, c’est assez compréhensible. Et puis, courir et presser est une chose, faire bon usage du ballon en est une autre.

Placentino, par exemple, a multiplié les raids sur le flanc gauche mais a souvent confondu vitesse et précipitation. Il aime bien aussi tenter de provoquer l’adversaire dans le rectangle et, alors qu’on rejouait depuis moins de 2 minutes, aurait pu bénéficier d’un penalty après s’être apparemment fait retenir par l’épaule. Ce n’était pas clair et l’arbitre a préféré laisser jouer.

Vancouver, bien entendu, misait sur le contre et espérait que l’Impact se dégarnisse ou commette une autre erreur. Ce fut le cas à la 50e quand l’axe défensif fit preuve d’égarement, permettant à Sebrango de se retrouver seul face au but. Cette fois, heureusement, son instinct n’a pas parlé et Jordan était à la parade.

Malgré quelques moments de bonne pression, Montréal ne parvenait pas à menacer Baldock. Cela manquait de constance, et on parvenait au mieux à gagner des rentrées en touche, de temps en temps un corner. La défense locale montrait aussi ses qualités et fermait bien la porte. Finalement… c’était un peu comme certains matches de Ligue des champions, mais à l’envers.

Ah, tiens, un effort personnel de Gjertsen. Là, il doit surtout attaquer. Pas défendre. Et il peut botter des corners. Sauf qu’on n’en a pas. Enfin si, quatre sur tout le match. Mais l’efficacité olimpienne (non, il n’y a pas de faute d’orthographe) n’est pas au rendez-vous. Bon, donc, Gjertsen, après son effort, il a tiré. À côté Au moins c’était une occasion. Mais il reste à peine plus d’un quart d’heure.

La seule chose qu’on voit, ce sont des changements. L’entraîneur adverse arrive à casser le rythme qu’on essaye tant bien que mal de mettre dans le match. C’est le jeu… et il y joue bien. Ses joueurs aussi, évidemment. Vancouver donne souvent l’impression de ne pas avoir l’air d’y toucher, mais au bout du compte, s’en sort bien. La force tranquille, probablement. La touche scandinave…

Bon, côté montréalais, depuis deux mois, ce n’est pas mal non plus hein ! Ce n’est pas parce qu’on s’est fait rentrer dedans par un iceberg de Colombie-Britannique qu’il faut soudain tout dramatiser. L’Impact n’est pas le Titanic, juste un bateau qui a trop voyagé ces derniers temps et dont la coque avait besoin d’une bonne révision.

Malgré tout, il restait encore l’espoir qu’il arrive à bon port. Il aurait fallu pour cela probablement passer par le détour des prolongations, ce qui l’aurait fait souffrir encore un peu plus. Mais pour y parvenir, il fallait d’abord réduire l’écart sur le terrain. Les possibilités étaient rares.

La plus franche est probablement survenue suite à un coup franc mal négocié par les deux parties, qui a abouti à Donatelli sur la gauche du rectangle. Voyant Pesoli surgir à toute vitesse quelques sur sa droite, il lui a parfaitement cédé le ballon en pleine foulée. Le tir était beau, Baldock a dû s’y reprendre à deux fois pour le maîtriser, mais ce n’était pas but, et il y avait toujours cet écart à refaire.

Si finalement, on n’a pas eu une demi-heure de suspense supplémentaire, on n’a pas eu 10 minutes de moins non plus. À 300 secondes du terme (il y a eu autant d’arrêts de jeu), Valente, jouissant d’énormément de latitude sur la droite, centra pour la tête d’Hirano dont la reprise fut repoussée à l’extérieur du but par l’intérieur du montant droit de Jordan. L’espoir subsistait…

Mais les forces n’étaient plus là. Ça ne ressemblait en rien à un rush de fin de rencontre à élimination directe où il faut tout donner ou sortir. Peut-être que les joueurs ont donné tout ce qu’il leur restait, mais les batteries étaient presque toutes à plat. Particulièrement en deuxième mi-temps, le nombre de mauvaises passes a été trop important, les joueurs étaient trop souvent deuxièmes sur le ballon, et dans les dernières minutes, les joueurs semblaient manquer de forces. Il n’y avait plus grand-chose à jeter dans la bagarre.

Donatelli a été l’homme le plus dangereux des arrêts de jeu. Lancé au petit rectangle, il obligea d’abord Charles a sauver la situation. Enfin, il envoya un tir de loin : puissant, dangereux, peu à côté mais bel et bien… à côté. Un peu comme la plupart des envois d’Olimpia mercredi dernier.

On aurait aimé que le match dure encore un peu, car on pouvait toujours y croire, mais l’arbitre a mis fin à la rencontre de ses trois coups de sifflet qui, pour une fois, n’étaient pas salvateurs mais bien dévastateurs. Vancouver est en finale. Mais Montréal reste champion du Canada et en Ligue des champions. C’est bien le plus important, et ça continue à Joe Public. La saison n’est pas finie et, contrairement aux années précédentes, elle pourrait même se terminer sur une très bonne note. Tous au rendez-vous mercredi, et tous au stade el 21 contre Olimpia !

 
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