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Une victoire, ça se conquiert mais ça se conserve aussi...

Impact Montréal - FC Tampa Bay 3-3 – League game (regular season) played on 10/08/2011

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MONTRÉAL : Sutton, Gatti, Pizzolitto, Aaboubou, Billy, Camara, Lowery (46e Ubiparipovic), Westlake, Diouf (46e Gerba), Pore (68e Le Gall), Sebrango

TAMPA BAY : Newton, Arango, Rodrigues, Sanfilipo, Yamada, Savage (83e Yoshitake), Gyorio, Millien (72e Ukah), Hill, Ambersley, King

ARBITRE : M. Fischer

AVERTISSEMENTS : Sutton, Savage, Le Gall

LES BUTs : 38e Hill (0-1), 46e Sebrango (1-1), 54e Westlake (2-1), 75e Sebrango (3-1), 85e King (3-2), 90e Gyorio (3-3)


Six buts au total, premier point de la saison pour l’Impact quand il est mené à la mi-temps (et deuxième après avoir encaissé le premier but), un duo Gerba – Sebrango des grands soirs, Westlake qui confirme ses bonnes dispositions, et pourtant… c’était bel et bien la soupe à la grimace à l’issue du nul 3-3 contre Tampa Bay. Il y avait de quoi, puisqu’à cinq minutes de la fin du temps réglementaire, le marquoir affichait encore 3-1…

Après les 45 premières minutes, peut de monde aurait parié sur une telle avalanche de buts en seconde période tant le spectacle était déplorable. Pas de rythme, beaucoup de déchet technique, de l’improvisation en veux-tu en voilà des deux côtés : le niveau était vraiment très faible.

Il a fallu attendre la toute dernière minute pour voir une action montréalaise digne de ce nom, un une-deux entre Sebrango et Pore, mais l’ancien international cubain croisa quelque peu trop son envoi. Sinon, l’Impact ne trouvait rien de mieux à faire que de tirer de loin, et seules les frappes de Camara et Billy ont suscité un peu d’émoi.

En face, il n’y avait pas grand-chose à voir, les joueurs avaient davantage l’air de spectateurs qui regardaient onze autre types ne pas savoir quoi faire avec un ballon. L’équipe rude de grands gaillards qui nous avait causé des problèmes en début de saison était méconnaissable. Et pourtant… Sutton, pour sa première présence dans le but de l’Impact, a offert l’avance 0-1 aux visiteurs en ratant complètement sa sortie, ce dont Hill a profité.

Malgré la fébrilité de Rodriguez dans la défense de Tampa Bay (faible source d’espoir…), il n’y avait donc pas vraiment de raison d’avoir le sourire à la pause et on se demandait bien quel miracle allait débloquer le match. Nick De Santis ne s’est de son côté pas cantonné à un rôle passif, puisqu’il sortait Lowery et Diouf au profit d’Ubiparipovic et Gerba.

L’équipe passait aussi du 4-3-3 au 4-4-2. Deux systèmes qui ont leurs avantages et leurs inconvénients, ce qui montre un problème d’équilibre global. Celui utilisé en première mi-temps offre un milieu très intéressant avec le trio Camara – Lowery – Westlake. Reste que si les extérieurs ne répondent pas aux attentes et que l’homme de pointe est isolé, c’est infructueux. Le second, avec Ubiparipovic en meneur de jeu et Camara derrière lui, permet d’avoir deux hommes devant mais pose problème sur les côtés où Westlake et Pore jouent à contre-emploi car leurs qualités principales ne sont pas celles d’ailiers.

En refaisant l’équipe quasiment de zéro, c’est ce genre de problème qu’il faudra éviter à tout prix l’an prochain avec le nouvel entraîneur : l’Impact devra d’abord choisir son système et les qualités individuelles des joueurs qui doivent l’appliquer et ensuite acquérir, sur ces bases, les éléments pour le mettre en place.

Le match a été débloqué dans les tout premiers instants après la reprise quand un centre de l’attaquant international a été coupé victorieusement au premier poteau par Sebrango (1-1). Les rôles ont failli être inversés quelques minutes plus tard quand, suite à une superbe ouverture de Camara, Sebrango a préféré céder à son compère (alors qu’il était en bonne position pour tirer) mais la tentative de Gerba échoua sur le gardien.

Ce n’était que partie remise. On rejouait depuis à peine 8 minutes quand un coup de pied de but de Newton fut récupéré au plus haut des cieux par Camara dont la puissante tête lança Gerba, à nouveau décalé sur la droite. Le ballon de l’attaquant fut mal négocié par l’arrière-garde visiteuse et repoussé vers Westlake, qui plaça parfaitement le cuir dans un but délaissé (2-1).

Dès cet instant, le rythme repartit à la baisse, mais c’était soudainement moins grave puisque Montréal avait l’avance et pouvait davantage contrôler les opérations. Cependant, un écart d’un but, ça peut être léger et les Floridiens, bien que très peu convaincants, pouvaient toujours causer une mauvaise surprise.

Leur premier réveil sonna à 20 minutes du terme. Cela se matérialisa d’abord sous la forme d’une action rapide permettant à King de se retrouver en bonne position devant Sutton, mais il lui tira maladroitement droit dessus. Ensuite par un contre qui se termina par un tir d’Ambersley dans les nuages. Enfin par un tir à distance de Gyorio sur lequel se coucha Sutton mais qui aurait pu être dévié par King qui s’était jeté, en vain, sur le ballon.

La riposte ne se fit pas attendre. Après avoir été rechercher un ballon qu’il avait perdu, Ubiparipovic le céda dans l’axe à Le Gall dont le tir des 20m termina à côté. À peine avait-on relevé la tête que Gerba avait isolé Sebrango seul face à Newton : d’une petite pichenette, le vétéran mit le ballon hors de portée du gardien (3-1).

Était-on parti pour un festival offensif ? Gerba, auteur d’une excellente entrée, aurait lui aussi mérité son petit but mais il fut un peu trop court pour reprendre un centre de Le Gall.

Il était toutefois écrit dans le ciel que d’autres buts tomberaient. Restait à savoir de quel côté… Tampa Bay n’avait pas abdiqué et une belle volée de Yoshitake à peine monté au jeu en témoignait.

L’Important pour les hommes de Nick De Santis était de rester concentrés et d’éviter les risques inutiles. Ils offrirent le parfait exemple de ce qu’il ne fallait pas faire quand un centre de Sanfilippo passa devant tout le monde avant de se retrouver dans les pieds de King, au second poteau, qui plaça le ballon dans le but vide et, surtout, relança le suspense.

Il aurait pu, voire dû, être de courte durée. Après un beau geste technique, Le Gall décala Ubipraripovic dont le tir de loin fut on ne peut plus mal négocié par Newton. Sebrango avait parfaitement flairé le bon coup et se jeta de manière très peu académique certes mais efficace, puisqu’il propulsa le ballon au fond des filets. Un but annulé, apparemment pour hors-jeu, mais on se demande encore ce qu’a vu l’arbitre…

Toujours est-il que la victoire n’était pas encore acquise et que l’Impact allait la laisser échapper comme Newton avait laissé échapper le ballon du but annulé. Tout commença par une faute de main inutile à 25m du but de Sutton. Le coup franc, légèrement décalé, a été envoyé de superbe manière en-dessous de la transversale par Gyorio, avant de rebondir derrière la ligne. Stupeur et effarement : c’était certes un but magnifique mais surtout le but de l’égalisation. La glorieuse incertitude du sport avait frappé d’autant plus fort que l’auteur avait certainement été un des plus mauvais joueurs sur le terrain…

Montréal a su, pour une fois après avoir encaissé le premier but, regagné les vestiaires en étant mené à la marque, faire ce qu'il fallait pour aller chercher la victoire. Car, ne le cachons pas, Montréal a été la chercher, la victoire. Sauf qu'une fois qu'il l'a eue en mains, peut-être parce qu'il n'en a plus l'habitude, l'Impact n'a pas su la conserver...

L’ambiance était lourde après le coup de sifflet final et ce partage est considéré comme une défaite. Il y a quand même un point dans l’escarcelle, mais c’est un maigre butin, d’autant que de son côté, Fort Lauderdale s’est imposé et a pris encore un peu plus ses distances. Désormais, la sixième place est occupée par Edmonton, qui compte 9 unités d’avance sur l’Impact.

La morale de cette histoire ? Tampa Bay semblait aussi mal embarqué dans le match que l’Impact dans sa saison et a fini par ne pas s’en sortir bredouille. Et si, plutôt que de démoraliser nos joueurs, cet exemple leur servait de motivation pour la suite des évènements ? Car tant que l’élimination n’est pas mathématique, tout reste autant possible que tant que le coup de sifflet d’un match n’a pas retenti…

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