CHIVAS USA : Kennedy, Riley, Califf, McKenzie, Jazic, Minda, Zemanski, Cardozo (77
e Angel), Moreno (86
e Vagenas), Romero (77
e Villafana), Agudelo
MONTRÉAL : Ricketts, Valentin, Rivas, Thomas, Brovsky, Warner, Bernier (63
e Braun), Mapp (81
e Neagle), Felipe, Arnaud, Wenger (73
e Nyassi)
ARBITRE : M. Chapman
AVERTISSEMENTS : Romero, Arnaud, Agudelo
LES BUTS : 15
e Moreno (1-0), 42
e Felipe (1-1), 82
e Angel (2-1)
Jesse Marsch, qui a disputé les dernières années de sa carrière de joueur à Chivas USA, a raté son premier match en tant qu’entraîneur sur le terrain de son ancien club. Alors que ses changements ont semblé davantage déstabiliser son équipe que l’améliorer, les remplacements de son vis-à-vis Robin Fraser ont été à la source et à la conclusion du but qui a offert la victoire 2-1 aux Californiens.
Après la démonstration contre Seattle, l’entraîneur montréalais pouvait difficilement changer son équipe en dehors de circonstances exceptionnelles. C’est donc sans surprise que le onze de départ de samedi dernier a été reconduit, avec pour seul changement l’apparition de Thomas au lieu de Ferrari, blessé pour 6 semaines. Si la composition rappelait celle du dernier match, l’ambiance dans le stade était davantage digne des années précédentes et on aurait dit que par moments, sur le terrain, les joueurs voulaient s’adapter à ce niveau “USL amélioré”.
Il fallut attendre un quart d’heure pour voir un peu d’animation devant les buts. Quelques minutes après une action bien construite sur laquelle Brovsky a dû intervenir in extremis devant Romero, Chivas a marqué sur son autre rare point fort : les corners. Un marquage laxiste de la défense montréalaise permettait à Agudelo de prolonger un coup de coin de Romero, qui a encore touché Moreno avant d’aboutir au fond des filets. C’était seulement le dixième but de la saison des Caiforniens… et 30% d’entre eux ont été consécutifs à un corner (je me répète, mais c’est sur
visiondujeu.com que je vais chercher ces chiffres).
On approchait de la demi-heure quand Zemanski a bénéficié de beaucoup de liberté à 25 mètres du but et pu tenter sa chance à distance, mais Ricketts a dévié en corner. Entre temps, le match avait été très brouillon et l’Impact avait beaucoup de mal à conserver le ballon. Volontaire ou non ? Toujours est-il que Chivas éprouve les pires difficultés contre les équipes qui posent le jeu et passent par les flancs. En outre, c’est une équipe qui a du mal à se montrer dangereuse en contre, il ne faut donc pas avoir trop peur de la presser.
On a longtemps été loin du compte chez les Montréalais… Bien que la possession de balle ait été partagée, il a fallu attendre la fin de la première mi-temps pour voir des séries constructives de passes consécutives. Et le jeu a trop longtemps penché sur la gauche. Pourtant, faire sauter le verrou n’est pas si difficile. Wenger, bien lancé par Warner dans l’intervalle sur le côté droit, a failli y parvenir une première fois : il est parti seul vers Kennedy qui est bien sorti à sa rencontre.
Mais la première, voire la seule, fois que Montréal a développé une action comme il a montré qu’il en était capable contre Seattle, et est passé par le côté droit, la récompense a été au rendez-vous. Felipe a trouvé Arnaud, très discret jusqu’alors, et a repris victorieusement le centre de son capitaine pour égaliser. Chivas encaissait son 18
e but de la compétition… le 9
e venu de son côté gauche. Il y a des tendances lourdes…
Les deux équipes ont rejoint les vestiaires à égalité, même si dans les derniers instants de la première mi-temps, un autre tir de loin de Zemanski obligeait Ricketts à un plongeon spectaculaire. On espérait que par la suite, Montréal ferait preuve de davantage d’initiative. C’est assez paradoxal de voir cette équipe se ruer à l’attaque sur le terrain de New York et laisser des boulevards à Henry mais avoir peur de faire le jeu à Chivas pourtant très mal à l’aise sur son terrain.
La deuxième période reprenait néanmoins sur le mode brouillon, avec Montréal qui conservait davantage le ballon mais restait loin du but adverse et exploitait beaucoup trop peu les ailes, préférant s’enfermer dans l’axe. Et il a fallu attendre l’heure de jeu pour finalement voir du danger… de la part de l’équipe locale. Thomas a d’abord dû intervenir devant Agudelo, bien lancé par Moreno. Chivas a ensuite raté une occasion trois étoiles : un centre de Riley n’était pas exploité par Moreno, serré de près par Thomas, mais le ballon arrivait à Romero, fin seul à moins de 10 mètres du but, qui tirait à côté !
Puis Jesse Marsch a sorti Patrice Bernier et fait rentrer Justin Braun. Si certains se choquent de se remplacement en raison des prestations des deux individus (voire de leur origine), je trouve ce changement on ne peut plus saugrenu d’un point de vue tactique. Tu déséquilibre ton milieu de terrain qui marche mieux avec trois hommes dans l’axe (par où ton équipe essaye en plus obstinément de passer) pour faire entrer un attaquant que tu ne sais pas comment bien servir.
Dès lors, l’Impact n’a quasiment plus rien montré offensivement. Le coach aurait pu corriger ça rapidement puisque Nyassi a remplacé Wenger dix minutes après le retour au 4-4-2. Mais il a confirmé son changement de disposition plutôt que de mettre le nouveau venu sur un flanc et un des deux ailiers dans l’axe, eux qui peuvent y être à l’aise. Les images télé laissaient croire à une désorganisation offensive de l’Impact, mais sans vision globale et en ne connaissant pas les consignes de l’entraîneur, il faut éviter les jugements hâtifs.
Les changements de Robin Fraser ont été bien plus payants. Un centre de Villafana du côté gauche était repris sans peine par Angel dont la tête croisée prenait Ricketts à contre-pied. Le buteur était pourtant bien entouré de joueurs de l’Impact, extrêmement passifs sur cette action. Tant lui que l’auteur du centre étaient montés au jeu cinq minutes plus tôt ! Encore un but sur centre de Chivas, qui a marqué plus de la moitié de ses buts de la sorte cette saison…
Dans les dix dernières minutes, arrêts de jeu compris, Montréal a jeté l’énergie du désespoir pour revenir à la marque mais a souvent péché par précipitation. Seul un coup franc de Felipe après la fin du temps réglementaire a quelque peu fait frémir Kennedy mais a échoué sur le toit de son but.
Outre les changements très douteux de l’entraîneur, ce qui me chagrine de cette rencontre c’est que son résultat a été scellé non pas en raison des forces et des faiblesses de Montréal, mais bien de celles de l’adversaire, tant pour les buts qu’il a marqués que pour celui qu’il a encaissé. Cela arrivait en début de saison quand l’Impact n’avait pas d’identité de jeu, mais avait tendance à disparaître. Ce brutal retour témoigne que malgré des progrès évidents ces dernières semaines, il y a encore beaucoup de progrès à faire sur le terrain… et sur le banc.