DC UNITED : Hamid, Russell, Jakovic, McDonald, Woolard, Najar, Kitchen, Boskovic (60
e Neal), Pontius, De Rosario (75
e De Leon), Santos (79
e Salihi)
MONTRÉAL : Bush, Mallace (46
e Brovsky), Thomas, Valentin, Wahl, Warner (68
e Camara), Felipe (46
e Di Vaio), Arnaud, Ubiparipovic, Mapp, Nyassi
ARBITRE : M. Ward
AVERTISSEMENTS : Warner, Arnaud, Valentin
LES BUTS : 45
e Pontius (1-0), 50
e Russel (2-0), 90
e Salihi (3-0)
Le déplacement à DC United annonçait tout sauf une partie de plaisir pour l’Impact. Les conditions, d’abord, avec une canicule à faire fondre la pierre, dans un stade où l’équipe locale est quasiment imbattable (son dernier faux pas remonte au mois d’avril contre… Montréal). L’équipe ensuite : pour des raisons diverses, il fallait ajouter aux blessures de Rivas et Ferrari les présences de Ricketts, Camara et Brovsky sur le banc, ce qui donnait une défense pour le moins expérimentale sur le terrain. Au milieu, Ubiparipovic relayait Bernier, suspendu.
L’adversaire, enfin. DC United sait tout faire offensivement, et chaque joueur a en quelque sorte sa spécialité. Le jeu aérien pour Maicon Santos, le jeu au sol pour Pontius, la faculté d’accélérer le rythme pour De Rosario ou les phases arrêtées pour Boskovic. Un petit tour sur
visiondujeu.com m’a aussi permettre de voir que DC United marque dans tous les domaines tactiques, tant en début qu’en fin de match, de près ou de loin, en passant par l’axe et les côtés, etc. Difficile à contrer !
Le début de la rencontre ne permettait pourtant pas de voir un contraste flagrant entre les deux équipes. Le jeu était globalement équilibré, le milieu de terrain à 5 de Montréal causant quelques problèmes à l’équipe locale. On se rendait compte quand même du côté expérimental de la formation montréalaise, par quelques petites erreurs, certains placements hésitants et l’une ou l’autre faute inutile. Dans l’ensemble, on aurait pu dire que c’était pas mal… si on avait assisté à un match de préparation, et en tenant compte que l’adversaire n’avait pas encore dépassé la première vitesse.
D’ailleurs, la première occasion du match fut montréalaise. On jouait depuis une dizaine de minutes quand une perte de balle locale profitait à Nyassi. Plein axe et seul au milieu de quatre adversaires, il a tenté sa chance de loin : une frappe écrasée a priori sans danger mais quand même déviée en corner.
Sans en donner l’air, DC United a pris l’ascendant sur la partie. D’abord, en s’adaptant au jeu de son adversaire. Il a resserré les rangs au milieu et obligé les joueurs de l’entrejeu montréalais à s’éloigner les uns des autres. Je n’ai pas vu l’intégralité des autres rencontres de cette équipe, mais cette faculté est peut-être une explication de ses résultats : elle bat les derniers de classe et perd contre les premiers, qui ont sans doute les qualités pour l’empêcher de s’adapter en cours de match.
Ensuite, en cherchant à prendre l’ascendant psychologique par des “occasions faciles”. Puisque l’équipe peinait à s’approcher du but de Bush, elle a décidé de tenter sa chance de loin. Avec succès puisque en deux minutes, une frappe à distance de Santos obligeait Bush à une belle parade, puis une autre de Pontius terminait juste à côté. Non, il n’y avait pas de but, mais on a senti la peur s’installer chez les jeunes Montréalais qui ont alors reculé et complètement laissé l’initiative à leur adversaire.
À partir de là, les occasions sont tombées de toutes parts pour l’équipe locale. Elle a d’abord failli profiter d’un geste malencontreux de Mallace qui, en voulant empêcher une passe de De Rosario de se rendre à Santos, a dévié le ballon sur l’intérieur du montant de son but. Heureusement pour lui, c’était ce qu’on appelle un « piquet sortant ».
À la demi-heure, Boskovic s’infiltra dans l’axe sans être inquiété et tenta un tir placé du gauche de l’entrée du rectangle. Sa frappe finit toutefois très loin du cadre. Ce fut ensuite au tour de Santos d’effacer Mallace, Ubiparipovic et Thomas dans le rectangle avant de tirer juste à côté.
Et l’Impact là-dedans ? Il était complètement impuissant. Devant, Nyassi suivait l’exemple de Di Vaio mercredi en se montrant très mobile sur toute la largeur du terrain. Sauf que dès qu’il se déplaçait sur un côté, personne n’occupait l’espace qu’il libérait et il n’y avait aucune solution offensive. La planche de salut aurait pu venir des phases arrêtées, mais la précision n’était vraiment pas au rendez-vous dans ce domaine.
Toutefois, malgré les difficultés rencontrées par l’équipe, elle pliait mais ne rompait pas. C’était une question de secondes, et on s’approchait de la mi-temps. On n’eut toutefois pas le temps de l’atteindre quand Pontius, excentré sur la gauche, rentra dans le jeu et, d’un simple crochet, se joua de Mallace et Thomas avant de placer un tir croisé hors de portée de Bush (1-0).
Malgré les introductions au jeu de Brovsky et Di Vaio, la deuxième mi-temps reprit sur le même mode. On rejouait depuis cinq minutes à peine qu’un coup franc du spécialiste maison, Boskovic, trouvait la tête de Russel qui avait pris le dessus sur Wahl, le faisant passer pour un joueur de cour de récréation, et propulsait le ballon au fond des filets (2-0).
Trois minutes plus tard, Santos, qui avait reçu un long ballon et pris la défense de vitesse, rata le 3-0 en envoyant sa pichenette au-dessus. C’était quasiment le signal de la fin du match et la suite, hormis les cartons, ressembla surtout à un galop d’entraînement. L’équipe locale se permit même le luxe de retirer du jeu trois de ses quatre menaces offensives, c’est dire si elle pensait que la victoire était déjà dans la poche…
DC United baissa d’ailleurs le pied durant quelques minutes, ce qui permit à Montréal de s’approcher quelque peu d’Hamid. Mais hormis un centre-tir d’Arnaud dévié en corner, il y eut peu d’occasions de vibrer pour les supporters montréalais. Avant de sortir, De Rosario avait tenté sa chance de loin à deux reprises : un tir était passé peu à côté, l’autre avait fini dans les nuages.
En fin de match, ce fut plus animé, les remplaçants De Leon et Salihi, souhaitant saisir la chance qui leur était offerte, ont réveillé les élans offensifs de leurs couleurs. Servi par le premier nommé, Najar envoya un tir peu à côté. Après une promenade de santé de deux de ses coéquipiers sur la gauche, De Leon tira à bout portant sur Bush, qui repoussa le ballon dans les pieds de Salihi, à l’affût. L’attaquant albanais ne laissa pas passer sa chance de fixer le score à 3-0.
Si les chiffres sont les mêmes que mercredi dernier contre Toronto, les attentes étaient légitimement moindres, il ne faut donc pas comparer les deux défaites. Une défense expérimentale contre une équipe au jeu offensif complet et très solide chez elle : les chances étaient déjà inégales au coup d’envoi. Il reste que tout supporter de Montréal qui se respecte peut légitimement être déçu d’avoir vu un match où les siens n’ont rapidement plus été dans le coup.