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Montréal est entré dans l’ère Renard

Posted on 1 October 2019

 Impact de Montréal
Médias et supporters montréalais ont fait connaissance avec le nouveau directeur sportif du club, Olivier Renard : posé, il a fait valoir les vertus de la patience et du travail collectif, tout en montrant déjà la direction qu’il comptait suivre et son style avec quelques petites phrases bien senties parlant entre autres d’identité, d’amis, d’humour et de demi-frère.

Comment souvent lors de l’embauche d’une nouvelle personnalité importante au club, on a commencé par dire pourquoi et comment il était arrivé à Montréal. Le président Kevin Gilmore a expliqué que plusieurs candidats étaient en lice, dont Renard, présenté par Walter Sabatini.

“Nos contacts remontent à plus de cinq ans, on en a à chaque mercato. Walter m’a demandé à la mi-juillet si le projet pouvait m’attirer”, a précisé Renard. Cependant, il venait de s’engager à l’Antwerp et ne voulait pas faire faux bond au club belge. Il a quand même étudié la question.

Sauf que les concours de circonstances ont continué de s’en mêler : il a rendu visite à Sabatini au moment où Joey Saputo et Gilmore étaient en voyage en Europe pour rencontrer Bojan. Tout ce beau monde s’est retrouvé, et Renard a visiblement effectué un pas supplémentaire vers Montréal ce jour-là. Il y est aussi venu il y a deux semaines pour se faire une idée supplémentaire. Finalement convaincu par le projet montréalais, il a commencé par accomplir les tâches estivales qui lui incombaient à l’Antwerp avant de s’engager à Montréal.

“C’est nous qui avons pris la décision de l’engager, pas Walter”, insiste Gilmore. Il faut dire que les critères d’embauches avaient été définis par les hauts dirigeants montréalais : expérience au poste de directeur sportif, expérience internationale, connaissance de la MLS, maîtrise du français, de l’anglais et de l’italien. “Il rencontre cinq de nos six critères. Quand l’équipe gagne cinq matchs sur six, on est content”, a expliqué le président, ajoutant : “Quand on veut prendre des bonnes décisions très importantes, il ne faut pas paniquer, pas se presser. On a pris le temps d’aller chercher Olivier, de prendre le meilleur candidat.”

S’il y a des critères de base, on sait toujours que d’autres considérations entrent en jeu. “Olivier Renard va être une pierre angulaire (…), il est prêt à prendre les décisions difficiles”, a ainsi déclaré Gilmore, qui apprécie beaucoup d’avoir engagé un dirigeant jeune mais déjà expérimenté. “J’ai toujours favorisé l’innovation, les nouvelles idées, les pensées différentes. Olivier a déjà six ans d’expérience comme directeur sportif mais il pense encore un peu comme un joueur et il prend ça en compte. J’aime le fait que sa connexion avec l’aspect sportif est assez récente.”

COLLABORATION ET SINCÉRITÉ


D’ailleurs en Belgique, Renard était réputé pour avoir une connexion avec le vestiaire des clubs dont il a été le directeur sportif. C’était évident à Malines, puisqu’il y était joueur quelques mois plus tôt. Mais c’était aussi le cas au Standard. À plusieurs reprises, il a expliqué qu’avant de bâtir sa stratégie à Montréal et de prendre des décisions importantes, il allait rencontrer les gens en place le plus rapidement possible.

C’est aussi en ce sens qu’il est allé quand on lui a parlé du sort de Wilmer Cabrera : “Je veux prendre le temps de bien connaître les personnes, de voir comment les gens se sentent ici ; après, on va voir comment sont les sensations. Je dois d’abord rencontrer les gens, mais avoir pris une décision par rapport à l’entraîneur n’est pas une nécessité avant de prendre des décisions pour l’un ou l’autre joueur”, a-t-il précisé.

Prendre le temps de connaître et d’apprendre, tout en commençant à travailler rapidement : voilà le premier équilibre que doit trouver Renard qui, comme tout décideur sportif venu d’un autre championnat, s’est fait interroger au sujet de ses connaissances de la MLS. “Quand quelqu’un vient de l’étranger, il doit faire ses preuves. Il faut rester humble, a-t-il expliqué. C’est un championnat étrange et particulier, c’est pour ça que j’ai besoin une équipe autour de moi. Vassili (Cremanzidis) sera là pour me guider dans ce qui peut se faire ou non en MLS. Après trois ans de non-qualification, il faut travailler, retrouver les valeurs de solidarité. Avec mes connaissances footballistiques, je peux les apporter, et faire des choix de joueurs aussi. Comme au Standard et à Malines, je vais avoir une équipe derrière moi : un homme seul ne sait pas tout faire.”

Ces valeurs, Renard les apportera avec de nouveaux visages : après plusieurs saisons terminées en dessous de la ligne rouge en championnat, il estime que des changements sont nécessaires pour redevenir compétitif. Et il dit ne pas avoir peur de faire des choix : “Je ne suis pas là pour me faire des amis, je suis là pour qu’il y ait des résultats. Et quand les résultats sont là, tu as des amis.” Voilà qui a le mérite d’être clair !

Reste que le travail en collaboration est important à ses yeux. Et il a bien expliqué que ce qu’il attendait d’une bonne collaboration, c’était avant tout de la sincérité : “Si on me pose des questions, je donnerai toujours mon avis. Je n’ai jamais obligé un coach à aligner un joueur, mais s’il me demande mon avis, je vais le lui donner. Dans un sport collectif, il faut savoir s’entraider. Les adjoints ne sont pas là pour toujours dire ‘tu as raison’ ; j’aime quand les membres de mon équipe de scouting me demandent si je suis sûr de ce que je pense d’un joueur, de revoir certains aspects.”

Autre équilibre, conjuguer la patience et la fait que tout va très vite en football, ce dont Renard est parfaitement conscient. À ses yeux, être patient, ce n’est pas forcément traîner, mais bien éviter de tomber dans la précipitation. Il l’a illustré ainsi : “Dans les moments difficiles, si tu paniques, si un coach change de tactique ou d’équipe tout le temps, ce n’est peut-être pas le meilleur signal par rapport à un groupe.” Certains supporters de Houston lui conseilleront peut-être, dans son évaluation de Wilmer Cabrera, d’aller voir ce qu’il y a fait dans les moments difficiles.

UNE ÉTAPE À LA FOIS


L’échéance de la Ligue des champions, début février, n’effraye pas Renard. “Si je m’entends parler de deux mois et demi, un arrêt qui ne dure pas aussi longtemps en Europe, et que je dis que j’ai peu de temps avant la Ligue des champions, ce serait une excuse ridicule.” Les deux mois et demi, c’est le temps entre la fin de la saison en MLS et la reprise des entraînements. En Europe, c’est généralement un mois et demi, parfois moins pour des clubs dont la saison a fini tard et qui doivent jouer les premiers tours préliminaires sur la scène européenne. Sans oublier que la première période des transferts en MLS se prolongeait ces dernières années jusque début mai.

Attention ! Il n’a pas dit que l’équipe serait prête pour être au sommet en Ligue des champions. Mais plutôt qu’il avait le temps de réussir un bon premier mercato avant le début de la compétition. Après, évidemment, il faudra laisser le temps à l’entraîneur, peut-être nouveau lui aussi, aux nouveaux joueurs et aux anciens de se connaître, de développer des automatismes et de bâtir un style de jeu. Et pour ça, il n’y aura pas un long hiver mais juste quelques petites semaines menant aux huitièmes de finale en Ligue des champions.

La confusion dans les rôles est bien présente dans certains esprits à Montréal - pas forcément au club, mais souvent chez certains supporters et observateurs. On a ainsi reproché à Rémi Garde de n’avoir pas mené à bien certaines tâches qui ne sont pas du ressort de l’entraîneur. Interrogé à ce sujet, Renard n’a pas voulu juger l’entraîneur français mais a quand même remis certaines choses à leur place : “Mon but est de mettre la plus haute qualité possible dans le vestiaire, d’amener des joueurs qui sont un plus sportif et seront un plus financier. Un entraîneur, c’est pour ça qu’il s’appelle entraîneur, est là pour entraîner et faire progresser les joueurs.” Dans le même ordre d’idées, il a expliqué que l’origine du joueur n’était pas gage de succès ou d’échec.

Si on peut s’attendre à du renouveau cet hiver, tout ne changera pas du jour au lendemain. Renard a bien laissé comprendre qu’il comptait avancer par étapes et ne brûler aucune d’entre elles. Ceux qui rêvent de voir Montréal ressembler au LAFC en 2020 devront prendre leur mal en patience. “Rentrer dans des comparaisons de clubs, il ne faut pas le faire. Avant de parler de titre, il faut d’abord savoir qui on est et stabiliser le club, participer le plus de fois possible aux playoffs. Tu dois commencer par la première étape avant de viser plus haut (…) Il est impossible de changer une équipe en quelques jours. Il faut connaître la philosophie du club, que chacun sache ce que nous voulons et où nous voulons aller.”

Ces déclarations ont semblé générer des réactions très diverses chez les supporters. Cependant, cela fait longtemps qu’unanimement, ils veulent de la stabilité. Stabiliser le club dans la première moitié du classement, voire aux alentours de la 10e place (sur 26, l’année prochaine), c’est la garantie de se sentir compétitif à chaque début de saison, c’est jouer dans la même cour que Portland, dont les résultats saison après saison sont un exemple de stabilité (tout comme New York et Seattle, dont les situations sont peut-être moins comparables). Est-ce vraiment si peu enviable ?

PHILOSOPHIE, HUMOUR ET DEMI-FRÈRE


Et, oui, le mot est tombé : philosophie. Kevin Gilmore veut que le club ait une identité. Une partie de celle-ci correspondra à la vision du football qu’a Renard. “On doit essayer de faire plaisir aux supporters en jouant un football offensif. Je crois qu’ils préfèrent voir un 3-3 qu’un 0-0. Évidemment, il ne faut pas faire n’importe quoi non plus ; en football, il n’y a que le résultat qui compte.” Ne vous attendez pas à l’entendre répondre “4-4-2” à une question sur l’identité, c’est évidemment tout à fait autre chose.

Quoi exactement ? Il prendra le temps de le déterminer. “Ce serait maladroit de ma part d’arriver de l’étranger et de dire que je vais décider de l’identité du club demain. Je dois prendre connaissance d’où je mets les pieds : le style de vie, le caractère, l’humour.” Oui, vous avez bien lu !

Doit-on s’attendre, en raison de ses liens avec Sabatini et des liens qui unissent Montréal et Bologne, à voir deux équipes jumelles ? Certainement pas ! “L’identité de ce club n’est pas du tout la même que celle de Bologne. On a le même père, le proprio, mais on n’a pas la même mère… c’est plus un demi-frère. On peut profiter de la situation pour avoir des joueurs comme ceux qu’on a maintenant ; si on ne le fait pas, c’est qu’on est fou. Mais on n’est pas le club satellite de Bologne. Il faut avoir notre propre identité. La façon dont on doit construire cette équipe doit être claire, la façon de jouer, la façon de recruter.”

Et alors, c’est pour quand ? “Ça va prendre du temps aussi. Avec les règles, avec le budget, généralement ça prend deux mercatos ; c’est le laps de temps que ça a pris dans mes équipes précédentes.” Bilan : on peut s’attendre à voir des premiers changements cet hiver, à connaître une identité claire en août prochain, et à en voir les premiers fruits pour le début de la saison 2021.

Vu la saison en cours, il a légitimement été beaucoup question de l’équipe lors de la conférence de presse. Mais Renard devra aussi avoir un œil sur le fonctionnement sportif global du club. Notamment la place des jeunes et le possible retour d’une équipe réserve. Il a déjà quelques idées sur les questions : “Si on peut trouver de bons joueurs de la région, auxquels les supporters s’identifient encore plus, tant mieux ! Mais si on va mettre 11 joueurs originaires de Montréal sur le terrain et qu’on perd tous nos matches, ça n’ira pas. Quand dans l’effectif, il y a trois joueurs pour le même poste, il faut au moins que le troisième soit un jeune du club, pas un étranger. Avec une équipe réserve, même si parfois il y a encore un gouffre avec l’équipe première, au moins les jeunes ont du temps de jeu. Et un jeune qui ne joue pas, c’est une catastrophe.”

Olivier Renard a ses idées, mais ne vient pas avec des recettes toutes prêtes : il n’a pas de baguette magique, comme il l’a dit lui-même. On a pu en découvrir quelques esquisses lors de sa présentation, mais il doit encore peaufiner sa connaissance du club et de la MLS. On a donc hâte de voir ses premières décisions, mais aussi le fruit de son travail à long terme. Une nouvelle ère s’ouvre au club, espérons que cette fois-ci, elle soit gage de stabilité, de réussite et de durabilité.

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