2008 : Concacaf, nous voilà !

Par Eric Chenoix

 Pépé

2008 fut sans le moindre doute l’année des nouveautés pour l’Impact de Montréal. Si l’ouverture du stade Saputo était dans les cartons depuis un moment, deux autres éléments vinrent ajouter du piquant à cette saison toute spéciale : la création de la Ligue des champions de la Concacaf et, pour y accéder, un nouveau championnat du Canada. Changement de décor radical. Les habitués avaient maintenant une nouvelle demeure nettement plus somptueuse, et un nouvel ennemi, nettement plus coriace, le Toronto FC.

L’aube d’une nouvelle ère

À tout seigneur, tout honneur. La saison 2008 débute par l’inauguration du nouveau domicile du club au Parc olympique. Bâti au coût de 15 millions, le stade Saputo, qui intègre les gradins de l’ancien complexe d’athlétisme présent sur le site, est inauguré en grandes pompes lors d’une journée où le soleil brille de tous ses feux... ah, non, ça c’était la journée portes ouvertes de la veille ; le premier match, lui, se déroule sous une pluie torrentielle qui ne s’arrêtera qu’au coup de sifflet final, évidemment. Pour l’occasion, on reçoit Vancouver, mais le match se termine sur un nul blanc.

Double stress pour les supporters après ce premier match dans le nouveau temple du foot québécois. Le prochain adversaire de passage au stade sera... le Toronto FC. L’Impact pourra-t-il rivaliser avec un club de MLS ? Mais, surtout, on se demande qui marquera le premier but de l’histoire du stade. S’il fallait que ce soit un Torontois... Les rouges débarquent à Montréal appuyés par un fort contingent de supporters (le plus gros groupe de supporters visiteurs jamais vu à Montréal jusque-là) et devant une défense montréalaise en mal de ses deux ténors, Pizzolito et Gervais, blessés. Ceux-ci laissent place à Leduc et Pesoli. Ça augure mal. L’Impact joue cependant sans complexe et fait suer les Torontois. On rivalise ! Malheureusement, le ciel tombe sur la tête des locaux à la 72e minute quand Velez, de la tête, fait 0-1 et inscrit à jamais son nom dans l’histoire du stade Saputo. Défaite doublement amère.

Deux matchs à domicile, aucun but marqué. De plus, avant de s’installer au stade Saputo, l’équipe a commencé la saison plutôt mal avec six points en six matchs à l’extérieur. Dans les tribunes, ça grogne. L’entraîneur Nick De Santis est sous les feux des projecteurs. Et ça ne s’améliore pas. En fait, ça va de plus en plus mal. Incapable de marquer à domicile, l’Impact tombe face à Portland (0-1), puis réalise son traditionnel 0-0 contre Miami. L’Impact reprend la route dans l’espoir de s’éloigner de la guigne du nouveau domicile, mais se fait bombarder à Charleston 3-1. De Santis cède sa place à John Limniatis et devient directeur technique.

Montréal revient à la maison y accueillir Charleston et tenter de venger l’affront subit quelques jours plus tôt, toujours à la recherche de son premier but dans son nouveau stade. Et c’est finalement Patrick Leduc qui brise le mauvais sort en y allant d’une lourde frappe qui cogne le dessous de la transversale avant de retomber clairement derrière la ligne. Clairement pour tous, sauf pour les officiels, qui ne voient rien. L’Impact n’a pas le droit de marquer, dirait-on. Ça devient difficile, la pression est grande. Rocco Placentino vient enlever un énorme poids de sur les épaules de tout le monde en marquant enfin à la 69e minute du 5e match de l’équipe au stade Saputo... Montréal l’emporte 1-0, et on peut enfin passer à autre chose.

Champion du Canada

Et cette autre chose, c’est le retour à l’autre compétition, le championnat du Canada. Quelle joie de jouer sur deux tableaux plutôt que d’attendre le prochain « choc » contre Rochester ou l’arrivée des séries. Cette fois, les Whitecaps, encore eux, viennent nous rendre visite. Par le fait même, ce seront les premiers adversaires à jouer deux fois au stade Saputo (question quiz gratuite pour piéger vos amis). Plus inspiré, l’Impact l’emporte 2-0 sur des buts de Jefferson et Gjertsen, l’ancien des Caps. S’il fallait ramener trois points de Vancouver la semaine suivante, ça nous placerait en bonne position, bien que la plupart ne croient pas à une qualification en raison du poids du monstre torontois. L’Impact version Limniatis monte en puissance, et abat les Railhawks 3-0 avant de prendre l’avion en direction de Vancouver, où il l’emporte 0-2, grâce à des buts de Brown et Testo... l’ancien des Caps. Maintenant, il faudra compter sur Vancouver pour d’improbables résultats contre Toronto...

Sûrement trop occupé à observer ses rivaux canadiens, l’Impact retombe dans ses travers en championnat USL. Mais il est vrai que le spectacle du championnat du Canada en vaut la peine. Vancouver s’impose à Toronto, contre toute attente, et fait exploser le classement. Peu importe le résultat de Toronto à Vancouver, le championnat se jouera à BMO Field, et l’Impact, avec une victoire, serait champion ! On y croit, mais pas vraiment. En fait, on n’ose pas y croire. Mais Vancouver nous aide encore un peu en tenant les Torontois en échec à Vancouver (2-2). Ce sera nous ou les rouges, et un match nul nous suffirait. Quel cadeau, ce nouveau championnat !

Le mardi 22 juillet, un petit contingent de supporters prend la route pour aller supporter l’équipe lors de cette « finale » du championnat. La tension est palpable et l’animosité bien présente dans les tribunes. Dans l’obligation de gagner, Toronto mène le débat, puis fait sauter le verrou relativement tôt dans le match ; dès la 15e minute, Ricketts (non, pas le gardien), abandonné au second poteau trompe Jordan de la tête (1-0). Tout devient nettement plus difficile pour l’Impact, qui n’avait pas marqué contre Toronto à Montréal. Le doute s’installe dans le bloc des supporters visiteurs, mais pas pour longtemps. Gjertsen, totalement indifférent à la pluie de serpentins envoyée par le kop local, envoie son corner au premier poteau sur la tête de Brown, qui égalise (1-1, 26e). Euphorie ! L’Impact souffrira pendant de longues périodes, notamment en seconde mi-temps, sous l’impulsion d’un arbitrage favorisant résolument le côté adverse. Mais il tiendra, luttant jusqu’au bout, enseveli sous les assauts répétés de son opposant. Il tiendra, notamment grâce à la talonnade salvatrice de Pizzolitto devant Cunningham, mais surtout en se battant avec cœur et détermination, sans relâche. Trois coups de sifflet. Délivrance ! L’Impact est champion et se mesurera aux meilleurs du continent ! Ça change de Miami...

Plongée dans l’inconnu

Si un club de MLS nous paraissait un peu exotique, la Ligue des champions nous garantit le dépaysement total. Avant d’accéder à la phase de groupes, l’Impact devra affronter le Real Esteli, un club du Nicaragua. Ça vaut quoi le championnat du Nicaragua ? On n’en sait rien. Le style de jeu, les joueurs à surveiller ? On ne sait rien de rien. En fait, tout ce qu’on connaît, c’est le logo du club et quelques photos qu’on a trouvés sur Internet. On nage en plein mystère et, franchement, on est nerveux. Le 27 août, les équipes montent sur le terrain et l’Impact écrit un autre chapitre de l’histoire du foot canadien, devenant la première équipe canadienne à participer à un match international officiel. Et le match, aussi attendu était-il, ne soulevait guère les passions ; le duel était lent, voire lourd, et n’offrait pas grand-chose à se mettre sous la dent. Puis, soudainement, l’Impact menait au score ; après un cafouillage de la défense adverse incapable de bien dégager un centre de Di Lorenzo, Gjertsen secouait les filets de l’approximatif gardien d’Esteli (1-0, 42e). Énorme. On mène contre les champions du Nicaragua, imaginez ! À l’époque, c’était quelque chose. Après tout, le club avait failli disparaître quelques années auparavant ; quel chemin parcouru ! L’Impact survivait donc avec brio à sa première rencontre avec l’arbitrage de l’école Concacaf et sortait vainqueur de ce premier duel historique. Encore faudrait-il maintenant aller confirmer en terre étrangère une semaine plus tard. Pas simple. Après tout, nous n’étions qu’un club de USL trop souvent incapable de battre Miami.

En chemin vers le Nicaragua (ou plutôt vers le Honduras ; le stade d’Esteli n’étant pas conforme, le club devait jouer ses matchs dans un stade situé au Honduras), l’Impact écarte de sa route les Railhawks (0-2), match dont nous n’avions à peu près rien à foutre, il faut le reconnaître, vu l’importance du rendez-vous suivant. Et donc, quelques mois à peine après l’ouverture de notre nouveau stade, nous voilà en train de vivre notre premier match officiel à l’étranger (hors États-Unis et Puerto Rico, on s’entend). Quelle saison, franchement ! Mais la nervosité nous empêchait de bien savourer la chose. Le match était gigantesque. Il faudrait tenir 90 minutes dans l’enfer de l’Amérique latine. Bon, avec le recul, c’était pas la Bombonera ou le Maracana, mais sur le coup, on voyait le défi presque aussi grand. Esteli cogne à la porte plusieurs fois, la tension est à son comble. Mais un peu comme à Toronto, on tient bon, et on fait le minimum requis (0-0). On passe en phase de groupe où, évidemment, ça va devenir plus complexe... Certains appréhendent déjà un massacre face à un club mexicain.

Prise de conscience, prise de confiance

Le tirage au sort aurait plus être plus difficile, mais pour un club de USL, il n’y a rien de facile. Le hasard fait que nous croiserons la route d’Atlante (Mexique), de Joe Public (Trinité-et-Tobago) et Olimpia (Honduras) dans le groupe C. Et pour nous faciliter la tâche, la majorité des matchs auront lieu durant les séries USL. Difficile de trouver un supporter optimiste dans les rangs montréalais. Certains, qui ne saisissent pas l’importance du tournoi, veulent même voir l’équipe se concentrer sur les séries. Sacrilège !

Le premier duel aura lieu au stade Saputo face à Joe Public. Le club au nom loufoque a violemment écarté New England, pensionnaire de MLS, au tour précédent, ce qui en effraie plus d’un. Et puis vient le match. Une reprise de volée spectaculaire de Pesoli devant le kop (1-0), un but de Donatelli en début de seconde mi-temps (2-0), trois points, un entraîneur adverse qui nous promet un massacre au retour et une toute autre vision de notre club et de cette compétition. Et si on pouvait ? Sans aucun doute, ce match fut le déclic pour la suite. C’était une prise de conscience collective. Entraîneurs, joueurs, dirigeants, supporters, tous avaient maintenant (presque) perdu leur complexe d’infériorité. L’Impact était en mesure de rivaliser avec les grands.

Mais. Parce qu’il y a toujours un mais. En USL, les résultats étaient moyens, comme si ce championnat n’était plus intéressant pour les joueurs. En plus, l’échéance suivante en Ligue des champions était la visite du champion de l’apertura du championnat mexicain, Atlante. Du lourd. Il faudrait mettre les bouchées doubles, au minimum. Le contexte était simple : des supporters mi-confiants bombardés de scénarios catastrophe par la diaspora mexicaine, qui ne se faisait pas prier pour prédire des massacres en faveur des visiteurs. C’est ce genre de rendez-vous qui forge la mentalité d’un club et de ses supporters. Quand on vous annonce mort avant le départ. Et les Mexicains étaient en nombre dans les tribunes pour venir voir le géant mexicain jouer avec le petit club canadien comme un chat joue avec sa proie. Un début de match difficile pour les locaux et des spectateurs mexicains plutôt présents, se permettant même après un quart d’heure d’enchaîner les « olé » quand les leurs enfilent quelques passes... Et cela a pour effet de réveiller l’Impact, comme s’il s’était soudainement souvenu qu’il jouait chez lui et qu’il n’allait pas se laisser ridiculiser. Dès lors, les locaux nous offrent un jeu plus cohérent et montrent même les dents. S’ensuit un duel plus équilibré, âprement disputé, dans lequel le gardien adverse, l’hirsute Villar, se met en évidence comme un des meilleurs gardiens à avoir affronté notre club tandis que son vis-à-vis, Jordan, n’est somme toute que très peu sollicité. L’Impact, devant nos yeux, tient tête au champion du Mexique. Bon, d’accord, ils n’ont pas mis tous leurs gros canons sur le terrain, mais peu importe. Et à quelques reprises, Montréal passe près de marquer. On est loin du film d’horreur dont nous parlaient les Mexicains. Mieux encore, Atlante ne réussit pas à nous battre. On récolte un point, dans l’euphorie la plus totale. Pas de doute, un 0-0 en Ligue des champions, c’est nettement plus excitant qu’un 0-0 en USL (prends ça, Miami).

Il faudra ensuite retourner au Honduras, pour jouer contre un club hondurien, cette fois. Mais avant, on prendra le temps d’éliminer Seattle (et Sanna Nyassi !) en quart de finale de la D1 des USL, notamment grâce à un match retour d’anthologie au stade Saputo. Certains blagueurs diront que l’Impact a relégué Seattle en MLS, le club du nord-ouest américain y ayant acheté sa place pour la saison suivante. Ce détail étant réglé, on commence à sentir que le poids du calendrier devient un problème. Si certains voulaient qu’on se concentre sur les séries, maintenant, il est difficile de trouver quelqu’un qui veut sacrifier la gloire internationale. Et comme on risque de souffrir en fin de match, autant se mettre à jouer tout de suite contre Olimpia, d’autant plus qu’on joue sans Grande, suspendu (pas par le club...). Dans un stade survolté... non, ça ne rend pas assez bien la réalité... je disais donc dans un stade SURVOLTÉ (il y avait même un cracheur de feu en tribune !), c’est Brown qui ouvre la marque dès la 3e minute de jeu, de la tête, sur un corner de Gjertsen (remember Toronto). C’est impossible. Mais c’est pourtant vrai. On mène au Honduras. Nous, on est Montréal, et vous, vous êtes qui ? Ben quoi ? Après tout, on est premiers du groupe... Olimpia remet le compteur à égalité à la 33e, mais on joue bien et on sent qu’on a la confiance. Ramener un point du Honduras ? Aucun problème. Regarde-nous bien aller. Bon, d’accord, on s’emporte et ça se complique. C’est pas facile de jouer au Honduras, et on le comprend maintenant, encore plus quand nos jambes commencent à devenir lourdes à cause de ce satané championnat parallèle qui ne mène à rien. Et puis, en Concacaf, il y a l’arbitrage qui peut toujours venir brouiller les cartes des gringos osant s’aventurer en terres hostiles. Et on n’en croit pas nos yeux. L’arbitre siffle un penalty. Mais pour nous ! Pendant que Gjertsen et Brown s’affairaient à refaire le coup du corner/tête/but, un vil défenseur hondurien poussait Brown dans le dos. Penalty, difficilement transformé, mais transformé. On mène 1-2 ! Allez, on ramène les trois points. Les locaux poussent mais ça ne mène à rien, ils s’énervent, se prennent deux cartons rouges en trois minutes en fin de match, et on rentre à la maison en tête du groupe, avec notre première victoire à l’extérieur. Aucun complexe. On est Montréal, quoi.

On se fait finalement débarrasser des séries en USL par Vancouver (notre bras droit officiel de la saison 2008), ce qui nous permet de nous concentrer sur le nouvel objectif : la qualification pour les quarts de finale de la Ligue des champions. Dire qu’il y a quelques mois, on avait peur de Toronto... Le mois d’octobre s’annonce chaud sur le terrain. Un déplacement à Joe Public où on nous réserve un massacre, ne l’oublions pas, puis Olimpia à domicile, et un voyage à Cancun pour terminer le tout (même si ça ne s’annonce pas comme des vacances). On commence donc par le début : le massacre annoncé. L’entraîneur de Joe Public nous avait annoncé quatre buts, et il avait raison. Encore une fois, on sonne la charge et Placentino troue les filets (littéralement) à la 4e minute. 0-1. Boum. On pourrait entendre le coach local ravaler ses paroles. Mais, fouetté, Joe Public égalise quatre minutes plus tard. De quatre en quatre en quatre, Montréal reprend les devants quatre minutes après. Après 12 minutes, c’est 1-2 ! Quel match ! Par la suite, on ne sera pas réellement inquiétés. Mais tant qu’à y être, pourquoi s’arrêter là ? Byers creuse l’écart juste avant la pause, puis Donatelli s’occupe d’enfiler joliment le quatrième but tant attendu par l’entraîneur de Joe Public. No problem.

Qualification dans la liesse

Cette seconde victoire en autant de déplacements permet à Montréal de se balader en tête du groupe, encore et toujours. Si bien qu’un match nul contre Olimpia à domicile garantirait la qualification pour les quarts de finale ! Ce serait fantastique pour ce dernier match à domicile en 2008... Mais bon, Olimpia nous avait quand même bien embêtés et voudra sûrement se venger de l’affront commis au Honduras, d’autant plus qu’il a besoin de trois points pour rester dans la course si Atlante bat Joe Public dans l’autre match. On salive déjà. En plus, la météo est de notre côté. Comme presque tout au long de la saison 2008, on a droit à un mélange de pluie et de vent, mais aussi de froid. Cela devrait faire souffrir les visiteurs, plutôt habitués au soleil de plomb. Et quel match ! Deux équipes qui veulent, un temps de merde, un foule électrisée et électrisante… Bref, mémorable ! Quand Brown ouvre le score acrobatiquement à la 40e minute, on a l’impression que toute la ville vient de célébrer (même si, dans les faits, il y a vraiment juste les gens au stade qui savent, ou à peu près). Dès lors, on ne peut plus perdre, parce qu’on est chez nous, qu’on est forts, qu’on est Montréal et que... but. Juste avant la pause, le dangereux Bruschi s’enfonce dans la surface et lobe Jordan de façon magistrale (un des plus beaux buts qu’on a vus au stade Saputo, sans aucun doute). Wow. 1-1. Ça s’annonce chaud en deuxième mi-temps. Et de fait, celle-ci démarre sur les chapeaux de roues avec d’une part un Impact tournoyant qui attaque constamment la surface adverse et de l’autre, un Olimpia qui profite du vent dans son dos pour donner du fil à retordre à Jordan avec des tirs de loin. L’Impact est à deux doigts de marquer, Olimpia aussi, on est sur les dents. Inutile de vous dire que le dernier match contre Miami ne se compare pas... Le tango endiablé se poursuit, mais nul ne peut prendre le dessus et c’est devant un stade en liesse où chacun est debout pour célébrer bruyamment que l’Impact se qualifie pour les quarts de finale de la Ligue des champions. Plus jamais, l’Impact ne sera un petit club canadien. Il sera pour toujours gravé dans l’histoire de la Concacaf comme un des huit meilleurs clubs du continent cette année-là... EU-PHO-RIE !

Avant de finir cette phase de groupes, il nous reste un petit détail à régler. Un déplacement au Mexique. Atlante est au second rang, mais s’emparerait de la première place avec une victoire. On joue donc pour avoir le droit d’affronter un adversaire théoriquement plus faible en quart de finale. Et encore une fois, on n’a pas le temps de s’asseoir que Montréal mène déjà. Après quatre minutes, Gjertsen fait 0-1 (l’Impact aura ouvert le score dans les cinq premières minutes de jeu à chacun de ses matchs à l’extérieur en phase de groupe). Une gifle pour les Mexicains qui avaient de toute évidence mis plus de poids sur le terrain que lors du match au stade Saputo (et engagé les services de l’organiste du stade de base-ball de la ville pour enflammer les tribunes). Malheureusement, une grosse bourde de Braz permet aux locaux d’égaliser 10 minutes plus tard. Autrement, c’est un match sans réelle histoire, même si Atlante fait le pressing en fin de rencontre, tentant de profiter des jambes mortes de certains joueurs qui arrivent à la conclusion d’une très très longue saison. Et c’est sur corner à la 83e minute que l’Impact encaissera le but que lui infligera sa première défaite en huit rencontres de Ligue des champions et le forcera à affronter, en 2009, un certain autre club mexicain...

La saison 2008 fut un véritable cadeau pour tous ceux qui l’ont vécue. De grands moments en grands moments, les émotions étaient fortes, tout comme l’équipe, probablement la meilleure et la plus soudée que nous ayons vue jusqu’ici... C’est cette saison-là que l’Impact a acquis ses lettres de noblesse. C’est cette saison-là que l’Impact est sorti de l’anonymat, ici comme ailleurs. C’est cette saison-là qui a fait ce que nous sommes aujourd’hui. C’est cette saison-là qui nous a fait oublier Miami.

Le Stade olympique explose

Cette qualification bouscule l’habituelle interminable période d’inactivité. Dès l’automne, la saga du stade se met en branle et occupe notre quotidien. On ne jouera pas au stade Saputo au mois de février, pour des raisons évidentes. Et comme le seul stade qui peut nous accueillir à Montréal en hiver ne peut être utilisé en hiver en raison de son toit qui risque de s’effondrer, on est devant une impasse. Toronto, Syracuse ? Non sens. Après des semaines de tergiversations, c’est finalement au début du mois de janvier que l’on annonce officiellement que c’est au Stade olympique de Montréal qu’on jouera ce quart de finale… s’il ne neige pas. Y a pas à dire, s’il neigeait, ce serait toute une tuile qui nous tomberait sur la tête…

S’il y avait moins de 10 000 personnes pour voir l’Impact réaliser l’exploit contre Olimpia au stade Saputo, cette fois, le club jouera devant une improbable foule. L’Impact se fixe comme objectif d’attirer 30 000 spectateurs. La partie inférieure des tribunes du grand stade pleine pour un match de l’Impact, ce serait quand même fantastique. Et puis, c’est l’avalanche : 30 000, 35 000, 42 000, 50 000… Les annonces se suivent et nous font nager en pleine utopie. Plus de 50 000 personnes à un match de l’Impact. Mais non. Il faudra le voir pour le croire. Certains prophètes de malheur promettent même un stade aux trois quarts plein de Mexicains…

Pourtant, aux abords du stade, ça ne parle pas espagnol. Le bar des supporters est déjà plein trois heures avant le match. Et pas longtemps après, on ne laisse plus y rentrer personne. Du jamais vu pour les Ultras, habitués à prendre un verre peinard à 15 ou 20 avant le match. Après un cortège mémorable d’une envergure jamais vue auparavant, les supporters entrent et prennent place dans l’enceinte. C’est finalement devant 55 571 spectateurs en grande majorité vêtus de bleu que l’Impact se produira ce soir-là. La tension est palpable. Nos hommes seront-ils à la hauteur ? La foule saura-t-elle les transporter ?

Le match commence et on n’a même pas le temps de commencer à stresser que l’Impact fonce, en lion, et agresse l’adversaire mexicain, qui en perd ses moyens. Puis, l’impensable. À la 5e minute de jeu, Sebrango saute sur un ballon dans le rectangle et met le pied en même temps que le défenseur adverse, ce qui propulse le ballon dans le fond du but. Le temps s’arrête. À cet instant précis, c’est simple, pour nous, l’Impact de Montréal est la meilleure équipe de l’histoire du foot, championne incontestée de l’univers. Le stade EXPLOSE, les joueurs courent dans tous les sens, ayant visiblement oublié comment célébrer un but durant les 4 mois d’inactivité dont ils sortent, on pleure de joie, la RIO surveille le toit. Il faut littéralement se pincer pour y croire. On est là, au stade olympique, en train de célébrer le but qui nous donne les devants dans un quart de finale d’une compétition continentale, avec 55 000 autres spectateurs en liesse. Nos héros (le titre est mérité) continuent d’en faire voir de toutes les couleurs à Santos Laguna, qui peine. La foule réagit à tout ce qui se passe sur le terrain. Les Montréalais assurent, mais combien reviendront pour un match de saison régulière ? Peu importe, dans l’immédiat, on pense plutôt à la demi-finale ! La mi-temps est sifflée sur le score de 1-0, et même si Santos Laguna a montré quelques flashs de rapidité et de technique plutôt impressionnants, l’Impact est la meilleure équipe sur le terrain. Il faudra se méfier.

La seconde mi-temps commence avec un Santos Laguna déterminé à montrer qu’il n’est pas venu pique-niquer au Canada. Mais on tient, sans broncher, sans paniquer, sans avoir peur. On est chez nous et ça se sent. Les Mexicains ont beau faire, ça ne marche pas. Et puis vient ce moment dont tous se souviendront pour toujours. À la 76e minute, Pizzolitto balance un long coup franc dans la moitié de terrain mexicaine. Brown prolonge de la tête dans la surface, où Sebrango bat de vitesse son défenseur et lobe de la tête le gardien. Le ballon rebondit une fois devant la ligne, une seconde fois derrière. BUT. Le stade explose encore. Sebrango saute par-dessus les pancartes publicitaires pour aller fêter son but devant le kop, où c’est le chaos le plus total. Les larmes coulent. Vraiment. Comme chaque fois qu’on revoit ce but. Le match se termine dans l’euphorie la plus totale. Montréal doit tenir 13 minutes sans encaisser le redouté but à l’extérieur. Mais c’est une soirée parfaite, donc ça n’arrivera pas. L’arbitre siffle, l’Impact a terrassé le géant et s’en va au Mexique avec une avance de 2-0.

La fin mouvementée d’un grand exploit

La suite, tout le monde la connaît, mais une poignée de supporters seulement l’ont vécue sur place. J’en faisais partie. Inutile de revenir en détails sur ce match qui a laissé de profondes cicatrices. On se contentera de mentionner quelques trucs étranges, comme un Di Lorenzo latéral gauche, un Sakuda fraîchement débarqué titularisé en lieu et place d’un Braz légèrement blessé qu’on « gardait » pour la demi-finale. L’Impact a-t-il péché par excès de confiance ? Peut-être. Si la déception au final est grande, il ne faut surtout pas oublier qu’on est allé mener le grand Santos Laguna sur son terrain alors qu’on était hors-saison. Nous sommes passés à quelques minutes, à quelques secondes de l’exploit. En fait, l’exploit, c’est Santos Laguna qui l’a réalisé en marquant quatre fois en 2e mi-temps, dont deux fois dans les arrêts de jeu. Malgré le fait que nos joueurs étaient totalement épuisés en fin de deuxième mi-temps, les Mexicains ont dû puiser dans leurs ressources pour nous battre.

Revenons sur cette fin de match, mais vue des tribunes. La tension était énorme autour de notre petit groupe de cinq, au milieu d’un océan vert et blanc, un peu à l’image de nos héros sur le terrain. Pendant que Santos Laguna balançait tout ce qui lui tombait sous la main à nos défenseurs, les spectateurs en faisaient de même avec nous ; insultes, projectiles (mais rien de très dangereux, rassurez-vous), douches de bière… tout y est passé. Plus ça avançait, plus la pression était grande ; d’un côté, les jambes lâchaient, de l’autre, on évitait de croiser le regard de nos voisins. Dans les deux cas, on espérait entendre le coup de sifflet libérateur au plus vite. Et puis, il y a eu ce 4e but. Sur le terrain, il y a eu une cassure ; les Guerreros ont définitivement pris le dessus et les nôtres n’y pouvaient plus rien. Du côté des supporters, on a senti la pression, déjà très lourde, nous écraser. Tout le monde dans ce stade savait que ça allait craquer. Et pour être bien honnêtes avec vous, perdus au milieu des 16 000 locaux, dans un territoire du Mexique que notre gouvernement nous avait recommandé de ne pas visiter deux jours avant notre départ, avec de moins en moins de gardiens de sécurité pour nous assister, on l’a quasiment espéré… Ok, non, faut être francs, on s’est carrément dit qu’il faudrait bien qu’ils en mettent un cinquième. On s’excuse. C’est peut-être de notre faute.

Une fois la poussière retombée, nos adversaires mexicains, autant étaient-ils hostiles à notre égard, ont su reconnaître la valeur de notre équipe et, surtout, celle de notre improbable présence dans la tribune du stade Corona. Puis, alors que nous attendions le OK de la sécurité pour quitter l’enceinte, ce fut le raz-de-marée de sympathie. Par dizaines, ils venaient nous saluer et nous donner une tape dans le dos, échanger un maillot contre une écharpe, se faire prendre en photo avec nous derrière le drapeau montréalais. Improbable avalanche de respect. À notre sortie de la tribune, notre secteur du stade est encore bien plein et c’est sous les applaudissements que nous suivons les agents de sécurité pour sauter dans un taxi qui nous ramènera à l’hôtel de l’équipe, où nous tenterons tant bien que mal de faire comprendre aux joueurs que ce qu’ils ont réalisé est gigantesque. Car il ne faut pas laisser cette fin en queue de poisson faire ombre à la grandeur de l’exploit réalisé par ces gars qui nous ont fait vivre, de loin, les meilleurs moments de notre vie de supporters de l’Impact. Respect à eux.

 

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