Saputo, Bologne et la sonnette d’alarme

Publié le 2 juillet 2015

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Déjà cet hiver, il se trouvait beaucoup de gens pour réclamer de Joey Saputo qu’il allonge les dollars pour faire venir un sacro-saint joueur désigné. Plus l’épopée historique de l’Impact avançait en Ligue des champions, plus les cris se faisaient insistants : « ça nous prend un joueur désigné, on peut rien faire avec [insérez votre bouc émissaire préféré ici] ». Et puis, on a pris conscience de ce qu’on avait fait. On a compris, temporairement, que notre équipe n’était pas mauvaise, qu’elle pouvait accomplir des choses. De fait, l’équipe a amorcé sa remontée au classement. Mais à Montréal, la satisfaction ne dure aussi longtemps que la période qui nous sépare de la prochaine défaite.

Par un beau mercredi soir du mois de juin, nous avons rencontré Toronto. Comme le match se déroulait au BMO Field, nous en sommes repartis avec rien, comme la plupart du temps. Jamais nous n’avons gagné là-bas. Business as usual, right? Pas tout à fait. Cette fois, malgré un duel somme toute équilibré (avouez qu’elles sont rares les fois où on avait l’impression d’être dans le coup à Toronto), il s’est passé quelque chose de différent. Les trois « joueurs désignés » de Toronto, au lieu d’être nuls ou au mieux effacés, on fait clairement la différence. Bradley, Altidore, Giovinco… Bingo.

Il n’en fallait pas plus pour que les cris reprennent. « Un joueur désigné, s’il vous plaît! C’est ce qu’il nous faut pour être compétitifs dans cette ligue, on en a eu la preuve! » Je dis bof. Bof, parce que si on avait gagné, ce qui aurait été possible si McInerney avait donné les devants aux hommes en bleu en première mi-temps au lieu de tirer à côté, personne n’aurait dit : « c’est la preuve hors de tout doute qu’on n’a pas besoin de dépenser des millions comme Toronto pour gagner. » Et donc, l’inverse est aussi vrai. Enfin, à chacun son opinion, mais comme dans tout, il y a une zone grise au milieu de laquelle se trouve la vraie réponse. On appelle ça l’équilibre.

Par contre, là où ça devient gênant, c’est quand les « gérants d’estrades » que nous sommes se mettent à faire des amalgames un peu trop rapides. « Saputo va dépenser 15 millions à Bologne, mais ne dépense rien ici! ». Sacrilège, traîtrise, meurtre? Il existe un univers de raisons pour lesquelles il ne faut absolument pas faire de parallèle entre les deux situations, mais de prime abord, tout le monde est capable de se rendre compte que passer de la Serie B à la Serie A, c’est autre chose que de gérer le mercato d’une équipe de MLS. Je dirais même que dans un tel contexte, 15 millions, c’est pas terrible.

Mais la gêne laisse carrément place à la honte quand des gens affirment du même souffle que « Joey se fout de l’Impact, il va probablement abandonner ». Là, je dis stop. C’est malhonnête, et carrément irrespectueux. Pas besoin de vous faire la longue liste des investissements du président dans son club, vous n’avez qu’à vous souvenir qu’on ouvrira notre premier centre d’entraînement dans quelques semaines.

Cependant, on ne peut que constater que les supporters que nous sommes s’attendent toujours à voir l’Impact gagner de façon conquérante, devant un stade comble, quelle que soit la situation. Mais dans la réalité, l’Impact de Montréal est un club moyen, avec des résultats moyens, des ressources moyennes, des ambitions moyennes à court terme et une attitude de club de milieu de peloton. Ça, c’est le portrait actuel. Personne ne nous a promis quoique ce soit. L’objectif reste vague : participer aux séries. Personne n’a promis qu’on allait les gagner. On veut simplement y participer. Vous voyez le décalage entre les principes de gestion du club et nos attentes de supporters aveuglés?

Attention, je ne dis pas que l’Impact est un petit club qui veut rester petit, loin de là. Ce serait mal connaître Joey Saputo. Mais les faits parlent d’eux-mêmes. Dès le départ, le modèle choisit pour la gestion du club était celui du Sporting KC ou du Real Salt Lake : une solide base collective, des joueurs efficaces, qui font leurs armes et deviennent des vedettes au sein du club, plutôt que l’importation à grands frais de joueurs établis. Et malgré cela, on ne s’est pas gêné pour amener du renfort d’ailleurs. Di Vaio, Piatti, des joueurs méritants, venus gober une bonne partie de la masse salariale. Mais il reste qu’un tel modèle de gestion prend du temps avant de réellement porter fruit. Il s’agit d’une vision à long terme. Il est donc inconcevable d’exiger de Joey Saputo qu’il sacrifie tout le travail accompli pour amener des joueurs désignés coûteux et les intégrer à l’équipe.

Là où Joey Saputo et l’état-major de l’Impact ont leurs torts, par contre, c’est dans le fiasco des entraîneurs lors des deux premières années en MLS. C’est là que nous avons perdu énormément de temps dans notre route vers les résultats. Dans un modèle comme celui de Kansas City ou du Real Salt Lake, la stabilité est maîtresse. Cependant, les changements d’entraîneurs amènent par le fait même des changements de joueurs, souvent nombreux. Ainsi, il ne reste presque plus personne de l’effectif de notre première saison en MLS. Nous avons pris du retard, mais nous reprenons du poil de la bête.

À sa quatrième saison en MLS, l’Impact devrait être plus important qu’il ne l’est dans la hiérarchie de la ligue. Les résultats devraient être plus satisfaisants, c’est une évidence, surtout après le long cauchemar de 2014. Mais attention à tous ceux qui ont le doigt sur la sonnette d’alarme : les changements intempestifs nous ont déjà coûté beaucoup dans notre progression; il serait idiot de succomber une autre fois en intégrant à l’aquarium de gros poissons qui viendront gober une grande partie du budget salarial. Patience. Ne devenons pas Toronto. Savourons plutôt le redressement effectué depuis quelques mois, et profitons de ces moments précieux où nous voyons un club (re)naître, établir sa personnalité et prendre, finalement, son envol.
Eric Chenoix
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