Biello démis de ses fonctions, Saputo affirme ses ambitions

Publié le 23 octobre 2017

 
Au lendemain du dernier match officiel de l’équipe cette saison, l’heure des bilans a sonné. Celui du club n’a pas tardé, et fut principalement consacré à l’annonce du congédiement de Mauro Biello et de son staff par un Joey Saputo résolu à prendre les choses en mains et dont les déclarations n’ont pas manqué de surprendre.

UN CONGÉDIEMENT ARGUMENTÉ


“Notre équipe a connu une saison difficile, je dirais même très difficile”, a affirmé d’emblée le président du club, énumérant l’incapacité d’atteindre la phase finale, l’échec en coupe du Canada, les difficultés tout au long de la saison et, “plus important, cette équipe n’a jamais eu d’identité de jeu claire”.

Une introduction qui ne laissait planer aucun doute sur la suite, mais ne s’arrêtait pas là : “Cette année, les faits ressemblaient beaucoup trop aux problèmes récurrents qui n’ont pas été corrigés. Avec tous les éléments que nous avions au sein de cette formation, je crois que nous étions en mesure de nous attendre à plus. Au bout du compte, nous avons été incapables de répondre à nos propres attentes et d’atteindre nos propres objectifs.”

Sans surprise, il a donc ensuite annoncé le congédiement de Mauro Biello, mais également de l’ensemble du staff technique. Insistant quand même : “Mauro a passé toute sa carrière ici, c’est un véritable bâtisseur de l’Impact et du soccer au Québec. La situation actuelle ne changera rien à tout ce qu’il représente.” Rien ne dit non plus qu'il quittera le club, mais s'il a nouveau rôle, cela ne sera décidé qu'après l'arrivée de son successeur.

Ce n’était pas tout. Le président a étayé ses arguments par la suite, faits et chiffres à l’appui. On était loin de justifications bancales ou, en tout cas, très peu claires, du passé. Morceaux choisis : “Il a eu la latitude complète de construire son équipe. Aujourd’hui, après presque trois saisons et au vu des résultats de cette année, nous pensons que l’heure du changement est venue.”

Il faut dire que Saputo a eu le temps d’y penser puisqu’il a déclaré que ses inquiétudes remontaient à… avril (nous y reviendrons) ! Il a rencontré l’entraîneur à plusieurs reprises avec Adam Braz, et des objectifs concrets ont été fixés. Là encore, Saputo a donné le genre d’arguments qu’on n’avait jamais entendus au club : “Nous devions mieux gérer les matches, mais nous avons perdu 10 points dans les dernières minutes, donc nous n’y sommes pas arrivé. Nous devions mieux défendre sur phases arrêtées, mais nous avons encaissés 23 buts sur phase arrêtée. Il fallait mieux défendre : avec 53 buts contre l’an dernier et 58 cette année, nous ne l’avons pas fait. Et les joueurs devaient être rendus responsables, et malheureusement je pense que ce n’était pas le cas. J’avais quatre objectifs d’amélioration : zéro sur quatre !” Il a aussi parlé de problèmes de complaisance au sein de l’équipe et du staff technique, qui devaient être “rompus”.

DES DOUTES DEPUIS AVRIL


Donc, oui, dès avril, le président avait des doutes. Entre ce moment-là et fin juin, il a rencontré l’entraîneur à trois reprises, ses inquiétudes passant de “un peu” à “vraiment inquiet”. C’était perceptible, puisque Biello aussi “était inquiet pour sa place”, dixit Saputo, qui a ensuite expliqué : “Je lui ai dit que je lui donnais jusqu’à la fin de l’année pour se placer. On a refait nos objectifs pour l’année : avoir au moins 50 points pour se rendre aux playoffs. On a regardé où on devait être à chaque match. Sans lui dire qu’il n’aurait plus d’emploi l’année prochaine, je pense qu’il était clair que les objectifs n’étaient pas atteints.”

Le congédiement fut annoncé à l’entraîneur hier. Mais il était peut-être déjà dans l’air, ou du moins dans certaines têtes, au printemps. “Avril aurait été trop tôt. Nous avons reparlé en juin, Mauro a dit qu’il fallait du temps. Et je lui ai donné le temps… Je pense avoir été juste avec lui, je voulais lui donner sa chance. Il la méritait”, a-t-il poursuivi, faisant référence aux résultats obtenus en fin de saison dernière.

UN PROCESSUS COMMENCÉ EN JUILLET, ET BIENTÔT FINI


Reste que la quête d’un nouvel entraîneur n’a pas tardé pour autant. “Je veux être clair avec tout le monde, alors je vais vous dire que oui, le processus a commencé… depuis un peu de temps déjà. Je dirais que le processus a commencé depuis juillet, a expliqué Saputo, surprenant tout le monde. Je ne voulais pas être en position de réagir en fin de saison, je voulais me préparer. On a regardé une longue liste de critères avec mes gens en Europe. Je dois vous dire que le processus a commencé avec mes gens en Europe.”

Commencé depuis longtemps, le processus a déjà bien avancé. Sans citer de noms, Saputo a donné quelques indications : “J’ai déjà rencontré plusieurs entraîneurs. Aucun entraîneur qui entraîne présentement aux États-Unis n’a été approché (ce qui exclut donc l’option Nesta). J’ai commencé avec des entraîneurs européens. J’ai rencontré en face à face ou eu de longues discussions au téléphone avec un entraîneur suisse, français, allemand, espagnol, deux italiens, et trois argentins. Ça a donc commencé depuis quelque temps.”

Et ça devrait finir bientôt… “On a des joueurs sous contrat jusqu’en décembre. J’aimerais qu’on ait un entraîneur bien avant ça, comme ça il pourrait voir l’effectif et même faire un petit camp d’essai. Je veux prendre le temps nécessaire mais j’aimerais être en position de nommer l’entraîneur d’ici deux à trois semaines. Notre objectif est qu’il soit en place à temps pour évaluer les joueurs actuels, mais aussi avec un rôle qui consistera à analyser les joueurs disponibles lors du SuperDraft et de la période des transferts internationaux en janvier.”

“COMME UN JOUEUR DÉSIGNÉ”


Saputo assure aussi avoir été hyper discret au cours des derniers mois, à un point tel que personne à l’Impact n’aurait été au courant : “Je ne pense pas que les joueurs savaient que le coach serait remplacé. Ce n’est pas quelque chose dont j’ai parlé avec Adam ou dans mon organisation. J’ai utilisé mes contacts techniques en Italie pour m’aider à trouver des entraîneurs disponibles qui veulent vivre l’expérience. Dire que c’était connu dans l’organisation que moi je cherchais quelqu’un, ce n’était pas le cas du tout.”

Et il ne cherche pas n’importe qui ! “Je pense qu’un entraîneur expérimenté, comme un joueur désigné, peut faire une différence. Nous nous rendons compte que si nous voulons rester compétitifs, nous devons regarder plus loin que ce que nous avons actuellement en Amérique du Nord. Nous avons investi dans les joueurs, dans l’organisation, dans la structure. Maintenant, pour aller au niveau supérieur, il faut investir dans un entraîneur. Je ne donnerai pas de noms, mais quand nous l’engagerons, vous vous rendez compte que ce ne sera pas du tout ce que nous avons eu auparavant. On va à un autre niveau. Complètement.”

Cela pourrait-il être Laurent Blanc, vu cet été dans les travées du stade Saputo ? “Quand Laurent était ici, je lui ai parlé de ce qu’on était en train de faire, de l’importance d’avoir un entraîneur qui pouvait nous amener à un certain niveau supérieur. Je lui ai demandé s’il avait des personnes en tête disponibles ou ouvertes à ça. Mais ce n’était pas une interview, il était ici en vacances.”

CRITÈRES REVUS À LA HAUSSE


Pour choisir le successeur de Mauro Biello, là encore, du neuf : des critères de sélection élevés. Certes, il y avait déjà des “cases à cocher” lors du recrutement de Marco Schällibaum, mais Saputo dit que c’est incomparable. “Il y en avait alors une dizaine, on est à la trentaine. On parle d’un entraîneur qui a coaché en première division en Europe et qui a gagné un championnat en Europe. Je pense que c’est un grand changement. On sait aussi que c’est un investissement assez important. Un investissement, pas une dépense, car si on veut continuer de développer notre académie, les joueurs qu’on a ici, le sport et l’amour pour l’Impact de Montréal, je pense que c’est un investissement qu’on doit faire.”

Au fait, ces critères, quels sont-ils ? “C’est assez exhaustif. On a basé ça sur quatre catégories différentes : spécificités, expérience, philosophie de jeu, langue,… Dans chaque catégorie, il y a beaucoup de choses. Quand on parle d’expérience, c’est au moins cinq ans à un haut niveau, quelqu’un qui a gagné des trophées. Quand on parle de philosophie : quel type d’identité il veut donner à cette équipe ? Je veux être sûr et certain qu’on vienne avec quelqu’un qui peut faire la différence.”

La langue, importante au moment de l’embauche de Schällibaum puis soudainement inutile lors de l’arrivée de Klopas, revient donc en force. “C’est essentiel qu’il parle français ou ait la volonté de l’apprendre, a insisté Saputo. La langue qu’on parle dans le vestiaire et sur le terrain, c’est l’anglais. Les entraîneurs que j’ai déjà rencontrés savent que le marché de Montréal est complètement différent d’autres marchés en MLS, que des médias comme vous sont là chaque jour. Il n’y a pas que le français, mais aussi l’anglais, l’italien, le portugais, il y en a des langues… Il doit au moins avoir la volonté d’apprendre la langue qu’on parle aux médias.”

Le nouvel entraîneur devra aussi idéalement être familier avec les équipes de jeunes et la montée de leurs pépites en équipe première. S’il remplit ses critères, il aura même son mot à dire sur l’école de jeunes du club et une partie de son organigramme !

BRAZ, DE SANTIS, FINANCES, CONFIANCE


L’organigramme de l’ensemble du club a également été évoqué, notamment les rôles d’Adam Braz et Nick De Santis : “Je sais le travail qui a été fait par Adam pour chercher les joueurs et avec le cap salarial. Je vois ce que Nick fait et ses contacts en Europe, et pour moi ça, ça ne change pas, ça continue. Nick est avec moi depuis 25 ans, je lui fais confiance. Il est bien vu à l’étranger où il représente le club formidablement. Regardez les joueurs qu’il a amenés, comme Di Vaio, Piatti, Blerim. Bien sûr qu’il a encore des contacts avec ceux-ci. Mais jamais Nick n’a entraîné l’équipe, dit quoi faire à Adam ou à Mauro. Son rôle est toujours le même et n’a pas changé.” Reste à voir comment se régleront les désaccords entre le futur entraîneur et ces deux hommes forts : qui aura le dernier mot pour les décisions cruciales ?

Dans un autre ordre d’idées, Saputo a aussi fait un bilan financier de la saison : “Nous avons réussi à contrôler nos dépenses cette année, ce qui est en ligne avec notre objectif de rentabilité d’ici 5 ans. Cela dit, le club est en dessous de la moyenne de la ligue dans de nombreux domaines, dont les abonnements et les revenus bruts aux guichets. Mais en 2017, ce qui est aussi clair, c’est qu’avec une moyenne de 20000 supporters par match, les supporters ont été derrière l’équipe malgré une saison difficile. Nous sommes heureux de voir que leur soutien se maintient peu importent les résultats.”

Ces chiffres sont peut-être quand même trompeurs, on a senti une nette baisse d’intérêt au cours de l’année, même si ça ne s’était pas forcément toujours remarqué au stade. Le lien de confiance, notamment, semblait de plus en plus ténu. Les annonces d’aujourd’hui sont un coup de barre nécessaire. Seront-elles suivies des effets escomptés ? Nous ne tarderons pas à le savoir. Les semaines à venir s’annoncent extrêmement intéressantes !

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