Bilans de saison 2018 (3) : aperçu général de la saison

Publié le 12 novembre 2018

 Impact Media
La fin de l’année 2017 avait marqué la fin d’un cycle. Sur le terrain, avec le départ de plusieurs joueurs charismatiques comme Bernier, Ciman et Camara, mais aussi sur le banc avec le congédiement de Mauro Biello à l’issue d’une saison loin de répondre aux attentes. Un changement préparé de longue date par Joey Saputo, qui était déjà à la recherche d’un entraîneur depuis l’été et a finalement confié les rênes de l’équipe au Français Rémi Garde.

S’il avait autour de lui un staff ô combien attractif, avec notamment Joël Bats, il devait découvrir un nouveau championnat et, surtout, une équipe plus qu’en chantier et un club ayant souvent du mal à trouver des solutions à long terme. Dans le noyau, l’arrivée de Taïder était la seule de nature à rassurer. À ses côtés, de nombreux points d’interrogation et, pour ne pas aider, une pléthore de blessures en défense centrale.

Le début de saison a donc été très long et difficile, réalisé avec les moyens du bord, heureusement renforcés au fil du temps par l’excellent Fanni et Camacho. Reste que dans un premier temps, la bonne vieille contre-attaque est restée la seule arme offensive efficace alors que derrière, la défense prenait l’eau semaine après semaine. Fin mai, l’équipe comptait 9 points sur 39.

Parallèlement, un travail de fond a quand même été effectué. Il a fallu du temps pour qu’il compense les carences de l’effectif et il était bien moins visible que les défaites douloureuses et quelques déclarations fortes (mais jamais méchantes) de l’entraîneur et de certains joueurs. Mais il a fini par payer : sur les deux derniers tiers de la saison, Montréal a eu des résultats dignes du premier tiers du classement et n’a plus jamais perdu deux fois de suite en championnat.

Le jeu déployé, lui, a grandement évolué. Garde ne dérogeait plus du 4-3-3, avait trouvé la meilleure place ce chacun et a corrigé les principaux problèmes de jeu constatés lors des trois premiers mois. Renforcée par Silva, l’équipe montrait qu’elle avait aussi des capacités à la construction et pouvait prendre des points en faisant autre chose que défendre et contrer. Il manquait quand même un finisseur, qui aurait dû être Jimmy Briand. Son transfert avorté est un des deux gros points noirs de l’été avec l’élimination dès l’entrée en lice en coupe du Canada.

La pente à rattraper était bien trop forte et malgré quelques renforts estivaux, l’effectif manquait cruellement de solutions et avait encore beaucoup trop de points faibles pour franchir la ligne d’arrivée en ordre utile. Comme prévu, 2018 fut donc une saison de transition, qui a quand même tenu en haleine les supporters montréalais jusqu’à la dernière journée de la saison régulière, ce qui était inespéré en hiver et au printemps. Garde et son encadrement ont aussi beaucoup appris, et tant les ambitions que les attentes peuvent désormais être revues à la hausse pour 2019.

LES TOURNANTS


21 avril : Après avoir disputé ses minutes les plus abouties depuis le début de saison et pris deux buts d’avance, l’Impact, rapidement réduit à dix, s’incline 3-5 contre le Los Angeles FC, relancé par un but de… Ciman. L’état de l’équipe, et du chantier, est sous nos yeux : il y a un certain potentiel quand tout le monde est là et que tout va bien, mais au moindre coup dur, il est évident qu’on est loin de la cour des grands.

26 mai : Battu 2-0 à Minnesota, l’Impact est en plein calvaire et présente un bilan de 9 points sur 39. La saison s’annonce très longue, et d’auto-proclamés connaisseurs réclament à haute voix le départ de Garde. Les carences, criantes, masquent certains progrès pourtant bien réels, mais les manquements de l’effectif sont énormes et il faut du temps pour en faire un collectif tenant un minimum la route.

30 juin : Deux victoires contre une équipe d’Orlando en déliquescence et une mini-trêve au début de la Coupe du monde ont apporté la confiance et le temps de travail nécessaires pour entamer le redressement. Ce jour-là contre Kansas City, Montréal nous offre probablement sa prestation la plus aboutie de la saison, avec une mise en place défensive sans faille et l’exploitation des rares faiblesses de l’une des arrière-gardes les plus solides du championnat. C’est aussi la troisième de cinq victoires en six matches.

26 juillet : Malgré les résultats de plus en plus encourageants, tout le monde est conscient que l’effectif est trop court pour mener à bien la course-poursuite vers une place en phase finale. Le mercato doit apporter les solutions, notamment un buteur bon dans les airs et dans le petit rectangle pour aider l’équipe à jouer haut. Son nom : Jimmy Briand. Annoncé partout, même par le club, il ne viendra finalement pas en raison de promesses qu’ils voulaient écrites et non orales. Même si les arrivées de Sagna, Azira et Amarikwa ont fait du bien, il manquait l’élément pour taxer foncièrement les défenses adverses.

15 septembre : Montréal gagne 1-4 à Philadelphie, équipe très joueuse qui, surtout chez elle, se fait trop facilement surprendre par les reconversions rapides adverses. Une victoire qui donne de beaux espoirs et à l’issue de laquelle l’IMFC est dans sa meilleure position de la saison au classement. Mais un scénario peut-être trompeur car par la suite, on a trop souvent vu l’équipe chercher à le reproduire, en étant trop attentiste face à des adversaires aux profils différents. Les carences offensives sont alors réapparues au grand jour et l’Impact, à bout de souffle, a franchi l’arrivée sous la fameuse ligne rouge.

LES JOUEURS


Le noyau : Trop court, on ne peut pas le décrire autrement. Preuve ultime : au cours des huit derniers matches, seuls 12 joueurs ont passé le cap des 90 minutes (et 7 autres ont eu droit à des miettes) ! Parmi eux, trois renforts arrivés au mercato estival. Sans oublier que dans le lot, certains ne sont pas des premiers choix. Notamment dans le rôle du buteur, problème qui a lourdement pesé de début mars à fin octobre. Si le manque de talent de l’effectif était dans les paroles de Rémi Garde en début de saison, c’est dans ses actes qu’on a retrouvé sa légèreté à la fin. Quand on prend tout cela en considération, on se dit que c’est presque un miracle d’avoir été compétitif aussi longtemps et qu’il y aura du mouvement cet hiver.

Tops : Rod Fanni et Ignacio Piatti. Difficile de les départager… Arrivé en début de saison pour dépanner, le défenseur Français s’est rapidement adapté. Patron d’une arrière-garde dont il n’est pas étranger à la bonne mise en place sur le terrain, il a fait taire les craintes liées à son âge mais confirmé les espoirs placés en ses qualités. Portant le secteur offensif sur ses épaules, l’Argentin a marqué 16 buts mais aussi donné 11 fois la dernière passe alors qu’il n’avait pas de buteur désigné. Son altruisme en progrès se vit aussi par la hausse de sa charge de travail défensif. Et tout cela, en alignant les saisons de régularité.

Flop : Michael Petrasso. Un des internationaux canadiens arrivés en début de saison, il était auréolé de quelques années d’expérience dans les divisions inférieures anglaises, où il avait toutefois peu joué. On le pensait médian, il a été considéré comme défenseur, mais son côté droit fut longtemps une vraie passoire. Tour à tour, Duvall a retrouvé ses meilleures sensations, son ami Edwards est parti, et Sagna est arrivé, plongeant chaque fois Petrasso davantage dans l’oubli. Et visiblement, il n’a pas su convaincre aux entraînements de recevoir sa chance à un poste plus offensif.

LE COACH


Rémi Garde : Il faut bien avoir en tête le vaste chantier auquel il était confronté en début de saison. Avec un effectif très limité, des renforts acquis à la hâte en cours de compétition, quasiment aucune valeur sûre et de nombreuses incertitudes, il a réussi à faire évoluer le style de jeu de l’équipe et à la rendre compétitive jusqu’à la dernière journée de la saison régulière. Tout cela en découvrant un championnat qu’il ne connaissait pas. Il faut aussi souligner l’apport des membres de son encadrement technique.

TENDANCES


Adaptation (+) : Quand on compare l’effectif à celui d’il y a un an, il n’a quasiment plus rien à voir. Malgré les nombreux soubresauts, rares sont les nouveaux qui ont vraiment échoué. Citons Petrasso et Edwards, parti à Chicago après quelques mois. Vargas a un goût de trop peu. Amarikwa n’est pas le buteur recherché, mais on s’en doutait. Et Diallo n’est pas responsable de sa blessure. Aucune de ces trois arrivées ne peut être qualifiée de gros échec. En revanche, la liste des joueurs qui ont rendu de précieux services ou furent de belles satisfactions est bien plus longue : Fanni a été le socle de la défense, Camacho l’a bien soutenu, Sagna a solidifié le flanc droit, on s’est félicité de la polyvalence de Raitala et du volume de jeu de Taïder, Krolicki a très bien dépanné, on se demande encore pourquoi Colorado a laissé filer Azira et Silva a beaucoup apporté après des débuts un peu hésitants.

Ambiance (+) : Les déclarations lors des bilans fleuraient bon la solidarité et l’harmonie, même si on n’atteignait évidemment pas les effusions de joie qui accompagnent les grands succès sportifs. Point négatif : longtemps, anciens et nouveaux ont semblé attendre que les autres prennent leurs responsabilités. Jusqu’à ce que Duvall vienne secouer le cocotier. Si on a parfois trop entendu les mêmes voix et vu les mêmes visages, il ne semblait pas y avoir de dissensions dans un groupe hétéroclite, et on n’a pas vu ruer dans les brancards les nombreux joueurs peu utilisés.

Spectacle (=) : La pluie de buts qui est tombée sur la MLS cette saison n’a pas affecté Montréal, qui en a marqué cinq de moins et encaissé cinq de moins que l’an dernier. L’absence de buteur devant explique le premier chiffre. Quant au second, il est dû à une mise en place défensive qui a compensé les journées portes ouvertes du début de saison. Celui-ci influence d’ailleurs la note pour ce point, mais il faut évidemment souligner l’amélioration de la qualité du jeu au fil des mois.

Affluences (-) : La moyenne de 18 281 spectateurs n’a pas à faire rougir, mais elle est quand même la deuxième la plus faible de l’histoire du club en MLS. Quand le total annoncé est bel et bien présent au stade Saputo, celui-ci n’a pas du tout l’air vide. Le défi est de le rendre à la fois attrayant et accessible, ce que l’administration en place n’a jamais réussi.

Finances (--) : Il y a un an, Joey Saputo parlait de dépenses “contrôlées”, en accord avec les objectifs du club. Il y a quelques semaines, il lançait un cri d’alarme, déplorant de lourdes pertes récurrentes. Pas besoin de répéter tout ce qui a été dit après ça pour comprendre que les caisses se vident beaucoup plus vite qu’elles ne se remplissent.


Les bilans de la saison 2018 sur ImpactSoccer.com
1. Le bilan du club
2. Le bilan de l’émission Coup Franc

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