Joey Saputo cède la présidence à Kevin Gilmore

Publié le 22 janvier 2019

 Impact de Montréal
Tremblement de terre au stade Saputo en ce mardi 22 janvier : Joey Saputo quitte la présidence de l’Impact de Montréal et cède le flambeau à Kevin Gilmore, qui a acquis ses lettres de noblesse dans les milieux du hockey et des loisirs.

Avec les départs de Richard Legendre et d’Adam Braz, l’arrivée de Patrick Leduc et une nouvelle répartition des rôles, on savait qu’un pion majeur manquait encore dans l’échiquier du club. On pouvait légitimement s’attendre à l’arrivée d’un nouvel homme fort, reprenant les tâches qui n’avaient pas encore été affectées, celle des vice-présidents partis au fil des ans et, on le sentait, quelques-unes du président Saputo, que l’on voyait prendre un peu de recul.

Mais finalement, c’était plus, bien plus que cela : s’il reste propriétaire, Saputo quitte la présidence du club, où il laisse son bureau à Kevin Gilmore. Diplômé en droit, ce dernier a occupé plusieurs fonctions haut placées dans le monde du hockey et des loisirs, avec quelques noms ronflants sur son CV comme le Canadiens de Montréal et la Walt Disney Company.

Au moment de l’annonce, le choc a toutefois été moins fort que ce qu’il aurait pu être car la nouvelle avait déjà fuité la veille dans le Journal de Montréal. Personne ne fut donc surpris de voir Saputo et Gilmore monter sur l’estrade, ni de l’annonce qui a suivi. Reste que quand il a déclaré “J’annonce que je quitte la présidence de l’Impact et du stade Saputo”, le désormais ex-président avait des trémolos dans la voix… et certains supporters de longue date ont sans doute eu un pincement au cœur.

Saputo : “Il est temps de laisser la place”


Ceux qui écoutent ses discours depuis longtemps savent que Saputo répète souvent, lors des grandes décisions, son désir de voir son club progresser. Et c’est encore ainsi qu’il a expliqué son choix de prendre du recul. “Pour continuer de faire mieux, il est évident que le club a besoin d’un changement majeur. Et ça commence à la tête de l’organisation avec un président dédié au club au quotidien, ce qui n’est plus le cas pour moi en ce moment. Après 25 ans, l’Impact a besoin d’une nouvelle direction et d’un nouveau regard pour affronter l’avenir. Il est temps de laisser la place à quelqu’un qui pourra être plus présent et supervisera les opérations du club avec sa propre vision et sa propre philosophie.”

S’il n’est plus président, Saputo reste propriétaire. Il a confirmé son rôle et son implication financière pour l’avenir : “Je reste lié à l’Impact en tant que président de conseil et partenaire de gestion du holding qui détient l’équipe. Comme propriétaire, je demeure entièrement disponible pour aider Kevin au besoin. Mais mon intention est de prendre mes distances du quotidien et de me concentrer sur mes autres compagnies.” Il a aussi précisé par la suite : “On a un plan pour être rentable d’ici 3 ans, et je pense qu’on va y parvenir. Je reste propriétaire et prêt à soutenir l’équipe financièrement. S’il y a des investissements à faire, on doit regarder le retour sur investissement. Mon implication financière personnelle ne change pas.”

S’il a souhaité ne pas dévoiler les détails du processus de recherche de son successeur à la tête du club, Saputo a en revanche accepté de partager ses sentiments au moment de passer la main : “Céder la présidence était plus facile que je pensais. Je n’avais plus autant de temps qu’avant, c’était le moment de passer à un autre niveau. Je ne voulais pas juste donner l’équipe à quelqu’un mais m’assurer de trouver quelqu’un capable d’amener l’équipe à un autre niveau. J’étais prêt à le faire.”

Gilmore : “AGIR COMME UN CLUB DE GRAND MARCHÉ”


Ce quelqu’un, c’est donc Kevin Gilmore. Son arrivée est permise grâce, explique le club, à “un partenariat à long terme avec Bold Sports & Entertainment (Bold). Cette entente vise à explorer des opportunités stratégiques entre les deux organisations et permettra l'arrivée de Gilmore, associé chez Bold, avec l'Impact.”

Surtout connu à Montréal pour ses années de vice-président exécutif et chef de l'exploitation du Canadiens de Montréal, Gilmore, né au Saguenay et diplômé en droit, a fourbi ses armes à la Walt Disney Company avant de notamment travailler dans des clubs de hockey (Anaheim puis Los Angeles), dans le divertissement (AEG), et d’œuvrer dans le service-conseil en fondant notamment son entreprise, 4Sport Consulting. Le “corporatif” est un fil conducteur important de son parcours professionnel.

Et c’est la notion de marché qui est revenue le plus souvent dans son premier discours, ambitieux. “Nous devons comprendre que nous jouons dans un grand marché, et agir comme tel, à tous les niveaux, a-t-il insisté. Il faut un changement de culture : comme on est à l’ombre des Canadiens, on se dit qu’on est dans un petit marché. Le sport, pas seulement le hockey, est très important pour les gens à Montréal. Il faut agir comme un club de grand marché tant dans notre approche des supporters et des partenaires corporatifs que dans l’équipe qu’on met sur le terrain. Lors de réunions avec la ligue la semaine dernière, je me suis fait dire par des gens du club qu’on ne recevait pas assez d’attention, contrairement aux équipes de LA ou de New York. Je leur ai dit que c’était peut-être de notre faute, qu’on devait agir comme une équipe de grand marché.”

La méthode pour changer cette culture a aussi été annoncée : “La première chose à faire est d’instaurer une confiance envers ce qu’on est et ce qu’on peut être. Effectuer les démarches et utiliser les ressources nécessaires pour élever notre situation.”

Est-ce que ça passe par des changements administratifs et organisationnels ? On n’en doute pas une seule seconde quand on entend le nouveau président déclarer : “L’équipe qu’on bâtit dans les coulisses, celle qui n’est pas sur le terrain, est tout aussi importante. Le but est d’établir notre organisation comme un modèle en MLS et dans le sport professionnel.”

DÉPENSER MIEUX ET NON DÉPENSER PLUS


En revanche, pas question pour Gilmore de se mêler de trop près des affaires sportives. “Ça fait 25 ans que je suis dans le sport, et avec les Kings j’ai œuvré près de l’équipe et j’y ai vu que l’ingérence des gens qui ne sont pas du sport n’est pas bonne pour l’équipe. Comme président, je vais m’informer, car c’est mon rôle, mais jamais m’ingérer.”

Ce qui ne veut pas dire qu’il n’a pas d’opinion sur la manière dont l’équipe est bâtie et si elle convient. D’ailleurs, il ne s’est pas fait prier de répondre à ceux qui voulaient voir un grand nom signer sous peu. “Si on commence à parler de vedettes, on en a une… ESPN a dit il y a quelques semaines que Nacho Piatti est peut-être un des meilleurs joueurs du championnat mais que personne n’est au courant. On doit le faire rayonner tant ici qu’à l’extérieur de Montréal. Le but n’est pas de faire du bruit en amenant quelqu’un qui a un nom mais en faisant du bruit sur le terrain.”

On peut légitimement penser qu’au cours des prochains mois, où les comparaisons avec le passé récent seront forcément nombreuses, Gilmore va marteler qu’il ne faut pas dépenser plus mais dépenser mieux. Il l’a déjà fait comprendre clairement aujourd’hui : “Il y a une perception dans le sport que plus on dépense, plus on a de succès. Il n’y a rien de moins vrai : c’est une question de bien dépenser. Il faut établir la stratégie pour ce que notre club veut être.” À ce sujet, il a répondu en riant “à déterminer” quand on lui a demandé de définir l’ADN du club. Visiblement, il sait où il veut aller mais ne veut pas trop se mettre les pieds dans le plat avec la situation actuelle.

La route, elle, est déjà dessinée, et Gilmore a désigné la voie : “La clef en sport est de créer un lien émotionnel avec les supporters. Je pense qu’il reste encore beaucoup de place dans le cœur des Montréalais et encore beaucoup de cœurs à conquérir. L’expérience au stade Saputo est propre au soccer, incomparable. J’ai parlé avec beaucoup de gens qui n’ont jamais vécu une telle expérience. Peut-être que le soccer pour eux, c’est voir leur enfant de 6 ans courir sur un terrain. Il faut leur montrer, notamment avec notre partenaire TV, que cette expérience est incomparable.”

Gilmore va aussi devoir conquérir le cœur des nombreux supporters actuels. À en croire les réseaux sociaux, ses premiers propos ont été bien accueillis par des fidèles qui souhaitent un nouveau président ambitieux mais aussi proche de leurs préoccupations, et sont désormais curieux de voir comment les discours encourageants vont se matérialiser en actes.

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