Voici Olivier Renard, nouveau directeur sportif de l’IMFC

Publié le 28 septembre 2019

 Gazet van Antwerpen
On l’attendait avec impatience, on connaît désormais son nom : Olivier Renard est le nouveau directeur sportif de l’Impact de Montréal. L’ancien gardien de but belge est jeune - 40 ans - mais en sera déjà à son quatrième club comme dirigeant, après Malines, le Standard et l’Antwerp. Nous vous expliquons ce qui a certainement séduit l’Impact.

Commençons par les mots de Kevin Gilmore à son sujet : “Son profil cadre avec les critères que nous nous étions fixés. Il jouera un rôle crucial dans l'implantation de notre identité et de notre structure sportive afin de nous établir comme club de premier plan dans la MLS. Il a aussi démontré au cours des dernières années être capable de dénicher d'excellents joueurs tôt dans leur carrière sportive et les encadrer dans une structure favorisant leur développement, tout en bâtissant un effectif qui connaît du succès.”

Avant de parler du dirigeant, bref retour sur son parcours de joueur. Qui fut plutôt long : il a pris sa retraite à 34 ans, et n’en avait que 17 lors de ses débuts professionnels à Charleroi. Considéré comme un des gardiens d’avenir en Belgique (où on forme beaucoup d’excellents derniers remparts), il part très jeune pour l’Italie, à l’Udinese. Il portera ensuite les maillots de Modène et de Naples avant de revenir en Belgique, jouant au Standard, à Malines puis brièvement à Charleroi. Il a aussi remporté le prix de l’Esprit sportif du championnat de Belgique durant l’une de ses dernières saisons.

International dans les catégories d’âge, il a eu un parcours similaire à celui de Jean-François Gillet, avec qui il est ami, et qui a aussi quitté la Belgique jeune pour jouer en Italie (beaucoup plus longtemps, et plus souvent, notamment à Bari et à Bologne). Pendant leur exil, il était d’ailleurs fréquent que les fans de foot belges confondent les deux ! Entre 2008 et 2012, Renard a souvent été convoqué en équipe nationale, a même été le deuxième gardien attitré pendant quelque temps, mais n’a jamais disputé une minute sous le maillot des Diables. Un des grands regrets de sa carrière.

MALINES, STANDARD, ANTWERP


Dès qu’il a raccroché les crampons, il est devenu adjoint du directeur sportif du FC Malines, Fi Van Hoof, figure emblématique du club. La situation était claire : âgé de 72 ans, il comptait bientôt raccrocher et souhaitait former son successeur. Le rôle qu’avait Renard dans le vestiaire malinois avant de quitter le club six mois plus tôt (histoire de boucler la boucle à Charleroi, le club de ses débuts) faisait de lui un candidat intéressant. Il se disait par exemple que ses jeunes coéquipiers n’avaient pas peur de parler argent et contrat avec lui. Ce n’était pas sa première fonction hors-terrain, puisqu’il avait aussi été consultant pour la chaîne de télévision Club RTL lors de la diffusion de rencontres de Ligue des champions européenne.

Cela se passe bien puisqu’il prend la direction sportive du club au départ de Van Hoof. En 2016, il tente un nouveau défi et répond à l’appel du Standard où, disons, la situation est pour le moins nébuleuse. Censé remplacer Axel Lawaree, autre ancien du club, dans des fonctions similaires à celles qu’il avait à Malines, il se retrouve dans un organigramme où, comme on dit au Québec, il y avait beaucoup de chefs et peu d’indiens.

Les dissensions internes sont nombreuses et évidemment, chacun a sa version des faits. Toujours est-il que Renard obtient la confiance du président. Mais il n’est totalement libre que pendant une saison. En effet, après l’arrivée de Michel Preud’Homme sur le banc, le nouvel entraîneur en a aussi beaucoup à dire sur la politique sportive. Renard perd petit à petit de l’influence, et celle-ci disparaît complètement à mesure que grandit celle d’agents influenceurs autour du club.

Au début de la saison 2019/20, Renard se dirige alors vers l’Antwerp, où son rôle est un peu différent. Il doit y être le complément de l’homme fort du club, Luciano D’Onofrio, dirigeant très expérimenté qui a un énorme carnet d’adresses. Mais celui de Renard n’est pas mal non plus et, surtout, mène à d’autres pistes. De retour depuis peu parmi l’élite belge, l’Antwerp est ambitieux et la collaboration D’Onofrio - Renard est censée permettre à l’effectif, qui avait fini dans les places européennes il y a un an, d’effectuer un nouveau pas en avant.

TOUT POUR PLAIRE À L’IMFC


L’aventure fut de courte durée, mais c’est bel et bien Renard qui quitte l’Antwerp et non le club anversois qui le prie de partir. Quand on étudie le dossier de plus près, on se rend compte qu’il avait tout pour plaire à Montréal et pour y aboutir. À commencer par de très bons contacts avec Walter Sabatini, coordinateur technique des politiques sportives de Montréal et de Bologne.

Ces contacts ne datent pas d’hier. En effet, quand Sabatini était encore directeur sportif de l’AS Rome, il lui avait par exemple recommandé un milieu de terrain roumain appelé Razvan Marin. Déjà international, il évoluait toujours dans le championnat de son pays mais était aussi suivi par des clubs italiens et anglais. Cependant, grâce aux conseils de Sabatini, Renard et le Standard ont été les premiers à faire une offre concrète, ce qui a convaincu le joueur qui porte aujourd’hui le maillot de l’Ajax.

Renard a aussi des liens particuliers avec Bologne. En effet, quand il était au Standard, il avait chaudement recommandé la signature de Felipe Avenatti, mais n’avait dans un premier temps pas été suivi par sa direction. Le joueur a finalement été prêté par Bologne à Courtrai… avant de signer au Standard cet été.

Enfin, et cela rejoint les propos de Kevin Gilmore, en Belgique, Renard a la réputation de dénicher des transferts à l’étranger qui ne coûtent presque rien. Des joueurs qui, souvent, sont revendus à bon prix. Rien d’étonnant donc au fait que dans son communiqué, l’IMFC parle de revente et de millions. Cela a sans le moindre doute séduit les dirigeants du club, tout comme son réseau que l’on dit bien garni.

SA RÉPUTATION DE RECRUTEUR


Une partie de ce qui précède et l’essentiel de ce qui suit est basé sur quelques faits mais aussi sur la réputation de Renard relayée par les médias belges. Il va de soi que tout n’est donc pas à prendre pour argent comptant, et qu’on pourra vérifier si c’est justifié une fois qu’on le verra à l’œuvre à Montréal.

Ce qui semble en tout cas encourageant, c’est que Renard n’était pas connu pour rester dans son bureau mais voyageait apparemment beaucoup. Surtout en Europe, notamment dans les pays d’Europe centrale et de l’Est, mais aussi dans les Caraïbes et en Océanie. Il n’a absolument pas peur de fouiller les petits championnats et les divisions inférieures pour y chercher des joueurs. C’est ainsi qu’il a déniché Konstantinos Laifis à Chypre ou Sofiane Hanni en D2 turque, deux joueurs qui ont donné satisfaction une fois arrivés en Belgique.

Autre élément qui pourrait valoir quelques satisfactions, peut-être même à court terme : lors de son arrivée au Standard, il avait encore en tête quelques joueurs qu’il n’avait pas pu amener à Malines, souvent pour de bonnes raisons (les deux clubs n’ont par exemple pas les mêmes moyens financiers). Il n’a pas hésité à relancer quelques dossiers et à attirer à Sclessin des joueurs qui cadraient avec la politique du club liégeois.

Il faut dire que Renard garde tout, toutes ses conversations par sms, ses courriels, même ses discussions sur WhatsApp. Cela peut évidemment servir à retrouver des dossier intéressants… mais aussi de preuve quand il se fait accuser à tort. Gare à l’entraîneur qui dirait à un joueur “l’ordre vient d’en haut” quand il ne le fait pas jouer si ce n’est pas vrai et que Renard en a des traces écrites…

LE CARACTÈRE QU’ON LUI PRÊTE


D’autant que Renard n’a pas la réputation de se laisser faire. Certains ont été jusqu’à dire qu’il avait une personnalité conflictuelle et avait eu des relations pour le moins tendues avec plusieurs entraîneurs (à son époque de dirigeant, pas de joueur). Les articles dans les médias belges laissent en tout cas entendre qu’il est très exigeant dans ses attentes envers un entraîneur. On espère donc qu’il ira en chercher un pour 2020 qui convient à ses exigences.

Parmi les autres reproches lus, le fait qu’il ait un avis tranché sur les joueurs (quand il n’en veut pas, il n’en veut pas) mais que quand, a contrario, pour un joueur ou autre, il n’est pas sûr de son coup, il peut se montrer très indécis et ne pas savoir de quel côté faire pencher la balance. Bien entendu, comme dit précédemment, ces opinions recueillies à droite à gauche (des sources fiables quand même, mais pas forcément directes) demandent à être vérifiées dans la réalité montréalaise. En outre, c'est dans le cadre du travail. Car pour les relations humaines, il a très bonne presse, un collègue nous disant qu'avec les journalistes, il est accessible et sympathique. Avec les supporters aussi d'ailleurs, puisqu'il était réputé en bons termes avec certains groupes ultras tant au Standard qu'en Italie.

Ce qui se vérifiera peut-être rapidement, car il en parlait lui-même dans une interview, c’est qu’il se dit très proche du vestiaire. À Malines, c’était assez évident puisqu’il y côtoyait encore certains joueurs quelques mois plus tôt en tant que gardien. Mais au Standard aussi, quand il avait les pleins pouvoirs, Renard disait avoir beaucoup d’échos de ce que pensaient les joueurs.

En plus de ceux dont on a déjà parlé, on dit que ses meilleurs coups à Sclessin sont Moussa Djenepo (aujourd’hui à Southampton), Christian Luyindama (Galatasaray) et Gojko Cimirot (toujours au Standard). Afin de détecter tous ces joueurs, il a aussi longtemps eu un fidèle bras droit appelé Christophe Lonnoy. Ce dernier travaille désormais pour Let’s Play, une société qui fait de “l’accompagnement 360°” de joueurs.

Notons enfin qu’après son arrivée au Standard, Renard a immédiatement déclaré qu’il manquait un profil qui amenait la révolte dans le vestiaire. Un ancien qui sonne la charge quand les choses vont mal et n’a pas peur de mettre des claques aux jeunes, il n’a rien contre. Ça n’est pas sans nous rappeler que dans les moments difficiles à l’Impact cette saison, on a souvent stigmatisé le manque de leadership dans l’équipe. Un joueur avec ce genre de caractère sera-t-il un des premiers transferts de Renard ? On le saura cet hiver.

En attendant, une tâche énorme l’attend puisqu’il va devoir déterminer la politique à long terme du club et trouver l’identité qui permettra d’en tracer la direction. Quelles idées a-t-il déjà ? Comment compte-t-il s’y prendre ? Quelles échéances s’est-il fixées ? On en apprendra certainement davantage ce mardi, lorsqu’il sera présenté officiellement.
M. V.H.

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