Démontage en pleine mer

New York Red Bulls - Impact Montréal 4-0 – Match de championnat (phase classique) joué le 29/07/2017

NEW YORK : Robles, Zizzo, Long, Murillo, Davis (69e Veron), Adams (81e Perrinelle), Felipe, Royer, Kljestan, Muyl, Wright-Phillips (87e Etienne)

MONTRÉAL : Crépeau, Duvall, Ciman, Fisher, Lovitz, Bernardello, Bernier (63e Mancosu), Salazar (71e Oduro), Dzemaili, Tabla (63e Piatti), Jackson-Hamel

ARBITRE : M. Salazar

AVERTISSEMENTS : Long, Ciman

LES BUTS : 23e Royer (pen., 1-0), 58e Murillo (2-0), 86e Wright-Phillips (3-0), 90e Royer (4-0)


Il y a 10 jours, New York était un concurrent direct de Montréal. Aujourd’hui, les deux clubs ne semblaient pas dans la même division. Très occupé pour sa première titularisation, Crépeau n’a pas été aidé et a dû se retourner quatre fois alors qu’offensivement, ses équipiers ne produisaient absolument rien.

Restant sur trois victoires consécutives face à son adversaire du jour, moins bien classé que prévu lors des pronostics de début d’année, l’Impact affrontait une équipe encore dans sa mire pour la course à la ligne rouge. Mais la dynamique est actuellement très différente dans les deux clubs. Alors qu’au Québec, on se désole et on a laissé filer le dernier droit à l’erreur, au sud de la frontière, Kljestan et consorts sont en pleine résurgence depuis quelques semaines.

Pour inverser la tendance, le staff technique du club a clairement misé sur la concurrence, n’hésite pas à le faire savoir et c’est visible depuis le début du mois. Restait à aller au bout de cette logique… Ce qui a été fait puisque Mancosu, décevant offensivement, et Bush, qui met davantage en lumière ses défauts que ses qualités cette saison, ont été respectivement remplacés par Jackson-Hamel et Crépeau. Une première pour le gardien en championnat.

Et une première qui a été occupée dès le coup d’envoi : on n’avait pas franchi la barre de la minute de jeu qu’Adams débordait et centrait vers Kljestan, dont l’envoi a été contré mais est arrivé à Davis, dont le tir a fini hors-cadre. Il ne fallut pas attendre longtemps pour voir la première parade de Crépeau, face à une tentative à distance de Felipe qui avait bénéficié de l’espace nécessaire pour tenter sa chance.

Malgré cette énième entame de match où l’Impact était dépassé, les échanges se sont davantage équilibrés dans les minutes suivantes. On put voir un des aspects de ce New York nouveau des dernières semaines : au lieu de presser comme des fous, ils ont démarré progressivement, à l’instar d’un bateau de croisière, pour arriver à un rythme constant. Après un quart d’heure, on a pu constater qu’ils l’avaient trouvé… et que Montréal était incapable de le suivre, et davantage en raison de la qualité du jeu que d’une différence physique.

L’étouffement a commencé au quart d’heure par une construction calme mais rapide dans l’axe – ce qu’on a régulièrement vu tout au long de la soirée – à l’issue de laquelle Davis a décalé Adams sur la droite : malgré l’angle quelque peu fermé, il a réussi à cadrer son tir, mais Crépeau l’a détourné sans problème.

Bien des supporters ont eu des sueurs froides quand Fisher a envoyé Royer à terre suite à un duel musclé à l’issue duquel l’arbitre n’a pas sifflé de penalty. Une décision qui, même avec les images, est loin d’être aisée à prendre : certains lui donnent raison (j’en fais partie), d’autres non. Mais à ce moment du match, pas le temps d’y penser ni d’en débattre, car sur le corner qui a suivi, Long a émergé, envoyant une bonne reprise mais droit sur Crépeau.

Il fallut attendre 20 minutes pour voir Montréal se créer sa première occasion. Comme quasiment à chaque fois, c’est parti d’un long ballon. Il était destiné à Salazar, qui a pris le dessus sur Zizzo avant de centrer vers Tabla à l’entrée du rectangle : après un contrôle qui lui a permis de devancer Adams, il a tiré immédiatement, hors-cadre.

L’Impact est tombé une première fois quelques instants plus tard. Tout est parti d’une touche rapidement joué par Muyl vers Royer, alors que la défense était inattentive. En tentant de sortir et de fermer l’angle, Crépeau a fauché son adversaire. Penalty. La victime s’est fait justice elle-même : c’était mal tiré, mais le portier avait choisi un côté, qui n’était pas celui où a été le ballon (1-0).

L’Impact a tenté de se relever. Mais avait le souffle coupé. On ne sait toujours pas par quel miracle Fisher, sorti d’où ne sait où, a contré une frappe à bout portant de Long servi par Kljestan après un gros mouvement local dans le rectangle de visiteurs qui semblaient tous complètement perdus sur cette action.

Mais on connaît les bleu-blanc-noir. Ces derniers mois, on les a vu être enfoncés mais efficaces et obtenir des résultats intéressants grâce à cela. C’est cet espoir que l’on avait en tête quand Ciman a envoyé un long ballon vers Tabla qui, bien que tergiversant un peu, a quand même pu tirer de loin, une frappe déviée en corner par Robles.

Reste que le contraste entre les deux équipes était de plus en plus flagrant. Notamment en matière de circulation de balle. Les uns se trouvaient facilement, par des combinaisons courtes et des mouvements travaillés. Les autres semblaient envoyer le ballon au hasard, idéalement le plus loin possible pour tenter de créer une occasion, espérant aussi un exploit individuel qui n’est jamais venu.

Mais sans le ballon aussi, il y avait des problèmes (et quand on opte pour une telle stratégie, c’est très problématique). Combien de fois Kljestan ne s’est-il pas retrouvé complètement seul ? Par exemple quand il a eu tout le temps de donner à Royer, qui a tenté un tir de loin brossé, repoussé par Crépeau. Quelques instants plus tard, c’est en deux temps que le jeune portier maîtrisait une frappe à distance de Zizzo.

Il put se contenter d’admirer le beau retourné de Wright-Phillips, qui a fini loin du cadre, quand l’attaquant anglais recevant un centre de Davis a décidé de compenser sa position dos au but en tentant le geste acrobatique.

Déjà à deux, le décompte des phases litigieuses pouvant amener un penalty a encore monté avant la pause quand Lovitz, bien moins à son avantage que face à Barrios, a fautivement tacklé Adams : l’arbitre a donné un coup franc juste en dehors du rectangle. Mais on est prêt à prendre les paris que s’il n’avait pas déjà sifflé un penalty, il aurait été plus sévère. Bien qu’à la limite, la faute était clairement à l’intérieur…

Toujours était que l’écart n’était encore que d’un but, et que l’espoir n’était légitimement pas éteint. Même pas besoin d’attendre le retour des vestiaires pour y croire plus sérieusement. À deux minutes du repos, sur un contre, Jackson-Hamel a décidé d’y aller tout seul : son tir de loin a fini hors-cadre. Et avant la pause, un coup franc derrière le rond central joué aussi rapidement que précisément par Dzemaili a parfaitement lancé le Bomabrdier de Limoilou seul au but, qui n’a pas pu parvenir à ses fins en raison d’un contrôle difficile mais surtout d’un extraordinaire retour de Zizzo.

Pendant qu’ils se demandaient ce qu’il pouvait bien se passer au vestiaire, les supporters comptaient bien sur une nouvelle ration de la potion magique qui, à plusieurs occasions cette saison, avait transformé l’équipe à la mi-temps, lui permettant de passer d’une situation calamiteuse à un résultat encourageant.

La métamorphose eut peut-être lieu. Parce que, oui, il y eut une différence entre le quatrième quart d’heure et les deux précédents. Au lieu d’être ballotté de tous les côtés, l’Impact tenait tête à son adversaire. Crépeau pouvait regarder le match de plus loin. Mais était-ce vraiment dû à des ajustements, ou au New York nouveau qui, de hors-bord manquant d’essence trop rapidement, s’est transformé en bateau de croisière qui écrase les frêles esquifs ? Et puis… c’était quand même à Montréal de remonter un but de retard.

Un seul… ça tenait du miracle. Et c’est passé à deux juste avant l’heure de jeu. Les bonnes dispositions valsaient à la poubelle. Kljestan a donné un corner un peu loin, au milieu de trois joueurs de l’Impact… qui se sont complètement empêtrés, ce qui a permis à Royer de s’emparer du ballon : son tir a été repoussé juste devant la ligne, mais Murillo fut le premier au rebond et fit passer les chiffres à 2-0. Montréal n’avait plus d’air, le dernier souffle d’espoir s’était envolé.

Le bateau pouvait poursuivre sa croisière. Sans torpille pour le menacer. Sans pirates pour l’accoster. Sans même la moindre petite vague pour le faire tanguer, ou à tout le moins faire semblant. Vent nul, Impact aussi (même Patrice Bernier a utilisé ce mot à l’issue du coup de sifflet final). Par contre, le navire local avait une option accélération. Sur l’une d’elles, un centre de la droite a trouvé Kljestan au cœur du rectangle : de la tête, Duvall a repoussé le tir placé de l’ex-Anderlechtois.

Voyant qu’ils pouvaient manœuvrer à leur guise, les New-Yorkais se sont dit que finalement, ils pouvaient continuer de développer leur jeu sans avoir à craindre un retour de leur adversaire. Et ils ont repris leur bonhomme de chemin, recommencer à enchaîner les occasions. Arrivé à toute vitesse, Muyl a envoyé au-dessus un centre en retrait bondissant de Veron. Une minute plus tard, Muyl est rentré dans le rectangle par la gauche avant d’envoyer un tir croisé repoussé par le poteau. Et dire que le lien Kljestan - Wright-Phillips était à peine visible. Rare exception, quand le premier nommé a glissé un ballon à l’entrée du rectangle pour son attaquant qui eut tout le temps d’envoyer un tir, détourné par Ciman.

Dans le jeu, dans la construction, en possession de balle, Montréal ne montrait rien, mais alors là absolument rien. Tout ce qu’il tentait, c’était des longs ballons, et chaque incursion offensive était un contre avorté. Ah si, il y eut une exception, à 10 minutes du terme, un centre de Piatti pour Lovitz qui avait plongé et reprit le ballon d’une tête piquée sans puissance que Robles peut cueillir sans le moindre problème.

Et pour bien confirmer que le hors-bord manquant d’essence était chose du passé, New York a enfoncé le clou dans les 5 dernières minutes. Lancé sur la droite par Kljestan, Muyl a centré en direction de Wright-Phillips qui a surgi au petit rectangle pour donner au match un score reflétant davantage sa physionomie (3-0).

À moins que le 4-0 eut été plus juste ? C’est en tout cas ce qu’allait afficher le marquoir après que Royer, lancé dans l’intervalle par Etienne, envoie un boulet de canon entre Crépeau et son poteau gauche. Oui, le jeune gardien aurait pu mieux faire sur cette action. Oui, il aurait pu être davantage inspiré lors de la faute qui a mené au penalty. Mais surtout, non, il n’a pas à rougir de son match, surtout comparé aux autres, et malgré tout, il s’en est sorti très honorablement pout sa première titularisation à ce niveau. Ce n’est certainement pas lui qu’il faut blâmer pour le résultat, et personne ne le fera !

Il est intervenu une dernière fois en sortant dans les pieds de Royer dans les arrêts de jeu, alors que New York jouait avec tellement de facilité qu’il tentait quasiment d’aller dans le but avec le ballon, plutôt que de chercher à faire passer les chiffres au score de forfait. Qui, diront certains, auraient bien illustré que ce soir, il n’y avait qu’une seule équipe sur le terrain, face à un onze fantomatique.

Les chiffres font mal. La manière encore plus. Mais le plus douloureux, c’est l’écart entre deux équipes alors qu’en novembre dernier, après un double duel serré entre deux équipes à leur meilleur, Montréal avait éliminé New York de la phase finale. Comment le fossé a-t-il pu se creuser à ce point-là entre les deux formations ?

Dans la réponse à cette question réside probablement une bonne partie de l’explication de la saison difficile de l’Impact actuellement. “Haro sur le recrutement”, entend-on beaucoup crier. Dans cette comparaison directe entre les deux équipes, pourtant, ça ne tient pas vraiment la route. Contrairement à Montréal, New York n’a pas conservé son onze de base. Il a même perdu un de ses meilleurs joueurs, McCarty, et… Duvall avait régulièrement joué lui aussi. Murillo était le seul élément transféré durant l’intersaison sur le terrain ce soir. Oui, l’hiver à New York fut encore beaucoup plus calme qu’à Montréal !

Et le printemps ? Dans un sens, similaire. Dans la mesure où les deux entraîneurs ont décidé de revoir leurs plans. Il y a un an, Jesse Marsch avait voulu changer son dispositif tactique pour intégrer Veron. Un échec retentissant, qu’il a rangé au placard en début d’été… avant de tenter de le dépoussiérer en début de saison. Sans davantage de réussite. Quant à Mauro Biello, il avait clamé haut et fort qu’il voulait que la possession soit la marque de son équipe, qui avait pourtant obtenu ses meilleurs résultats selon les principes “défendre et contrer”.

À New York, par contre, malgré une certaine obstination de l’entraîneur à aller dans la mauvaise direction, les principes de base étaient clairs, et sont restés : poser le jeu, combiner. À un moment, non seulement l’équipe technique a-t-elle compris qu’elle allait faisait fausse route, mais elle a aussi trouvé les solutions aux problèmes, notamment à celui de Kljestan qui, retrouvant ses habitudes de milieu défensif de formation, tentait de compenser le travail que ne faisaient pas ses partenaires et que faisait McCarty auparavant. Du coup, il était plus effacé offensivement, et toute l’équipe en souffrait. Ce soir, on a vu que ce temps-là était révolu. Et une fois que les pièces de l’engrenage ont été remises à la bonne place, le bateau a recommencé à avancer, chacun sachant déjà ce qu’il avait à faire.

À Montréal, on a davantage l’impression que tout a été démonté et que… Pour faire plus simple, autant procéder par une analogie avec un fait vécu par tout le monde, surtout dans l’enfance. Quand on a, souvent par curiosité, démonté un objet qu’ensuite, on était incapable de remonter et qui n’a plus jamais fonctionné. Eh bien, l’Impact en 2017, pour le moment, c’est ça. Et ce bricolage peut aussi bien se faire avec une horloge de haute précision qu’avec un bic bon marché. Même si on tente de se rassurer en se disant qu’on était petitement équipé.

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