L'Impact s'effondre face à un DC United efficace

DC United - Impact Montréal 5-0 – Match de championnat (phase classique) joué le 29/09/2018

DC UNITED : Hamid, Fisher (55e Ellis), Brillant, Birnbaum, Mora, Canouse, Moreno, Arriola (83e Mattocks), Acosta, Asad (69e Segura), Rooney

MONTRÉAL : Bush, Sagna, Fanni, Camacho, Lovitz, Piette, Azira (64e Vargas), Taïder, Silva, Piatti (71e M. Choinière), Amarikwa

ARBITRE : M. Unkel

LES BUTS : 17e Acosta (1-0), 48e Rooney (2-0), 61e Arriola (3-0), 78e Arriola (4-0), 82e Rooney (5-0)


L’Impact a été battu sur un score de forfait à DC United dont le principal mérite a été dans un premier temps de parfaitement sentir les moments où la défense montréalaise était déséquilibrée pour inscrire les deux premiers buts. Étalant ses limites et effectuant de mauvais choix jusque-là, l’équipe s’est alors complètement effondrée tant mentalement que physiquement.

Dès le coup d’envoi, DC United a voulu s’installer dans le camp de Montréal. Un scénario prévisible, mais pas forcément inquiétant pour une équipe de Montréal qui avait les moyens de cadenasser un adversaire qui n’est pas le meilleur pour construire calmement, et dont il fallait surtout se méfier des accélérations soudaines.

Et de fait, la mise en place montréalaise permettait à Bush de regarder l’action de relativement loin. Hamid pouvait en dire autant, sauf que quand le ballon s’approchait de lui, il y avait bien plus souvent danger. D’ailleurs, l’IMFC s’est créé la première occasion de la soirée : sur une contre-attaque, Silva s’est enfoncé plein axe au milieu de nombreux joueurs ne parvenant pas à l’arrêter, avant d’envoyer un tir de loin dévié qui a surpris Hamid, mais pas suffisamment pour le tromper.

Cinq minutes plus tard, soit peu avant le quart d’heure, Taïder a tenté une belle frappe brossée et pleine d’effet des 25 mètres, sur laquelle Hamid a plongé de manière plus spectaculaire que difficile pour capter le ballon au sol.

Alors oui, DC United semblait prendre l’initiative, mais les occasions étaient montréalaises. Jusque-là, elles semblaient surgir de nulle part. En fait, il ne se passait pas grand-chose, ce qui était tout à l’avantage de l’Impact.

C’est d’ailleurs lui qui a mené à son terme la première action construite digne de ce nom, ponctuée par un centre de Sagna repris de la tête par Amarikwa, au-dessus.

Depuis l’arrivée de Rooney, la force de DC United est sa vitesse, ou plutôt la faculté de certains joueurs de changer le rythme d’une action. Vu que ce n’est pas une équipe qui sait jouer très haut, comme les deux New York par exemple, ce qu’il fallait le plus craindre était donc une accélération de loin déstabilisant la défense.

Malheureusement pour l’Impact, il en a suffi d’une à DC United en première mi-temps pour trouver la faille. C’est Acosta qui a déséquilibré le bloc en passant entre Piette et Taïder. Asad, qu’il fallait craindre sur son flanc gauche, a eu la judicieuse idée de quitter sa position lors de cette action, pour encore plus perturber la défense de l’Impact : il a servi de relais pour qu’Acosta poursuive son accélération et la conclue victorieusement d’un tir croisé (1-0).

L’ouverture rapide de la marque par DC United changeait les plans de tout le monde. Montréal devait réagir et prendre davantage de risques. L’équipe locale, elle, aurait eu tout intérêt à poursuivre sur sa lancée. En effet, quand elle laisse son adversaire faire le jeu, elle s’expose régulièrement à des centres sur lesquels elle défend très mal. Sauf que Ben Olsen n’avait pas vraiment donné cette instruction-là…

On n’a pas tardé à le remarquer quad Amarikwa, passé à gauche sur cette action, a envoyé un centre au sol puissamment repris en un temps par Sagna, monté en ligne. Pour empêcher l’égalisation, il a fallu un énorme arrêt d’Hamid qui a ensuite devancé Taïder au rebond. Deuxième occasion, deuxième sur centre : c’était clairement la voie à suivre.

Montréal dominait et DC United n’en menait pas large. Les corners se multipliaient et eux aussi ont failli être conclus victorieusement. L’un d’entre eux a été repoussé par Hamid vers la ligne de l’entrée du grand rectangle où Silva était fin seul. Il a eu tout le temps de tirer mais a frappé au-dessus. Sur un autre coup de coin mal négocié, Azira, au cœur du rectangle, a pu envoyer un tir au sol, un ballon brûlant repoussé par le pied d’un joueur local.

DC United misait sur le contre, mais ses carences défensives semblaient lui gruger le plus d’énergie. Cela n’a pas empêché l’une ou l’autre situation chaude dans le rectangle de Bush, dont une relance hasardeuse de Camacho ou un corner remis par Birnbaum et dégagé par Lovitz, reste que le danger était tout sauf précis.

Il a peut-être quand même refroidi les ardeurs de l’Impact, moins inspiré en fin de première mi-temps, et qui semblait chercher les mauvaises solutions. Finis les débordements et les centres, le style était beaucoup plus conservateur, comme si le marquoir affichait toujours 0-0 ou si l’équipe se bornait à essayer de passer là où c’était impossible. Du coup, hormis un tir à distance de Piette capté sans problème par Hamid, il n’y eut plus grand-chose à se mettre sous la dent. Déjà là, on se disait que l’équipe était en train de laisser passer sa chance… à moins que la mal ait déjà été fait…

On eut peu de temps de se demander quelles instructions avaient été données aux vestiaires et comment elles allaient être appliquées, puisque seulement deux minutes après la reprise, DC United doublait la marque. Grâce à un bon pressing, Asad récupérait le ballon sur la ligne médiane et au bord de la ligne de touche. Il a glissé le ballon à Acosta qui avait conscience que la défense de l’Impact n’était pas en place. Une situation rare dont il fallait profiter, et il n’a pas tardé à lancer Rooney qui n’a pas raté l’occasion de faire 2-0.

On avait à peine repris que Piatti était lancé face à Hamid, dont la sortie parfaite lui a permis de plonger dans les pieds de l’Argentin et de repousser le ballon de la main. Le numéro 10 de l’Impact a récupéré le ballon mais il y avait tellement de monde devant lui qu’il a dû temporiser, laissant le temps à Arriola de revenir pour lui subtiliser le ballon.

Ce n’est que là que l’Impact a pris conscience de la pente à remonter. Et les joueurs ont cette fois été incapables de gérer la tâche qui leur incombait, ce qui a mené à un effondrement total. DC United, de son côté, n’a pas commis la même erreur qu’après l’ouverture du score et, au fil des minutes, a privé son adversaire de ballon, jouant simple et sans prendre de risque inutile.

L’Impact ne savait pas comment réagir, ou n’y arrivait tout simplement pas. Et DC United en profitait. À l’heure de jeu, un ballon récupéré quasiment au même endroit que sur le deuxième but était cette fois bien exploité par Rooney qui, pour ne pas ralentir le jeu, lançait Acosta vers Bush. Voyant Arriola sur sa droite, le créateur local lui céda le ballon latéralement, lui offrant le 3-0 sur un plateau.

Ce match a aussi permis de revoir les limites d’une équipe qui est à sa place en milieu de tableau, a le potentiel de sortir de grandes prestations quand tout le monde est à son meilleur niveau, est meilleure que les élèves du fond de la classe, mais a encore de gros points faibles individuels et collectifs, manque d’un buteur et peine dans certains compartiments du jeu… notamment ceux qui sont les points faibles de la défense de DC United, qu’elle n’a donc pas été capable d’exploiter.

Après son troisième but, l’équipe locale a levé le pied mais les visiteurs n’y étaient plus. Ils ont quand même été les plus menaçants, timidement. Amarikwa, de loin et lancé à pleine vitesse, avait de l’espace pour tirer mais a croqué sa frappe. L’attaquant a aussi disputé un ballon difficile à Hamid dans un duel à l’issue duquel la défense a pu écarter le danger. Mais la meilleure occasion fut pour Vargas, dont un coup franc a touché le dessus de la transversale.

Si l’Impact peut être très dangereux quand tout le monde est à son meilleur, ce soir, on était loin du compte. Amarikwa était à son niveau moyen, Silva n’a pas brillé outre-mesure, Taïder a disputé son plus mauvais match depuis longtemps, Piette a souvent été dépassé. Quant à Piatti… il a quitté le match en raison d’une blessure au mollet qui le handicapait vraisemblablement depuis le coup d’envoi. Pas à son meilleur physiquement, il semblait aussi diminué mentalement, avec beaucoup de mauvaises décisions et des choix tant avec que sans ballon qui ne permettaient pas au collectif de s’illustrer.

Faible sur les centres, DC United aurait notamment peut-être davantage souffert si Lovitz avait eu plus d’espaces pour monter et tenter d’envoyer de bons ballons. C’est arrivé… juste après la sortie du milieu de terrain devant lui. Son centre a été remis par Sagna vers Amarikwa dont la puissante reprise a été déviée au-dessus de son but par Hamid. Bilan : les meilleures occasions montréalaises ont été obtenues sur centre ou sur corner, mais ce sont loin d’être les forces de l’équipe, et elle n’a pas été en mesure de faire payer à l’adversaire ses plus grosses carences défensives.

Les forces offensives de DC United, par contre, ont été exploitées à la perfection par les joueurs locaux. Acosta a lancé une nouvelle accélération de loin, slalomant entre plusieurs joueurs de l’Impact avant de lancer Arriola qui a profité d’une sortie hasardeuse de Bush pour faire passer le marquoir à 4-0.

L’Impact était complètement désorganisé. Ou plutôt, il avait complètement baissé les bras : découragé, jouant en marchant, il ne se replaçait évidemment pas assez vite. DC United était repu mais à un moment, il s’est dit que si on lui offrait un espace béant, il allait s’y engouffrer. C’est comme ça qu’Arriola a été lancé seul vers le but : Bush lui est sorti dans les pieds très loin de son rectangle, a repoussé le ballon vers Rooney qui en a profité pour le lober et fixer les chiffres au score de forfait (5-0).

On est même passé près de ce qu’on appelle une roue de bicyclette en… tennis quand, sur un contre, Mattocks a trouvé Segura dont le tir croisé était légèrement dévié par Bush et est passé légèrement à l’extérieur de son poteau droit.

Si la défaite est méritée, les chiffres sont excessifs. On ne peut pas dire que l’IMFC a été archi-mauvais, même si à un certain moment, il n’a plus du tout été dans le coup, ce qui explique le résultat final. La différence, jusqu’au deuxième but, peut s’attribuer d’un côté au mérite individuel de certains joueurs de DC United, qui ont senti les rares moments où la défense était prenable pour exploiter un déséquilibre, et de l’autre, à une équipe de Montréal qui a fait les mauvais choix et n’a pas su exploiter les points faibles de son adversaire.

Non, Montréal n’est pas aussi fort que ce que certains affirmaient après les récentes victoires contre New York ou Philadelphie. Il y a encore beaucoup de carences dans cette équipe, mais elle a aussi certaines grandes forces. Quand elle peut miser sur celles-ci, qu’en plus ce sont les points faibles de son adversaire et que tout le monde est à son meilleur, elle est capable de grandes choses. Mais ses conditions ne peuvent pas être réunies chaque semaine. Quand les joueurs sont moyens, font les mauvais choix, et que la balance forces / faiblesses penche du mauvais côté, il peut y avoir des soirées difficiles. Ajoutez à cela une pression peut-être trop gérée par la méthode Coué, en tout cas publiquement, durant la semaine, et un adversaire on ne peut plus efficace (ça ne peut pas toujours être l’apanage de l’IMFC), et ça donne une soirée comme celle-ci.

L’Impact est à sa place en milieu de tableau au vu de la saison, reste à savoir si c’est au-dessus ou en dessous de la fameuse ligne rouge. Pour le moment, il est encore du bon côté. Avec deux points de plus mais aussi deux matches de plus que DC United, il n’a toutefois désormais plus son sort entre ses mains. Reste qu’un tel classement est au-delà des pronostics de bien du monde au coup d’envoi de la saison, il ne faut pas l’oublier (et la plupart des supporters en sont conscients). Alors désormais, l’équipe doit tout faire pour séduire son public lors des trois dernières rencontres de la saison régulière. Au pire, celle-ci se terminera sur une note encourageante. Et si DC United ne confirme pas son résultat de ce soir, qui sait si une bonne surprise ne sera pas à la clef ?

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