Réveil au pays des Orlandormis

Orlando City SC - Impact Montréal 1-3 – Match de championnat (phase classique) joué le 16/03/2019

ORLANDO : Rowe, O'Neill (74e Colman), Ascues, Acosta (74e Patiño), Ruan, Mueller, Johnson (21e Higuita), Mendez, Kljestan, Nani, Dwyer

MONTRÉAL : Bush, Sagna, Cabrera (83e Choinière), Diallo, Lovitz, Piette, Azira, Taïder, Okwonkwo (74e Novillo), Piatti, Urruti (76e Raitala)

ARBITRE : M. Ford

AVERTISSEMENTS : Rowe, O’Neill, Azira, Acosta, Okwonkwo, Higuita

EXCLUSION : 90e Diallo

LES BUTS : 14e Okwonkwo (0-1), 15e Piatti (0-2), 80e Piatti (0-3), 90e Dwyer (1-3)


Face à une équipe d’Orlando d’une très grande faiblesse, Montréal a renoué avec le chemin de la victoire, ne laissant pas passer les chances qui lui ont été offertes. Okwonkwo, auteur du premier but et très en verve, a particulièrement saisi la sienne, alors que Piatti, auteur des deux autres, a fait oublier son match difficile à Houston. Quant à l’arbitre, il s’est mis à la hauteur des plus mauvais joueurs locaux, laissant échapper un duel qui n’avait rien de belliqueux.

Dès le coup d’envoi, Orlando a failli se faire prendre à froid. Ses joueurs ne semblaient pas tout à fait réveillés, ce qui a profité à Urruti, bénéficiant de beaucoup d’espace et qui a décidé de tenter sa chance des 30 mètres. Rowe a dû s’y reprendre à deux fois pour capter le ballon.

Les supporters locaux, toujours enthousiastes malgré les piètres résultats de leurs favoris, ont repris espoir quelques minutes plus tard après un débordement sur la gauche de Nani qui est rentré dans le jeu et a donné une excellente passe en retrait à Dwyer dont la reprise en un temps a filé dans les nuages.

Peu après, en deux passes, Ruan s’est fait isoler sur la droite du rectangle : ayant tout le temps de choisir entre le centre et le tir… il a envoyé un centre avec la puissance d’une frappe, et galvaudé ainsi une possibilité en or.

Malgré ces occasions locales, Montréal était bien dans son sujet, monopolisait le ballon la plupart du temps et s’installait souvent dans le camp adverse. L’intensité était là… de part et d’autre, tout comme les déchets techniques. Mais les visiteurs géraient mieux les (petites) erreurs.

On approchait du quart d’heure quand Mueller a tenté de prendre Piette de vitesse de façon pour le moins osée. D’un très bon geste défensif, le Montréalais a récupéré le ballon et immédiatement lancé Taïder dans l’espace devant lui. Acosta l’a rattrapé et lui a barré la route, mais l’Algérien a insisté et pris le dessus sur son adversaire avant de servir Okwonkwo dont la reprise a fait mouche (0-1).

Nouveau coup d’envoi… et nouveau sommeil général dans le camp d’Orlando… ce qui a une nouvelle fois profité à Urruti. Cette fois, il a avancé dans l’espace où Rowe est sorti à sa rencontre tel un kamikaze, suffisamment vite pour le renverser mais pas pour l’empêcher de servir Piatti, qui a poussé le ballon dans le but abandonné (0-2).

La suite de la première mi-temps n’atteignit pas des sommets de qualité, entre une équipe d’Orlando faible et découragée et un Impact qui s’est quelque peu relâché. Quelque peu, j’insiste : il n’est pas sorti de son match. On a d’ailleurs pu le constater sur l’occasion suivante, un tir à distance de Taïder qui Rowe a dû dévier en corner du bout des doigts.

Mais le relâchement montréalais a aussi été à la base de danger adverse. Une première fois quand Ruan a pris le ballon à Taïder avant d’envoyer un centre au deuxième poteau pour Dwyer dont la tête piquée a toutefois manqué de puissance et était dirigée droit sur Bush. Une seconde quand Mueller a profité d’une approximation d’Okwonkwo pour s’emparer du ballon avant de traverser un demi-terrain sur la gauche, de rentrer dans le jeu et d’envoyer un tir dangereux qui a échoué sur le toit du but.

Au milieu des nombreuses carences de l’équipe locale, la prestation défensive de son flanc gauche était souvent encore plus abyssale. Illustration juste avant la pause quand celui-ci s’est fait prendre par une passe en cloche d’Azira qui a lancé Okwonkwo sur la droite. Si le défenseur s’est fait battre naïvement, il a eu le mérite de se battre (c’était bien une de ses rares armes - gardez ça en tête pour la fin du texte, au sujet de l’arbitrage) pour continuer sa course et gêner le Montréalais dont le tir d’un angle fermé a été arrêté par Rowe.

La deuxième mi-temps a commencé tambour battant avec un centre-tir vicieux de Ruan qui a demandé de gros efforts d’équilibre à Bush pour s’en emparer.

Mais c’est bel et bien de l’autre côté que le danger se précisait le plus. En un contrôle, Okwonkwo a déséquilibré son adversaire direct, se donnant un (court) laps de temps pour tirer : il s’est parfaitement exécuté d’un bon envoi obligeant Rowe à intervenir. Encore du travail pour le portier local une minute plus tard, sur un tir de Piatti consécutif à quelques dribbles sur la gauche du rectangle.

On a déjà parlé (et on reparlera) de l’indigence défensive de l’équipe locale, mais offensivement, cela manquait aussi énormément d’inspiration. On notera aussi que pour leur compliquer la tâche, la bonne prestation des arrières latéraux montréalais leur fermait la route des côtés, limitant encore davantage leurs options.

Pour parvenir à être dangereux, il leur fallait commencer par hausser le rythme, ce qu’ils ne parvenaient que rarement à faire, ou recevoir des cadeaux. Comme l’énorme bourde de Cabrera dont le contrôle complètement raté a offert le ballon à Mueller qui a lancé Dwyer seul face à Bush. Mais l’ancien canonnier de Kansas City a tiré dans les nuages.

Joueurs et supporters n’ont guère eu le temps d’y penser que Taïder filait déjà dans le rectangle adverse. Il avait davantage de monde devant lui, son envoi a été contré mais a quand même dû être dégagé en catastrophe dans le petit rectangle.

Une minute plus tard, Urruti côté droit nous a gratifiés d’un bel enchaînement contrôle - passe vers Okwonkwo qui s’est retourné avant d’envoyer un tir dangereux légèrement dévié en corner. Le Nigérian, préféré à Novillo pourtant apte à jouer, avait une chance à saisir non seulement parce qu’il était sur le terrain, mais en plus parce qu’il était dans une zone où les adversaires étaient très faibles. Il ne l’a pas laissée passer en étant dans énormément de bons coups.

Même quand Orlando semblait partir à l’attaque… cela aboutissait sur une occasion montréalaise. Ainsi, un contre avec des espaces pour l’équipe locale était très mal négocié : sur le chemin d’une passe plein axe lamentable, Piette a été au ballon, s’en est emparé et a immédiatement lancé Okwonkwo, qui a buté sur Rowe, l’un des rares joueurs de son équipe à s’en sortir honorablement. Il fut moins sollicité sur un tir d’Urruti, qui ressemblait davantage à une passe, toutefois consécutif à une belle combinaison en triangle qui avait permis à Piatti de lancer son attaquant.

À un quart d’heure du terme, Orlando dessina (enfin) une attaque digne de ce nom permettant de donner un bon ballon à Nani sur la gauche. Le Portugais envoya un centre appuyé au petit rectangle. Dwyer s’est jeté, ce qui lui a permis d’arriver premier au ballon mais pas d’en redresser suffisamment la course.

C’était assez touffu, avec plus d’engagement que de jeu, quelques excès (on y reviendra) sans réelle mauvaise volonté, un niveau technique loin d’atteindre des sommets et un ballon qui allait un peu dans tous les sens. Le score eut été plus serré, on aurait pu parler de match ouvert, mais là, Montréal avait largement l’avantage. Malgré tout, Orlando y croyait encore…

Ses derniers espoirs ont été éteints à dix minutes de la fin. Il les a éteints tout seul, à vrai dire. Alors qu’une attaque montréalaise n’était pas allée à son terme, l’équipe locale pouvait se dégager en toute quiétude mais Kljestan s’est complètement fourvoyé et transformé sa relance en offrande à Novillo. Avec Piatti, ils se sont joués d’une défense désertée, et l’Argentin a marqué son deuxième but de la journée (0-3).

La note aurait encore pu être plus salée puisqu’à la dernière minute, Diallo, monté en ligne et complètement oublié, a repris de la tête un centre de la gauche… comme un défenseur et non comme un buteur.

Finalement, l’équipe locale a sauvé l’honneur dans les arrêts de jeu. Sur un contre, pour une rare fois bien négocié, Mueller a été lancé sur la droite, a donné le ballon dans l’axe à Patiño qui l’a prolongé vers Dwyer. À chaque fois, les défenseurs et Bush ont été devancés par les défenseurs, et Dwyer a enfin pu marquer, ne ratant cette fois pas le cadre avec le but vide devant lui (1-3).

On aurait pu, on aurait dû en rester là. Pour faire plaisir à son public, Orlando s’est lancé dans un baroud d’honneur et la tension est remontée. Le “re” est important. Car quelques joueurs se sont laissé dépasser par quelques contentieux nés plus tôt dans le match, ce qui s’est terminé en altercation générale lors de laquelle Diallo a perdu son calme devant Dwyer et a été coupable d’un mauvais geste lui valant son exclusion.

Ceux qui lisent fidèlement les textes sur ce site savent que nous ne blâmons pas souvent les arbitres (on essaye même de les défendre) mais sans M. Ford, on n’en serait jamais arrivé là. Pour comprendre le fil des évènements, il faut remonter à la première mi-temps. Et retenir que dans son ensemble, ce match a rarement été physique. Qu’en fait, dans l’ensemble (surtout à partir du moment où il y a eu deux buts d’écart… donc très tôt) l’engagement, réel, n’avait rien d’agressif et ne nuisait pas au bon déroulement du jeu.

Avant la pause, à trois ou quatre reprises, l’Impact a gagné des duels musclés. À la limite de la faute (d’ailleurs réclamée par les supporters locaux). Le genre de duels sur lesquels les arbitres de MLS laissent généralement toujours jouer lorsqu’on a atteint la phase finale de la saison, où les deux équipes sont souvent de qualité équivalente. Mais là, les circonstances étaient tout autres… tant celles du match, que celles de l’arbitre, inexpérimenté à ce niveau, ce qui n’a pas échappé aux joueurs.

Il a laissé faire. À d’autres moments, où il aurait fallu sévir un peu plus, il a laissé faire aussi. Plus tard dans la rencontre, il a donné coup sur coup un carton jaune à Acosta puis à Okwonkwo parce qu’il semblait vouloir punir les deux équipes équitablement, alors que les fautes étaient sans commune mesure. Bref, il n’imposait aucune autorité.

Heureusement, pendant de longs pans du match, elle n’a pas été nécessaire. Mais en deuxième mi-temps, certains joueurs d’Orlando ont eux aussi tenté de muscler leur jeu. Leurs gestes étaient cependant beaucoup moins maîtrisés que ceux des joueurs de l’Impact. Des tensions sont nées… L’une ou l’autre action aurait pu très mal tourner d’un côté comme de l’autre (on pense par exemple à un duel entre Mendez et Taïder), pas forcément par méchanceté, juste par un excès d’enthousiasme mal placé. Mais l’arbitre restait très tolérant envers le jeu physique (son seul mérite est d’avoir été cohérent… avec un style d’arbitrage inapproprié aux circonstances dès le début), et a complètement perdu le contrôle du match. Il semblait être de moins en moins pris au sérieux par les joueurs.

La période de tensions ne dura pas trop longtemps, notamment en raison de la physionomie du match. Avant d’être ravivée après la réduction du score par une équipe d’Orlando désireuse de donner un petit quelque chose à son public, très peu gâté, et qui faute d’avoir pu lui offrir du football a décidé de lui montrer de l’engagement et du caractère. Cela a animé la fin de match, mais aussi ravivé les braises allumées plus tôt parce que l’arbitre n’avait pas su l’en empêcher… Voilà pourquoi sans lui, Diallo n’aurait probablement jamais été exclu… car l’altercation préalable n’aurait pas eu lieu.

C’est bien dommage, car Montréal en sera privé pour son prochain match, un déplacement très difficile à Kansas City. Cela dit, l’arbitrage et ses conséquences dans ces derniers instants ne doivent certainement pas faire ombrage à la victoire, la deuxième en trois rencontres à l’extérieur. Et si Orlando a donné quelques bâtons pour se faire battre, les hommes de Rémi Garde devaient bien entendu saisir les chances qui leur étaient offertes et rester concentrés sur leur sujet pour éviter toute mauvaise surprise, ce qu’ils ont très bien fait.

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