Incompréhensible

Impact Montréal - FC Dallas 3-3 – Match de championnat (phase classique) joué le 17/08/2019

 Impact de Montréal
MONTRÉAL : Bush, Sagna, Camacho, Raitala, Lovitz, Krolicki, Taïder, Okwonkwo (71e Tabla), Lappalainen, Bojan (60e Shome), Urruti

DALLAS : Gonzalez, Cannon, Hedges, Ziegler, Hollingshead, Acosta, Pomykal (79e Sarvania), Ferreira (71e Pepi), Barrios, Reynolds (46e Ondrasek), Badji

ARBITRE : M. Unkel

AVERTISSEMENTS : Acosta, Ziegler, Okwonkwo, Raitala, Barrios, Lovitz

LES BUTS : 8e Lappalainen (1-0), 45e Lappalainen (2-0), 56e Okwonkwo (3-0), 59e Ondrasek (3-1), 85e Ziegler (pen., 3-2), 90e Hollingshead (3-3)


Quand 10 minutes après le début de la deuxième mi-temps, Okwonkwo a fait passer le marquoir à 3-0 après un doublé de Lappalainen qui avait parfaitement exploité deux erreurs adverses, on se disait que Montréal disputait un match référence cette saison. Et puis, sans pourtant être archi-dominé, l’Impact a craqué. On ne sait toujours pas trop comment c’est arrivé… mais au coup de sifflet final, c’était 3-3. Incompréhensible.

Troisième match au club, premier à domicile et première titularisation pour Bojan, qui commençait en pointe aux côtés d’Urruti. Dans l’axe de l’entrejeu, Krolicki était préféré à Shome, alors qu’à l’arrière gauche, Lovitz reléguait Corrales sur le banc. Privé de Piatti et Piette, blessés, Rémi Garde optait pour le 4-4-2 qu’on devrait revoir souvent d’ici la fin de saison.

Si le début de rencontre fut équilibré et prudent dans le chef des deux équipes, on sentait un peu de nervosité dans les rangs de quelques joueurs visiteurs, menant à certaines approximations. L’une d’entre elles fut fatale. Sur la trajectoire d’une longue passe au sol de Lovitz, Hedges, pourtant gage d’expérience, a raté son contrôle : Lappalainen a continué sa course, s’est emparé du ballon et s’est présenté seul face à Gonzalez avant de le tromper calmement (1-0).

Dallas, qui aime s’appuyer sur une défense généralement bien serrée et compte sur la vitesse de ses joueurs offensifs - tiens, ce n’est pas sans nous rappeler quelque chose - se trouvait dans l’obligation de faire le jeu face à un Impact rapidement dans sa zone de confort, et qui pouvait miser sur son organisation défensive.

En pratique, reconnaissons-le, ce n’étaient pas les conditions gagnantes pour un feu d’artifice spectaculaire. Mais rappelons que bien défendre, c’est aussi bien jouer, et Montréal l’a illustré en empêchant son adversaire de s’approcher de son but. Tout au plus a-t-on eu une petite frayeur quand, après un beau travail sur la gauche, Barrios a glissé un ballon plein axe à Ferreira dont le tir placé des 20 mètres a rapidement été dévié par Raitala sur sa trajectoire. Voilà qui illustrait à quel point Bush était bien protégé.

Bien replié, Montréal misait évidemment sur les reconversions offensives pour se montrer menaçant. Il se trouve qu’une des forces de la défense texane est la vitesse à laquelle elle se replie, ce qui, vous l’aurez compris, limitait les occasions de briller pour Bojan et ses partenaires. En revanche, la discipline n’est pas toujours le fort de l’arrière-garde texane. Ce qu’on vit notamment lors d’une faute malvenue d’Acosta, offrant un coup franc aux 25 mètres que Taïder a frappé juste au-dessus.

Même si l’Impact pouvait compter sur le même genre d’espaces que face à Philadelphie, on voyait une animation différente entre ses joueurs offensifs, et elle ouvre des perspectives très intéressantes pour la suite de la saison (encore plus une fois que Piatti sera de retour) : au lieu de se concentrer sur leur position habituelle, en étant prêts à bondir à tout moment, les quatre éléments les plus avancés permutaient plus souvent.

Le plus remuant d’entre tous était sans le moindre doute Lappalainen, qui ne s’est pas contenté de marquer mais a aussi multiplié les efforts, tant offensifs que défensifs, à de nombreux endroits du terrain. Il s’est notamment fait remarquer quand, après s’être replacé dans l’axe, il a tenté un effort individuel qui a effacé plusieurs adversaires, mais sa frappe était trop molle pour inquiéter Gonzalez.

Et en face ? À part faire circuler le ballon, Dallas ne faisait pas grand-chose de probant et continuait de buter sur une organisation bien huilée. Sa meilleure occasion avant le repos ne fut une nouvelle fois pas bien dangereuse : un centre de la droite de Cannon a été repris de la tête par Badji qui a dû reculer pour toucher un ballon à qui il n’a pu donner ni puissance ni précision.

Guère coutumier des erreurs défensives cette saison, Dallas était dans le jour exceptionnel qui confirme la règle. Ce fut cette fois au tour de Ferreira d’y aller d’une passe latérale molle : même bien ajustée, elle n’était pas judicieuse car Lappalainen était trop près de la trajectoire du ballon. Alors vous imaginez bien le résultat quand le Finlandais a vu le cuir lui rouler doucement sous le nez : il a bondi dessus et a foncé tout droit pour quasiment traverser un demi-terrain avant de se retrouver une fois de plus seul face à Gonzalez, avec le même résultat qu’en début de match (2-0).

Même si dans l’ensemble, il n’y avait vraiment pas de quoi trembler, c’est en deuxième mi-temps qu’on a senti la défense un peu plus en difficulté pour la première fois depuis le début du match quand deux centres au cordeau coup sur coup de Barrios côté droit ont été dégagés in extremis avant qu’un joueur visiteur ne puisse reprendre le ballon.

Dallas voulait… Montréal menaçait. Et marquait, encore. Lancé sur la gauche du rectangle, Taïder centrait vers Okwonkwo qui, en plein cœur du petit rectangle, a une fois de plus montré qu’il avait en lui les gestes du buteur lors d’une reprise en un temps qui a porté les chiffres à 3-0. C’était aussi une nouvelle illustration de l’animation offensive dynamique et de ses permutations, puisque milieu droit sur la feuille de match, le Nigerian a fini l’action en occupant la place de l’attaquant le plus avancé dans l’axe.

Si Montréal maîtrisait alors son match, l’écart était quand même sévère pour Dallas, qui n’a pas tardé à le ramener dans des proportions plus justes. Tout est parti d’un centre de la gauche de Pomykal que Camacho est parvenu à repousser sans toutefois empêcher le ballon d’arriver à Barrios : plein axe, ce dernier a envoyé un tir que Bush n’est pas arrivé à maîtriser. Ondrasek avait suivi et a réduit l’écart (3-1).

Ça a alors chauffé pendant quelques minutes devant le but de l’Impact. Tout d’abord quand Acosta a mis plusieurs adversaires dans le vent en accélérant dans l’axe avant de servir Ondrasek dont le tir a été dévié en corner par Bush. Ensuite quand Ondrasek a remis un centre de la gauche d’Hollingshead vers Barrios, qui était toutefois tellement nez-à-nez avec Bush qu’il n’est pas parvenu à effectuer le geste juste pour tromper le gardien.

Montréal avait laissé passer l’orage, à peine plus menaçant que les nuages qui surplombaient le stade et n’ont finalement pas versé la moindre goutte de pluie. Et le danger s’est représenté de l’autre côté quand une action amorcée côté gauche a fini de l’autre côté où Okwonkwo est rentré dans le jeu avant de tenter sa chance de loin, hors-cadre.

Et puis, ces dernières minutes, incompréhensibles. L’Impact a commencé à trembler à un peu plus de cinq minutes du la fin du temps réglementaire. Un corner était repris de la tête par Hollingshead et touchait la main de Krolicki. Personne ne s’arrêtait de jouer pour autant et Hollingshead, premier au rebond, envoyait le ballon au fond des filets. En vain… puisque l’arbitre désignait le point de penalty. Ziegler, qui depuis de longues années (avant même son arrivée en MLS) a constamment marqué en tirant deux fois de chaque côté avant de changer de côté, a décidé de rompre ses habitudes et frappé à sa gauche, prenant Bush à contre-pied.

3-2, le suspense était relancé. On sentait l’inquiétude dans le stade. Peut-être même plus que sur le terrain. Et puis, le scénario de Chicago s’est reproduit. Dans les tout derniers instants, un corner fatal : pas de Diallo cette fois, ni de Schweinsteiger évidemment. C’est Hollingshead qui a émergé (on peut pointer les joueurs montréalais, mais il faut féliciter le défenseur texan qui a sauté tellement haut que rares sont ceux qui pouvaient toucher au ballon sans s’aider de leurs poings) et a fait 3-3 de la tête.

On est même passé tout près de la catastrophe dans les arrêts de jeu quand un ballon piqué de Servania était prolongé de la tête par Ondrasek : une reprise de qualité, mais trop sur Bush qui s’emparait du ballon.

On s’explique difficilement cette remontée des Texans. Oui, l’arrivée d’Ondrasek sur le terrain leur a offert un visage offensif plus reluisant. Mais comment l’Impact, maître du terrain jusqu’à son troisième but, a-t-il pu laisser filer le match ainsi ? Dallas n’a pas montré grand-chose. Parfois, on est dur avec l’attaque montréalaise en disant que ses buts tombent du ciel et qu’il peut s’estimer très heureux. Ce soir, c’est son adversaire qui est dans une position et ramène un point sorti de nulle part.

Il ne faut pas tout jeter de cette rencontre, loin de là. Il y a eu énormément de bons points… pendant une heure, et ils pourront être encore travaillés, avec les retours de Piatti et Piette mais aussi davantage d’automatismes entre Bojan et ses coéquipiers. Ce qu’Okwonkwo et Lappalainen ont apporté en termes de mobilité offre aussi des perspectives intéressantes. Évidemment, ce sera à revoir face à un adversaire regroupé qui n’encaisse pas dans les toutes premières minutes.

Derrière, ça a longtemps été le match presque parfait. Et ensuite, ce ne fut globalement pas si mal. Sauf que certains relâchements ont été de trop. Et en ce moment, dans des moments cruciaux, il y a toujours un truc qui tourne mal. Et ça ne peut plus durer car même lorsque les prestations sont à la hauteur, ça peut tout gâcher.

Ces deux points, Montréal n’aurait jamais dû les perdre et ne méritait pas de les perdre. Ils risquent toutefois de faire très mal au décompte final. Mais bien davantage que les considérations comptables, il faut trouver l’électrochoc qui permettra de remplacer ces erreurs, coûteuses même lorsqu’elles sont rares, par une sérénité de tous les instants à l’image de ce dont cette équipe est capable défensivement comme elle l’a très souvent montré. Mais trop rarement sur 90 minutes ces derniers temps.

La maigre consolation de la soirée vient des points perdus par New England et New York, qui se sont quittés dos à dos, par Orlando, qui a concédé un partage dans les tout derniers instants à Minnesota, et par Toronto, auteur d’un nul à Columbus après avoir mené à la marque. Toronto, c’est justement le prochain adversaire de Montréal, qui se déplacera dans une semaine en Ontario. De DC United (39 points) à Chicago (33), sept équipes vont sûrement se battre pour quatre places en phase finale de la saison. Il y aura certainement du suspense jusqu’au bout. Et les sourires vont certainement souvent changer de camp. Peu importe qu’ils ne soient pas à Montréal en ce mois d’août, l’équipe a encore les clefs et a toujours les atouts pour qu’ils reviennent d’ici début octobre. Il faudra toutefois pleinement profiter de l’avantage du terrain dont elle profitera durant les dernières semaines de la saison régulière.

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