Bilans de saison 2019 (3) : aperçu général de la saison

Publié le 28 octobre 2019

 Impact de Montréal
Malgré les démentis clamés haut et fort, 2018 fut une saison de transition. La deuxième moitié de celle-ci incitait à l’optimisme, avec un rythme permettant d’espérer emmagasiner de 50 à 60% des points mis en jeu. La continuité était donc le leitmotiv hivernal, avec en point de mire la deuxième saison de Rémi Garde lors de laquelle l’IMFC devait poursuivre sur un bon élan.

La campagne des transferts fut marquée par trois départs importants : Fanni, Silva et Mancosu. Les grosses arrivées furent rares aussi, avec Urruti qui devait devenir le buteur qui avait fait défaut en 2018 ainsi que le pari Novillo. À leurs côtés, plusieurs jeunes d’ici et d’ailleurs qui devaient (et ont) apporté des solutions supplémentaires, comme titulaires potentiels et sur le banc. Après quelques semaines de compétition, l’optimisme est toujours de rigueur en raison de résultats encourageants malgré un calendrier difficile.

Toutefois, quelques fissures sont apparues dans l’édifice : le passeport de Novillo, le profil d’Urruti qui ne correspond pas aux besoins offensifs, le rendement à la baisse de Bush et Lovitz… Sans oublier, évidemment, la blessure de Piatti qui n’a pas cessé de s’éterniser. Les autres ont réussi à tenir le fort un certain temps, mais ils ne pouvaient pas jouer à plein régime toute l’année. Comme Taïder qui, après quelques semaines difficiles, a retrouvé son meilleur niveau en juin, aidant l’Impact à prendre son deuxième souffle face à des adversaires déforcés par le calendrier international.

À la trêve, les ambitions de début de saison sont encore d’actualité, mais on sait qu’il faudra à la fois confirmer certains matches-référence comme les victoires à New York et contre Salt Lake et combler les lacunes qui ne le furent pas pendant l’hiver. Aucune des deux missions n’a toutefois été accomplie. Au contraire, les joueurs qui portaient l’équipe n’ont plus eu le même rendement, les buts tombés du ciel étaient de plus en plus souvent pour l’adversaire et les contre-performances s’accumulaient.

Jusqu’à la victoire nette contre Philadelphie, habituel leurre de l’ère Rémi Garde… En fait, non, jusqu’à la première heure du match contre Dallas, un 3-0 bien tassé et convaincant qui devait lancer le sprint final de la plus belle des manières. Mais ensuite, tout s’est détricoté, les Texans sont revenus à la marque et le couperet est tombé sur la tête de l’entraîneur. “On pouvait rester sur la ligne de touche à espérer ou agir”, a martelé le président Gilmore à l’issue de sa première décision forte, et controversée.

Arrivé dans un bourbier surréaliste, Wilmer Cabrera, démis de ses fonctions une semaine plus tôt à Houston, n’avait pas le temps de redresser la barre, d’autant que son style était aux antipodes de celui de son prédécesseur. Cela n’a fait que perturber encore davantage les joueurs, et le choc psychologique tant attendu ne se produisit évidemment pas. Heureusement, il restait la Coupe du Canada pour sauver les meubles, et la victoire aux tirs au but à Toronto, synonyme de Ligue des champions, permet de pousser un ouf de soulagement au terme d’une saison qui n’a jamais été dans la direction escomptée.

LES TOURNANTS


13 avril : Montréal joue enfin son premier match à domicile, après 6 déplacements consécutifs. Il s’impose 1-0 face à Columbus, adversaire dont le début de championnat était probant, ce qui lui permet d’avoir un bilan de 11 points sur 21 plus qu’honorable malgré un calendrier tout sauf évident.

8 mai : Un nouveau système de jeu, Urruti qui joue ailleurs que seul en pointe et marque son premier but, des défenseurs solides derrière et importants devant, des buts sur phase arrêtée et une victoire convaincante à New York malgré de nombreux blessés. Le match référence… qui restera l’exception.

13 juillet : Après de bons résultats en juin face à des adversaires déforcés, le retour de la trêve estivale est douloureux pour l’Impact. Ce match contre Toronto est la troisième de quatre défaites consécutives. Au coup de sifflet final, un Azira visiblement découragé laisse entendre que les joueurs défensifs ont trop de poids sur les épaules et n’en peuvent plus. Ça se voyait, il n’a fait que le dire tout haut.

17 août : Menant 3-0 contre Dallas, l’IMFC est excellent et puis, sans vraiment être dominé, il prend trois buts en une demi-heure et l’état de panique dévaste tout sur son passage, tant sur le terrain qu’en dehors. Rémi Garde est renvoyé, Wilmer Cabrera le remplace avec la mission de remporter la Coupe du Canada et de qualifier l’équipe pour la phase finale de la Coupe MLS.

25 septembre : Vainqueur 1-0 à l’aller, Montréal s’incline sur le même score à Toronto mais sort victorieux de la loterie des tirs au but et remporte la Coupe du Canada. Cela permet de faire oublier les déboires en championnat, où le changement d’entraîneur n’a provoqué aucun choc psychologique, la dégringolade au classement se poursuivant.

LES JOUEURS


Le noyau : Trop court, beaucoup trop court. Un gardien titulaire largement surestimé, une défense qui avait perdu son meilleur élément et dont une des révélations de la saison dernière a fortement régressé, un entrejeu manquant de valeurs sûres et une attaque qui n’avait aucun poids en pointe. Ajoutez à cela une campagne de transferts catastrophique, un manque de leadership dans les moments difficiles et la blessure de la vedette autour de qui tout tourne… Les jeunes, du cru ou d’ailleurs, font partie des rares satisfactions mais ils n’avaient pas les épaules assez larges pour combler les nombreux manquements.

Top : Orji Okownkwo. Un des jeunes en question, prêté par Bologne. Aligné au poste d’ailier droit, il était pourtant ce qu’il y avait de plus près d’un attaquant de pointe dans l’équipe. Ses buts en témoignent. Il savait aussi peser sur la défense adverse et, contrairement à la croyance populaire, sa vitesse et sa puissance ne sont pas ses seuls atouts. À la fois irrégulier et régulier : on ne savait pas à quoi s’attendre de lui au début d’un match voire d’une action, mais si on regroupe ses prestations mois par mois, il n’y a jamais eu de long passage à vide.

Flop : Harry Novillo. Tout n’est peut-être pas de sa faute, mais disons que les éléments jouent contre lui et que quand on les met bout à bout, il ne peut pas fuir ses responsabilités. De la saga du passeport à l’entraînement manqué en passant par les reproches des entraîneurs, on en oublierait ses prestations sur le terrain, encourageantes dans un premier temps avant de devenir insipides. Et ses messages sur les réseaux sociaux après son départ tendent à donner raison à ceux qui lui prêtaient une (très) mauvaise influence sur ses partenaires.

LE COACH


Wilmer Cabrera : Arrivé en catastrophe une semaine après avoir été congédié à Houston, il n’était pas l’homme de la situation. Comment était-ce possible avec trois rencontres lors des dix jours qui ont suivi son arrivée, et alors que le jeu produit par son club précédent était l’exact opposé de celui de l’Impact jusque-là ? Il aura au moins réussi à enrichir son palmarès, et celui du club, d’une Coupe du Canada. Apprécié des supporters, Rémi Garde a payé très cher ses erreurs d’évaluation, notamment de Novillo, Bush, Urruti, et il n’a pas poursuivi les progrès dans la construction du jeu effectués en 2018 jusqu’à la victoire contre Philadelphie. Mais le pouvait-il avec cet effectif ? Malgré les résultats d’ensemble, bien du monde conservera un souvenir positif de son passage à Montréal.

TENDANCES


Recrutement (--) : Une campagne de transferts complètement ratée, avant tout parce que les deux renforts identifiés après la saison dernière (un médian pour épauler Taïder et un attaquant comparable à Briand) n’ont pas été acquis. Novillo fut un flop, Urruti a tout fait sauf faire souffrir les défenses adverses… et ça met fin aux arrivées importantes de l’intersaison. Heureusement, les jeunes Okwonkwo, Brault-Guillard et Bayiha peuvent être satisfaits de leur apport, tout comme Lappalainen recruté cet été. Browne fut un feu de paille, Tabla un mystère, Fanni est arrivé trop tard et on espère que Bojan pose de bonnes bases pour la suite.

Ambiance (-) : Quand on se sépare d’un entraîneur, aussi apprécié soit-il, qu’on le voit gueuler sur un joueur en plein match, qu’on sent une mauvaise influence dans le vestiaire, que des départs inattendus arrivent en plein milieu de la saison et qu’une figure emblématique quitte le club après 26 ans de loyaux services, difficile de parler d’ambiance au beau fixe. Cependant, on sentait un groupe davantage soudé que prêt à se balancer les reproches comme les tartes au visage.

Spectacle (-) : On ne s’est pas beaucoup amusé avec l’IMFC cette année. Il faut dire que l’équipe avait peu de poids offensif et que des tonnes de buts semblaient tombés de nulle part. Malgré tout, elle en a inscrit 47 en championnat… soit autant que la saison dernière. 9 matche sans marquer, c’est identique à l’an dernier, et aussi bien voire mieux que chaque saison en MLS sauf 2016 et 2017. Quelques casquettes ont aussi permis d’assurer le spectacle… espéré par les supporters adverses.

Affluences (-) : Un peu plus de 16 000 spectateurs de moyenne en championnat, et encore moins toutes compétitions confondues : le chiffre annoncé est à la baisse. À tempérer cependant par le fait que les chiffres annoncés sont peut-être plus fiables que par le passé (espérons-le, mais le stade a rarement paru complètement vide comparé à certaines autres saisons), qu’il n’y a pas eu de match au stade olympique pour les gonfler, sans oublier les supporters refroidis par l’augmentation marquée des prix. Reste qu'il faut que la tendance à la baisse s'arrête.

Structure (+=) : L’arrivée d’un nouveau président en début d’année a suscité beaucoup d’enthousiasme, et ses discours encourageants l’ont consolidé. Il est normal que son influence ne se soit pas encore transformée en grandes décisions, on a vite compris qu’il voulait se servir de sa première saison pour bien faire le tour de la question. Les supporters ont toutefois été déçus par sa décision de limoger Rémi Garde. Les tarifs pour 2020 n’ont pas fait sourire non plus, alors que l’arrivée d’un directeur sportif qui connaît son sport incite à l’optimisme, mais ces deux points ne sont pas vraiment liés à 2019 et n’ont donc qu’une faible influence dans cette évaluation. Ajoutons évidemment au portrait le départ de Nick De Santis, au club depuis la fondation de celui-ci.


Les bilans de la saison 2019 sur ImpactSoccer.com
1. Le bilan du club
2. Le bilan de l’émission Coup Franc

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