Bilans de saison 2017 (5) : aperçu général de la saison

Publié le 30 novembre 2017

 Impact de Montréal
Après une fin de saison 2016 tonitruante ponctuée par une place dans le carré d’as et une finale de Coupe MLS manquée en prolongation à Toronto, le club avait affiché de hautes ambitions pour cette saison : poursuivre sur cet élan, confirmer et tenter de faire mieux. Avec pour rêve ultime de permettre à Patrice Bernier de savourer sa retraite en soulevant un trophée en MLS.

À cette fin, il a misé sur une recette éprouvée dans le championnat : la stabilité. Conservant les 11 titulaires indéboulonnables de la dernière ligne droite de 2016, il se disait qu’avec les mêmes hommes, on était en droit d’attendre les mêmes prestations, voire mieux. Si tout le monde ne partageait pas cet optimisme, la plupart des observateurs suivant la compétition de près s’attendaient à voir Montréal terminer au-dessus de la ligne rouge.

Mais si le casting était le même, on leur a immédiatement demandé de jouer dans une autre pièce, avec des rôles auxquels ils étaient moins habitués. Si les plus talentueux s’en sont sorti, d’autres ont rapidement sombré. Les défenseurs devaient appuyer l’attaque… et l’équipe a encaissé tant et plus, pas aidée par un Bush trop souvent transformé en passoire. Malgré quelques soubresauts, les bons repères n’ont jamais été retrouvés. Quelques points pris par miracles ou grâce à la générosité des arbitres n’étaient que des trompe-l’œil.

Il y eut pourtant quelques étincelles au cours de la saison. Notons une coupe du Canada âprement disputée et dont la finale fut scellée par un but de Giovinco dans les derniers instants à Toronto, davantage de place donnée aux jeunes qui ont pu se mettre en valeur, des moments très encourageants lors des premières semaines de Dzemaili et de Piette sur le terrain, et une série de quatre victoires consécutives en août.

Après cela, un 3/30 incompréhensible a mis fin à la saison dans l’hébétude générale. À certains moments, on a trop pensé qu’il suffisait de volonté pour renverser des montagnes. À d’autres, le découragement était palpable. Au milieu de tout cela, une désorganisation flagrante sur le terrain, des carences dans le jeu jamais corrigées, toujours autant de contradiction dans les choix et un effondrement collectif général.

Résultat des courses : une 17e place sur 22 au classement général, deuxième pire classement de l’histoire du club en MLS, et une impression de gâchis monumental. En début de saison, certains commentateurs parlaient d’occasion unique pour un groupe à maturité. Finalement, on n’eut que nos yeux pour partager les larmes de Patrice Bernier.

Les tournants


29 avril : Battu par une équipe de Vancouver qui ne montre rien depuis le début de saison, Montréal reste sur un 1/6 après un partage à Philadelphie où l’entraîneur frise le renvoi. Les incohérences du plan “garder les mêmes joueurs, changer de système” sont étalées au grand jour. Une semaine plus tard, il s’impose 0-1 à DC United avec ses bonnes vieilles méthodes, mais ça ne restera qu’une exception.

24 juin : Après de nombreux partages arrachés de manière inespérée, sans convaincre, l’équipe retombe les pieds sur terre à Columbus, alors un adversaire direct au classement. Quatre buts encaissés en guise de feu d’artifice de la Saint-Jean, et un débat de plus en plus intense sur une défense à cinq qui ne convaincra jamais. L’incapacité de rester concentré 90 minutes suscitait aussi d’autres inquiétudes.

22 juillet : Une semaine après une victoire sans convaincre face à Philadelphie, l’équipe s’incline contre Dallas et dilapide sa marge d’erreur au classement face à ses concurrents directs. On commence, déjà, à calculer le nombre de points à prendre au cours des semaines suivantes pour ne pas hypothéquer ses chances de finir au-dessus de la ligne rouge.

19 août : En exploitant parfaitement les espaces dans le dos de la défense de Salt Lake, Montréal s’impose 3-1 et remporte sa quatrième victoire consécutive. Piette est considéré comme l’homme providentiel et l’optimisme est de rigueur. Il faut dire que l’équipe est enfin classée en ordre utile ! Si on se doute alors qu’il ne sera pas possible de tenir ce rythme, on sait qu’être bon régulièrement permettra de demeurer compétitif.

16 septembre : Menant deux fois à la marque face à un adversaire à sa portée, l’Impact étale une fois de plus ses carences en matière de créativité et s’incline dans les derniers instants contre Minnesota. Les quatre victoires consécutives ont été suivies d’autant de défaites, et la saison se terminer avec 3 points sur 30, dans le désordre et la désolation.

Les joueurs


Le noyau : Trop court pour jouer les premiers rôles, il était toutefois suffisant pour vivre une saison tranquille au-dessus de la ligne rouge, comme la saison dernière. Un manquement y était cependant criant : un défenseur central pour épauler Ciman. Quelqu’un capable d’avoir un apport, en dehors des matches, similaire à celui de Drogba aurait fait du bien, mais ça ne court pas les rues. En MLS, la stabilité paye souvent, et le recrutement avait été fait en conséquence, tout en souhaitant donner davantage de temps de jeu aux jeunes, deux promesses tenues. Cela manquait toutefois d’un ou deux renforts bien ciblés et de joueurs capables de prendre le relais en cas de panne des titulaires (pour ces deux points, voir l’exemple de Toronto).

Top : Ignacio Piatti. Vu la tournure de la saison, il est celui qui s’en est le mieux sorti. Grâce, entre autres, à des exploits individuels. Reste que malgré la baisse de rendement de Mancosu et Oduro et quelques rechutes de vision en direction de certains coéquipiers, son jeu collectif est une coche au-dessus de ce qu’il était à son arrivée (le garder sur le flanc gauche aide beaucoup). Les discussions autour de sa prolongation de contrat ont peut-être pesé dans son jeu, et sans le moindre doute alimenté les conversations de comptoir.

Flop : Matteo Mancosu. Il y a un an, tout le monde s’accordait sur le fait qu’il devait rester. Personne ne s’attendait à une telle léthargie (ni à une telle augmentation de salaire si les chiffres publiés sont vrais), avec près de six mois sans marquer. Il ne semblait jamais trouver sa place sur le terrain ni plus savoir quoi faire. Et s’il ne faut pas trop vite ôter sa confiance en un attaquant improductif, à un moment, s’obstiner à le faire jouer était devenu un acharnement qui desservait tout le monde.

Le coach


Mauro Biello : Exposé à ses limites, il a vécu une saison difficile d’un bout à l’autre. Il ne s’est pas aidé en voulant, dès le départ, changer les principes de jeu tout en conservant le même casting de joueurs. Nombre d’entre eux ont souvent semblé perdus sur le terrain, ou tentés de remplir trop de missions simultanément, ne parvenant plus à mettre leurs forces en avant. Le coach n’a jamais été capable de corriger le tir. Heureusement pour lui, il jouissait de beaucoup de crédit, parce que c’est un gars du club mais aussi parce qu’il avait géré avec maestria plusieurs situations difficiles lors de ses premières saisons à la barre. Insuffisant, toutefois, pour lui valoir une saison de plus à ce poste.

Tendances


Adaptation (=) : Aussi surprenant que ça puisse paraître, beaucoup de nouveaux joueurs ont eu une contribution importante sur le terrain cette saison. Dzemaili et Piette ont relancé l’équipe à leur arrivée, Duvall fut l’un des hommes les plus utilisés et Lovitz a joui de la confiance du staff technique après la blessure d’Oyongo. Ajoutons que Tabla avait commencé sur les chapeaux de roue. Béland-Goyette a tenté de se montrer, Shome n’en a pas eu l’occasion alors que Depuy a semblé glisser dans la hiérarchie. Arregui fut une erreur de casting sur toute la ligne, Francis n’a quasiment jamais eu droit au chapitre, et Boldor a multiplié les maladresses.

Spectacle (=) : Comme c’est souvent le cas, les spectateurs qui suivent Montréal régulièrement sont ceux qui voient les filets trembler le plus souvent… pour ou contre leurs favoris. 110 buts cette année en championnat (52 pour, 58 contre) lors d’une saison où, il faut le dire, il a régulièrement plus des buts partout en MLS ! Reste que la qualité du jeu ne fut que trop rarement à la hauteur. Mais, en dehors de la dernière ligne droite, était-ce vraiment le cas la saison dernière ?

Ambiance (-) : Bien entendu, quand une équipe ne répond pas aux attentes, l’ambiance s’en ressent. Il loin le temps où on voyait des photos de fête de joueurs souriants autour de Didier Drogba. C’est plutôt le découragement qui fut palpable, notamment dans le chef de joueurs aussi importants que Dzemaili, Ciman ou Bernier. Malgré tout, le groupe ne semblait pas divisé outre mesure. Dans les tribunes, il y eut quelques hauts, pas mal de bas et beaucoup de plafonnement de tous les côtés du terrain.

Affluences (-) : La moyenne de 19491 spectateurs est très honorable, mais inférieure à celle des deux saisons précédentes. Le départ de Drogba et la qualité du jeu développé n’ont pas aidé, mais la chute fut bien moins vertigineuse que ce qu’on aurait pu craindre. On est revenu au niveau de 2013, et ça reste bien mieux qu’en 2014 (près de 20% d’écart). Point positif : le réaménagement sous les tribunes. Point négatif : bien des supporters reprochent une configuration qui fait davantage la part belle aux sponsors et activités annexes qu’au soccer et à la passion.

Finances (=) : Lors du bilan de fin de saison, Joey Saputo se félicitait que le club soit arrivé à contrôler ses dépenses, en accord avec ses objectifs. De grosses économies ont été faites, notamment après des coupures, ce qui est positif quand on se limite au point de vue strictement comptable. En revanche, si on se fie aux chiffres du syndicat des joueurs pour le budget salarial, on peut se dire qu’il y a des imperfections en matière de gestion.

Les bilans de la saison 2017 sur ImpactSoccer.com
1. Le bilan du club : Biello démis de ses fonctions, Saputo affirme ses ambitions
2. Le bilan de l’émission Coup Franc
3. Les joueurs sous la loupe
4. Stats en vrac

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