Bilans de saison 2021 (3) : aperçu général de la saison

Publié le 8 décembre 2021

 CF Montréal
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En 2021, Montréal a réussi la gageure d’être dans la continuité sportive de 2020 en effectuant les progrès attendus. Si le classement final est insuffisant pour finir au-dessus de la ligne rouge, certains chiffres le relativisent, mais ils ne donnent pas autant le sourire que la comparaison avec les pronostics désastreux d’avant-saison. Ce fut une gageure dans la mesure où l’entraîneur a changé en début d’année, que l’équipe a encore dû s’exiler pendant plusieurs mois et que l’effectif a connu beaucoup de secousses. Sans oublier des tensions hors-terrain d’un bout à l’autre de l’année.

2020 a marqué les débuts d’une nouvelle philosophie sportive à Montréal, tant en matière de recrutement que de volonté de jeu. 2021 devait s’inscrire dans le prolongement de cette première saison prometteuse mais difficile en raison notamment de l’expatriation forcée en raison de la pandémie. Mais alors que la préparation était sur le point de commencer, l’un des architectes du renouveau, Thierry Henry, quittait le club pour rentrer en Europe. Son adjoint, Wilfried Nancy, héritait de la difficile mission de poursuivre son travail et de faire progresser l’équipe dans les directions attendues, tant pour le jeu que les résultats.

À sa disposition, un effectif retouché. Partis, Raitala, Bojan, Corrales, Fanni et Urruti avaient disputé leur lot de minutes la saison dernière, mais on savait que, pour diverses raisons, ils ne représentaient pas des solutions d’avenir pour le club. Les principaux renforts étaient des joueurs de MLS ciblés pour être titulaires – Miller, Mihailovic, Struna – et Johnsen, un attaquant qui avait marqué un peu partout autour du globe. À leurs côtés, des jeunes et/ou inconnus dont on se disait qu’ils pouvaient surtout surprendre agréablement.

La saison s’est à nouveau ouverte loin du Québec, Covid oblige, avec trois différences notables par rapport à la fin de la précédente. Le club avait cette fois pu préparer son exil… mais sans savoir combien de temps il durerait, et avait choisi d’élire domicile en Floride plutôt qu’à New York. Force est de reconnaître, surtout si on compare à Toronto et Vancouver, que Montréal a très bien géré cette période. Et les résultats ont rapidement contredit les pronostics, dont certains plaçaient Montréal bon dernier du classement général.

Emmenée par Camacho, la défense centrale à trois a rapidement trouvé ses marques. En revanche, offensivement, tout n’était pas rose. Mihailovic était encore en phase de rodage, Johnsen ne trouvait pas le chemin des filets et Quioto était à la peine. Heureusement, Toye, plutôt anonyme depuis son arrivée mi-2020, a percé : atteignant le meilleur niveau de sa carrière, il est devenu l’attaquant tant recherché… jusqu’à une blessure qui a mis fin à sa saison. À l’autre bout du terrain aussi, le gardien Diop avait disparu de la circulation, d’abord en se blessant après avoir fini un match sur une jambe, ensuite en demandant de quitter le club.

Le retour à Montréal a d’abord marqué un changement complet au balancier, comme l’atteste le spectaculaire 5-4 contre Cincinnati : la défense, qui a régulièrement compté des absents, n’était plus aussi solide, mais offensivement, tout a débloqué alors que Nancy décidait de ne plus jouer avec Mihailovic en soutien de deux hommes mais avec un homme seul en pointe soutenu par deux partenaires. L’ancien joueur de Chicago commençait dès lors à enchaîner les passes décisives, et à ses côtés, Torres, un des inconnus arrivés en début de saison, vivait deux mois de rêve.

Si le calendrier compressé et les absences pesaient lourd, les périodes de contre-performances ne se payaient dans un premier temps pas trop cher, car les nombreux concurrents directs de Montréal n’y avançaient pas tellement plus. L’équipe restait donc un sérieux prétendant à une place en phase finale, au sein d’un ventre mou du classement surpeuplé.

Mais les absences combinées de Wanyama et Quioto au moment du sprint final ont eu raison de ces espoirs. Sans sa pierre angulaire ni ses deux meilleurs buteurs (et même sans attaquant spécifique à certaines occasions), l’équipe a montré qu’elle était à bout de souffle. Une victoire contre Orlando lors de la dernière journée de la phase classique du championnat aurait permis de terminer en ordre utile, mais ce n’est pas la défaite de ce jour-là qui a, à elle seule, scellé le sort de l’équipe.

Cela dit, le bilan chiffré du classement peut être tempéré par certaines comparaisons, et un fait : dans la Conférence Est, c’était on ne peut plus serré autour de la ligne rouge ; avec seulement trois points de plus, Montréal aurait gagné trois places… et aurait eu trois équipes deux point devant lui. Avec 46 unités, son bilan 2021 est seulement inférieur à ceux de 2013 et 2015… et meilleur à celui de 2016 alors que l’équipe avait atteint le carré d’as de la phase finale, se faisant éliminer aux portes de la phase finale par Toronto après prolongation. Les 44 buts encaissés égalent par ailleurs le record de solidité de 2015.

Si 2020 a marqué le début d’une nouvelle ère sportive, 2021 devait marquer celle d’une nouvelle image. Mais dès la présentation de celle-ci, en janvier, elle a fait la quasi-unanimité contre elle. Malheureusement, on n’a jamais vu la moindre trace de dialogue avec les opposants, et les positions se sont braquées, parfois à l’extrême, même chez des gens plus modérés au début. Les Ultras Montréal, eux, n’ont pas tardé à réclamer la démission du président Kevin Gilmore et les noms d’oiseau ont volé sur les réseaux sociaux et en tribune… jusqu’à la fermeture du bloc 132 en plein milieu de la saison, officiellement en raison d’une “série d’incidents”. Rien pour calmer les ardeurs, évidemment. Avant deux rencontres cruciales à domicile, les deux dernières du championnat, on apprenait le départ de Gilmore. Les espoirs de réconciliation ont toutefois rapidement été étouffés dans l’œuf.

Heureusement, sur le terrain, la saison pouvait encore connaître une fin heureuse. Si dirigeants et supporters n’étaient pas parvenus à s’unir en décrétant une trêve où leurs regards se seraient tournés ensemble vers Toronto comme ennemi commun, les joueurs, eux, ont montré leur sens du collectif en finale de la Coupe du Canada. À l’image de Camacho, exemplaire de bout en bout alors qu’il savait que le club ne prolongerait pas son contrat. Un contraste avec ceux qui avaient déclaré forfait pour la Ligue des champions l’an dernier. Une Ligue des champions que, fort de sa victoire grâce à un Quioto des grands jours, Montréal retrouvera donc en 2022. Année qui marquera, quoi qu’il advienne, le début de l’ère du prochain président du club. Puisse-t-elle être couronnée d’enthousiasme tant sur le terrain qu’en dehors.

LES TOURNANTS


23 juin
Un 0-0 contre DC United qui a fait couler beaucoup d’encre. Parce que Montréal a résisté à une mi-temps à 10 contre 11. Parce que malgré des absences, Wilfried Nancy a montré qu’il tenait à son système même s’il devait mettre certains joueurs hors-position (et ça a contribué à la bonne saison). Parce que Clément Diop s’est sacrifié, finissant sur une jambe pour éviter que Montréal soit réduit à 9 avec un joueur de champ dans le but. Et parce que jouer à domicile devant un stade vide en Floride commençait vraiment à faire tache quand d’autres clubs, en MLS et à Montréal au hockey, pouvaient jouer devant public.

17 juillet
Montréal peut enfin jouer au stade Saputo. Malgré l’exil forcé, il y arrive avec un honorable bilan de 11 points sur 18 dans ses domiciles temporaires. Pour les retrouvailles avec le public, le match est complètement fou : mené 0-2 puis 2-4 par Cincinnati, il s’impose finalement 5-4 poussé par ses supporters, qui découvrent Torres et Hamdi, auteurs de trois des buts, et le nouveau Toye, auteur des deux autres.

11 septembre
Le stade Saputo commençait avoir des allures d’antre imprenable. L’équipe y avait pris 10 points sur 12, mais pour la venue de Nashville, l’ambiance est plombée. Le club a décidé de fermer le bloc où prend place le kop. L’avantage du public baisse dès lors de plusieurs crans. À l’image de la soirée, les deux équipes sont très sages. À ce petit jeu, les visiteurs sont les meilleurs et infligent à Montréal sa première défaite de la saison au Québec. Pour info, Montréal a pris 10 points sur 21 à domicile à partir de la fermeture du bloc 132.

20 octobre
Après une belle victoire contre Atlanta et une prestation aboutie qui aurait mérité mieux qu’un nul contre Philadelphie, on voit à Orlando une formation qui commence à être à bout de souffle. Privé de Wanyama, mais aussi de Toye (depuis bien longtemps) et Quioto, Wilfried Nancy commence sans attaquant spécifique. C’est bien la défense, et Camacho, qui sauve les meubles en muselant les adversaires et en marquant le but synonyme de but flatteur. Mais l’essoufflement est réel et se ressentira jusqu’en fin de championnat.

21 novembre
Malgré le verdict douloureux en MLS, où la qualification pour la phase finale a été ratée de justesse, la saison n’est pas ratée pour autant et peut s’achever sur un sourire : il faut pour cela battre Toronto en finale de la Coupe du Canada. Une victoire serrée dans les chiffres à l’issue pourtant d’un match à sens unique dont le duel Quioto - Westberg a longtemps tourné à l’avantage du gardien visiteur avant que l’international hondurien ne lui ravisse méritoirement la couronne de héros de la soirée pour propulser Montréal en Ligue des champions.

LES JOUEURS


Le noyau : L’équilibre était pour le moins difficile à obtenir. Des bases ont été posées en 2020, mais il a fallu dégraisser l’effectif de joueurs arrivés avant la nouvelle philosophie sportive et qui ne convenaient pas, tout en le renforçant avec des pièces ciblées… Le tout, en les intégrant, en intégrants des joueurs qui découvraient le soccer dans cette partie du monde, et en gardant un socle pour assurer la continuité. Un exercice périlleux qui, quand on y pense, malgré certains échecs individuels, a été plutôt réussi et où on a davantage constaté l’osmose que la cassure.

Top : Rudy Camacho. En début de saison, ses prestations étaient tellement solides que beaucoup d’observateurs le voyaient parmi les prétendants au titre de défenseur de l’année en MLS. En fin de saison, il brillait légèrement moins derrière mais a compensé avec quelques buts importants. Entre les deux, s’il ne sortait plus du lot, il était encore au niveau de ses partenaires, hormis les joueurs les plus en forme de l’été, comme Mihailovic. Patron de la défense centrale à trois, vous l’avez élu Homme de la saison.

Flop : Bjørn Johnsen. Après une préparation difficile, il a eu du mal à s’adapter. On pensait que sa saison était lancée après son doublé à Miami, mais ce n’était qu’un feu de paille. Certes, le jeu sur les flancs est déficient et ses coéquipiers ne semblent pas toujours le comprendre, ce qui ne l’aide pas. Ce qu’il a montré par le passé permettait de croire à un recrutement légitime, correspondant très bien aux besoins. On peut difficilement critiquer sa venue, mais il n’a vraiment pas répondu aux attentes, très loin de là !

LE COACH


Wilfried Nancy : Promu au poste d’entraîneur principal après le départ de Thierry Henry en début d’année, il avait la lourde tâche d’assurer la continuité du plan lancé en 2020 tout en essuyant les plâtres de ses débuts d’entraîneur principal à ce niveau et en ayant une relation différente avec les joueurs en raison de son nouveau statut. Et il a assuré… dans tous les sens du terme. On a clairement vu que tout ne recommençait pas à zéro, qu’il a su poursuivre sur les bases déjà établies et répondre aux attentes qu’il y aurait eues si Henry était resté. Bien entendu, il a commis quelques erreurs, peut-être d’inexpérience, mais le bilan global est conforme à ce qu’on aurait exigé d’un entraîneur plus aguerri. Loin de la catastrophe prédite par de nombreux observateurs en début de saison mais aussi loin des sommets, l’équipe était à son niveau, ce qui était tout sauf gagné d’avance, et son entraîneur y a une bonne part de mérite.

TENDANCES


Adaptation (+) : De la grosse douzaine de nouveaux visages arrivés en 2021, seuls deux peuvent être considérés comme des échecs cette saison, Hurtado et Johnsen. Il n’y a aussi que deux franches réussites, mais Mihailovic et Miller sont désormais des cadres très importants de l’équipe. Pour les autres, le bilan global est positif : Torres a brillé en été avant de décliner mais reste un pion important du dispositif de Nancy, Hamdi a apporté sa pierre à l’édifice sans arriver à se rendre indispensable, Struna était titulaire mais a disparu en fin de saison, Breza a effectué le chemin inverse, Bassong et Ibrahim peuvent mieux faire mais on leur accorde une marge de progression, Thorkelsson et Miljevic sont des projets pour 2022.

Spectacle (=) : En 2021, les filets ont tremblé beaucoup moins lors des rencontres de Montréal qu’en 2020… parce que la défense était beaucoup plus solide. Alors, oui, ça a généré moins de certaines émotions, dont on se passe allégrement ! Pour cet an 2 de la nouvelle philosophie de jeu, on attendait davantage de maîtrise, et on l’a vue dans l’organisation. Cela dit, la créativité reste déficiente, pour diverses raisons : voilà le défi à relever lors de la saison 3… sans évidemment perdre la solidité derrière !

Ambiance (--) : Sur le terrain et dans le vestiaire, le constat est loin d’être aussi négatif, mais il est malheureusement plus que contrebalancé par le climat extra-sportif délétère qui a régné dès l’annonce du changement de nom et de logo en janvier. Mécontentement de supporters qui parlent de désamour et de désabonnement, demande de démission du président Gilmore qui a quitté ses fonctions durant l’automne, bannissement du kop, tensions avec Joey Saputo avant un match crucial contre Toronto : le lien entre le club et nombre de ses fidèles, qui sont loin d’être les seuls Ultras Montréal, est en très mauvais état à l’issue de cette saison 2021.

Image (--) : La direction pensait qu’un changement de nom et un changement de logo allaient donner une vigueur nouvelle à l’image du club. Elle a eu tout faux. Pas forcément en changeant, même si certains étaient opposés à toute modification, mais bien en offrant un nouveau nom et un nouveau visuel bas de gamme, à l’image de la conférence où ils ont été présentés de façon surréaliste. En outre, la façon dont ils ont été défendus ont créé des tensions entre gens qui préféreraient être unis derrière leur équipe, et a nui à l’image du club en tournant trop souvent les projecteurs vers l’entêtement hors-terrain plutôt que les progrès sur celui-ci.

Finances (=) : Si on compare à 2020 et l’année de la pandémie, difficile de faire pire et d’avoir une tendance à la baisse. Ce n’est évidemment toujours pas la joie, mais on se consolera certainement avec le retour du public (en trop petit nombre, malheureusement), des dollars bien utilisés sur certains joueurs et des perspectives de transferts juteux. Attention quand même : seuls 6 des 12 joueurs les mieux payés selon les chiffres de l’association des joueurs de MLS ont franchi la barre des 1000 minutes en championnat cette saison.

Les bilans de la saison 2021 sur ImpactSoccer.com
1. Le bilan du club
2. Les joueurs sous la loupe
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