Battu par le dernier de classe

CF Montréal - Sporting Kansas City 1-2 – Match de championnat (phase classique) joué le 09/07/2022

 CF Montréal
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MONTRÉAL : Breza, Johnston, Camacho, Miller, Lappalainen (80e Brault-Guillard), Piette (80e Hamdi), Koné, Kwizera (46e Choinière), Miljevic (71e Torres), Quioto, Toye (71e Kamara)

KANSAS CITY : Melia, Pierre, Isimat-Mirin, Fontas, Sweat, Rosell (71e Hernandez), Espinoza (81e Duke), Walter, Russell (88e Voloder), Salloi, Shelton

ARBITRE : M. Pekmic

AVERTISSEMENTS : Rosell, Kwizera, Espinoza, Pierre

LES BUTS : 13e Quioto (1-0), 29e Espinoza (1-1), 64e Walter (1-2)


Alors qu’il avait ouvert la marque rapidement et avait tout en mains pour battre un Kansas City chancelant, Montréal s’est incliné 1-2 contre un adversaire du fond de classement, à qui il a offert l’égalisation avant de le dominer de façon poussive et stérile mais de se faire surprendre sans être capable de réagir adéquatement par la suite.

Pour la venue du dernier de classe, Wilfried Nancy alignait un onze inspiré des déplacements sur la côte ouest américaine, avec quand même quelques changements. Ainsi, puisque Wanyama était malade, Piette et Koné évoluaient de concert dans l’axe de l’entrejeu. Miller, apte au service, était titulaire… renvoyant Waterman sur le banc, Johnston étant confirmé en défense centrale. Lappalainen confirmé à droite, on retrouvait Kwizera à gauche. Choinière était donc sur le banc. Le trident offensif était composé de Miljevic, Quioto et Toye.

Malgré sa dernière place, Kansas City n’était pas venu avec le désir d’attendre son adversaire. Il aurait pu se le permettre… d’autant que sa défense a beaucoup de mal à bien se reconvertir en perte de balle. Montréal le savait certainement et ne semblait pas rechigner à laisser son adversaire, qui peine à marquer cette saison, prendre l’initiative. Attention quand même aux risques inutiles, puisque la première frayeur est venue après une relance ratée de Breza dont Russell n’a pas profité.

Bien entendu, les joueurs locaux n’avaient pas pour seule intention de regarder leur adversaire exprimer sa peine. Ils voulaient frapper juste… et y sont parvenus après moins d’un quart d’heure. Auteur d’un bel effort sur la droite, Lappalainen a effacé plusieurs adversaires tout en rentrant sur la droite du rectangle avant d’envoyer un centre au deuxième poteau où Quioto a surgi pour prolonger ce ballon aérien au fond des filets (1-0).

Avec un but à rattraper, le plan de Kansas City ne changeait pas. Mais ça n’a fait que rendre ses difficultés de la saison encore plus criantes. Les occasions, il se les créé… mais la maladresse est ensuite au rendez-vous. Ainsi, sur un coup franc de Walter, Shelton a complètement raté une reprise de la tête alors qu’il était isolé au cœur du rectangle. Cinq minutes plus tard, sur un centre de la gauche de Sweat, les Montréalais sont passés à côté de leur intervention… mais Shelton et Russell ont encore été beaucoup plus maladroits…

Maladresse défensive aussi une minute plus tard : sur un malentendu, Fontas effectua une passe en retrait très mal avisée… que presque tout le stade regarda, haletant, en se demandant si elle allait se transformer en autobut. Seul à pouvoir agir, Melia parvint à dégager en panique en corner avant que la réponse ne tombe.

Autre question, récurrente celle-là, que l’on entend souvent : quand Breza va-t-il se faire lober, lui qui est très souvent loin de son but, et parfois dans une position qui pose question ? Et là, on connaît la réponse : c’était pour aujourd’hui ! On approchait de la demi-heure que, profitant d’une double approximation de Quioto, Espinoza récupéra le ballon et flaira directement le bon coup pour égaliser (1-1).

Un but qui devait changer la physionomie du match. Mais pour le reste de la première mi-temps, il nous permit surtout d’encore davantage observer les difficultés rencontrées par les hommes de Peter Vermes : hésitations, approximations, moments de panique, lenteur d’exécution, choix tardifs, et on en passe. À la limite de l’incompréhensible quand on connaît les qualités individuelles des joueurs.

Malgré cela, le jeu offensif montréalais était pour le moins poussif et manquait de fluidité. Il y avait des occasions, mais elles semblaient tomber du ciel. Avec, pourtant, de beaux gestes à leur source. Comme ce bel effort dans le rectangle de Koné avant de glisser le ballon en retrait vers Miljevic en pleine course. Espinoza vint contrecarrer ses plans in extremis en détournant sa tentative en corner.

Autre très beau geste, ce centre de Lappalainen côté droit (où il était vraiment à l’aise, malgré la présence de Salloi face à lui, avant d’être changé de côté après le repos), parfaitement suivi par Toye qui avait surgi entre deux défenseurs mais dont la reprise de la tête est passée à côté. Entre temps, c’est le crâne de Miller qui avait failli faire des dégâts : reprenant un corner en zone centrale, il obligea Melia à intervenir, même si le gardien ne dut pas non plus parcourir une grande distance pour s’emparer du ballon.

On imaginait que le discours des deux entraîneurs au vestiaire avait mobilisé leurs troupes, les incitant à se montrer offensives… On ne connaît évidemment pas la teneur de leurs paroles, mais elles ne furent en tout cas pas suivies de cet effet. Il fallut une passe apparemment envoyée dans le paquet mais mal ajustée pour obliger Melia à dévier en corner un ballon qui se dirigeait sous sa transversale. Le coup de coin fut suivi d’un gros cafouillage lors duquel un tir de Johnston fut contré, un autre de Choinière loin du cadre.

Montréal semblait devoir se contenter de corners, que Kansas City concédait d’autant plus facilement qu’il devait parer au plus presser pour compenser d’autres erreurs. L’un d’eux fut repris d’une tête croisée de Camacho qui finit à côté.

La première frayeur dans l’autre camp survint juste après l’heure de jeu quand, de la droite du rectangle, un centre visiteur traversa le petit rectangle sans que ni les deux visiteurs à l’affût ni Breza ne parviennent à toucher à ce ballon bouillant.

Ce n’était que partie remise. Trois minutes plus tard, Shelton déborda sur la droite et envoya un centre que l’on pensait raté, car il passait derrière Salloi. Mais Walter était très attentif et y croyait dur comme fer : arrivant comme un TGV, il décocha un boulet de canon qui fusilla Breza (1-2).

Malgré le tir de loin de Miljevic détourné en corner à peine deux minutes après le but, la nervosité semblait s’être rééquilibrée. Kansas City était plus serein… enfin, était passé de stressé à moyennement calme, alors que balle au pied, beaucoup de Montréalais semblaient avoir un point d’interrogation plein de doute au-dessus de la tête.

Ainsi, les constructions étaient poussives, les remplacements n’y changeaient rien et la possession de balle était d’une incroyable stérilité. Il a fallu attendre un gros quart d’heure pour revoir du danger dans les parages du but visiteur. Un corner fut repris par Miller, non loin du but, mais c’était trop croisé.

Pris par le temps, Montréal tentait d’accentuer la pression. Un centre de Brault-Guillard arriva au deuxième poteau où Torres nous gratifia d’une très jolie reprise en un temps… suivie d’un arrêt encore plus beau de Melia.

Et puis ? Plus rien, ou presque. Bien lancé sur la gauche, Torres a tenté de trouver Quioto qui surgissait au cœur du rectangle, mais Melia le devança sans peine.

C’en était tout de ce match où une équipe a confirmé sa place en fond de classement, malgré le résultat, et l’autre n’a pas su profiter des doutes dans la tête de son adversaire, les voyant au contraire s’installer dans la sienne au fil des minutes. Certes, Mihailovic et Wanyama ont cruellement manqué, mais on a vu à bien d’autres occasions Montréal être capable de compenser d’importantes absences grâce à un système qui semblait bien huilé. Ce soir, on était très loin du compte… et quand en outre, on commet des bourdes comme sur le but égalisateur, ça complique encore plus la tâche, peu importent les difficultés de l’adversaire.

Ces deux défaites consécutives en championnat viennent jeter un coup de froid après le beau succès à Seattle. La prochaine mission aura une saveur particulière, puisque Toronto sera en visite au stade Saputo samedi prochain. En plus des deux derniers résultats en championnat, il y a une défaite 4-0 en coupe à se faire pardonner…

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