CHICAGO : Brady, Barroso, Elliott, Mbokazi, Dean, Pineda (89
e D’Avilla), Saletros, Zinckernagel (90
e Lod), Haile-Selassie, Bamba (56
e Waterman), Cuypers
MONTRÉAL : Gillier, Guboglo (63
e Bugaj), Morales, Neal (46
e Craig), Vera (63
e Streit), Longstaff (78
e Carmona), Loturi, Synchuk, Jaime (72
e Rios), Thorhallsson, Owusu
ARBITRE : M. Arreguin
AVERTISSEMENTS : Vera, Zinckernagel, Jaime, Gillier
EXCLUSION : 56
e Dean
LES BUTS : 27
e Bamba (1-0), 90
e Cuypers (pen., 2-0), 90
e Lod (3-0)
Pour son deuxième match de la saison 2026, Montréal a poursuivi sur son mauvais élan de défaite humiliante : cette fois, ce n’est pas la sévérité des chiffres au marquoir qui est en cause mais le fait que, mené 1-0 en début de deuxième mi-temps, il a disputé tout le reste du match avec un homme de plus pour finalement s’incliner 3-0 tout en offrant une montagne d’occasions à son adversaire sans parvenir à s’en créer une digne de ce nom.
LE JEU
- Un centre mal géré qui permet l’ouverture du score, une deuxième mi-temps à onze contre dix lors de laquelle Montréal est complètement dominé, un manque de concentration qui offre un penalty puis un autre, presque anecdotique, qui permet à Chicago de fixer les chiffres de sa victoire… on a vu que le jeu proposé est tout aussi mauvais que la saison dernière, mais on a aujourd’hui eu l’occasion de voir comment la mentalité, souvent justification creuse d’un aveu d’impuissance, avait évolué : Montréal n’y était tout simplement pas. Mais quand on semble avoir une identité de jeu bancale, pour rester poli, c’est assez logique que ça flanche dans la tête quand on sent qu’avec le ballon, ça ne tourne pas.
LE MOMENT CHARNIÈRE… QUI N’A PAS TOURNÉ
- On joue depuis dix minutes en deuxième mi-temps et il y a encore un exclu ! Toutefois, cette semaine, c’est chez l’adversaire. Pour la deuxième fois consécutive, Montréal jouera donc deux matchs… mais cette fois avec une occasion en or de retourner la situation en sa faveur. Une nouvelle fois mené 1-0 à l’issue du premier, il a perdu le deuxième 2-0 alors qu’il avait un homme de plus sur le terrain. Pire encore, avec le même nombre de joueurs sur le terrain, Chicago a gagné le match des occasions 5-0… alors qu’il a remporté 9-1 celui où Montréal était en supériorité numérique ! Comment est-ce possible ?
LE JOUEUR CLEF
- Malgré la victoire de Chicago, pas question de mettre un joueur local de l’avant aujourd’hui. Ni de tirer sur un joueur Montréalais en particulier pour l’enfoncer plus que les autres. Non, c’est le collectif qu’on va souligner, un collectif en perdition, en plein naufrage, qui se coule tout seul comme les célèbres pirates d’Asterix quand ils voient un semblant de Gaulois dans le brouillard.
L’HISTOIRE
- Dans le même temps, New York a battu New England 1-0, avec un buteur de 17 ans, qui a reçu la passe décisive d’un jeune de 16 ans, servi lui-même par un coéquipier du même âge. Tout ça en ayant quand même une équipe réserve en MLS Next. À qui cela servira-t-il de source d’inspiration ?
TROIS AUTRES POINTS À RETENIR
- Le vent et le froid n’ont visiblement pas donné la motivation suffisante aux joueurs des deux équipes pour se réchauffer en fournissant des efforts. Peut-être la faute à l’heure du coup d’envoi, 13h00 locales, plutôt indigeste… Longtemps, le match a manqué de rythme. Ajoutez à cela un terrain en mauvais état source de nombreux déchets techniques des deux côtés, même de la part des joueurs les plus habiles en temps normal, et vous obtenez le cocktail d’un spectacle assez mièvre sur le terrain.
- L’absence d’Aviles, suspendu et remplacé par Neal, était actée, la titularisation de Jaime ne surprenait personne dès lors qu’on le jugeait apte au service dès le coup d’envoi : il y avait donc deux joueurs qui faisaient les frais de la débâcle à San Diego : Piette et Hidalgo, respectivement remplacés par Longstaff et Guboglo. Notons aussi la première apparition sur la feuille de match de Streit, monté au jeu après le carton rouge.
- Il reste un peu plus de deux minutes au temps réglementaire et Carmona envoie un tir de loin bondissant, qui aurait pu être piégeux mais dont Brady s’empare sans problème. Au moins, il aura essayé un truc, car ce fut la seule demi-occasion montréalaise digne de ce nom. Oui, même durant les 46 minutes avec un homme en plus !
RÉCIT
Après un premier quart d’heure soporifique, Chicago a converti sa domination stérile en légères occasions : un tir écrasé de Bamba dévié par Gillier, un beau mouvement local ponctué par un tir d’Haile-Selassie que le portier visiteur a empêché de passer être ses jambes, et un tir de loin de Saletros dévié en corner.
Avec un ballon menaçant toutes les trois ou quatre minutes, le danger se précisait et il a fini par se payer au prix fort par Montréal, dont aucun joueur n’est parvenu à dégager un centre de la droite de Barroso avant que le ballon n’arrive au deuxième poteau où Bamba, isolé, l’a prolongé dans le but (1-0).
Chicago a confirmé que son avantage au repos était mérité, avec un face-à-face que Gillier a remporté face à Cuypers : toutes les occasions des 45 premières minutes étaient tombées dans le même camp…
Peu avant l’heure de jeu, Dean a été exclu après intervention de la VAR pour avoir retenu Synchuk par le maillot. Ce dernier semblait hors-jeu… mais le geste aurait commencé avant la passe… qui semblait aussi assez profonde, et rien ne dit qu’elle serait arrivée à son destinataire. Assez clair et évident pour revenir sur la décision initiale ? Les deux camps ne seront pas d’accord.
Mais débat il n’y aura pas, car il n’y en aura pas besoin. Pour les troupes de Donadel, avec un homme de plus, ça va visiblement tout aussi mal qu’avec un homme de moins… En trois minutes, Cuypers, serré de près, a tiré sur Gillier, un corner a vu une reprise de Mbokazi repoussée vers Waterman dont la volée est passée hors-cadre, et le gardien visiteur a sauvé du bout des doigts un tir de loin de Zinckernagel puis la reprise de la tête de Cuypers sur le corner qui en a résulté.
Après la demi-occasion de Carmona qui donna un semblant d’espoir, le navire a qui prenait l’eau a fini par chavirer. Non pas sur le contre aussi dangereux que mal géré par Zinckernagel. Mais bien quand Loturi a raté son contrôle et que Gillier, écarté de son but, a commis une faute sur Cuypers provoquant un penalty sur lequel le Belge s’est fait justice (2-0).
Et si Gillier a empêché le troisième but sur un tir de loin du très remuant Barroso, le bateau a touché le fond après un centre de Cuypers dévié sur la transversale permettant à Lod, qui avait bien suivi au rebond, de quand même fixer les chiffres à 3-0.