Un mauvais match, riche en leçons

CF Montréal - FC Cincinnati 1-2 – Match de championnat (phase classique) joué le 22/05/2021

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MONTRÉAL : Diop, Struna, Camacho, Waterman (78e Ibrahim), Brault-Guillard (84e Bayiha), Wanyama, Hamdi (73e Torres), Lappalainen (46e Bassong), Mihailovic, Quioto (84e Johnsen), Hurtado

CINCINNATI : Vermeer, Gyau, Cameron, Vallecilla, Matarrita, Cruz (86e Vazquez), Stanko (86e Medunjanin), Kubo, Acosta, Barreal (59e Locadia), Brenner

ARBITRE : M. Bazakos

AVERTISSEMENTS : Mihailovic, Brault-Guillard, Quioto, Wanyama

LES BUTS : 56e Mihailovic (1-0), 70e Locadia (1-1), 87e Vallecilla (1-2)


Deux buts sur phase arrêtée ont permis à un Cincinnati brouillon de prendre trois points à Montréal, qui avait pourtant ouvert la marque grâce à Mihailovic. Si le match (1-2) n’a pas volé bien haut, on s’inquiétera surtout de l’impuissance et de la désorganisation des hommes de Wilfried Nancy après l’égalisation, comme si l’équipe s’était imposé une pression excessive qui a finalement déréglé une machine encore en construction.

Pour ce match contre un des derniers du classement, Wilfried Nancy effectuait encore plusieurs changements, de gré ou de force. Ainsi, de retour de blessure, Brault-Guillard reprenait son poste sur le flanc droit, alors que Miller prenait la direction de l’infirmerie et était relié par Waterman. Dans l’axe de l’entrejeu, Hamdi évoluait aux côtés de Wanyama. Devant, Hurtado et Quioto recevaient une nouvelle chance ensemble, alors que leur association précédente fut très peu concluante.

Il faisait peut-être plus chaud au Québec qu’en Floride, mais ça n’empêchait pas les conditions étouffantes de visiblement peser sur les échanges. Ce fut en tout cas très poussif de tous bords pendant de longs pans de la rencontre. Ainsi, la première mi-temps ne valut quasiment que par ses dix dernières minutes.

Avant cela, Quioto s’était bien fait barrer le chemin par Cameron alors qu’il venait de recevoir une passe adverse droit dans les pieds (mais avait deux défenseurs et peu d’espace devant lui) et Vermeer s’était couché sur un tir croisé d’Hurtado à l’issue d’une action entamée par une belle récupération de Wanyama.

Pour sa part, Diop avait vu son rythme cardiaque monter légèrement quand un coup franc d’Acosta avait fini sur le toit de son but - mais le gardien était bien placé - ou quand il a dû sortir dans les pieds de Kubo. Rien, toutefois, pour l’inquiéter sérieusement.

Montréal dominait, bien aidé par les relances tout bonnement catastrophiques de Cincinnati, qui peinait à cause de cela à sortir de son camp. Dès lors, les hommes de Jaap Stam se concentraient sur une seule mission : défendre et empêcher coûte que coûte le ballon de passer. C’était très peu académique mais plutôt bien exécuté et ça leur a longtemps permis de tenir le coup.

Il a fallu attendre près de 40 minutes pour voir enfin une occasion digne de ce nom. Tout a commencé par un bel effort de Quioto sur la gauche du rectangle, ponctué d’un excellent ballon à ras-de-terre qui semblait avoir battu tout le monde à Cincinnati… mais personne à Montréal n’avait suivi. Il est toutefois arrivé de l’autre côté à Brault-Guillard qui a trouvé la tête de Wanyama dont la reprise obligeait Vermeer à intervenir.

Deux minutes plus tard, un beau mouvement dans l’axe permettait d’isoler Quioto seul face à Vermeer, auteur d’une très bonne sortie pour lui barrer la route.

Cincinnati a aussi eu une très grosse occasion, illustrant un peu le manque de cohérence dans le jeu de cette équipe. Brenner, sur la droite, avait une situation intéressante devant lui mais a donné le ballon très en retrait à Acosta, permettant aux défenseurs de se replacer. L’ancien joueur de DC United, dont pas mal de choix collectifs ont été discutables, a décidé de tirer de loin. Diop a repoussé le ballon, et sur le rebond la défense s’est emmêlé les pinceaux, ce dont un joueur de Cincinnati a tiré profit d’une action digne d’une partie de billard… le ballon finissant au fond des filets on ne sait trop comment. Ce qui est sûr toutefois, c’est que le joueur en question était hors-jeu, ce qu’avait très bien vu le juge de touche, et le but a été annulé.

Mais ce n’était pas la plus grosse occasion de la mi-temps. Sur l’action suivante, lancé par une ouverture lumineuse d’Hamdi, Brault-Guiillard, balle au pied sur la droite, et Quioto, plein axe, filaient seuls au but. Le premier a servi le second qui n’avait plus qu’à pousser le ballon au fond des filets… mais il l’a envoyé à côté. Cette fin de période animée se terminait sur un tir de loin intéressant, mais au-dessus, de Gyau (dont le père a défendu les couleurs de l’IMFC au début de son histoire).

Même si ça ne volait bien haut ni d’un côté ni de l’autre, Montréal avait eu le dessus jusque-là et comptait bien concrétiser cette domination au retour des vestiaires. Ça s’est vu même si la première occasion fut pour Cincinnati : partant en contre après un corner, Acosta a lancé Gyau qui a tenté de lober Diop mais a complètement raté son geste.

Vermeer a dû s’employer une première fois après le repos en ayant la main au bon endroit, et ferme, sur un tir légèrement dévié envoyé par Wanyama qui s’était bien infiltré dans le rectangle. Le message était encore une fois clair : la défense fera le mur et si elle est battue, le dernier rempart sera solide.

Il fallait donc que tous les joueurs impliqués soient parfaits tant individuellement que collectivement pour en venir à bout. Et c’est arrivé dix minutes après la reprise. À la suite d’un bel effort dans l’axe, Mihailovic a voulu lancer Quioto qui, encore une fois, avait peu d’espace puisque Vermeer et un défenseur étaient juste devant lui. Cette fois, le Hondurien a décidé de se déporter sur la droite et a emmené ses deux adversaires avec lui. Lorsqu’ils lui ont laissé un petit espace pour centrer, il l’a bien vu et y a glissé le ballon pour Mihailovic, qui avait parfaitement suivi et, malgré les deux adversaires qu’il avait sur le dos, est arrivé le premier avant de faire trembler les filets (1-0).

L’avance était méritée et Cincinnati semblait sans réaction. Pour preuve, ce coup franc de Mihailovic au deuxième poteau idéalement remis au poteau opposé par… un défenseur. Wanyama s’est précipité pour reprendre le ballon de la tête, mais l’a envoyé au-dessus alors que Vermeer était déjà revenu pour tenter de fermer l’angle.

L’odeur du deuxième but fut encore plus perceptible quelques instants plus tard quand Brault-Guillard, complètement seul, a donné le ballon plein axe à Mihailovic, qui l’a facilement propulsé au fond des filets. Mais le buteur du jour était hors-jeu depuis le début de l’action, et au moment de la passe. Le but a donc logiquement été annulé, le juge de touche ayant encore bien vu, ce qui était il faut le reconnaître pour le moins facile.

Montréal devait éviter de commettre une énorme erreur : croire que Cincinnati ne pouvait être que dangereux sur contre-attaque et, fort de son avance, lui laisser le ballon. En effet, Brenner et consorts n’ont encore jamais marqué sur reconversion rapide cette saison. Il fallait donc continuer de jouer comme depuis le début du match, enfin… continuer de garder le ballon dans le camp adverse, et quand même idéalement en faire une mauvaise utilisation.

Ne pouvant pas construire et accélérer soudainement, son seul réel domaine d’efficacité offensive depuis le début de la compétition, Cincinnati ne pouvait dès lors plus compter que sur une chose : les phases arrêtées. Histoire de refaire le même coup à Montréal que Vancouver qui avait pris trois points sans rien montrer…

Les mauvais souvenirs ont commencé à resurgir sur un corner : après une première reprise contrée, le ballon aérien a été prolongé par Cameron vers Locadia, extrêmement mal tenu. Malgré sa position difficile dos au but, le Néerlandais a parfaitement placé sa reprise de la tête hors de portée de Diop pour égaliser (1-1).

C’était un coup dur, certes, mais Montréal aurait dû se ressaisir calmement, se concentrer sur son jeu, reprendre sa domination et tirer les leçons du match jusque-là pour mieux s’organiser offensivement. Au lieu de cela, on a eu une impression de panique générale, de désorganisation totale sur le terrain (les changements n’ont pas aidé, loin de là) et d’un “désir-obligation” de prendre les trois points tellement fort qu’il a été paralysant et a mené à de nombreuses décisions insensées. Il restait 20 minutes à jouer, et Montréal est complètement sorti de son match, ne créant dès lors plus rien de suffisamment probant pour faire à nouveau pencher la balance en sa faveur.

Cincinnati a même commencé à se montrer dangereux dans le cours du jeu ! Première illustration avec ce long ballon vers Locadia qui l’a fait passer au-dessus de deux défenseurs pour servir Cruz, qui avait suivi l’action, complètement oublié par ses adversaires. Diop lui a alors foncé dessus, le forçant à précipiter son tir qu’il a envoyé au-dessus.

Exemple suivant avec une rare circulation intéressante aux abords du rectangle montréalais, permettant à Acosta de servir Brenner dont le tir croisé a été repoussé du pied par Diop. Le danger n’était pas écarté pour autant, la situation est restée très chaude aux abords du but montréalais, sans toutefois de possibilité de but supplémentaire.

Mais c’est bel et bien à la Vancouvéroise que Cincinnati s’est imposé, en marquant encore sur coup de pied arrêté. Cette fois, un coup franc de Matarrita trouvait Vallecilla qui avait pris le dessus sur Hurtado avant de fixer les chiffres à 1-2 d’une belle tête plongeante.

Cette deuxième défaite d’affilée fait mal au classement et au moral. Doublement car, après celle de la semaine dernière dure à digérer car survenue dans les dernières secondes, celle-ci est tout aussi néfaste pour l’estomac mais pour des raisons différentes puisqu’elle laisse l’impression de repartir bredouille après avoir eu tout en mains. Toutefois, il serait sot de ne retenir que ça et l’occasion ratée de Quioto (d’autant plus que l’équipe a pris l’avance par la suite et été incapable de la conserver).

Offensivement, Wilfried Nancy n’a clairement pas encore trouvé la bonne combinaison. Ce qui semble clair c’est que Quioto et Hurtado ensemble, ça ne marche pas. Ce fut le cas lors de leur précédente association et encore aujourd’hui. Soit ils se marchent sur les pieds, soit chacun joue de son côté. Et Hurtado titulaire, ce n’est pas convaincant non plus.

Faut-il rester avec deux hommes devant soutenus par Mihailovic ou faudrait-il inverser ce triangle ? On sait Quioto polyvalent et capable d’être tant au but qu’à la passe décisive. Mihailovic a montré aujourd’hui qu’il savait s’infiltrer. Torres pourrait y être plus excentré que quand il est monté au jeu jusqu’à présent. Avec un homme devant pour être à la réception des centres ou créer des espaces aux deux joueurs en soutien - qui doivent tous deux être capables tant de marquer que d’offrir des buts - il y aurait peut-être une dynamique qui convient mieux aux joueurs de cet effectif.

Hamdi demeure mystérieux. Autant sa première sortie fut étincelante, autant il se montre davantage discret quand il est titularisé. Est-ce une question de gestion de son match ? D’automatismes ? De circonstances ? Difficile à dire en ne voyant cela qu’à la télévision, et de savoir ce qui sera le plus bénéfique à long terme : insister ou profiter de la prochaine trêve d’un mois pour faire des essais à l’entraînement.

Miller a manqué derrière. Avec Struna et Camacho, hormis lors de la première apparition de l’ancien équipier de Victor Cabrera à Houston, ils n’ont jamais déçu. Jusqu’au retour de Binks, ils semblent incontournables. Et la défense à trois centraux fonctionne bien. On se demande d’ailleurs pourquoi changer de système en cours de match : c’est beau de vouloir mettre plus de monde devant, mais si c’est pour tout désorganiser comme on l’a vu aujourd’hui, c’est plus néfaste qu’autre chose. Il serait peut-être plus judicieux de garder les socles du système et de faire des changements qui modifient davantage la dynamique que les automatismes.

Utiliser tous ses changements, ça fera peut-être plaisir à quelques fans d’autres sports, reste que ça n’a pas porté ses fruits : Montréal n’a rien montré de plus après, au contraire, et cette saison, l’équipe a toujours perdu quand elle a été menée. Point de vue « statistiques personnelles », c’est une marque à effacer rapidement pour Wilfried Nancy. Quoique le principal intéressé et les supporters du club ne se plaindraient certainement pas de ne plus voir l’équipe menée à la marque d’ici la fin de la saison !

Dans le même ordre d’idées, faire tourner l’effectif c’est très bien, surtout quand comme c’est le cas il y a énormément de titulaires potentiels, mais ça n’aide pas certains automatismes. Et si tout le monde se sent concerné, ceux qui disparaissent un peu trop longtemps de la circulation pourraient trouver ça difficile. Bien entendu, on ne sait pas ce qu’il se passe et se dit en Floride. Bien entendu, certains choix sont très justifiables. On peut par exemple comprendre le désir d’à nouveau titulariser Lappalainen à gauche. Mais pourquoi Kizza, qui n’a pas démérité en début de saison, n’était-il même pas son remplaçant ?

L’envie de gagner semble trop forte contre les adversaires qui n’ont rien à montrer, et mène à de la précipitation, de la désorganisation et, in fine, à des défaites. On l’a vu aujourd’hui et on l’avait déjà vu contre Vancouver. Le contraste de la concentration défensive dans les moments clefs est flagrant quand on compare ces deux rencontres à celle face à Atlanta. Offensivement, ce sont les prestations face à Columbus et Miami qui peuvent être utilisées pour constater le même genre de contrastes.

La patience est une vertu qu’on a souvent vantée en ce début de saison. Avec un nouvel entraîneur et beaucoup de nouveaux joueurs, même si on poursuit sur les bases de l’an dernier, il faut du temps pour mettre le jeu en place. Il ne faut pas que certains résultats enthousiasmants viennent faire déroger à ces principes dans le seul but de les confirmer. D’autant qu’au bout du compte, cela ne porte pas ses fruits.

Dans l’absolu, les bases qui portent ce début de saison n’ont évidemment pas changé : un effectif riche (avec les avantages et les inconvénients que ça comporte) sans grande vedette, de bonnes intentions de jeu, une préparation écourtée, trop peu d’automatismes et un entraîneur qui a ce qu’il faut pour travailler dans la continuité de la saison dernière et du plan à long terme de l’équipe. Si l’objectif est bien entendu d’obtenir de bons résultats sur une base régulière, il ne faut pas dans un premier temps que ceux-ci ne prennent trop d’importance, au point de risquer de dérégler l’engrenage.

Il faut également, mais c’est davantage lié aux observateurs qu’aux joueurs et à l’encadrement de l’équipe, ne pas oublier qu’en face il y a un adversaire. Aussi mal classé soit-il, il a des qualités (Cincinnati a de très bons joueurs, même si collectivement ça laisse à désirer) et joue avec ses armes. C’est aussi à garder en tête avant le prochain match, à Chicago, une équipe qui a effectué très peu de changements après une saison 2020 assez bizarre : l’équipe est certes passée complètement à côté de l’un ou l’autre match mais souvent, bien du monde disait qu’elle méritait mieux. Le genre d’adversaire qu’il ne faut donc pas prendre à la légère et qui permettra justement de voir si les carences montrées ce samedi face à Cincinnati ont été bien travaillées.

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