Bilans de saison 2020 (2) : aperçu général de la saison

Publié le 4 janvier 2021

 Impact de Montréal
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Une nouvelle direction sportive, un nouvel entraîneur au passé de joueur légendaire, le départ de Piatti, plusieurs arrivées intrigantes, un style de jeu appelé à changer : pour l’IMFC, 2020 devait être une saison de transition sportive, de construction de nouvelles bases. Ce le fut, aussi, mais le travail a été sérieusement compliqué par une pandémie qui a chamboulé les plans tant sur le terrain qu’en dehors.

Deux changements majeurs dans l’équipe ont marqué l’hiver dernier. Le premier avec l’arrivée de Thierry Henry sur le banc. Le second avec le retour d’Ignacio Piatti en Argentine. Si quelques autres joueurs qui avaient eu un rôle important par le passé s’en sont aussi allés, comme Sagna, Lovitz ou, dans une moindre mesure, Cabrera, les départs n’ont pas été si nombreux, en raison soit d’obligations contractuelles soit du désir du nouveau staff de faire sa propre évaluation. Rayon arrivées, hormis Quioto qui n’était plus en odeur de sainteté à Houston, les nouveaux étaient inconnus du grand public : Binks, Waterman, Saba, Maciel et des jeunes du cru…

Le premier écueil était déjà sérieux, puisque l’équipe entrait dans le vif du sujet dès son premier match officiel, en Ligue des champions contre Saprissa. Un double duel bien négocié après une préparation discrète, de quoi partir du bon pied tout comme le 4/6 en championnat et l’arrivée de Victor Wanyama, un médian défensif qui fut parmi les meilleurs à son poste en Premier League. Malheureusement, le premier match raté de la nouvelle ère, à domicile contre Olimpia, fut suivi d’une interruption infestée de doutes en raison de l’éclosion sur nos terres de la pandémie de Covid-19.

Il fallut attendre quatre mois avant de revoir l’équipe en action, lors d’un tournoi organisé à Orlando par la MLS, dans une “bulle” regroupant toutes les équipes. Si les esprits chagrins ont rapidement clamé qu’il n’irait pas à son terme, il a été une belle réussite dans de telles circonstances. En revanche, l’Impact n’y a pas brillé, et on en retient surtout les essais surprenants menés par l’entraîneur. De quoi ronger son frein pendant la pause suivante…

Un mois plus tard, une nouvelle phase de la compétition s’ouvrait, 100% canadienne pour les équipes de ce côté-ci de la frontière en raison de la fermeture de cette dernière. Une phase dont les résultats comptaient aussi pour une qualification en finale de la Coupe du Canada. Si la hiérarchie 1. Toronto, 2. Montréal, 3. Vancouver semblait évidente au début, l’IMFC a pu y croire jusqu’au bout. On a aussi vu sur le terrain les leçons tirées du tournoi à Orlando et le fruit du travail des trop rares entraînements au milieu des périodes de quarantaine. Malheureusement, le dernier match à Vancouver a tourné à la bérézina.

Une défaite qui a laissé des traces, ouvrant une période où les bonnes intentions et le potentiel, régulièrement visibles à un moment où l’autre, courbaient toujours l’échine devant l’indiscipline et/ou la fatigue. Le mois d’octobre, avec sept rencontres au programme, fut une alternance de hauts et de bas. Mais si on pouvait penser que les joueurs avaient baissé les bras, ils ont prouvé le contraire lors de leurs trois dernières sorties : en arrachant la qualification pour la phase finale lors d’un match épique à DC United, en n’étant éliminé par New England au premier tour que dans les tous derniers instants, et, après 25 jours de pause, en battant Olimpia, qui respirait la forme, en quart de finale retour de la Ligue des champions.

Si cette victoire fut malheureusement insuffisante pour se hisser dans le carré d’as, elle a néanmoins permis d’effectuer une première transition vers 2021. Malgré la tempête Covid-19 et les circonstances particulièrement difficiles, de nouvelles fondations ont été posées. La saison prochaine devra cependant confirmer les progrès dans le jeu et offrir de meilleurs résultats et un meilleur classement que la modeste 18e place, sur 26, de cette année.

LES TOURNANTS


19 février : Les débuts tant attendus de l’ère Thierry Henry n’ont rien de facile, avec un déplacement en Ligue des champions sur le terrain de Saprissa, un des meilleurs clubs d’Amérique centrale. L’entraîneur aligne trois défenseurs centraux, une nouveauté pour Montréal qui tendra à devenir la norme, et l’équipe commence tambour battant. Menant rapidement 0-2, elle concède finalement le partage 2-2 et souffre de pépins physiques. Mais c’est la rampe de lancement d’un début de saison encourageant et d’une saison lors de laquelle les nouveaux, même jeunes et méconnus, se mettront en valeur.

9 juillet : Après quatre mois d’interruption en raison de la pandémie, la compétition reprend lors d’un tournoi dans une “bulle” à Orlando où sont réunies toutes les équipes de MLS. Les protocoles sanitaires étant fort différents d’une ville à l’autre, toutes n’ont pas eu les mêmes conditions de préparation, et celles de l’IMFC furent parmi les plus compliquées. Hormis sa victoire contre un très faible DC United, l’Impact se fait surtout remarquer par ses essais, rarement fructueux, et son air absent par moments.

25 août : Première des trois seules rencontres jouées au stade Saputo cette saison, la visite de Vancouver coïncide aussi avec la reprise après la parenthèse floridienne. L’IMFC doit se racheter et montre rapidement qu’il a beaucoup appris tant de ses essais que des rares périodes où il a pu travailler normalement. Thierry Henry a trouvé un moyen de faire jouer Wanyama et Piette ensemble, en assignant de nouvelles tâches au Québécois. L’entrejeu reprend du galon, de nouveaux automatismes semblent naître.

16 septembre : Toujours en course pour se qualifier pour la finale de la Coupe du Canada, l’Impact s’effondre à Vancouver après l’exclusion de Camacho en fin de première mi-temps. Semblant contrôler les débats jusque-là, l’équipe paye cher le manque de leadership sur le terrain où personne n’a mobilisé les troupes pour dire qu’à dix aussi, il y a moyen d’aller chercher un bon résultat. Ce fut le début d’une période difficile, avec un exil forcé dans le New Jersey pour jouer “à domicile” et, sur le terrain, trop d’erreurs d’indiscipline et d’inattention.

8 novembre : C’est le “Jour décisif” mais à Montréal, ceux qui suivent l’équipe sans y avoir de contact privilégié sont unanimes : on sent une lassitude et personne ne serait surpris que les joueurs voient d’un bon œil un retour rapide auprès de leur famille. D’autant qu’ils ont dû, alors qu’ils ne s’y attendaient pas, rester aux États-Unis pour préparer le match crucial à DC United. Mais dans la capitale américaine, ils montrent que bien jouer et gagner sont bel et bien au centre de leurs préoccupations en s’imposant contre vents et marées. Les deux duels qui suivront, les deux derniers de l’année, une défaite in extremis contre New England et une victoire contre Olimpia, seront à cette image.

LES JOUEURS


Le noyau : En reconstruction, et soumis aux contraintes des contrats déjà signés, il était étriqué et déséquilibré à plusieurs égards. L’axe de l’entrejeu, grâce aux diverses arrivées, et le poste de gardien sont les rares à avoir tenu la route. Brault-Guillard n’a jamais eu de doublure à droite, le flanc gauche fut très léger (il changera complètement l’an prochain), l’axe de la défense a payé un lourd tribut à l’inexpérience, l’inattention ou la fatigue selon les jours, plusieurs ailiers ont été longtemps absents, il a fallu attendre le départ de Taïder pour trouver une place qui convienne à Bojan et la polyvalence de Quioto a permis de camoufler quelques autres manquements offensifs.

Top : Romell Quioto. Houston n’en voulait plus et n’a jamais réussi à lui permettre de jouer régulièrement à la pleine mesure de son talent. À Montréal, il a montré qu’il était capable d’être régulier, s’est parfaitement inscrit dans le style désiré par Thierry Henry en étant efficace sur le jeu posé dans le camp de l’adversaire tout en apportant une plus-value sur phases arrêtées. Auteur de neuf buts, il a aussi donné six passes décisives. Le tout lors d’actions ne se ressemblant pas forcément, confirmant qu’il a de nombreuses cordes à son arc.

Flop : Jukka Raitala. Nommé capitaine en début de saison, il a visiblement reçu un brassard plein de poisse. Blessé lors de match retour contre Saprissa, il a eu de la chance dans son malheur avec l’annulation de l’Euro qu’il aurait raté sans ça. Alors qu’il avait souvent réussi à se mettre en valeur malgré elle depuis son arrivée, sa sobriété fut, cette saison, trop souvent de la discrétion excessive. Encore exacerbée par le fait qu’il n’était pas sur le terrain lors des trois dernières victoires de l’équipe (contre Miami, DC United et Olimpia) alors que ses deux dernières présences ont coïncidé avec des défaites douloureuses. Ce qu’il a montré par le passé porte à croire que c’est avant tout “la faute à pas de chance” et on lui souhaite de retrouver ses meilleures sensations dans son prochain club.

LE COACH


Thierry Henry : Pour sa première vraie saison comme entraîneur principal, lors de laquelle il a pu être avec l’équipe dès la préparation, il s’en est pour le moins bien sorti. La transition entre le jeu de reconversion rapide basé sur Piatti et son nouveau système s’annonçait pour le moins abrupte, et une saison suffit à peine pour l’effectuer. Alors dans les conditions de 2020… Clair dans sa communication, parfois mystérieux dans ses choix, il a franchi sans trop d’encombre le premier niveau. Au suivant, la pression des résultats sera toutefois plus forte…

TENDANCES


Adaptation (++) : Quioto ? L’Homme de la saison ! Binks ? Une révélation. Wanyama ? Le profil dont il y avait besoin devant la défense. Maciel ? Des débuts remarqués avant que ses carences ne paraissent davantage. Waterman ? Son passage de la CPL à la MLS peut être considéré comme réussi. Les satisfactions sont nombreuses parmi les nouveaux venus. Les exceptions sont Saba, qui n’a pas pu éclore dans un nid de poule, et Toye, qu’il faut encore façonner pour en tirer le meilleur. Quant aux jeunes arrivés en équipe première cette année, on les a peu vus mais la transition est d’autant plus difficile qu’il n’y a pas d’équipe réserve.

Structure sportive (+) : On sent une direction claire et une politique de transferts réfléchie, avec une harmonie entre les bureaux et le terrain. Ces décisions sont-elles les bonnes tant pour la pérennité du club que pour ses résultats ? L’avenir nous le dira, mais rien ne permet de prétendre le contraire. Cette cohérence est encourageante et contraste avec l’époque du cocktail “gros coup” et “on va voir”.

Ambiance (+) : Hormis la décision de certains de ne pas accompagner leurs équipiers lors du dernier match de Ligue des champions, on a rarement senti des dissensions dans le groupe. Bien entendu, il y avait moins de possibilités de les voir puisque les médias n’assistaient pas aux entraînements. Mais en match, on n’avait pas l’impression que chacun tirait de son côté. Même dans les moments d’ambiance négative, lorsque les résultats ne suivaient pas ou que la lassitude d’être dans un hôtel aux États-Unis prenait le dessus, on sentait le groupe uni dans son ras-le-bol. Et quand au lieu de rentrer à la maison voir la famille, il a dû rester de l’autre côté de la frontière pour préparer le match contre DC United, il a répondu par une victoire cruciale.

Spectacle (+) : Pour la troisième fois de l’ère MLS du club après 2016 et 2017, les supporters ont vu en moyenne plus de trois buts par match. Certes, par rapport aux deux précédentes, la proportion de buts encaissés est bien plus élevée, et le temps moyen entre chaque but était dans les mêmes eaux que lors de l’ère Rémi Garde. Cela dit, le jeu développé est de plus en plus intéressant à regarder et observer les progrès de l’équipe fait partie du plaisir à la suivre.

Finances (--) : Encore plus malheureux que les supporters des cancres de la compétition : les trésoriers de tous les clubs. Les moins déprimés ont vu leur équipe jouer devant une poignée de supporters, la plupart se sont contentés de huis clos, et les moins heureux n’ont quasiment eu aucun match dans leur stade. Ce fut le cas à Montréal, où les recettes de 2020 ont sans nul doute été bien maigres. Satané virus…

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