Bilans de saison 2022 (1) : le bilan du club

Publié le 25 octobre 2022

 CF Montréal
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À peine 48 heures après la défaite contre New York City, le CF Montréal dressait son bilan de la saison 2022. Ou plutôt, avait convoqué les médias pour une conférence de presse de fin de saison avec six joueurs, l’entraîneur et le chef de la direction sportive. Car de bilan, voire de ballon, il ne fut pas tellement question. Les joueurs se sont surtout fait demander de dire tout le bien qu’ils pensaient de leur entraîneur, et les deux responsables techniques ont été questionnés sur l’avenir de Wilfried Nancy à Montréal (avec des explications claires de la part d’Olivier Renard)… tout en tentant de leur côté de mettre de l’avant le projet sportif à la base de cette saison réussie… et de bien d’autres, espère-t-on.

Pour bien comprendre ce qui suit, notamment le débat “il reste ou pas, Wilfried ?”, gardez bien en mémoire l’ordre dans lequel ont parlé les interlocuteurs : d’abord les joueurs, ensuite Nancy, enfin Renard. D’où le fait que certaines déclarations appellent des questions restées sans réponse, puisque l’interlocuteur en mesure de fournir des éclaircissements était déjà parti, et que d’autres étaient basée sur des supputations sans forcément savoir ce qui serait dit par la suite.

BILAN GLOBAL DE LA SAISON


Mais avant ce débat au sujet duquel vous avez certainement déjà vu plein de choses sur les réseaux sociaux avant de lire cet article, commençons par le bref bilan de saison tiré par les personnes présentes. Celui qui l’a le mieux résumée est Renard : “Cette saison, on est arrivé sur le podium de la saison régulière. On n’arrive pas sur le podium du Tour de France avec un vélo en bois. Ça veut dire qu’il y a de la qualité dans le groupe. Et le staff a fait progresser les joueurs. C’est ça, le projet de Montréal.”

Dans un système où seul le champion semble pouvoir être heureux en fin de saison (dans la plupart des autres championnats, l’atteinte de davantage d’objectifs est plus tangible, comme la qualification pour une compétition continentale ou le fait d’éviter la relégation), il y a toujours énormément de malheureux. Le vice-président a donc mis les choses au clair quant au concept “d’équipe gagnante” qui revient souvent, expliquant qu’il y en a deux sortes : celle qui soulève la coupe, mais aussi celle qui a plus de victoires que de matchs nuls et de défaites. Et l’objectif est de faire partie, à long terme, de la seconde catégorie… tout en remportant des trophées de temps à autre, bien entendu.

Les propos de Nancy allaient dans le même sens : “Il y avait des attentes cette saison. Pour moi, ce n’était pas le classement, car c’est une conséquence. Mais le travail au quotidien. Je suis un entraîneur et je veux gagner. Pour moi, gagner, ce n’est pas gagner ou perdre un match mais être meilleur qu’hier, se préparer à faire ce qu’il faut pour gagner et mettre en place les conditions nécessaires. Je sais qu’en tant qu’entraîneur, il y aura des bons et des mauvais moments, ça fait partie du métier. Je ne suis pas le patron mais le leader technique. Ça veut dire que parfois je peux être vulnérable, car je me mets en danger pour aider les joueurs à gagner, à s’améliorer. C’est ma façon de penser.”

Des déclarations qui cadrent parfaitement avec le Montréal nouveau (contrairement au flocon et à la dénomination CF, ne mélangeons pas tout) : finis les exploits d’un jour, l’objectif avoué est clairement de s’inscrire dans la durée comme équipe du haut du classement, et d’offrir sur le terrain un jeu qui le permet.

De jeu, cela dit, il en fut à peine question aujourd’hui. Rassurez-vous, on en parlera abondamment dans nos prochains bilans, comme de coutume. Parmi ceux qui nous ont amenés sur le terrain, Alistair Johnston a parlé de sa métamorphose de défenseur ayant pour unique but de fermer des portes à Nashville en latéral capable de combiner tâches défensives et offensives à Montréal : “Jouer dans ce système m’a forcé à faire des choses différentes. J’étais habitué à des tâches plus défensives. Ça m’a demandé de l’apprentissage. Les latéraux de nos jours sont souvent des ailiers qui accomplissent des tâches défensives. Ce fut un très bon tremplin pour moi. Et je dois encore continuer à travailler pour évoluer.”

Romell Quioto l’a aussi timidement fait – il faut dire que le Hondurien n’est pas le plus disert – en revenant sur le développement de sa complicité avec Mihailovic, qui a notamment permis au futur pensionnaire d’AZ de s’exprimer dans de nouveaux registres : “Avec Mihailovic, on connaissait les mouvements l’un de l’autre et ça a aidé l’équipe.” On vous l’a dit, ce fut bref.

Enfin, et ce n’est pas forcément du jeu en plus, Nancy est revenu sur le débat des gardiens : “C’était une situation particulière. D’habitude, il y a toujours un numéro un et un numéro deux. Mais cette année, ce sont des jeunes et quand la décision a été prise avec Olivier de continuer avec James et Seba, on savait qu’on pouvait aller dans cette direction-là. On a jugé que cette année, c’était mieux d’y aller avec une concurrence saine entre les deux. Pour l’année prochaine, il va falloir décider.”

OUBLIER NEW YORK CITY, RETENIR LES BELLES ÉMOTIONS


Bien plus proche que l’an prochain : le match d’avant-hier. Encore frais dans les mémoires, il a fait remonter pas mal d’émotions à Mihailovic, dont les premiers mots (sur ce qu’il a ressenti, nous y reviendrons) furent à ce sujet. Émotions aussi pour Nancy, qui a expliqué prendre du plaisir à revoir chaque match joué depuis qu’il est en poste… mais ne pas encore être en mesure de revoir celui-là.

Quioto, qui a par ailleurs reconnu que ses blessures avec le Honduras arrivaient malheureusement trop souvent, ce qu’il aimerait mieux gérer à l’avenir notamment lors des entraînements avec son équipe nationale, a pour sa part confirmé qu’il se “sentait bien” pour jouer dimanche dernier, avant d’ajouter : “c’est du passé, on ne peut rien changer”.

Quant à Renard, il a tenu à la fois à féliciter l’adversaire tout en précisant que sur un match, tout pouvait basculer : “On n’est pas passé à côté de notre match. C’est une très bonne équipe, si on avait eu plus de présence dans les 16 mètres et de réussite, ça aurait été un autre match.” Une déclaration d’ailleurs plutôt cohérente avec celle sur le fait qu’en fin de saison, il n’y a qu’un gagnant, le champion, et qu’il ne peut évidemment pas être le seul à être content…

D’ailleurs, la satisfaction était palpable au moment d’évoquer cette saison 2022 dans son ensemble. S’il fut peu question de ballon et de terrain, les notions de plaisir, d’émotion et de bonne ambiance sont revenues à de nombreuses reprises. En témoigne la façon dont Piette se souviendra de cette année : “Je ne vais pas forcément me rappeler du moment le plus récent, le dernier match, mais des bons moments, des records, du sentiment d’unité dans le vestiaire. Ce qui va rester, ce sont les rires partagés avec les coéquipiers, je sais qu’on va en perdre quelques-uns. Je suis très content de cette saison, j’ai hâte de voir la suite des choses. On a pris du plaisir avec les résultats mais aussi avec l’ambiance. Évidemment, quand tu gagnes, c’est plus facile d’avoir une ambiance légère. Mais l’ambiance dans le vestiaire, la liberté laissée par le staff au sein de principes, dans un environnement où on pouvait à la fois progresser et avoir du plaisir, c’est ce que j’ai connu de mieux dans ma carrière.”

Illustrant avec l’exemple d’Ismaël Koné, parlant de fierté “de voir la différence entre l’an dernier et cette année, sur le plan sportif mais aussi humain”, l’entraîneur soulignait cette bonne entente dans le vestiaire par le fait que les joueurs et l’encadrement technique ont marché main dans la main en direction d’objectifs communs : “Je suis quelqu’un qui regarde toujours le prochain défi. Ce que nous avons fait avec les joueurs et le staff, c’était planifié : la façon de jouer, les liens, ce sont des choses sur lesquelles on a beaucoup travaillé au quotidien. Il y avait un plan, les joueurs l’ont suivi et même plus, ça me rend très fier.”

Renard aussi soulignait cette ambiance, et les émotions positives qu’elle a générées : “Je suis fier avec Vassili et d’autres d’avoir choisi tous les joueurs dans le vestiaire actuellement, pas seulement sportivement mais humainement. L’émotion de Djordje résume ce qu’on promet comme projet.”

2023 : DES JOUEURS PARTIRONT, L’AMBITION RESTERA


Oui, oui, on y vient, aux sanglots dans la voix du joueur venu de Chicago qui ne sera plus là l’an prochain. Mais pas tout de suite, tentons de garder une certaine linéarité à ce bilan… en évoquant d’ailleurs 2023, tout en restant avec Mihailovic qui sera visiblement encore aux côtés du club dans son cœur. Car, bien que déjà concentré sur ses débuts dans le championnat des Pays-Bas, il a fait partie de ceux qui ont ouvertement… affirmé des ambitions pour les Bleu et noir lors de la saison à venir ! “L’an dernier, on a posé certaines fondations et cette année, on a bâti dessus. Après cette saison, l’objectif de Montréal ne doit plus être d’atteindre la phase finale mais bien d’être champion. Si Wilfried reste, même avec de nouveaux joueurs, on le confirmera.” Ça en dit long, très long, sur son attachement au club.

La présence de Samuel Piette en 2023 est à peu près sûre (mais qui sait si une Coupe du monde à l’image de sa fin de saison ne lui ouvrira pas l’une ou l’autre porte intéressante ?), et il s’est davantage étendu sur ses espoirs, dans ce qu’on pourrait appeler un réalisme ambitieux fort agréable à entendre ma foi. “J’aurais aimé faire un copier-coller de cette saison pour l’an prochain avec le même effectif et le même staff. Mais quand tu connais un tel succès, il y a des possibilités et, tant les joueurs que le club, il faut en profiter. D’un côté, les changements me rendent un peu triste. En même temps, c’est de l’inconnu comme quand Wilfried est arrivé… et regardez ce qu’on a fait. Pourquoi ne pas faire la même chose l’an prochain ? Il y a eu un changement de culture sur le terrain, c’est à nous de la garder pour les joueurs qui remplaceront ceux qui partent.”

Même raisonnement dans le chef de Miller : ce n’est pas parce que certains joueurs importants de cette saison ne seront plus là que l’équipe ne sera plus compétitive. “En effet, c’est un fait, il y aura des changements dans l’effectif. Mais je n’ai aucun doute sur le fait qu’on reviendra plus forts l’an prochain, enrichis de cette expérience, et que nous disputerons une grande saison.”

Des déclarations cohérentes avec la vision du club de s’installer en haut de classement de façon durable, cadrant parfaitement avec les propos de Piette : “Dans le passé, on se demandait comment Montréal pourrait ressembler à certaines autres équipes, aujourd’hui d’autres équipes se demandent comment être comme nous. C’est un sentiment très agréable. Maintenant, il faut confirmer la saison prochaine, et la constance est ce qu’il y a de plus difficile en sport. Atteindre la phase finale était un simple objectif, c’est en y arrivant trois, quatre fois de suite qu’on devient un club pris au sérieux.”

Et pour ça, évidemment, il faudra à la fois compenser les départs et se renforcer. Olivier Renard a failli s’étouffer quand il s’est fait demander s’il était prêt pour cette tâche : “Si je n’étais pas prêt, qu’est-ce que je ferais là ? Commencer à paniquer parce qu’il y a de l’intérêt pour 5, 6, 7 joueurs ? Cet intérêt veut dire qu’on a fait du bon travail. Quand il y a de l’intérêt de certains clubs, quand tout le monde s’y retrouve… c’est comme ça. En début d’année, il y avait beaucoup de questions autour de certains joueurs, après quatre matches autour des résultats. Et en fin de saison, on a donné beaucoup d’émotions aux supporters et à vous (médias) aussi. Est-ce que la cuvée 2023 sera meilleure que celle de 2022 ? Je ne peux pas vous le dire maintenant. On va vouloir mettre en place une équipe compétitive. New England a eu une très bonne saison 2021 mais pas en 2022. Ce qu’on veut, c’est être constant. Et pas seulement en 2023, mais aussi pour les années à suivre.”

Ce sera donc sans Mihailovic, mais peut-être aussi sans certains autres joueurs. À ce sujet, la liste des joueurs en fin de contrat et des options levées ou non ne devrait pas tarder à être publiée. En attendant, seuls les joueurs présents aujourd’hui se sont exprimés quant à leur avenir.

La Coupe du monde pourrait accélérer certains départs. Miller et Johnston ne se sont pas cachés au moment d’aborder le sujet. Le premier nommé, qui va “prendre quelques jours pour se vider la tête avant de reprendre les entraînements en Floride puis de revenir s’entraîner avec le groupe” au Canada, est heureux à Montréal mais sait que le mois prochain, d’autres clubs l’auront à l’œil : “J’ai un contrat pour la saison prochaine, j’aime jouer ici, je me sens à l’aise ici et je peux m’améliorer. Il y a eu des spéculations et des clubs se sont intéressés à moi. La Coupe du monde est la prochaine étape pour eux afin de m’observer et elle constitue pour moi une possibilité de jouer un cran plus haut.”

Et dans les mots de Johnston, on croirait entendre ceux de Nancy et Renard : se concentrer sur les priorités à la bonne place est le meilleur tremplin qui soit. “Pour tous les joueurs, la Coupe du monde est une vitrine pour l’Europe. En même temps, quand je joue pour le Canada, ce n’est pas à ça que je pense, mais à gagner les matchs pour notre pays. Je n’ai jamais caché mes aspirations à jouer en Europe, c’est un rêve. Cela dit, ce club m’a donné une belle chance et j’y suis heureux. Pour le moment, je me concentre sur la Coupe du monde avec le Canada, et actuellement je suis un joueur de Montréal.”

Pas de Coupe du monde pour Wanyama, qui avait annoncé son départ il y a quelques semaines… mais a été bien plus tempéré ce mardi. “Je vais partir en vacances, me reposer un peu, discuter avec ma famille et après on verra. J’ai parlé avec le club et je n’ai pas encore pris ma décision.” Et quand on lui demande si son avenir est dicté par celui de Nancy : “Je suis reconnaissant envers l’entraîneur de m’avoir permis d’avoir un rôle important dans l’équipe. Qu’il reste ou non, ce n’est pas ça qui fait pencher ma décision, ce serait aussi injuste pour les supporters.”

Le Kenyan, qui n’a “que de bonnes choses à dire sur le club et les supporters” fut toutefois bien moins expressif que Mihailovic, qui avait la gorge nouée dès ses premiers mots. Il faut dire qu’il a immédiatement replongé dans ses émotions (fortes, on l’a vu en larmes à la télévision) vécues après la défaite contre New York City : “Je repensais au moment où je suis venu à Montréal : rester dans le même championnat mais changer de pays et arriver dans une nouvelle culture. Et tout s’est passé tellement naturellement ici, je me suis immédiatement senti à l’aise. Après le match, j’étais triste. Deux jours plus tard, je suis content de cette expérience et n’en regrette rien.” Ne vous imaginez pas ces mots seuls, ce serait trahir son expression, ajoutez-y la voix tremblotante.

On ne sait pas encore qui va remplacer les joueurs partis sous d’autres cieux, ni comment ils seront recrutés. Cela dit, Renard s’est fait demander s’il considérait les joueurs venus de l’étranger et ayant reçu peu de temps de jeu comme des échecs. Il a ainsi pu apporter quelques éclaircissements sur ses choix en matière de recrutement : “La plupart des joueurs occupant des postes d’étranger sont souvent des jeunes qui pourraient être revendus après de bonnes prestations chez nous. Comme exceptions, il y Victor (Wanyama) et Bjorn (Johnsen), qui est peut-être le seul joueur européen avec un gros contrat et qui a eu beaucoup de malchance. Mais je ne regarde pas si X a joué et combien il m’a coûté mais je dois former un groupe avec un certain budget. Après, je regarde le résultat de l’équipe. Mon rôle est aussi de regarder qui conserver, qui laisser partir. Mais la plupart des jeunes ont coûté nettement moins que ceux qu’on a été chercher dans la ligue. Car eux, c’était pour avoir des certitudes, c’est pour ça qu’ils ont coûté un certain montant. Ceux de l’extérieur, c’est un risque financier nettement moindre.”

L’AVENIR DE WILFRIED NANCY


Alors, des risques similaires pour 2023 ? Et puis, bon, avec ou sans Nancy ? C’était quand même la question dominante… Louangé par ses joueurs, “ce qui me flatte énormément”, le principal intéressé a sèchement coupé court au débat ! “Aujourd'hui, c'est le bilan. Ma situation personnelle, je ne veux pas en parler, ça ne sert à rien de poser des questions à ce sujet.”

Pour avoir son opinion, suite au prochain épisode… Mais lors de la conférence de presse, l’épisode suivant, c’était la parole à Olivier Renard. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas été avare de détails, confirmant d’emblée que l’entraîneur était officiellement sous contrat pour la saison prochaine… et que le club aimerait que ça dure davantage. “Effectivement, l’option est levée depuis longtemps pour 2023. Mais en accord avec l’entraîneur, il nous a demandé de ne pas divulguer notre choix. On aimerait continuer avec Wilfried pour plusieurs années : le club aimerait l’avoir pour 2024 et 2025, on a été vers lui et son agent depuis plusieurs semaines voire plusieurs mois, mais il nous a demandé de ne pas négocier avant la fin de la saison.”

Mais pourquoiiiiiiiiiiiii il veut paaaaaas ? S’ils avaient su, les journalistes sur place le lui auraient demandé… Pas de bol, il était déjà passé au micro. Et Renard n’allait évidemment pas s’exprimer à sa place, surtout sur un sujet aussi épineux ! “Mais s’il ne veut pas ouvrir les discussions, que voulez-vous que je dise ? C’est à lui qu’il faut poser la question. Ma relation avec lui en a toujours été une de respect.”

Avant les dirigeants sportifs, sans surprise, les joueurs se sont exprimés en mots élogieux au sujet de leur entraîneur. “Tout le monde veut que Wilfried reste, y compris moi. Son départ serait une grande perte” : Miller a fait dans le style simple, direct et efficace.

Piette, premier interrogé, allait dans la même direction, tout en marchant sur des œufs : “Je pense que tous les clubs de MLS aimeraient un entraîneur comme Wilfried Nancy, Montréal aussi. Après, ce n’est pas à moi de me prononcer là-dessus, ce n’est pas mon domaine. Mais je suis son fan numéro un, je le connais depuis mes 15 ans. Après ce qu’on a accompli cette année, ce serait bien de continuer là-dessus.”

Quant à Johnston, il fut concis tout en étayant sa réponse : “On a vu la différence entre sa première saison et sa deuxième, alors on peut imaginer la différence avec la troisième, même si le noyau changera. Dès lors, même si on ne connaît pas la réponse, on aimerait qu’il reste.”

Chacun y a aussi été de la plus-value que leur avait apporté Nancy depuis le début de leur collaboration… quitte à déplaire à d’autres techniciens avec qui ils ont travaillé par le passé. Ainsi, on se demandait bien qui Johnston avait en tête en déclarant : “Cet entraîneur est très différent d’autres qui manquent d’humilité et se mettent de l’avant. Il aime ce sport d’une belle façon. Après mon arrivée, ma première impression sur tout l’encadrement technique fut : ‘mais quelle bande de gars cool !’”

Éloges comparatifs aussi de la part de Mihailovic : “Contrairement à mes entraîneurs précédents, c’est quelqu’un qui s’intéresse à l’homme derrière le joueur. Il m’a dit que ça lui permettait d’évoluer. Mes premières semaines ici, il m’a compris comme aucun autre entraîneur avant et m’a permis de progresser comme joueur.”

Piette non plus n’a pas hésité longtemps quand il s’est fait demander ce que Nancy avait de plus que les autres : “Même si un autre entraîneur peut l’amener, il donnait aux joueurs le sentiment d’être bien dans le vestiaire, de ne pas être jugés au moment de jouer. Les joueurs, on est les premiers à s’autocritiquer, alors quand en plus tu as peur de te retrouver sur le banc à cause d’un moins bon match, ça fait beaucoup de pression et je n’ai pas ressenti ça cette année. Un entraîneur facile d’approche, ça vaut cher.”

Et Nancy le leur rend bien. Si dans le camp des joueurs, les réponses avaient valeur d’argument pour qu’il reste en poste, il n’a pas eu besoin du sujet du contrat pour évoquer la complicité qu’il nourrit avec ses hommes dans le vestiaire… et la façon dont eux, pas seulement sur le terrain, contribuent à sa réussite : “La confiance. Sans elle, on ne peut pas avancer. Les joueurs ont donné la possibilité au staff d’avoir cette confiance, elle s’est installée. Je suis reconnaissant envers eux : ma façon de jouer est tout à fait normale, mais j’ai des convictions fortes et j’ai appris que dans ce métier, quand on demande à des joueurs de mettre quelque chose en place, ils peuvent se demander ce qu’il va passer si ça ne marche pas. Alors, cette confiance est primordiale. Quand j’ai commencé comme adjoint, je pensais qu’il fallait être bon dans certains domaines bien précis. Non, il faut être bon dans tout. Quand des joueurs ne jouent pas, ils ne sont pas contents et on est dans la merde. D’où l’importance de la confiance.”

L’entraîneur a aussi remercié les supporters… grâce à qui il a désormais un tout nouveau statut : celui de personnage public suffisamment célèbre pour être reconnu dans la rue. “Je suis reconnaissant de la sympathie des supporters envers moi et je les en remercie. C’est la première fois de ma vie que je dois me coiffer pour sortir, et ce sont des moments que j’apprécie. Les supporters savent que je les aime, ils savent que je suis d’ici.”

Égal à ce qu’il montre depuis son arrivée en poste, il a aussi été très sport au moment de commenter le prix d’Entraîneur de l’année, remporté par Jim Curtin à quelques voix près. “Ça aurait peut-être été anormal que je gagne car je suis à la tête de l’équipe depuis deux ans seulement. La reconnaissance individuelle ? C’est bon pour l’égo. Je sais ce qui a été mis en place avec le staff. La plus grande satisfaction est d’être reconnu par mes pairs. Jim, ça fait longtemps qu’il est là et ce qu’il a fait cette année est beau aussi. Je me sens très bien avec ça, et on avance.”

Quitte à se dire qu’il aimerait la même longévité dans son club que l’entraîneur de Philadelphie… à vous d’en débattre… Dans ce genre de situation, chaque phrase peut être interprétée et surinterprétée, sans toujours qu’il y ait un sens caché. Idem quand il dit : “Le projet technique, c’est ma façon de vivre, il ne changera jamais. Je ne changerai jamais, que ce soit le projet de Montréal ou de Chicoutimi” et que certains remplacent déjà Chicoutimi par Houston ou Columbus… Quand une équipe a du succès, ses joueurs sont convoités… souvent, son entraîneur aussi. Mais les réponses ne sont pas à chercher dans du marc de café… Alors, Nancy à Montréal en 2023 ou non ? La vraie réponse est : on n’en sait rien, seuls les intéressés sont au courant… à tout le moins si une décision a été prise.

LES PRESTATIONS AVANT LES MILLIONS


Il y a cependant une certitude : si on a peu parlé du jeu développé par l’équipe cette année lors du bilan (contrairement à la saison dernière) et que le dossier de l’entraîneur a alimenté l’essentiel des questions, l’autre sujet récurrent, dans les réponses cette fois, ce fut le fameux “projet”, la vision sportive générale du club. Elle, ça ne fait aucun doute, restera bel et bien prépondérante en 2023.

Et un échec sur un seul match après une saison réussie n’est pas de nature à chambouler les plans de Renard : “Il faut simplement continuer comme on le fait actuellement. Pourquoi on ne va pas en finale ? Pourquoi on ne gagne pas ? C’est un épisode : sur 28 clubs, il n’y a qu’un gagnant. Si on avait perdu la finale, il y aurait eu beaucoup de déception et on nous aurait demandé si on l’aurait gagnée avec 4 joueurs désignés. Il y a eu beaucoup de belles émotions cette saison. Pour le futur, on ne va pas changer. Si certaines personnes veulent voir de très grandes stars, elles viendront avec le maillot de l’équipe adverse ou prendront l’avion pour aller les voir.”

Cette déclaration en a choqué plusieurs, tant derrière les micros que des supporters sur les réseaux sociaux. D’autres ont adoré. Ces derniers adhèrent donc sans aucun doute à l’argument du Hennuyer voulant que la valeur d’un joueur n’est pas le montant de son chèque de paye mais bien les points qu’il rapporte à l’équipe : “Si je dis qu’on va acheter un joueur 5 ou 6 millions, ça va exciter les gens ? Ou ils le seront parce que le joueur va être performant sur le terrain ? Parce qu’alors, je vais demander à la ligue de mentir sur le prix d’achat ! Si pour être excités, les gens veulent entendre qu’on a dépensé beaucoup sur un joueur, je trouverais ça dommage. L’argent fait peut-être avancer certaines choses plus vite, mais l’important, c’est de faire les bons choix.”

Ceux ayant mené aux résultats de 2022 étaient avisés, ça ne fait aucun doute. Puissent ceux servant de bases aux prochaines saisons l’être tout autant.
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