La saison 2026 du CF Montréal est sur le point de commencer, et elle est censée être la continuité de la précédente. Pas en matière de résultats, évidemment, mais en donnant officiellement toutes les cartes (qu’il avait déjà) en mains à Marco Donadel, on s’attend à ce qu’il ait bâti des fondations en 2025, et nous offre désormais avec un édifice plus solide. Mais avec celui qui a signé en tant que joueur après s’être entraîné au club “lors de vacances à Montréal” puis a totalement chamboulé un style mis en place depuis plusieurs années quand il a remplacé Laurent Courtois, dont il était adjoint et ne convoitait officiellement pas la place la saison dernière, on peut s’attendre à tout…
On a clairement vu que la période des transferts avait pour but de dégraisser quelque peu l’effectif, mais surtout de le renforcer, Sealy étant le seul titulaire indiscutable à s’en aller. Sirois, relégué sur le banc après l’arrivée de Gillier, est parti lui aussi, tout comme Duke, Pearce, Alvarez et Vrioni, sur lesquels l’entraîneur italien ne comptait pas.
Les arrivées sont bien plus nombreuses, avec entre autres pas mal de joueurs venus de MLS (Thoralsson, Vera, Aviles, Carmona et Rios) ainsi que de jeunes étrangers sur lesquels on fonde beaucoup d’espoirs, à commencer par Streit et Losenko.
GARDIENS
La hiérarchie est désormais on ne peut plus claire. Le flamboyant
Gillier est numéro un, et
Breza son second.
Keita, 16 ans à peine et arrivé des jeunes, est là pour apprendre mais on lui prête un beau potentiel.
DÉFENSEURS
Dans l’axe, ça va se bousculer… au sens propre comme au sens figuré. On peut présumer que Donadel y utilisera toujours deux joueurs, mais bien malin est celui qui, avant le premier match, peut nous dire qui des physiques
Vera et
Morales, du talentueux mais fragile
Neal et d’
Aviles qui a côtoyé Messi à Miami aura joué le plus de minutes en fin de saison. Derrière eux,
Craig, qui a participé à 28 rencontres l’année dernière, pourrait trouver le temps plus long.
À droite, quand on a annoncé sa signature, tout le monde pensait que le poste était promis à
Thoralsson… que l’on a retrouvé, faute de mieux avant des transferts tardifs, au milieu gauche pendant la préparation ! Va-t-on miser sur sa polyvalence ou lui attribuer rapidement une place de prédilection ? Derrière lui, on a des visages connus, avec
Bugaj, qui sans se mettre en évidence faisait généralement son match quand il jouait l’an dernier, et
Hidalgo, qui a peu convaincu après son arrivée en fin de saison, voire Guboglo, qui est cependant monté d’un cran en 2025 et y a davantage convaincu.
C’est au poste d’arrière gauche que le manque est le plus flagrant, puisque la place semble promise à
Petrasso, sans la moindre concurrence. Ses remplaçants potentiels ? Quelques joueurs polyvalents du noyau… qui, par la force des choses, évolueront aussi à cette place pendant les entraînements et tenteront d’y convaincre, surtout s’ils sont remplaçants. Terminons l’arrière-garde avec l’infortuné
Nteziryayo, arrivé des jeunes mais opéré en début d’année et qui peut déjà se concentrer sur 2027.
MÉDIANS
Devant la défense, on peut s’attendre à avoir deux pare-chocs, l’un jouant davantage le rôle de récupérateur, l’autre celui de relayeur. Et comme avec les arrières centraux, ils sont quatre pour deux places. Le chouchou du public :
Piette. Le chouchou de l’entraîneur, qui lui a accordé un temps de jeu inattendu en 2025 :
Loturi. L’expérimenté
Longstaff dont l’arrivée en milieu de saison dernière a permis de stabiliser l’entrejeu. Et
Losenko, que le club décrit comme une pépite et qu’il n’a certainement pas recruté pour enfiler des chaussettes à un mille-pattes…
Mais c’est surtout devant eux que la clef de la saison pourrait se trouver. En 2025, lorsqu’Owusu de marquait pas, il n’y avait guère de salut… sauf en la personne de Sealy, parti sous d’autres cieux. Qui sera capable de profiter des espaces laissés par l’attaquant pour s’y infiltrer et trouver le fond des filets ?
Son passé a montré que
Jaime était capable de le faire depuis son flanc gauche… mais les décideurs du club ont décidé de le transformer en milieu axial créatif cette saison. Saura-t-il s’épanouir dans ce rôle ? Pour l’aile gauche, ils ont été chercher le jeune Suisse
Streit, qui changera de côté par rapport à ses habitudes pour mieux rentrer dans le jeu. Enfin, le flanc droit semble promis à
Synchuk. Mais on sait qu’au moins deux des ces trois joueurs sont fragiles… et ils sont tout autant à ne pas avoir de stats de finition faramineuses.
Côté chiffres, ce n’est pas franchement mieux pour leurs remplaçants potentiels, mais ils auront à coup sûr une chance à saisir à un moment de la saison. À commencer par
Carmona, qui peut évoluer aux trois postes.
Escobar n’a pas encore 20 ans et a montré de belles promesses lors de ses apparitions l’an dernier : il pourrait suppléer Jaime si ce dernier se blesse… ou repart sur la gauche. De ce côté, n’oublions pas la surprise de la préparation Thorallson. De l’autre,
Guboglo a montré que c’était là qu’il était le plus à l’aise… ce qui ne veut pas dire qu’il ne se fera pas une fois de plus trimballer d’un coin à l’autre du terrain. D’autant que Streit voire Escobar peuvent eux aussi y rendre service… Et au milieu de tout ce beau monde,
Herbers tentera de tirer son épingle du jeu.
ATTAQUANTS
Là, il n’y a pas à sourciller : on compte sur
Owusu pour faire trembler les filets, et on prie pour qu’il soit aussi productif que l’an dernier. Au moins, cette fois, quand il sera épuisé, il y aura quelqu’un pour le remplacer :
Rios (vous pouvez toujours rêver d’
Ibrahim, mais vu le sort qui lui a été réservé l’an dernier, on peut se permettre de douter…) À moins que le nouveau joue aux côtés, ou tourne autour, du buteur de 2025, en cas d’absences trop nombreuses dans l’axe de l’entrejeu ou si Donadel a envie de changer de système. Mystère… Dans ce cas, on reste persuadé qu’
Opoku, visiblement promis à d’autres tâches (voire à aucune), serait davantage en mesure de s’illustrer (comme soutien d’attaque) qu’il ne l’a fait depuis son arrivée. Ne négligeons pas non plus le jeune
Graham-Roache, dont l’objectif sera évidemment de jouer davantage que la saison dernière et de marquer son premier but pour le club.
CONCLUSION
Depuis l’arrivée de Donadel, on peut oublier le jeu posé chatoyant dans le camp de l’adversaire, volonté de ses prédécesseurs et déployé à son meilleur à la fin de l’ère Nancy. Les intentions sont plus défensives, mais cette année, on veut le faire avec “davantage d’agressivité”, entend-on en coulisses. Attention quand même aux abus de cartons et autres excès. Reste à voir aussi, si ce sera efficace… et qui saura faire mentir son passé en marquant lorsqu’Owusu ne le fait pas.
Il y a aussi un facteur qu’on n’a pas encore évoqué, car il ne concerne pas les individualités : pendant la préparation, Montréal semblait disputer de bonnes fins de match. Était-ce dû aux remplaçants (ce qui serait utile, sans plus) ou alors à une préparation physique poussée à son paroxysme ? Dans ce dernier cas, on peut s’attendre à voir une équipe en forme, surtout si le travail est peaufiné pendant la longue trêve due à la Coupe du monde et à la non-participation à la Leagues Cup. Dès lors, on aurait en fin de saison un CF Montréal physique (pas en raison d’un jeu brutal, mais d’une meilleure forme que les autres) peut-être capable d’essorer ses adversaires malgré un talent moindre. Si tel est le plan caché, on a hâte à l’été pour le découvrir ! Et sans ça… ce ne sera qu’un mystère de moins sur une saison qui n’en manque déjà pas !