Le scénario rêvé... pour Olimpia

Impact Montréal - CD Olimpia 1-2 – Match de Ligue des champions joué le 10/03/2020

 Impact de Montréal
MONTRÉAL : Diop, Brault-Guillard (46e Okwonkwo), Waterman, Fanni, Binks, Corrales, Wanyama, Piette, Taïder, Urruti (58e Jackson-Hamel), Quioto (71e Tabla)

OLIMPIA : Menjivar (14e Barrios), Nuñez, Leveron, Mejia (90e Cañete), Oliva, Rodriguez, Pineda, Flores, Garrido (85e Pinto), Bengtson, Benguché

ARBITRE : M. Escobedo (Mex)

AVERTISSEMENTS : Nuñez, Wanyama, Leveron

LES BUTS : 15e Bengtson (0-1), 41e Benguché (0-2), 47e Taïder (1-2)


Auteur d’une première mi-temps calamiteuse tant dans son jeu offensif que défensif, l’Impact s’est incliné 1-2 contre Olimpia en quart de finale aller de la Ligue des champions. Si la deuxième période fut meilleure, il fallut un geste stratosphérique de Taïder pour inscrire le seul but de la soirée face à une équipe d’Olimpia qui a somme toute très bien résisté en jouant replié devant son but.

Double évènement lors de l’annonce des compositions d’équipe, puisque Wanyama était titulaire d’emblée et que Thierry Henry dérogeait à son système habituel, associant Quioto et Urruti devant, chacun ayant la responsabilité d’une “demi-largeur” de terrain alors que Taïder jouait dans la position la plus avancée du triangle axial de l’entrejeu, devant Piette et le nouveau venu. L’événement était en fait plus que double, car si on regardait l’autre côté de la feuille de match, on constatait que Maidana mais surtout Pinto étaient sur le banc d’OIimpia, alors qu’ils sont deux des éléments les plus productifs de leur équipe.

Le match a pris une tournure pour le moins inattendue au quart d’heure. Menjivar, le gardien visiteur, s’était fait mal sur un dégagement quelques minutes plus tôt. Après intervention des soigneurs, il pensait pouvoir continuer mais n’a pas tardé à se rasseoir, tapant des poings de rage au sol. Son remplacement était inéluctable.

Sur la reprise du jeu, l’Impact dormait, tout simplement, et Olimpia en a profité. Un long ballon dévié est arrivé à Garrido, incompréhensiblement seul plein axe à 25 mètres du but : il a eu tout le loisir de le prolonger de la tête pour lancer Bengtson qui a pris les défenseurs de vitesse avant de gagner son face-à-face avec Diop.

Olimpia est une équipe qui joue la tête au Honduras, et pourtant, dans le cours du jeu, c’est sur reconversions rapides qu’elle est au-dessus de la moyenne. Et défensivement, elle n’encaisse presque jamais face à un adversaire qui pose son jeu dans son camp. Imaginez donc dans quelle situation parfaite elle se retrouvait !!! Les visiteurs ont continué de se régaler de cette configuration durant toute la première mi-temps, calamiteuse de la part de l’Impact.

Long ballon, passage par l’axe et joueur seul face au gardien : les auditeurs de Coup Franc savaient que c’était une des grandes forces d’Olimpia, les spectateurs du Stade olympique l’ont constaté une nouvelle fois quand, mal surveillé par Waterman, Benguché put partir de la sorte face à Diop, qui dut sortir loin de son rectangle : on a un instant craint la faute de main mais la gardien a bel et bien remporté son duel avec l’attaquant, qui n’avait rien de facile, et l’IMFC en était quitte pour une énorme frayeur.

L’équipe au complet était beaucoup moins à son affaire qu’à Dallas. On reviendra plus tard sur l’entrejeu, mais les défenseurs centraux, dans un contexte complètement différent, étaient bien plus qu’à la peine. Et ça se reflétait aussi dans les situations où ils auraient dû être à l’aise. Comme ce festival de ballons mal dégagés et traînant dans le rectangle, dont Bengtson aurait pu profiter, mais sa reprise de la tête était trop molle pour surprendre Diop.

La première mi-temps de l’Impact, à la construction, a été un long calvaire avec, certes, un ballon qui circulait bien, mais à 40 mètres du but, face à un Olimpia on ne peut plus replié, notamment avec une ligne de six joueurs derrière. Et personne n’amenait assez de percussion pour l’obliger à se désorganiser. Il y a bien eu quelques courses dynamiques de Brault-Guillard à droite, mais ce fut insuffisant. Il faut dire que dans l’entrejeu, certes pas aidés par le manque de solutions, Piette, Taïder et Wanyama ne trouvaient pas leurs marques ensemble.

Dans ces circonstances, le salut ne pouvait venir que d’un exploit sortant de derrière les fagots ou d’une phase arrêtée. Mais l’Impact en provoquait très peu et quand il en obtenait, elles étaient mal négociées, peu importe qui s’en chargeait. À un point tel qu’un coup franc bien placé donné par Urruti s’est transformé en contre-attaque : Bengtson a servi Benguché qui a entamé sa course sur la ligne médiane et a filé battre Diop à l’issue d’une chevauchée fantastique (0-2).

C’était tout bonnement incompréhensible : l’Impact n’exploitait aucunement les faiblesses défensives d’Olimpia et le laissait à loisir faire parler ses forces offensives. Les Honduriens auraient rêvé d’un scénario, ils n’en auraient peut-être même pas demandé tant !

Seule mini-lueur d’espoir avant la pause : Barrios, quand même troisième gardien, pas toujours à son affaire (mais peu sollicité). Il le montra lors d’une sortie très mal négociée devant Wanyama lors d’un corner. Le renfort de Tottenham put aller sur le deuxième ballon mais l’angle était difficile et le portier visiteur fut bien heureux (il esquissa même un large sourire) de finir avec le cuir dans les bras.

Ça ne marchait pas, c’était clair, net et précis. Il fallait apporter une nouvelle dynamique et tenter quelque chose. On reviendra sur les changements plus tard, car le geste totalement inattendu n’a pas tardé à faire bondir le stade de joie, une minute à peine après le repos. À la réception d’un ballon bondissant à 30 mètres du but, Taïder avait le temps de tirer et s’est dit qu’il pouvait bien tenter la demi-volée… Pourquoi pas ? Avec raison ! Le ballon a fusé, Barrios a été surpris et le marquoir, en panne de chronomètre durant toute la deuxième mi-temps, affichait désormais 1-2 !

Thierry Henry a aussi tenté de changer la dynamique en effectuant des changements. Okwonkwo est monté à la mi-temps à la place de Brault-Guillard, et la défense est passée à quatre hommes - un changement de système permis car l’adversaire restait à onze derrière. Avant l’heure de jeu, Jackson-Hamel a remplacé Urruti. Et plus tard dans la rencontre, Tabla a relayé Quioto sur le flanc gauche. Tous ont apporté quelque chose de différent et ont contribué à animer les offensives en deuxième mi-temps.

Le plus remuant fut sans le moindre doute le Nigérian, qui n’était pas titulaire car il a encore quelques pépins physiques et n’est pas prêt à être sur le terrain d’emblée. Aligné cette fois à droite, il a fait souffrir un côté gauche hondurien plutôt faiblard (tant offensivement que défensivement d’ailleurs). Si plus le temps avançait, plus il s’illustrait par ses débordements et ses centres (il profitait de l’apport de Jackson-Hamel en pointe), quand Urruti était encore sur le terrain, ce sont davantage ses démarrages qui se sont fait remarquer.

Notamment quand il a reçu un long ballon sur la droite, partant à la limite du hors-jeu avant de foncer vers le but et de se mettre en position de frappe. Il n’eut pas le dernier mot en raison d’un superbe retour de Mejia, auteur d’un tackle tellement parfait qu’il gagna même le coup de pied de but !

À la distribution cette fois, l’ancien pensionnaire de Bologne envoyait un centre très intéressant : premier sur le ballon, Quioto a effectué un geste entre la remise et la tentative de viser le but. Difficile de savoir quelle était son intention, toujours est-il que Barrios a pu s’emparer du ballon.

Dans un match où il n’avait pas vu beaucoup de ballons à Dallas, Jackson-Hamel fut très peu à son affaire. Cette fois, il était au cœur de l’action et devait se mettre en évidence. Il l’a fait, en créant du danger et en obtenant de belles occasions. Il aurait certes pu mieux faire, mais il y a eu davantage de danger dans les parages de Barrios grâce à sa contribution qu’avant sa montée.

Il a obtenu sa première possibilité quand un ballon arrivé de la gauche du rectangle lui a été glissé : il s’est jeté, y a touché, mais Nuñez aussi s’est jeté et finalement, couché au sol, il fut tout heureux de le voir arriver entrer ses jambes et de pouvoir écarter le danger.

Quelques minutes plus tard, lancé sur la droite du rectangle, Jackson-Hamel a tenté un tir croisé : cela manquait de puissance et de précision pour tromper Barrios, au grand mécontentement de Quioto qui appelait le ballon au deuxième poteau où il s’était parfaitement démarqué.

Si on peut se féliciter des occasions que l’attaquant québécois s’est procurées, celle qu’il a obtenue à un quart d’heure de la fin aurait dû terminer au fond des filets. D’autant qu’avant, il avait été excellent : débordant sur la gauche, Ballou a eu tout le temps de centrer… et l’a pris. À un point tel que les défenseurs ont pu se replacer, mais Jackson-Hamel a quand même réussi à parfaitement se démarquer. Le centre était idéal, mais la reprise de la tête trop croisée…

Il restait moins d’une dizaine de minutes au temps réglementaire qu’une nouvelle reprise de la tête de Jackson-Hamel faisait parler d’elle. Cette fois, sur un centre d’Okwonkwo : un défenseur était sur la trajectoire du ballon et, dans un premier temps, l’arbitre a vu une déviation fautive du bras (rappel : ce n’est pas parce qu’un ballon est touché du bras que c’est fautif). En tribune de presse, très loin de l’action, ça semblait généreux et le ralenti qu’on a pu voir, on ne peut plus flou (au sens propre) ne permettait pas de mieux se prononcer. Il fallait donc faire confiance aux décideurs sur le terrain. Sauf que pour l’arbitre central, ça ne semblait pas si évident que ça non plus. A contrario, son juge de touche était sûr de lui : il lui a parlé à l’oreillette et, après discussion entre les deux hommes, le penalty tant espéré ne fut pas donné…

Montréal continuait de pousser. C’était souvent plus du hourra football qu’autre chose. Même s’il y eut du danger et un bon nombre de situations chaudes devant le but de Barrios, il faut reconnaître que recroquevillé dans ses 25 derniers mètres, Olimpia a parfaitement tenu le coup, et n’a encaissé qu’en raison d’un geste hors de l’ordinaire de Taïder (à qui Henry avait dit au repos, comme à d’autres, de tenter davantage leur chance quand ils étaient en position de tir).

Les visiteurs misaient sur la contre-attaque, qui leur réussit tellement bien, et auraient pu donner un coup de poignard supplémentaire dans le cœur du stade après un débordement sur la droite d’un joueur visiteur qui a effacé un homme et cherché Pinto au deuxième poteau : si son centre était parfait pour surprendre tant Diop que ses défenseurs, il a longé la ligne et est passé quelques millimètres devant son partenaire qui s’était jeté.

Malgré la domination montréalaise en deuxième mi-temps (largement voulue par son adversaire), la complémentarité du trio Wanyama - Piette - Taïder fut tout sauf évidente. Était-ce dû à un manque d’automatismes ? Ou au fait que les deux derniers nommés tentaient souvent d’épauler les joueurs plus offensifs en se portant plus haut ? Le Québécois a même eu des allures d’attaquant par moments, obtenant au passage la dernière occasion de la soirée en surgissant au premier poteau sur un centre d’Okwonkwo. Mais il était tenu de près par un adversaire qui dévia le ballon en corner.

On s’attendait à une soirée animée, on a été servi. Malheureusement, pas avec le résultat escompté. Intrinsèquement supérieur à son adversaire, l’IMFC s’est mis lui-même dans une situation très compliquée en permettant Olimpia d’exprimer tant ses qualités offensives que défensives, et en l’exposant bien trop rarement à ses carences, pourtant flagrantes.

Il va devoir renverser la vapeur dans une semaine au Honduras, où Olimpia rêve certainement d’un scénario identique à celui de la visite de Saprissa au Stade olympique. La tâche des Montréalais s’annonce tout sauf facile, car ils devront au moins marquer deux buts pour assurer leur qualification. La situation est compromise, mais pas désespérée. Il pourrait y avoir encore beaucoup de spectacle dans un semaine… avec, espérons-le, un résultat différent au rendez-vous.

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