Ils ont oublié de chercher la bonne clef

CF Montréal - New York City FC 0-0 – Match de championnat (phase classique) joué le 30/07/2022

 CF Montréal
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MONTRÉAL : Pantemis, Waterman, Camacho, Miller, Johnston, Wanyama, Piette (82e Koné), Lappalainen (79e Choinière), Mihailovic (82e Torres), Quioto, Toye (79e Kamara)

NEW YORK CITY : Johnson, Gray, Thiago Martins, Callens, Amundsen, Pereira, Haak, Rodriguez (61e Acevedo), Moralez (41e Thiago Andrade), Talles Magno, Heber (61e Jasson)

ARBITRE : M. Touchan

AVERTISSEMENTS : Johnston, Waterman


Montréal et New York City ont partagé l’enjeu 0-0 pour le premier nul blanc au stade Saputo depuis plus de trois ans. Remplis de bonne volonté, les hommes de Wilfried Nancy ont trop souvent tenté les mêmes choses face à un adversaire dont le jeu défensif fut solide. Les occasions montréalaises furent très rares, celles des visiteurs encore plus, et le résultat n’a finalement rien d’illogique.

À la lecture de la compo montréalaise, on pouvait se faire une réflexion : avec tous ses joueurs en forme, n’a-t-on pas là le onze de base de Wilfried Nancy, celui qu’il alignerait, par exemple, en finale de la Coupe MLS ? En face, avec les blessures de Chanot, Parks et Tinnerholm, on savait qu’il n’y avait pas la meilleure équipe possible sur le terrain. Sans parler du départ de Castellanos, ça va de soi, ni de la sortie sur blessure de Moralez avant la mi-temps.

Comme souvent au stade Saputo, Montréal a décidé de prendre la direction des opérations dès le coup d’envoi. Ce qui ne devait pas être simple pour tout le monde après les très fortes émotions de la cérémonie d’avant-match en mémoire de Jason Di Tullio. Pas de but dès la première minute cette fois, ni de grosse occasion rapidement, même si ça musardait déjà pas mal dans le rectangle visiteur.

Il a fallu attendre la douzième minute pour assister à une première possibilité de but intéressante. Plein axe à 25 mètres du but, Wanyama a bien vu que sur sa droite, Piette était seul et avait davantage de latitude. Il lui a glissé une passe judicieuse, tout autant que la décision du Québécois d’envoyer le ballon au deuxième poteau où il n’a pas manqué grand-chose à Mihailovic pour le prolonger. Moment chaud aussi peu après le quart d’heure quand Quioto, bien placé, a trop tardé dans le rectangle plutôt bondé et n’a pas pu mener une action à son terme.

On se rendait cependant compte que malgré cette domination, trouver la faille dans la défense new-yorkaise n’était pas simple. Une des clefs a pourtant semblé apparaître au grand jour juste au milieu de la première mi-temps : ne pas chercher à porter le ballon trop haut, et laisser les espaces apparaître. Illustration magnifique quand Mihailovic, plutôt loin du rectangle et plein axe, a eu tout le temps de servir Lappalainen dans l’intervalle, mettant la défense à mal. Dans le rectangle côté gauche, le Finlandais a fait son geste habituel pour rentrer dans le jeu et envoyer un tir enroulé… hors-cadre, mais légèrement dévié par Toye, ce qui a brièvement donné l’espoir, factice, qu’il prenne la bonne direction.

Donner une passe des 25 mètres d’une position axiale, clef de la création d’occasions, épisode 3, et bis repetita avec les mêmes acteurs puisque Mihailovic a encore lancé Lappalainen… tout en suivant l’action, ce que le Finlandais a bien vu pour la transformer en beau une-deux ponctué par un tir de l’international américain. Repoussé par un adversaire, le ballon revint à l’expéditeur dont la seconde chance obligea cette fois Johnson à réaliser un très bel arrêt sur le seul tir cadré des 45 premières minutes.

Si à la pause, on lisait et entendait des éloges au sujet du jeu développé par Montréal, il y avait quand même de quoi rester sur sa faim en raison du peu d’occasions créées vu la domination locale. Cela dit, ne pas voir les champions en titre menacer Pantemis avait de quoi réjouir. Mais il est évident qu’aucun des deux entraîneurs ne pouvait être satisfait au moment de regagner les vestiaires. Restait à voir ce qu’ils y feraient pour qu’après le repos, la balance penche en faveur de leur équipe.

Mais le jeu reprit, et rien ne changeait… La porte fermée par la défense new-yorkaise, avec brio il faut le reconnaître, tentait toujours d’être ouverte avec les mêmes clefs, inadaptées à la serrure. Et puis, les visiteurs en laissèrent brièvement tomber une de leur poche, permettant à Quioto de filer sur la gauche en contre, bien accompagné par Toye, fin seul plein axe, à qui il glissa en tout logique le ballon… que l’attaquant envoya largement au-dessus.

Même si Pantemis avait dû intervenir sur quelques centres et de rares corners, il a fallu attendre l’heure de jeu pour qu’il fasse face à un tir digne de ce nom, une puissante tentative à distance à ras-de-terre de Thiago Andrade, légèrement à l’extérieur du poteau droit du portier montréalais.

Et puis ? Et puis, rien. Comme la première mi-temps, en encore moins inspiré. Montréal restait installé dans le camp adverse et tentait systématiquement de contourner la défense, sans succès. Et retentait la même recette, avec les mêmes ingrédients, les mêmes proportions, le même insuccès. Dans l’axe, Mihailovic n’avait aucun soutien. Personne, jamais, n’offrait de solution entre les deux dernières lignes défensives de New York City. Une action a bien illustré cette impuissance : parti vers l’avant, à environ 40 mètres du but, Piette n’a eu d’autre choix que d’envoyer un long ballon vers la ligne de touche à Quioto car personne ne lui offrait de meilleur support pour faire avancer le jeu, ce qui était clairement son intention. Le Hondurien a ensuite enchaîné un geste aussi beau qu’inutile, à l’image du jeu de son équipe depuis le début de la soirée.

Quant aux hommes en orange (couleur incongrue pour un club dont les couleurs sont diverses nuances de bleues), il a tenté de faire mal sur quelques contres. S’ils auraient pu être mieux dessinés, ils n’étaient pas non plus catastrophiques mais défensivement, Montréal avait toujours le geste juste pour les empêcher de devenir dangereux.

On aurait pu encore jouer 35 siècles de la sorte, rien n’y aurait fait. Valait donc mieux mettre fin aux émissions. Pendant 90 minutes, Montréal a tenté, avec une énorme bonne volonté, de forcer une porte qui ne s’ouvrirait jamais comme ça. Mais jamais, ils n’ont semblé essayé de trouver la bonne clef, alors qu’il y avait eu quelques indices plutôt visibles en première mi-temps. Les changements n’ont rien apporté car le plan restait identique. New York City, lui, a sa part de mérite pour son bon match défensif mais ne peut pas non revendiquer plus davantage qu’un point, tant il s’est montré peu dangereux (et là encore, il ne faut pas oublier le mérite de Montréal).

Avant de conclure, il convient quand même de dire que si les gardiens ont été peu sollicités, le niveau d’ensemble de la rencontre fut plus qu’intéressant. On ne reviendra pas sur tout qu’on a déjà dit, mais on ne s’est pas non plus copieusement ennuyé, loin de là. Les deux équipes ont quand même montré de belles qualités - il suffit de penser au jeu défensif de New York City - mais elles n’étaient tout simplement pas dans le registre de la création (on n’ajoutera pas de la finition, car on en est trop rarement arrivé à ce stade pour l’évaluer). Mais le soccer ne se limite pas à cela. Demandez aux joueurs défensifs qui réussissent leur match semaine après semaine.

Il faut aussi dire qu’on n’était plus habitués au 0-0, c’était le premier de l’année, le premier à Montréal depuis la visite de Saprissa au Stade Olympique avant le début de la pandémie (!) et le premier au stade Saputo depuis le 18 mai 2019 face à New England ! Difficile de s’en plaindre… et difficile d’imaginer que les filets ne trembleront pas pour une deuxième fois de suite, lors du prochain match à domicile dès samedi prochain contre Miami. Mais avant cela, il faudra négocier un déplacement difficile à Columbus mercredi.

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