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Bilans de saison 2021 (5) : le jeu

Posted on 3 January 2022

 
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De la meilleure mise en place défensive aux carences balle au pied en passant par les contrastes sur phases arrêtées, quelques statistiques individuelles impressionnantes ou encore l’intégration des nouveaux joueurs, notre dernier bilan de saison analyse en détails les forces et faiblesses du jeu montréalais en 2021, tout en revenant sur quelques affirmations de Wilfried Nancy et sur l’évolution de l’équipe par rapport aux fondations posées la saison précédente et aux améliorations attendues.

Après le départ de Thierry Henry à l’aube du début de la préparation, la mission de son successeur et ancien adjoint était simple : poursuivre son travail et franchir les étapes prévues pour cette deuxième année du nouveau plan sportif. Le tout - nous n’en parlerons pas ici, mais il faut le garder en tête car ça fait partie de l’équation - en s’imposant aux yeux de ses joueurs dans un rôle d’entraîneur principal qu’il endossait pour la première fois à ce niveau. À cette fin, il disposait bien entendu des bases mises en place l’an dernier sur lesquelles bâtir, mais aussi de nouveaux joueurs recrutés spécifiquement pour cela, censés donc avoir les qualités recherchées, mais qu’il fallait aussi arriver à intégrer.

La grande nouveauté de la saison 2020 était bien entendu l’intention de construire afin de poser son jeu dans le camp adverse : les efforts étaient concentrés là-dessus, au point où tant le jeu direct pour contre-attaquer que la mise en place défensive avaient été mis au second rang. À améliorer plus tard, bien entendu… à commencer par cette année. Sans, évidemment, régresser dans le jeu en domination. Dans la disposition des joueurs, le point emblématique avait été l’utilisation très régulière (mais pas systématique) de trois défenseurs centraux.

Dans cet article, sous l’angle du jeu, nous examinerons les confirmations, les améliorations, l’apport des nouveaux joueurs et les régressions de cet « An Deux » sur base de ce que l’équipe a montré en championnat. Le tout, comme de coutume, grâce aux informations fournies par Vision Du Jeu et son fondateur Christian Schaekels. Mais également en nous servant de quelques déclarations de Wilfried Nancy lors du bilan de fin de saison, où il a (grand bien lui fasse) été sur ce terrain spécifique.

POSSESSION ET ACCÉLÉRATION


Si vous vous souvenez du bilan jeu de la saison dernière, nous vous avions expliqué que posséder le ballon, poser le jeu, passer par les flancs ou donner des centres était non seulement l’essence du soccer mais aussi le standard permettant d’obtenir du succès en MLS. Ce n’était pas encore au point à Montréal et, sans entrer dans les détails tout de suite, ça ne l’est toujours pas.

Si ça ne fonctionne pas, il y a plusieurs alternatives. Les phases arrêtées, la reconversion rapide (aller au but rapidement après avoir récupéré le ballon alors que la défense adverse n’est pas en place), voire le “kick and rush” qui offre encore quelques buts mais est devenu exceptionnel de nos jours. Et une autre, plus subtile, et plus proche du jeu posé car elle se fait aussi en possession de balle : “trouver les points d’inflexion pour changer le rythme”, pour reprendre les mots de Schaekels.

Du jeu dominant toujours, mais qu’on pourrait qualifier d’accéléré car en une fraction de seconde, les lignes sont cassées et la défense, pourtant en place, est déséquilibrée. Un cocktail explosif comme la contre-attaque mais qui se fait en jeu de possession. Pour info (car on reparlera de ces chiffres plus tard), 13% des buts ont été inscrits de la sorte en MLS cette saison. Et si on insiste autant dès le début de ce texte, vous devinez bien que c’est parce que Montréal s’est illustré sur ce genre de phase.

Il faut dire qu’elles sont chères à son entraîneur. Lors de son bilan de fin de saison, il les a mentionnées avec insistance, les illustrant lui aussi de ses propres mots, parlant de construire pour “aspirer” (mot qu’il a répété) les adversaires, les manipuler, déséquilibrer sa dernière ligne et prendre de la vitesse. Tout fier, il a ajouté que Montréal avait la huitième meilleure équipe dans le domaine en MLS.

Eh bien, il va l’être plus encore. Car si ses statistiques concernent l’arrivée dans le tiers de terrain adverse et dans le grand rectangle, celles de Vision Du Jeu concernent l’efficacité et là, Montréal est carrément… troisième ! Seul le Los Angeles FC (qui en avait fait une marque de fabrique lors de sa saison record) et New York City font mieux.

La recette montréalaise est souvent la même. À tous les coups, cela se déroule avec une combinaison de passes au sol. La plupart du temps, le moment décisif, la fameuse accélération, se produit entre le rond central et le grand rectangle adverse, plein axe. Souvent, cela se termine par une passe en profondeur. Généralement, le buteur finit seul face au gardien adverse. On se rend également compte que ces actions font partie d’un plan, on est rarement dans des cas où le but est le fruit de circonstances favorables. Allez revoir celui inscrit à un quart d’heure de la fin contre Toronto au stade Saputo, il illustre bien ces propos.

Un duo détient les clefs de ces attaques : Mihailovic - Quioto. Leurs chiffres dans ces circonstances sont impressionnants. C’est simple : pour plus de la moitié de ces buts, l’un des deux est la dernière passe et l’autre à la finition. Quand Montréal a marqué comme ça, deux fois sur trois, c’est Quioto qui a trouvé le fond des filets… et il a aussi donné une passe décisive pour un tel but. Mais c’est bien l’Américain qui fait exploser les stats, puisqu’il est impliqué dans 78% des buts sur ces “attaques accélérées”, souvent à la dernière passe, mais parfois aussi dans le geste final. Ce ne sont que certaines de leurs prouesses cette saison, nous parlerons de quelques records individuels plus tard.

Pour le moment, restons dans les bons points collectifs du jeu offensif montréalais. Longtemps, il a manqué de poids dans le petit rectangle adverse, ce qui était hautement problématique. Cette carence a été corrigée la saison dernière, et l’amélioration s’est confirmée en 2021. Montréal y a été la troisième équipe la plus efficace de MLS ! Souvent, un buteur patenté y joue un rôle majeur (Castellanos à New York City cette année, Rossi au LAFC l’an dernier). Johnsen aurait pu, voire dû, être cet homme… mais on n’est pas dans ce cas de figure. Ce qui n’est pas plus mal car, en fait, on constate une grande variété dans ces buts : Camacho sur corner, Quioto qui conclut une attaque accélérée, Mihailovic qui reprend un centre au cordeau, une contre-attaque ponctuée par Torres, Ibrahim à l’affût après un centre aérien mal négocié par l’adversaire, et on en passe… Tout ça pour dire que la palette fut très large, ce qui est pour le moins encourageant.

LES CARENCES OFFENSIVES DE PLEIN JEU


Cela dit, seules 10 équipes ont marqué moins que les 46 buts montréalais en saison régulière. Si l’équipe a brillé dans les domaines détaillés jusqu’ici, cela signifie bien entendu qu’elle a fait preuve de carences dans d’autres. Et le premier d’entre eux, c’est le jeu posé dans le camp adverse. Sans les fameuses accélérations décrites plus haut, Montréal n’y arrive tout simplement pas offensivement quand il tente de construire, puisque seules 8 équipes font moins bien dans ce domaine… celui où il se marque le plus de buts. Pour Montréal aussi, d’ailleurs, dont ça représente 37% des réalisations. C’est dire s’il y a intérêt à progresser dans cet aspect du jeu. Si on veut faire preuve d’optimisme, on peut se dire encouragé par le fait que le modèle le plus proche, l’autre basé sur la possession, soit un des points forts de l’équipe. D’autant que Nancy accorde énormément d’importance à la possession, lui qui l’a qualifiée “d’outil qui permet d’attaquer, de récupérer et de défendre en même temps”.

De plein jeu, si on ne construit pas, il reste deux options : balancer au petit bonheur la chance (ça, on l’a dit, c’est exceptionnel… à un point tel que Montréal, comme bien d’autres équipes, n’a pas marqué de la sorte cette saison) ou exploiter une perte de balle adverse pour surprendre sa défense pas encore mise en place, vu qu’elle est en “mode attaque”. C’est la fameuse reconversion rapide. La sauce qu’on nous a servie tant et plus à Montréal pendant les premières années du club en MLS.

Et là non plus, le bilan global de la saison n’est pas mirobolant : à peine 7 buts en tout. Cela dit, c’est mieux que la saison dernière. Ce qu’il est surtout intéressant de constater, c’est que cinq de ces buts avaient déjà été inscrits le 12 mai… lors d’un début de saison où, offensivement, ça ne tournait pas. Ce que ça nous dit, c’est que quand Nancy a enfin trouvé son animation, les joueurs sur le terrain n’ont pas été capables de mener des contre-attaques comme “valeur ajoutée”, comme arme supplémentaire pour surprendre l’adversaire. Si, nous y reviendrons, ce n’est pas en basant son jeu là-dessus qu’on joue les ténors en MLS, les quelques points qu’elle rapporte peuvent faire une différence au classement.

On a aussi beaucoup parlé des absences de Quioto et Toye. Avant de développer cela, notons que les deux se sont différenciés en ce sens que l’ancien joueur de Minnesota s’est davantage illustré à la finition quand la passe décisive venait de très haut sur le terrain alors que le premier nommé était plus à l’aise pour parachever des actions construites d’un peu plus loin. Alors, sans eux, point de salut ? Il est intéressant de voir comment ça se manifeste dans le cours du jeu. Montréal y a marqué 33 de ses 46 buts en championnat. Quioto était à la finition de 7 d’entre eux, Toye de 5. Quand ils n’étaient impliqués ni l’un ni l’autre, Torres et Ibrahim ont relativement bien pris le relais, mais leur manque de régularité a en effet été préjudiciable.

Quand aucun des deux finisseurs-maison n’a été titulaire, Montréal a pris 15 points sur 42, 14 rencontres lors desquelles il a inscrit un total de 12 buts. Tout ça est évidemment en dessous de ses moyennes de la saison. De ceux-ci, il faut enlever la victoire à Chicago où Toye a sauvé les meubles en fin de match, et deux 0-0. Restent donc 10 points “avec buts” où, tour à tour, Torres, Mihailovic, Camacho et Ibrahim ont tant bien que mal compensé l’absence de buteur.

STATISTIQUES INDIVIDUELLES… PARFOIS AFFOLANTES


Impliqué dans 44% des buts l’an dernier, Quioto a indéniablement manqué. Déjà, parce qu’il n’a été sur le terrain qu’environ 40% du temps cette saison. Ensuite, parce qu’en début d’année, même lorsqu’il jouait, il peinait… tout comme l’ensemble offensif montréalais. Il faut dire que même s’il avait l’avantage de partir sur les bases mises en place l’an dernier alors qu’Henry avait surtout dû tâtonner avec les moyens du bord, Nancy a commencé par aligner deux hommes devant soutenus par le seul Mihailovic, et la sauce n’a pas pris. L’attaque a réellement trouvé son rythme à partir du moment où un joueur s’est retrouvé seul en pointe, avec deux hommes légèrement décalés derrière lui.

Malgré ce début d’année difficile et ses absences répétées, le Hondurien a encore tutoyé les sommets du championnat dans certaines statistiques individuelles. Ainsi, il est le meilleur buteur de MLS sur les fameuses attaques accélérées que nous avons détaillées plus haut, et il flirte avec les sommets pour les buts inscrits après avoir reçu une passe en profondeur ou (les deux vont parfois ensemble, mais pas toujours) lorsqu’un joueur se retrouve seul face au gardien. On notera aussi que 4 centres au cordeau signés Quioto se sont terminés par un but, ce qui le place deuxième sur ce genre de passe décisive derrière Russell (Kansas City).

Mais celui qui explose tous les chiffres individuels cette saison, c’est évidemment Mihailovic. On va tenter de faire bref sans tomber dans le condensé indigeste. Accrochez-vous. Sans surprise, il est le meilleur passeur décisif (on parle de la dernière passe) de MLS sur les attaques accélérées, mais aussi sur les buts venus du côté gauche (ses corners n’y sont pas étrangers) et les buts inscrits depuis le petit rectangle (pour ça, il est à égalité avec Maxi Moralez et, fait cocasse, les 4 buts de Columbus inscrits par un adversaire contre son camp). Il est aussi deuxième meilleur passeur décisif de la compétition sur corner (derrière Jack Price, joueur de Colorado qui s’est aussi illustré de plein jeu), sur les actions dont le moment clef a été dans les 15 derniers mètres adverses (toujours derrière Price), celles dont le moments clef a été entre le rectangle et le rond central (derrière l’Orlandois Mauricio Pereira) et les face-à-face (où la palme revient à Jesus Ferreira, de Dallas). Notons encore qu’il est troisième à égalité avec de nombreux autres joueurs, pour les passes décisives sur phase arrêtée (derrière… Price, mais aussi Julian Gressel) et les combinaisons de passes (dominées par Kinda (Kansas City) mais aussi Castellanos, qui n’est pas “que” meilleur buteur de la compétition). Terminons ce long paragraphe par une donnée particulière à laquelle on vous laisse trouver une interprétation : près de la moitié des passes décisives de Mihailovic ont été données dans le cinquième quart d’heure.

Pour finir avec les stats offensives individuelles, mentionnons que les trois buts de Camacho sur corner en font le meilleur buteur de MLS dans l’exercice à égalité avec Mamadou Fall (LAFC) et que Toye a inscrit ses 7 buts dans… les 6 quarts d’heure différents d’un match (deux dans le premier, un dans tous les autres). Contraste amusant avec la dernière stat de Mihailovic…

C’EST TROP TÔT, C’EST TROP LOIN…


Revenons au collectif pour qui ce premier quart d’heure fut pour le moins calme offensivement puisque hormis Toye, toutes compétitions confondues, seul Johnsen a marqué durant ce laps de temps où le dernier but montréalais remonte au… 12 mai ! On est bien loin des débuts de rencontre pour le moins fous de la saison dernière, où les buts (marqués mais, ne l’oublions pas non plus, aussi encaissés) pleuvaient en début de match. Sous Nancy, ça sent la prudence et, peut-être, l’observation. Ceux qui ont suivi les belles années de Toronto sous Greg Vanney ne manqueront certainement pas de souligner une similitude. Reste que marquer ne serait-ce qu’un peu plus durant les premières minutes ne ferait pas de tort.

Une autre grosse carence offensive peut se résumer en deux mots : “de loin”. Si Nancy aime que ses hommes commencent à construire depuis l’arrière, ces derniers, dès qu’ils entrent en possession du ballon, s’évertuent à l’amener au-delà du rond central avant de penser à marquer. Seuls trois buts ont été lancés de plus loin… soit autant que la contribution individuelle des meilleurs passeurs de MLS dans ces zones. Les plus emblématiques cette saison ont été Yimmi Chara (Portland) et Michael Barrios (Colorado). Et deux des ces trois buts montréalais ont été offerts par… Joel Waterman. Un profil pour le moins différent ! On constate que dans la fameuse ligne de 4 devant la défense et autour de Wanyama, on manque cruellement de profil(s) capables de mettre à mal l’adversaire alors que ses filets sont encore à bonne distance. Quand on connaît les qualités de Mihailovic, on en vient à se demander à quel point il s’y sentirait à l’aise…

Les tirs de loin ont aussi été bien compliqués, alors qu’ils étaient une force durant l’ère Henry. Regardez les deux buts marqués lors du partage à Nashville fin avril… et vous aurez la liste complète de ceux inscrits depuis une frappe hors-rectangle (contre 6 l’an dernier, avec un calendrier raboté) ! Et encore, il a fallu des circonstances favorables pour les envoyer au fond des filets. Manque de bons frappeurs ou manque d’audace ? Il y a là une lacune à corriger, c’est certain. Modèle à suivre en la matière en 2021 ? Kansas City.

PHASES ARRÊTÉES ET GRATTAGES DE TÊTE


Il va sans dire que Montréal n’avait pas de tireur de coups francs directs efficace cette année. Ni de coups francs tout court, d’ailleurs. L’absence de Quioto (ponctuant cet exercice de trois buts en 2020) n’explique pas tout. Vous vous souvenez du fameux but de Piette contre Toronto ? Eh bien, c’est le seul but montréalais sur coup franc cette saison en championnat ! Rien de travaillé, en plus, car on le doit surtout au fait que Piette a été plus prompt au rebond que ses adversaires. À ce propos, mentionnons que Montréal fait partie des bons élèves en matière de buts marqués grâce à de l’opportunisme pour reprendre un ballon qui traînait ou avait malencontreusement été exploité par l’adversaire.

Ce manque de buts sur coup franc tire vers le bas le total des buts sur phase arrêtée, où Montréal est assez moyen dans l’ensemble… Il a d’ailleurs marqué moins souvent en 2021 qu’en 2020, alors qu’il a joué beaucoup plus. Cela ne l’a pas empêché d’être très brillant sur corner ! Ce n’est pas difficile : seuls New York City et Colorado ont fait mieux ! Les buts de Camacho et la patte de Mihailovic n’y sont évidemment pas pour rien. On pouvait aussi voir que la plupart de ces phases avaient été travaillées à l’entraînement… ce qui pousse encore plus à se gratter la tête en voyant le contraste entre les buts sur corner et ceux sur coup franc.

Quand on observe les buts marqués dans l’autre sens, on gratte encore davantage et on se dit qu’il y a vraiment des prouesses sur corner et des problèmes sur coup franc. Seuls New York et Colorado (encore) ont encaissé moins de buts sur corner que Montréal. Alors que sur coup franc, seul Cincinnati a encaissé davantage (que l’on prenne en compte ou non les coups francs directs) ! Cela dit, vaut mieux ça que l’inverse car dans l’ensemble, on marque davantage sur corner que sur coup franc. Néanmoins, la production offensive et la solidité défensive sur coup franc faisaient partie des forces de l’équipe sous Thierry Henry, on constate donc là un double recul net.

Malgré cela, les phases arrêtées défensives ont été en-dessous de la moyenne, la faute aussi aux cinq buts encaissés sur penalty. S’il y avait des problèmes derrière l’an dernier, la discipline n’en faisait pas partie. En plus de la mise en place, il va donc falloir à nouveau se pencher sur les fautes commises à des endroits stratégiques.

Cela dit, sur ces phases arrêtées, un endroit est particulièrement bien protégé : le petit rectangle. Seul Locadia (Cincinnati) a su y trouver une faille fatidique sur corner, et dans le cours du jeu, il est aussi l’un des mieux gardés de MLS, alors qu’en 2020, la défense y avait vécu bien des désillusions. Et les failles y sont quasiment toujours les mêmes, puisque 80% des buts inscrits de cet endroit l’étaient sur un centre… et 100% de la tête ! Le jeu aérien a d’ailleurs été plutôt compliqué, quelque soit le lieu… mais il est à noter que personne n’a marqué contre Montréal d’une tête au premier poteau. Au deuxième, alors ? Un peu, mais pas tant que ça. En fait, c’est de la zone centrale que sont venus 80% des buts encaissés de la tête par Montréal.

ET QUAND LA DÉFENSE VIENT DE PERDRE LE BALLON…


Si juste devant le but, la défense ne laissait pas grand-chose passer, elle a beaucoup trop laissé tirer de loin. Certes, elle n’avait pas bien le choix sur les coups francs directs d’Altidore et de Philadelphie, reste que 10 buts encaissés sur des frappes à distance, c’est le troisième plus mauvais bilan de MLS… alors que sous Thierry Henry, ça ne posait pas de problème. Si ça reflète souvent un bloc trop bas qui laisse des espaces pour tirer, on peut en mettre dans ce cas précis une partie sur le compte de mauvaises sorties de défense – qu’on ose espérer voir diminuer avec le temps et les habitudes – mal parées en ce sens que l’adversaire a ensuite rapidement pu tenter sa chance à distance.

Quand on joue comme ça, il faut multiplier les solutions. Car, peu importe d’où est venu le tir final, on a pu constater que certaines équipes avaient l’œil et provoquaient elles-mêmes l’erreur de relance. Une des tâches de Wilfried Nancy en 2022 sera donc de réduire la prévisibilité de ces circulations basses et de la remontée du ballon dans le camp de ses joueurs.

Mais là encore, on a remarqué une évolution : en début de saison, quand le jeu offensif n’était pas au point, ce genre d’erreur était limité. Il a pris de l’ampleur… avec la confiance offensive de l’équipe et la prise de risques… qui ont surtout permis de commencer à marquer beaucoup plus facilement. Sans oublier que dans le même temps, il a fallu déplorer des absences en défense. Avec le temps et les automatismes, on a aussi constaté des améliorations.

Après avoir lu ça, vous vous dites que quand Wilfried Nancy affirme que Montréal est “la meilleure équipe de la ligue pour défendre la contre-attaque”, ajoutant qu’on “sait très bien que ces moments sont ceux où les équipes marquent le plus de buts dans le football moderne”, ça n’a aucun sens.

Il faut dire que les buts susmentionnés constituent un handicap de départ. Mais malgré eux, Montréal a une plutôt bonne défense sur reconversion rapide. Pas la première, loin de là, puisque sept équipes font mieux (Atlanta est seul meilleur élève), mais il faut admettre que le haut du classement est très serré et que le bilan est très satisfaisant.

Après, il convient quand même de revenir sur la deuxième partie de son affirmation. D’abord, dans les faits. Cette année en MLS, 18% des buts ont été inscrits de la sorte ! C’est moins qu’en jeu posé (plus du double) ou que sur phase arrêtée (27%). Quand on regarde les grands championnats, ces contre-attaques représentent entre 15 (Espagne) et 19% (Allemagne) des buts de la saison 20/21. On est donc très loin du moment où les équipes marquent le plus…

Et si c’était le cas, pourquoi donc baser son système de jeu sur la possession, et se vanter de bons chiffres, laissant davantage de moments où on est susceptible de se faire prendre en contre, au lieu de laisser le ballon à l’adversaire en tentant de le contrer subitement à chaque récupération ?

UNE MISE EN PLACE DÉFENSIVE TRÈS SOLIDE


Quoi qu’il en soit, la défense montréalaise a été de très bonne facture cette année. D’ailleurs, Nancy l’a souligné, justement, lors du bilan : jamais en MLS Montréal n’a encaissé moins en saison régulière, insistant que les 44 buts adverses constituent le plus bas total à égalité avec 2015. Et quand on regarde toutes compétitions confondues, la moyenne de buts marqués par l’adversaire est la plus basse de l’histoire du club depuis son arrivée parmi l’élite du soccer canado-américain.

Ainsi, en 2021, il n’a pas été que bon pour annihiler les reconversions rapides. La mise en place défensive face à un adversaire en possession était parmi les meilleures de MLS, on peut considérer qu’elle faisait partie du top 5. D’autant plus réjouissant que ça constituait un point à améliorer prioritairement en 2021. Il faut dire que le système à trois défenseurs centraux, éprouvé la saison dernière, est devenu immuable. Fait notable, malgré cette stabilité, Camacho était le seul titulaire de la saison 2020 encore présent… mais dans un nouveau rôle, le plus axial. Autour de lui, Miller et Struna ont fait office de socles les plus réguliers, même si en fin de saison, le Slovène a été écarté au profit de Waterman. N’oublions quand même pas une constante, très importante, juste devant ce trident : la parfaite protection offerte par Wanyama, pierre angulaire de l’équipe.

Si certains observateurs trouvaient Thierry Henry têtu dans plusieurs de ses choix, ils ont bien davantage épargné son successeur quand, par exemple, il a préféré conserver son système derrière et aligner des joueurs hors-position par moments (pensons par exemple à Bassong en défense centrale) plutôt que de le modifier en raison des circonstances. Certes, cela a causé des complications par moments… mais rien ne dit que ça aurait été plus facile dans une autre disposition, avec toujours les mêmes absents. Et à la longue, ça a été bien plus bénéfique que préjudiciable. Même si certains journalistes ne s’y retrouvaient pas forcément, les joueurs, eux, ont pris leurs marques, et c’est évidemment le plus important !

Cette mise en place bien effectuée s’est illustrée dans de nombreuses circonstances de jeu. Ainsi, les adversaires pouvaient tenter bien des combinaisons de passes pour la déstabiliser, que ce soit lors de phases de possession ou à la récupération, la défense tenait bon la plupart du temps. Une amélioration de l’ère Nancy, car en 2020, ce n’était pas encore au point. Les recours, vous l’aurez deviné avec ce qu’on a écrit plus tôt, étaient soit de tenter des centres aériens soit de la provoquer pour aller chercher une faute à un endroit stratégique.

Et même les centres n’étaient pas voués à créer le danger systématiquement, loin de là. Sans y être aussi brillante que dans d’autres domaines, la défense montréalaise y a fait bonne figure. Il faut dire que dans le cours du jeu, les adversaires se sont souvent demandé par où passer… Le flanc droit était, de loin, le plus difficile à percer. Notons qu’il était un des moins perméables de la compétition… la palme revenant à Nashville et un certain Alistair Johnston ! Cela dit, offensivement, ce côté était faiblard (tant au Québec que dans le Tennessee, d’ailleurs). Mais passer par l’axe ou par la gauche n’était pas tellement plus aisé, et on peut affirmer que Montréal a fait partie des 6 équipes de MLS n’ayant aucun couloir où s’engouffrer plutôt facilement.

Si dans la latéralité, il y avait donc un casse-tête pour l’adversaire, il n’était pas plus avancé au moment de déterminer à quelle hauteur amorcer le moment crucial de ses actions. Partir de loin (ce que les adversaires pouvaient faire trop aisément en 2020) ou porter le ballon très haut ? Construire entre le rectangle et le rond central et envoyer les passes décisives de là ? Encore une fois, la mise en place défensive montréalaise contrecarrait les divers plans… Les plus efficaces étaient de tenter de jouer à moins de 15 mètres de la ligne de fond : sur les côtés pour tenter un centre aérien, dans l’axe pour chercher le penalty. Deux points précis à travailler pour 2022.

Une fois en place, la défense avait deux autres qualités : elle ne laissait guère l’opportunisme adverse s’exprimer (dans le sens de ce qu’on avait dit après avoir parlé du but de Piette) et limitait les espaces dans son dos, ce qui fait que les face-à-face avec les différents gardiens ont été limités – et les buts inscrits de la sorte se comptent sur les doigts d’une main grâce aussi à quelques exploits de Diop et Pantemis. Même sans ces derniers, les problèmes posés par un bloc positionné trop haut en 2020 ont été corrigés.

Eh, vous n’oubliez pas un truc-là ? Les buts encaissés en fin de match, c’était terrible, horrible, affligeant… Du calme, du calme, on y vient ! Et on regarde en détails. 12 buts encaissés dans le dernier quart d’heure, c’est en effet trop. Mais… 5 d’entre eux ont été encaissés au cours des 8 dernières rencontres ! À ce rythme-là, on serait arrivé à 21 sur toute une saison. Et ce n’est pas le seul problème spécifique qu’il y a eu à partir de septembre, quand on a constaté une défense plus prompte aux erreurs et moins vive sur les deuxièmes ballons, et ce à n’importe quel moment du match. Oui, quand le cuir traînait au milieu de nulle part, c’était encore très bien, mais quand il fallait effectuer un effort supplémentaire, comme un geste technique plus difficile, ça devenait compliqué. Rien de grave, rien de particulièrement alarmant, mais suffisamment pour se demander si la fin problématique a davantage été celle des matchs ou celle de la saison…

NOUVEAUX JOUEURS… ET NOUVEAUX RÔLES


Si jusqu’ici, on a analysé en détails le jeu collectif et, lorsque c’était pertinent, comparé les saisons 2020 et 2021, nous avons encore assez peu parlé de l’intégration des nouveaux joueurs, autre tâche importante qui incombait à Nancy. L’exception étant bien entendu le passage sur les chiffres impressionnants de Mihailovic, dont l’adaptation a été on ne peut plus réussie. Notons que début juillet, il n’avait encore offert que deux buts, et quatre à la fin du même mois. Il a dû attendre que le jeu offensif ce mette en place, et de ne plus être seul en soutien de deux hommes, pour commencer la lancée qui lui a vu être auteur de 13 passes de finition conclues en buts (pour info, une passe de finition est une passe qui se conclut en tir, une passe de construction est une passe qui permet d’avancer, et toutes les autres sont appelées passes de temporisation).

Si l’ancien pensionnaire de Chicago était décalé sur la gauche, son pendant à droite a souvent été Torres. Il a forcément moins brillé, mais a quand même connu deux très beaux mois. Lors de ceux-ci, il a aidé ses couleurs à être plus efficace en posant le jeu. C’est un apport indéniable, reste maintenant à être régulier sur une saison entière. Derrière, Miller est déjà devenu un des piliers de l’équipe. Ses montées balle au pied sont intéressantes, et il contribue surtout à la solidité de la mise en place défensive. Son pendant sur le côté droit de l’axe central, Struna, a mis un peu plus de temps à se mettre en route avant d’être au niveau. Avec Camacho, ces trois-là ont joué un très grand rôle dans la bonne tenue de l’arrière-garde.

D’ailleurs, s’il était tout sauf nouveau, Camacho a changé de rôle, et ce fut aussi une adaptation réussie. Ses stats ne se comparent pas avec celles de Mihailovic car il évolue dans un autre registre, mais bien des observateurs font de lui le meilleur Montréalais sur l’ensemble de la saison. Autre “pas vraiment nouveau”, Toye était métamorphosé. Il n’avait plus rien avoir avec le joueur timoré arrivé en cours de saison 2020. Pour s’en convaincre, un exemple est parlant : malgré sa grande taille, il n’avait encore jamais marqué de la tête en MLS. Cette saison, il y est parvenu deux fois. Son registre a pris de l’envergure, et ça lui permet de briguer une place de titulaire en pointe. N’oublions pas non plus l’éclosion de Choinière à un poste qui ne lui était pas prédestiné, qu’on peut donc en quelque sorte ajouter à la liste des intégrations réussies.

Ce que Toye a fait, on l’attendait de Johnsen. Auteur de deux buts, il est passé à côté de sa saison, personne ne peut le nier. Les informations de Vision du Jeu nous permettent de voir comment il a brillé dans ses clubs précédents, où il a marqué régulièrement. Et de mettre en parallèle son profil avec le jeu de l’équipe cette saison, pour voir à quel point le casting était erroné au non.

Quand on y regarde de plus près, on peut se dire qu’en réalité, ses forces représentent le jeu offensif que l’équipe souhaitait développer en début de saison… mais plusieurs d’entre elles illustrent ce qui n’est pas encore au point. En effet, Johnson marque beaucoup quand son équipe pose le jeu, il est fort sur les centres, dans les airs, au cordeau, et quand son équipe porte le ballon haut. De nombreux domaines que Wilfried Nancy doit améliorer la saison prochaine. Le petit rectangle est aussi un des lieux de prédilection de Johnsen et, malgré la productivité que l’équipe a eue cette année, il n’y a pas brillé. Il faut reconnaître que l’attaquant a déçu quand il était sur le terrain, et si des améliorations collectives l’aideraient sans aucun doute, elles sont loin d’être la source unique de sa saison 2021 décevante. Mais on ne peut certainement pas le considérer comme une erreur de casting. Néanmoins, avant de retrouver son jeu en 2022, il devra retrouver la confiance, autant en ses qualités que celle de son entraîneur. Reste à savoir si ce sera à Montréal ou ailleurs.

CONCLUSION, AVEC UN ŒIL SUR L’AVENIR


Alors, comment Wilfried Nancy a-t-il géré l’an 2 de cette nouvelle ère sportive ? Nous conclurons en tant de résumer les confirmations, améliorations, régressions et intégrations développées tout au long de ce texte.

En défense, la disposition à trois centraux a été confirmée et est même devenue immuable, tout comme le rôle clef assigné devant elle à Wanyama. L’amélioration la plus flagrante concerne la mise en place défensive d’une équipe qui a peu encaissé de plein jeu, que ce soit lors des phases de possession de l’adversaire ou sur des reconversions rapides. Autres progrès notables par rapport à 2020 : le petit rectangle est beaucoup mieux protégé, et on ne voit plus que rarement un bloc trop haut qui laisse des espaces pour lancer un joueur seul face au gardien.

Les points problématiques derrière sont assez spécifiques, ce qui devrait rendre d’autant plus facile de s’y concentrer en 2022. On pense principalement à ne plus laisser aussi facilement tirer de loin, à veiller à limiter le danger des centres aériens quand l’adversaire porte le ballon haut, à mieux protéger l’espace aérien en zone centrale et à rendre les sorties de défense le moins prévisible possible. Ajoutons à cela commettre moins de fautes à des endroits stratégiques, que ce soit dans le rectangle où là où ça donne des coups francs dangereux.

D’ailleurs, tant offensivement que défensivement, les coups francs font partie des points très négatifs de la saison, d’autant qu’ils constituent, des deux côtés du terrain, une grosse régression par rapport à l’ère Henry. Tout le contraire des corners, sur lesquels Montréal fut performant tant défensivement qu’offensivement.

Avec le ballon, l’objectif était de développer un jeu de possession. Ce fut tâtonnant en début de saison, avec une disposition qui ne marchait guère et sauvée par des contre-attaques. Mais dès que Nancy a trouvé le bon système, l’équipe a fait des accélérations soudaines en jeu dominant sa marque de fabrique. Il faut dire que Mihailovic et Quioto (malgré son temps de jeu réduit) s’en sont donné à cœur-joie dans cet exercice… mais dans bien d’autres aussi.

La saison prochaine, il faudra dès lors trouver le moyen de marquer en construisant, mais en étant beaucoup plus efficace quand il faut davantage qu’une ou deux passes pour déstabiliser la défense adverse. D’autant que c’est comme ça qu’on marque le plus de buts et qu’on s’illustre en MLS. À cette fin, la dépendance aux deux buteurs que sont Quioto et Toye devra être réduite. A contrario, il faudra confirmer deux saisons consécutives d’efficacité dans le petit rectangle, où Montréal avait trop souvent été invisible par le passé.

Oser davantage partir en contre et penser à marquer quand on est plus loin du but, voire ne pas faire preuve d’excès de prudence dans le premier quart d’heure (un autre gros contraste avec 2020), pourrait rapporter quelques points supplémentaires qui, on l’a vu avec un classement aussi serré, feraient une différence notable. Surtout quand, au bout du compte, on manque de peu la qualification pour la phase finale.

Le souffle, tant en cours de match qu’en cours de saison, sera aussi important en 2022, avec des conditions probablement très différentes de celles de 2021. Bien entendu, la saison commencera avec la Ligue des champions. On ose espérer que les mesures sanitaires ne causeront plus d’exil forcé. On oublie souvent à quel point les premières semaines de travail pèsent sur les dernières semaines de match, plusieurs mois plus tard.

Les changements dans l’effectif auront évidemment leur importance. Les flancs seront-ils plus productifs offensivement en restant solides ? Camacho sera-t-il remplacé adéquatement ? Quels seront les renforts offensifs, et dans quel rôle ? Il va sans dire qu’on n’a pas encore trouvé le partenaire idéal à Wanyama dans l’axe de l’entrejeu. Dans l’état actuel des choses, on ne nous enlèvera pas de la tête qu’y essayer Mihailovic vaudrait le coup.

Et puis, il y aura bien entendu les impondérables… ou non. Tout en gardant son système à trois défenseurs centraux et la disposition qui a été la plus productive en 2021, que fera Nancy s’il a à sa disposition Quioto, Toye, Torres et Mihailovic, voire un atout offensif supplémentaire, tous en forme en même temps ? Imaginez-les ensemble sur le terrain, sans détruire l’équilibre, et avec l’ajout dans l’échiquier d’un centreur hors-pair. Le tout, avec une mise en place défensive aussi solide que cette saison. Allez, après 6000 mots d’analyse basée sur des faits et des chiffres, terminons par une part de rêve…

Les bilans de la saison 2021 sur ImpactSoccer.com
1. Le bilan du club
2. Les joueurs sous la loupe
3. Aperçu général de la saison
4. Stats en vrac
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